Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘nature’

Je t’aime passionnément (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019




    
Je t’aime
passionnément
gourmandement

Je t’aime
à la framboise
à la banane
à l’abricot

Je t’aime
à la vanille
à la cannelle
au gingembre confit

Je t’aime
à la moutarde
au vinaigre
et aux petits oignons

Je t’aime
en sauce ou sur du pain grillé
en papillote
ou à la croque-au-sel
oh oui jolie demoiselle

Je t’aime aussi nature
toute crue
toute nue !

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Animal monstrueux (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Sarolta Bán n5 [1280x768]

Animal monstrueux, qu’agite une âme obscure,
Monstre muet, comment, ô ma mère, ô Nature,
Suis-je ta conscience et ton verbe, et pourquoi
Sembles-tu ne penser et ne parler qu’en moi ?

(Henri Cazalis)

Illustration: Sarolta Bán

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais perdre toute conscience de mon être (Dany Laferrière)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2019



Je voudrais perdre
toute conscience
de mon être
pour me fondre
dans la nature
et devenir une feuille,
un nuage
ou le jaune de l’arc-en-ciel.

(Dany Laferrière)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Banlieues (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Banlieues

Les tags, le rock, le rap, en guise de culture.
Blocs, bitume et bétons pour seconde nature.
Pour école la rue, pour foyer le bistro.
La moto pour cheval, pour Pégase un métro.
La drogue tenant lieu de bottes de sept lieues.

Y a-t-il un poète, un seul, dans les banlieues ?

(Bernard Lorraine)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FRUCTIDOR (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Jean-Gabriel Domergue
    
FRUCTIDOR

Velouté de pêche… sur un teint d’abricot…
Un charme rayonnant jusque dans ses prunelles !
La cerise rougit comme un coquelicot
Devant cette nature à la fraîcheur d’airelles.

Ses cheveux flamboyants, aux tons de mirabelle
Possèdent un toucher pareil au lait d’amande
Ses bras prêts à l’envol, telle une tourterelle
Ont la fragilité des raisins qui se fendent.

Dans la douceur du soir d’un automne annoncé
Elle promène ainsi sa beauté printanière
Offrant au monde entier comme une panacée
Sa jeunesse éclatante… et pourtant éphémère.

Au jardin d’Hespérides , elle était une fée
Sylphide vaporeuse… éclat de volupté…
Par le chant d’un zéphyr, joliment décoiffée
Cueillant les pommes d’or de l’Immortalité ! …

(Jacqueline Commard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 9 Comments »

Nue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
Nue

Ôte tes habits, laisse tomber le voile.
Couvre-toi seulement de ta robe de beauté nue,
Tenue d’une demoiselle céleste vêtue de lumière.
Forme plantureuse tel un lotus épanoui,
Un festin de la vie, de la jeunesse et de la grâce.
Apparais et tiens-toi seule dans la merveille qu’est ce monde.
Laisse envahir tes membres par le clair de la lune,
Laisse envahir tes membres par les caresses du zéphyr,
Plonge dans l’infini bleu de ton ciel
Telle la Nature nue toute parsemée d’étoiles.
Atanu’ peut dissimuler sa face dans le pli de sa tunique,
La tête baissée, honteux du corps fleuri.
Invite l’aube immaculée jusqu’à chez l’homme,
Virginité éhontée toute blanche et nue.

***

Nude

Shed your garments, drop the veil.
Be just clad in naked beauty’s robe
Attire of a heaven-lass dressed in light.
The buxom body like a full-blossomed lotus,
A feast of life and youth and grace.
Come and stand alone in the wonder, this world.
Let permeate your limbs with the beams of your moon,
Let permeate your limbs with zephyr’s caress.
Plunge into the infinite blue of the sky
Like naked Nature spangled with stars.
Let Atanu’ conceal his face with his tunic’s fold,
With bended head ashamed of the body’s bloom.
Invite immaculate dawn at men’s abode,
Shameless virginity, white, naked.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’aubépine (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



 

L’aubépine

Simone, tes mains douces ont des égratignures,
Ta pleures, et moi je veux rire de l’aventure.

L’Aubépine défend son coeur et ses épaules,
Elle a promis sa chair à des baisers plus beaux.

