Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘nature’

Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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A ma Mère (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
A ma Mère

Où as-tu appris à sécher tes larmes
à supporter en silence la douleur
à enfouir dans ton cœur chagrin blessures
souffrance tourment et peine ?

Ecoute le vent !
La gueule béante
il hurle par monts et par vaux

Regarde l’océan
avec fureur et colère
il fouette d’énormes falaises

la nature toute vibrante et frémissante
brise chaque barrière et chaque obstacle

D’où vient la sagesse de ton cœur ?
Où as-tu puisé cette force ?

(Hannah Senesh)

 

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Viens lentement t’asseoir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



 

Illustration: Jeanie Tomanek
    
Viens lentement t’asseoir

Viens lentement t’asseoir
Près du parterre dont le soir
Ferme les fleurs de tranquille lumière,
Laisse filtrer la grande nuit en toi :
Nous sommes trop heureux pour que sa mer d’effroi
Trouble notre prière.

Là-haut, le pur cristal des étoiles s’éclaire :
Voici le firmament plus net et translucide
Qu’un étang bleu ou qu’un vitrail d’abside ;
Et puis voici le ciel qui regarde à travers.

Les mille voix de l’énorme mystère
Parlent autour de toi,
Les mille lois de la nature entière
Bougent autour de toi,
Les arcs d’argent de l’invisible
Prennent ton âme et sa ferveur pour cible.
Mais tu n’as peur, oh ! simple cœur,
Mais tu n’as peur, puisque ta foi
Est que toute la terre collabore
A cet amour que fit éclore
La vie et son mystère en toi.

Joins donc les mains tranquillement
Et doucement adore ;
Un grand conseil de pureté
Flotte, comme une étrange aurore,
Sous les minuits du firmament.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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La femme est une pensée (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Illustration: Isadora Duncan
    
La femme est une pensée,
la plus forte de la nature,
mais c’est une pensée dansante.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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Je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité (Auguste Blanqui)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



L’univers tout entier est composé de systèmes stellaires.
Pour les créer, la nature n’a que cent corps simples à sa disposition.
Malgré le parti prodigieux qu’elle sait tirer de ces ressources
et le chiffre incalculable de combinaisons qu’elles permettent à sa fécondité,
le résultat est nécessairement un nombre fini,
comme celui des éléments eux-mêmes,
et pour remplir l’étendue,
la nature doit répéter à l’infini
chacune de ses combinaisons originales ou types.

Tout astre, quel qu’il soit, existe donc en nombre infini
dans le temps et dans l’espace,
non pas seulement sous l’un de ses aspects,
mais tel qu’il se trouve à chacune des secondes de sa durée,
depuis la naissance jusqu’à la mort.
Tous les êtres répartis à sa surface,
grands ou petits, vivants ou inanimés,
partagent le privilège de cette pérennité.

La terre est l’un de ces astres.
Tout être humain est donc éternel
dans chacune des secondes de son existence.
Ce que j’écris en ce moment dans un cachot du fort du Taureau,
je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité,
sur une table, avec une plume, sous des habits,
dans des circonstances toutes semblables. Ainsi de chacun.

Toutes ces terres s’abîment, l’une après l’autre,
dans les flammes rénovatrices,
pour en renaître et y retomber encore,
écoulement monotone d’un sablier
qui se retourne et se vide éternellement lui-même.
C’est du nouveau toujours vieux,
et du vieux toujours nouveau.

(Auguste Blanqui)

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J’ai dû rêver cela (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



J’ai dû rêver cela
(Mais de quoi les rêves sont-ils faits
What is the stuff dreams are made of ?)
Il tombe du ciel solide comme des bouts de plafond
(Y aurait-il une araignée
That is the bat in the belfry ?)
… Non je ne suis pas folle tout pesé bien
Quand même j’attends en vain
Nature pas morte still life

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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A Grignan (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


ciel-avion

A Grignan

Suave clarté
des soleils de mars.
Demoiselle Nature
dans ce tilleul
sort d’un sommeil
obscur et secoue
d’absurdes rêves.
Levant au matin
ses mains graciles,
elle admire l’éclat
de ses ongles vernis.
(Et je revois
ton corps rieur,
ton corps agile,
menu et neuf.)
Elle s’étire,
le monde attend,
bientôt des visites,
il faut s’habiller.
Passe l’avion
qui exalte le bleu.
Frappe un pivert
à la porte du jour.

***

At Grignan

The suns of March
have sweetened the air.
The Lady Lime
awakes from sleep
and shakes away
the foolish dreams.
The slender hands
raised to the light
show her the sheen
of each lacquered nail.
(I remember this:
you limbs light,
your body laughing,
soft and new.)
A final stretch,
the world awaits,
company soon,
and time to dress.
A vapour trail
blues the sky.
A woodpecker knocks
at the door of the day.

(Michael Edwards)

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Sonnet (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Jean Raoux

    

Sonnet

Beaux et grands bâtiments d’éternelle structure,
Superbes de matière, et d’ouvrages divers,
Où le plus digne roi qui soit en l’univers
Aux miracles de l’art fait céder la nature.

Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôture,
Avez toujours des fleurs, et des ombrages verts,
Non sans quelque démon qui défend aux hivers
D’en effacer jamais l’agréable peinture.

Lieux qui donnez aux coeurs tant d’aimables désirs,
Bois, fontaines, canaux, si parmi vos plaisirs
Mon humeur est chagrine, et mon visage triste :

Ce n’est point qu’en effet vous n’ayez des appas,
Mais quoi que vous ayez, vous n’avez point Caliste :
Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pas.

(François de Malherbe)

 

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Le cerisier (Alfred Edward Housman)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



cerisier  [1280x768]

 

Le cerisier, le plus bel arbre maintenant,
Chaque rameau couvert de fleurs
Se lève dans l’allée du bois
A Pâques revêtu de blanc.

Maintenant, du compte de mes années,
Vingt ans ne me reviendront plus
Et si je les ôte à soixante-dix printemps
Il ne m’en reste que cinquante :

Puisque pour voir nature en fleurs
Cinquante années sont peu d’espace,
En direction des bois j’irai
Pour voir le cerisier en neige.

***

Loveliest of trees, the cherry now –
Is hung with bloom along the bough,
And stands about the woodland ride
Wearing white for Eastertide.

Now, of my threescore years arid ten,
Twenty will not come again,
And take from seventy springs a score,
It only Ieaves me fifty more.

And since to look at things in bloom
Fifty springs are little room, ,
About the woodlands I will go
To see the cherry hung with snow.

(Alfred Edward Housman)

Illustration

 

 

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Un rien me fait chanter (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



 

Christian Schloe  1_  500

Un rien me fait chanter

{Refrain:}
Un rien me fait chanter
Un rien me fait danser
Un rien me fait trouver belle la vie
Un rien me fait plaisir
Un rêve un désir
Un rien me fait sourire l´âme ravie
Quand le ciel est joyeux, je me sens le cœur heureux
Et même quand il pleut j´aime la pluie
J´aime la terre les fleurs la vie et le ciel bleu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Venez avec moi
Je cours dans les bois
Je brûle des branches pourries
Au cœur de l´hiver
Il y a du bois vert
Au printemps la neige est fleurie
Et la marmotte dit à l´écureuil :
« Depuis trois mois je n´ai pas fermé l´œil »

{au Refrain}

Marmotte vous mentez voici venir l´été
Les oiseaux vont chanter dans la nature
Aimons nos pères nos mères la vie et le Bon Dieu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Bonjour mes amis
Le ciel a permis
Que l´on chante encore par le monde
La joie et l´amour
Reviendront un jour
Chantons tous en chœur à la ronde
Ho là! là! garçons et filles jolies
Dites-vous bien chaque jour chaque nuit

{au Refrain}

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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