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Ce n’était pas une nuit pour dormir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Ce n’était pas une nuit pour dormir
mais une nuit Souple et légère
où la douceur de la main livre
sans compter son savoir
une nuit à aimer
comme les arbres aiment la terre

(Georges Bonnet)

Illustration: Marc Chagall

 

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A l’affût de leurs jeunes années (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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A l’affût de leurs jeunes années
l’un évoquait une gare ancienne
aux moineaux polyglottes
aveuglés de verrières
Un autre une fête et ses danses folles
à prendre par la taille
Un autre encore disait n’aimer que les fleurs
poussant à l’altitude des abeilles
et le rire des enfants
dans la musique de leur âge

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Si tu savais (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Dina Shubin 167341

Loin de moi,
Si tu savais.

Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas,
comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier
de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.

Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin-de-moi à qui je suis soumis

Si tu savais.

(Robert Desnos)

Illustration: Dina Shubin

 

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L’Offrande (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



L’Offrande

POUR lui prouver que je l’aime plus que moi-même,
Je donnerai mes yeux à la femme que j’aime.

Je lui dirai d’un ton humble, tendre et joyeux :
« Ma très chère, voici l’offrande de mes yeux. »

Je donnerai mes yeux qui virent tant de choses.
Tant de couchants et tant de mers et tant de roses.

Ces yeux, qui furent miens, se posèrent jadis
Sur le terrible autel de l’antique Eleusis,

Sur Séville aux beautés pieuses et profanes,
Sur la lente Arabie avec ses caravanes.

J’ai vu Grenade éprise en vain de ses grandeurs
Mortes; parmi les chants et les lourdes odeurs.

Venise qui pâlit, Dogaresse mourante,
Et Florence qui fut la maîtresse de Dante.

J’ai vu l’Hellade où pleure un écho de syrinx,
Et l’Egypte accroupie en faoe du grand Sphinx,

J’ai vu, près des flots sourds que la nuit rassérène,
Ces lourds vergers qui sont l’orgueil de Mytilène.

J’ai vu des îles d’or aux temples parfumés,
Et ce Yeddo, plein de voix frêles de mousmés.

Au hasard des climats, des courants et des zones,
J’ai vu la Chine même avec ses faces jaunes…

J’ai vu les îles d’or où l’air se fait plus doux,
Et les étangs sacrés près des temples hindous,

Ces temples où survit l’inutile sagesse…
Je te donne tout ce que j’ai vu, ma maîtresse !

Je reviens, t’apportant mes ciels gris ou joyeux.
Toi que j’aime, voici l’offrande de mes yeux.

(Renée Vivien)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Chanson (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Chanson

Bonjour, Suzon, ma fleur des bois !
Es-tu toujours la plus jolie ?
Je reviens, tel que tu me vois,
D’un grand voyage en Italie.
Du paradis j’ai fait le tour ;
J’ai fait des vers, j’ai fait l’amour.
Mais que t’importe ? (Bis.)
Je passe devant ta maison ;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon !

Je t’ai vue au temps des lilas.
Ton coeur joyeux venait d’éclore.
Et tu disais : « Je ne veux pas,
Je ne veux pas qu’on m’aime encore. »
Qu’as-tu fait depuis mon départ ?
Qui part trop tôt revient trop tard.
Mais que m’importe ? (Bis.)
Je passe devant ta maison ;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon !

(Alfred de Musset)


Illustration: Claude Monet

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Arums de Palestine (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Arums de Palestine

Ô ma Maîtresse, je t’apporte,
Funèbres comme un requiem,
Lys noirs sur le front d’une morte,
Les arums de Jérusalem.

Ils éclosent parmi les râles
De l’amour que l’aube détruit,
Et les Succubes aux doigts pâles
Ont respiré leur chair de nuit.

Seule, ton âme ténébreuse
Sut les aimer et les choisir,
Etrange et stérile amoureuse
Qui t’abandonnes sans désir.

O ma Maîtresse, je t’apporte ;
Funèbres comme un requiem,
Lys noirs sur le front d’une morte,
Les arums de Jérusalem.

(Renée Vivien)

Illustration: Ron van Dongen

 

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Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017




Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Et la mer est amère et l’amour est amer ;
L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer
Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux, qu’on souffre pour aimer,
Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l’amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau
Mais l’eau contre le feu ne peut fournir des armes.
Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux
Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Constantin Razoumov

 

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Mon cher Paul (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Je ne sais qu’un compliment,
Un compliment bien court,
Toujours le même
Mon cher Paul,
Je vous aime.

(Jacques Prévert)

Illustration: Alain DENEFLE

 

 

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J’aime mieux (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



J’aime mieux
tes lèvres
que mes livres.

(Jacques Prévert)

Illustration: Teodor Axentowicz

 

 

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Coeur de rubis (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Je sais dire je t’aime
mais j’sais pas aimer
Ton coeur de rubis
qu’est-ce que j’en ai fait?

J’ai joué à l’amour
j’savais même pas jouer
Ton coeur de rubis
qu’est-ce que j’en ai fait?

La vitre est brisée
l’magasin fermé
l’satin déchiré
l’écrin piétiné

Je voulais t’avoir
j’voulais t’posséder
je jouais à l’amour
j’ai seul’ment triché

Ton coeur de rubis
qu’est-ce que j’en ai fait?
Maintenant c’est trop tard
j’ai tout saccagé

Ton coeur de rubis
j’peux même pas le fourguer
Y a pas d’recéleur
pour l’amour volé.

(Jacques Prévert)


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