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Poésie

Posts Tagged ‘nature’

Ma Nature est le Feu (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



MA NATURE EST LE FEU
est-ce vrai est-ce bien vrai
La chose est consumée
Tes yeux à l’intérieur sont retournés
Une seconde vue vers le ciel les habite.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Xana

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Dans la nature (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




Dans la nature

Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.

Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.

Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.

Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Katarina Smuraga

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LA FLÛTE D’AUTOMNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
LA FLÛTE D’AUTOMNE
Thou-Fou

Pauvre voyageur, loin de la patrie, sans argent et sans amis,
tu n’entends plus la douce musique de la langue maternelle.

Cependant, l’été est si brillant, la nature étale tant de richesse, que tu n’es pas pauvre ;
et le chant des oiseaux n’est pas, pour toi, une langue étrangère.

Mais lorsque tu entendras le cri de la cigale, cette flûte de l’automne ;
quand tu verras les nuages, roulés par le vent, dans le ciel, ta douleur n’aura plus de bornes,

Et mettant la main sur tes yeux,
tu laisseras ton âme s’enfuir vers la patrie.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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PENDANT QUE JE CHANTAIS LA NATURE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
PENDANT QUE JE CHANTAIS LA NATURE
Thou-Fou

Assis dans mon pavillon du bord de l’eau, j’ai regardé la beauté du temps ;
le soleil marchait lentement vers l’occident, au travers du ciel limpide.

Les navires se balançaient sur l’eau, plus légers que des oiseaux sur les branches,
et le soleil d’automne versait de l’or dans la mer.

J’ai pris mon pinceau, et, penché sur le papier, j’ai tracé des caractères,
semblables à des cheveux noirs qu’une femme lisse avec la main ;

Et sous le soleil d’or, j’ai chanté la beauté du temps.
Au dernier vers, j’ai relevé la tête ;
alors j’ai vu, que la pluie tombait dans l’eau.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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UN POÈTE RIT DANS SON BATEAU (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
UN POÈTE RIT DANS SON BATEAU
Ouan-Tsi

Le petit lac, pur et tranquille,
ressemble à une tasse remplie d’eau.

Sur ses rives, les bambous ont des formes de cabanes,
et les arbres, au-dessus, font des toitures vertes.

Et les grands rochers pointus, posés au milieu des fleurs,
ressemblent à des pagodes.

Je laisse mon bateau, glisser doucement sur l’eau,
et je souris, de voir la nature, imiter ainsi les hommes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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La fleur qui fait le printemps (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Jean-Louis Dupuy
    
La fleur qui fait le printemps

Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d’où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d’argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d’hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l’aube arrose,
S’épanouit dans sa candeur.

La véronique s’aventure
Près des boutons d’or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d’enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d’éclore
Et d’éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poëte dans ses douleurs,
Qu’avant de s’en aller, il voie
Vos feux d’artifice de fleurs.

Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d’été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d’or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d’argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j’ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

Adieu, je pars lassé d’attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l’âme et pour l’abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d’azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le merle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Alexia Guerra
    
Le merle

Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L’Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d’hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l’ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L’autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Te souviens-tu de ce rêve (Napoléon Bonaparte)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018




    Te souviens-tu de ce rêve où j’ôtais tes souliers, tes chiffons
et je te faisais entrer tout entière dans mon coeur?
Pourquoi la Nature n’a-t-elle pas arrangé cela comme cela ?
Il a bien des choses à faire.

(Napoléon Bonaparte)

 

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Soudain les choses (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration
    
soudain les choses prennent connaissance
de leurs vraies natures en célébrant
l’instant né au bout du doigt

la fourmi qui dit ceci, là, sa
façon d’être dehors

Bob* dit, nothing wiser than a moment

* Robert Creely
(rien de plus sage qu’un moment)

(Israël Eliraz)

Recueil: Août, à la limite des choses perdues
Traduction:
Editions: José Corti

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A la mer (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



A la mer

Mer! ô miracle trépidant!
De la mélancolie
Où se complaît ton chant
Enveloppe mon âme! Elle aspire à la vie.
Bannis de mon cœur endurci, de son tréfonds,
Tout cet univers d’ombre et d’obtuses chansons.
Trop lâche est l’humaine nature.
Rare celui qui se mesure
A ton secret pouvoir!
Et si l’obscurité m’entoure et me fait choir,
Elle m’imposera ma sépulture,
Me fera dépérir,
Mourir à petit feu, patiente et tenace.
Cette fin qui menace
Tarde à venir.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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