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Posts Tagged ‘nature’

Nous croyons regarder la nature (Christian Charrière)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Brad Kunkle 44

Nous croyons regarder la nature
et c’est la nature qui nous regarde et nous imprègne.

(Christian Charrière)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Hypothèse de Sapir-Whorf (Edward Sapir)(Benjamin Lee Whorf)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



premier-contact

Hypothèse de Sapir-Whorf:
Les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques,
autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage

***

Nous disséquons la nature
en suivant les lignes dessinées par notre langue native.

Les catégories et les types que nous dégageons du monde des phénomènes,
nous ne les trouvons pas pour la raison qu’ils frappent quiconque les observe.
Au contraire, le monde est présenté comme un flux kaléidoscopique d’impressions
qui doivent être organisées par notre esprit
– ce qui signifie, en large part, qui doivent être organisées
par les systèmes linguistiques de nos esprits.

Nous découpons la nature, nous l’organisons en concepts,
et nous lui donnons la signification que nous lui donnons
car nous sommes largement partie prenante d’un accord
qui organise les choses de cette façon
– un accord que toute notre communauté linguistique partage,
et qui est fondu dans les codes de notre langue.

Cet accord est bien évidemment implicite et non-dit,
mais ses termes sont obligatoires;
la seule façon que nous ayons de parler est en souscrivant à l’organisation
et à la classification des données telles que décrétées dans cet accord.

(Benjamin Lee Whorf)

***

Les humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif.
Ils ne vivent pas non plus seuls dans le monde de l’activité sociale
telle que comprise ordinairement.

Au contraire, ils sont à la merci de la langue particulière
qui est devenue le moyen d’expression dans leur société.

Il est assez illusoire d’imaginer qu’on s’ajuste à la réalité
essentiellement en dehors de l’usage de la langue,
et que la langue est juste un moyen quelconque
de résoudre des problèmes de communication ou de réflexion spécifiques.

Le fait est que le ‘monde réel’ est, dans une large mesure,
construit inconsciemment sur les habitudes linguistiques du groupe.
Il n’existe pas deux langues qui soient suffisamment similaires entre elles
pour être considérées comme représentant la même réalité sociale.

Les mondes dans lesquels vivent différentes sociétés sont des mondes distincts,
et non pas le même monde avec juste des étiquettes différentes attachées aux choses…

Nous voyons, entendons et faisons autrement l’expérience des choses
de la manière dont nous le faisons
car les habitudes langagières de notre communauté
nous prédispose à certains choix d’interprétation.

(Edward Sapir)

Illustration: Film « Premier Contact » http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226509.html

 

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Natures immatérielles (Emmanuel Kant)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Je suis fortement enclin à affirmer l’existence en ce monde de natures immatérielles,
et à placer mon âme dans cet classe d’êtres.
On prouvera un jour, je ne sais où et quand,
que même en cette vie l’âme humaine se tient en indissoluble contact
avec toutes les natures immatérielles de ce monde de l’esprit,
que réciproquement elle agit sur elles et en reçoit des impressions.

(Emmanuel Kant)

 

 

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La beauté (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illustration
    
La beauté est le dernier obstacle
à opposer aux dictatures
elle est irréductible aux lois
en cela que sa loi se réduit
au besoin qu’on en ressent

La liberté est l’espace qu’elle exige
pour son ambassade
l’espérance, si amère soit-elle,
en demeure la forme initiale
et primitive

L’amour, si désespéré soit-il,
en reste le fondement principal

La beauté n’a pas de visage
et peut les prendre tous sans rien
changer à sa nature propre
son mystère est fraternel, son
énergie originelle et fondatrice

(Werner Lambersy)

 

Recueil: L’éternité est un battement de cils
Traduction:
Editions: Actes Sud

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LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX (Maurice Boukay)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX

Dans les jardins, lents et tremblants,
Les pauvres vieux tous les soirs viennent.
Sur les vieux bancs ils se souviennent,
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Songeant que les jours passent vite,
Ils chantent : « Gai ! la Marguerite ! »
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Voyant les gamins de sept ans
Qui font des châteaux sur le sable
Et qui réclament une fable,
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Songeant que le jeu vaut l’école,
Ils chantent : « Bel hanneton, vole ! »
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Voyant les garçons de seize ans
Poursuivre les vierges timides,
Ils baissent leurs regards humides, —
Les pauvres vieux sont indulgents, —

Songeant : L’amour, c’est la Nature !
Ils chantent : « La Bonne Aventure. »
Les pauvres vieux sont indulgents.

Voyant les soldats de vingt ans,
Drapeau flottant, musique en tête,
Ils se sentent le cœur en fête,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Songeant que c’est l’âme française,
Ils entonnent La Marseillaise,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Voyant les veuves de trente ans
Qui vont, tout de noir habillées,
Parmi les fleurs ensoleillées,
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Songeant que le deuil n’a pas d’âge,
Ils chantent : « Page, mon beau Page… »
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Voyant à la mort du soleil,
Parmi les rayons et les ombres,
Les barques des nuages sombres,
Les pauvres vieux, pris de sommeil,

Sentant que leur barque chavire,
Fredonnent Le Petit Navire,
Et dorment leur dernier sommeil.

(Maurice Boukay)

Illustration: Jean-Marie Manson

 

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Le poète et la Muse (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Eoghan de Leastar
    
Le poète et la Muse

LE POÈTE

Dans quel but le destin a-t-il voulu m’élire
poète, moi si faible, avec tous mes défauts ?
Car ma parole est vaine et les sons de ma lyre,
même les plus chantants, sonnent creux, semblent faux.

J’ai beau chercher à dire un sentiment sublime,
gloire et vertu ne sont qu’un rêve, je le sens.
Dans la désillusion mon oeil toujours s’abîme,
dans les ronces partout mon pied s’en va glissant.

Le monde est une froide et sombre comédie.
Mes chants non moins que lui se révèlent menteurs.
Chanter l’amour, la joie ? Infâme parodie,
infâme lyre, proie de spectacles trompeurs !

LA MUSE

Poète, tu n’es pas menteur. Ton monde à toi
est le seul vrai. Seules les cordes de ta lyre
savent la vérité ; elles seules, crois-moi,
au long de notre vie ont l’art de nous conduire.

Serviteur du divin, apprends quel est ton sort :
la beauté, le printemps. Une ode enchanteresse
est issue de ta bouche, et tu es un trésor
de parfums — une voix d’en haut, riche en promesses.

Si la nuit règne sur la terre, n’aie point peur.
Ne crois pas que cette ombre va durer encore.
Tu es près des plaisirs, des vallons et des fleurs ;
courage, et en avant ! Vois se lever l’aurore !

Seule une faible brume effarouche tes yeux.
Sous son voile, pour toi, la Nature accueillante
tresse roses, violettes, narcisses précieux,
couronne pour tes chants, récompense odorante.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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L’arbre volant (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



L’arbre volant

Que les bois aient des arbres,
Quoi de plus naturel ?
Que les arbres aient des feuilles,
Quoi de plus évident ?
Mais que les feuilles aient des ailes,
Voilà qui, pour le moins, est surprenant.
Volez, volez, beaux arbres verts.
Le ciel vous est ouvert.
Mais prenez garde à l’automne, fatale
Saison, quand vos milliers et milliers
D’ailes
redevenues feuilles,
tomberont.

(Edmond Jabès)

Illustration

 

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L’inceste (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



L’inceste

J’aimais un arbre, il murmurait des feuilles
A mon oreille, et je connus l’inceste
Avec mon frère, arbre dans le vent froid.
Il en naquit des oiseaux par centaines,
D’étranges fruits qui rendaient la morsure
Et les baisers des lèvres s’y posant.

Je ne sais plus qui j’aime et qui j’attends.
De la nature à jamais j’ai le goût.
Passe la femme ainsi qu’une saison.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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La nature est morose (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
La nature est morose
Souvent, pour l’homme fourvoyé.
Si l’on est baisé par la rose,
Par l’épine on est tutoyé.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

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Adieu au folklore (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



    
Adieu au folklore

L’univers grâce à la technique
Ciné, radios, télévisions
N’est plus qu’un bloc monolithique
Sans chance aucune d’évasion
Formalités, visas, frontières
Peuvent bien disposer partout
Pour nous embêter leurs barrières
Les micros qui parlent, on s’en fout
Avec le Niagara d’images
Que déverse le cinéma
Il fait un monde sans visage
Neutre, grisaille, banal et plat
Lavage intensif et ses drôles
Injection mais à haute dose
De vitriol et d’eau de rose
Renaud Line et Gilbert Bécaud

Ainsi docilement mais en douce
Grâce aux slogans des hauts-parleurs
Comme roi dont l’esprit s’émousse
Descend l’échelle des valeurs
Nivellement systématique
Voici venir l’homme-robot
Sans réflexion ni sens critique
Sans coeur, sans tripes ni cerveau
Acceptant tout : même cuisine
Même film, mêmes préjugés
Mêmes habits, même doctrine
Plus la peine de voyager
Paris, Tokyo, San Francisco
Mêmes bars, même limonade
Même idéal, même salade
Renaud Line et Gilbert Bécaud

Que reste-t-il du vrai folklore
Coloré, vivant, émouvant ?
Le ciné, les ondes sonores
L’ont noyé sous leurs flots mouvants
Pour le voyageur de passage
Altéré d’authenticité
Les producteurs très à la page
Font du folklore à volonté
France des vaches, Garde Républicaine
Lauterbach, valet d’opéra
Sarclo, Bühler, la coupe est pleine
Servez chaud, folklore vaudois !
Mais que devient le flamenco
Dans la péninsule ibérique
A Granada sous les portiques ?
Cette voix, c’est Gilbert Bécaud !

Ainsi va ce monde grisaille
Ainsi le sel perd sa saveur
Espagne, Ukraine ou Cornouailles
Où sont donc vos fraîches couleurs ?
La paysanne catalane
Veut s’habiller comme à Paris
Elle abandonne la sardane
Pour danser le boogie-woogie
Tout se vide et se banalise
Un faux vernis anglo-saxon
Ennuyeux comme une banquise
Recouvre tout jusqu’aux chansons
C’est ainsi qu’à tous les échos
Exprimant l’idéal du monde
On entend détonner les ondes
Dans la nature à pleins tuyaux

(Jean Villard–Gilles)

 

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