Elle a mis son grand voile de songe et de prière,
Car elle communie avec toute la terre ;

Elle communie avec le soleil du matin :
Quand la ruche réveillée rêve de trèfle et de thym,

Avec les oiseaux bleus, les abeilles et les mouches,
Avec, les gros bourdons qui sont tout en velours,

Avec les scarabées, les guêpes, les frelons blonds,
Avec les libellules, avec les papillons

Et tout ce qui a des ailes, avec les pollens
Qui dansent comme des pensées dans l’air et se promènent ;

Elle communie avec le soleil de midi,
Avec les nues, avec le vent, avec la pluie

Et tout ce qui passe, avec le soleil du soir
Rouge comme une rose et clair comme un miroir,

Avec la lune qui rit et avec la rosée,
Avec le Cygne, avec la Lyre, avec la Voie lactée ;

Elle a le front si blanc et son âme est si pure
Qu’elle s’adore elle-même en toute la nature.

(Remy de Gourmont)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aquarelle en cinq minutes (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



 

Aquarelle en cinq minutes

Oh ! oh ! le temps se gâte,
L’orage n’est pas loin,
Voilà que l’on se hâte
De rentrer les foins !…

L’abcès perce !
Vl’à l’averse !
O grabuges
Des déluges !….

Oh ! ces ribambelles
D’ombrelles !….

Oh ! cett’ Nature
En déconfiture ! ….

Sur ma fenêtre,
Un fuchsia
A l’air paria
Se sent renaître….

(Jules Laforgue)

Illustration: Jean Martin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tais-toi (Clod’ Aria)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Tais-toi
Ecoute l’ombre qui palpite
La nature qui prend son temps
Ne dis rien
L’esprit a besoin de silence
et la mort est muette
quelque part
qui attend
Tais-toi
Ecoute la vie qui moissonne
la joie qui nous dépasse
la terre qui nous reprend

(Clod’ Aria)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Mais tourne le dos, ma pensée ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019



 

Mais tourne le dos, ma pensée !
Viens ; les bois sont d’aube empourprés ;
Sois de la fête ; la rosée
T’a promise à la fleur des prés.

Quitte Paris pour la feuillée.
Une haleine heureuse est dans l’air ;
La vaste joie est réveillée ;
Quelqu’un rit dans le grand ciel clair.

Viens sous l’arbre aux voix étouffées,
Viens dans les taillis pleins d’amour
Où la nuit vont danser les fées
Et les paysannes le jour.

Viens, on t’attend dans la nature.
Les martinets sont revenus ;
L’eau veut te conter l’aventure
Des bas ôtés et des pieds nus.

C’est la grande orgie ingénue
Des nids, des ruisseaux, des forêts,
Des rochers, des fleurs, de la nue ;
La rose a dit que tu viendrais.

Quitte Paris. La plaine est verte ;
Le ciel, cherché des yeux en pleurs,
Au bord de sa fenêtre ouverte
Met avril, ce vase de fleurs.

L’aube a voulu, l’aube superbe,
Que pour toi le champ s’animât.
L’insecte est au bout du brin d’herbe
Comme un matelot au grand mât.

Que t’importe Fouché de Nantes
Et le prince de Bénévent !
Les belles mouches bourdonnantes
Emplissent l’azur et le vent.

Je ne comprends plus tes murmures
Et je me déclare content
Puisque voilà les fraises mûres
Et que l’iris sort de l’étang.

***

Fuyons avec celle que j’aime.
Paris trouble l’amour. Fuyons.
Perdons-nous dans l’oubli suprême
Des feuillages et des rayons.

Les bois sont sacrés ; sur leurs cimes
Resplendit le joyeux été ;
Et les forêts sont des abîmes
D’allégresse et de liberté.

Toujours les coeurs les plus moroses
Et les cerveaux les plus boudeurs
Ont vu le bon côté des choses
S’éclairer dans les profondeurs.

Tout reluit ; le matin rougeoie ;
L’eau brille ; on court dans le ravin ;
La gaieté monte sur la joie
Comme la mousse sur le vin.

La tendresse sort des corolles ;
Le rosier a l’air d’un amant.
Comme on éclate en choses folles,
Et comme on parle innocemment !

O fraîcheur du rire ! ombre pure !
Mystérieux apaisement !
Dans l’immense lueur obscure
On s’emplit d’éblouissement.

Adieu les vains soucis funèbres !
On ne se souvient que du beau.
Si toute la vie est ténèbres,
Toute la nature est flambeau.

Qu’ailleurs la bassesse soit grande,
Que l’homme soit vil et bourbeux,
J’en souris, pourvu que j’entende
Une clochette au cou des boeufs.

ll est bien certain que les sources,
Les arbres pleins de doux ébats,
Les champs, sont les seules ressources
Que l’âme humaine ait ici-bas.

O solitude, tu m’accueilles
Et tu m’instruis sous le ciel bleu ;
Un petit oiseau sous les feuilles,
Chantant, suffit à prouver Dieu.

(Victor Hugo)

Illustration: Chantal Dufour

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :