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DERNIER MOMENT (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Emilia Castaneda  (34) [1280x768]

DERNIER MOMENT

Brillante étoile, puissé-je, constant comme tu l’es,
Non pas rester suspendu dans un magnifique isolement à la voûte de la nuit
Surveillant de mes paupières éternellement distantes,
Comme l’ermite patient et sans sommeil de la Nature,
Les eaux mouvantes dans leurs fonctions sacerdotales
D’ablutions purificatrices autour des rivages humains de l’univers ;
Non pas contempler le masque léger et fraîchement tombé,
Que la neige impose aux montagnes et aux marécages,
Non ! Mais puissé-je, toujours immobile, toujours immuable,
Avoir pour oreiller le sein épanoui de ma belle amante
Pour sentir à jamais son rythme léger
Eveillé à jamais par une délicieuse insomnie,
Toujours, toujours écouter sa tendre respiration
Et vivre ainsi éternellement ou m’évanouir dans la nuit.

(John Keats)

Illustration: Emilia Castaneda

 

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Il a l’air de faire sombre (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019



Illustration: Alexandra Cecconi
    
Il a l’air de faire sombre
dans ce coin de forêt

À peine une lueur
entre les troncs impatients
semble nous y inviter

Il n’y a pas de nature
pas de vert, pas d’oiseaux
juste une peur terrible

Qui grouille, qui s’infiltre
qui dresse ses frontières
et veut nous y inclure

On n’irait pas, normalement
on s’enfuirait à toutes jambes

On courrait assez vite
pour que nos larmes sèchent

Mais là, non.
Là, on reste.
On avance.
On s’engouffre.

Pour terrasser les cris
pour faire sortir les bêtes

pour faire sonner le chant

Comme une déflagration
qui érige le lieu
de nouveaux ralliements

Une clairière
Une simple clairière.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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GLOSE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



GLOSE

Regarde d’un oeil savant
Le coeur ivre
D’amour.
Immuable est la nature.
L’amour renaît
Avec le feu de l’été,
Les diamants
De l’hiver.
Métempsychose,
Métamorphose,
Et tutti quanti.
Au revoir
Ou bien adieu.
Regarde d’un oeil savant.
Et si tu n’as
A qui parler,
Eh bien, écris.

(George Bacovia)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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La lumière (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


06-11-21_chemin_vers_lumiere

Le vent est dialecte
dans la nature
La lumière est langue savante

(Adonis)

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Voici que tu es devenu (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -36165

Voici que tu es devenu comme la nature et ton langage
autour de nous aussi privé d’attention pour nous que les collines.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Tempête (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

tempête

Tempête

L’orchestre infernal de la nature
S’est mis en branle ce soir
Sous un ciel capitonné de noir
Éclairs de cymbale, orage.
Les arbres se dévêtent en dansant
Les bananiers et les pins
Dansent la valse brillante de l’ouragan
La mer exécute sa partition macabre
Écarquille ses yeux bleus
Bruit de vagues se mariant
Aux fausses notes de la pluie
Le vent fredonne un glas
Interminable et grave
C’est fête en enfer.

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Tout est en ordre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Tout est en ordre : le poème
Se tait comme il convient à sa nature.
Mais quand le motif se détache,
Il frappe du poing à la vitre, —
Et l’on entend l’écho lointain
De cet appel, un bruit atroce, —
Un clapotis, un cri de rapace, une plainte,
Et l’on a la vision de mains en croix.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Danielle Decollonge

 

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LA FÊTE DES FLEURS (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

 Oleg Zhivetin   (17) [1280x768]

LA FÊTE DES FLEURS

C’est la fête des fleurs
Saison des merveilles
Au mois de mai qui se réveille
La fête des fleurs
Le printemps des coeurs

C’est la fête des coeurs
Le temps de l’amour
Renaissant au nouveau jour
La fête des coeurs
Saison du bonheur d’aimer

Un jour de fête
A l’aurore du temps
Où nos coeurs
Amoureux depuis le premier jour
Chanteront les hymnes du printemps

Un jour de fête
A l’aurore du temps
Où nos coeurs
Amoureux depuis le premier jour
Chanteront les hymnes de l’amour

C’est la fête des fleurs
Blanchies de soleil
Quand la nature s’éveille
La fête des fleurs
L’ivresse des coeurs

C’est la fête des coeurs
Au jour qui se lève
Sur l’horizon de nos rêves
La fête des coeurs
Des vergers en fleurs
De mai

Un jour de fête
A l’aurore du temps
Où nos coeurs
Amoureux depuis le premier jour
Chanteront les hymnes du printemps

Un jour de fête
A l’aurore du temps
Où nos coeurs
Amoureux depuis le premier jour
Chanteront les hymnes de l’amour.

(Richard Seff)

Illustration: Oleg Zivethin

 

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Elle parlait autrement que nous tous (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Charles Edward Perugini  f3_b

Elle parlait autrement que nous tous,
d’autres choses d’ici, mais jamais dites
avant qu’elle ne les eût dites. Elle était tout :
Nature, amour et livre.

Comme l’aurore, toujours,
elle commençait de façon imprévue,
si loin de tout ce que l’on rêve !
Toujours, comme midi,
elle arrivait à son zénith, d’une manière
insoupçonnée,
si loin de tout ce que l’on raconte !
Comme le crépuscule, toujours,
elle se taisait d’une façon inconcevable,
si loin de tout ce que l’on pense !

Si loin, si près
de moi son corps ! Son âme,
si loin, si près
de moi!
… Nature, amour et livre.

***

Hablaba de otro modo que nosotros todos,
de otras cosas de aquí, mas nunca dichas
antes que las dijera. Lo era todo:
Naturaleza, amor y libro.

Como la aurora, siempre,
comenzaba de un modo no previsto
¡tan distante de todo lo soñado!
Siempre, como las doce,
llegaba a su cenit, de una manera
no sospechada,
¡tan distante de todo lo contado!
Como el ocaso, siempre,
se callaba de un modo inesperable,
¡tan distante de todo lo pensado!

¡Qué lejos y qué cerca
de mí su cuerpo! Su alma,
¡qué lejos y qué cerca
de mí!
… Naturaleza, amor y libro.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Charles Edward Perugini

 

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La nature est un gaspillage (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



La nature est un gaspillage.
La pensée l’est aussi.

Mais il y a, entre elles deux, des ilots de solitude
où parfois se concentre l’oublié,
où l’homme de nouveau peut invoquer l’harmonie.

Bien qu’à l’évidence le gaspillage continue.

(Roberto Juarroz)

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