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Poésie

Posts Tagged ‘aimer’

La montagne n’est que silence et solitude (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



 

La montagne n’est que silence et solitude

J’aime les sources pures
qui serpentent
entre les rochers;

j’aime une cabane rustique,
paisiblement assise
au milieu des pins.

(Wang Wei)

Illustration: Wang Wei 

 

 

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Parce qu’il t’aime (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Même pas une fois
Tu n’as cru

Que le vent vient vers toi
Parce qu’il t’aime.

(Guillevic)


Illustration

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Il s’agit toujours d’avancer (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Il s’agit toujours d’avancer,
Mais avancer dans quoi ?

Pas seulement
Dans cet espace
Qui s’étale devant toi
Et que tu crois connaître,

Non, avancer
Dans un nouvel espace
Dont tu ne désires
Que ce que dit ton besoin,

Un espace qui toujours
te demandera de l’aimer,

De te fondre en lui,
Vous deux portés par cet amour
Qui vous engloutira
Dans ce qui nous appelle.

(Guillevic)


Illustration: Xana

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VERTIGE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Claude Sauzet  (2)

VERTIGE

Oh! soyons intenses !
Abusons des danses!
Abusons des lits
Et des seins polis !

Oh les innocences
Et toutes leurs transes !
Leurs cruels oublis !
Froissons tous ces lys.

Nous aimons le crime
Nous trouvons la rime
Dont on meurt souvent.

Vivons d’oeuvres folles !
Disons des paroles
Qu’emporte le vent.

(Charles Cros)

Illustration: Claude Sauzet

 

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Je t’aime, je t’aime (Nancy Huston)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



je t’aime, je t’aime
vivons donc ensemble

un peu séparés

(Nancy Huston)

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Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
C’est ma manière d’avoir du cœur à revendre
C’est ma manière d’avoir raison des douleurs
C’est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d’or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

A fond de cale à fleur de peau à l’abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l’acier brûle ces méduses
Secrètes que j’ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

Là où les hommes nus n’ont plus besoin d’excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m’ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n’en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C’est bien suffisant pour que j’en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu’il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m’étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t’aimais
Plus souvent qu’a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l’ancre dans ma mémoire et j’ai peur
Quand de mes amis l’ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s’ouvre à la place de mes yeux – je suis jeune
Ce qui n’est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu’il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule – à ne pas croire…

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours – dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante – je ne sais plus aimer
Qu’avec cette plaie au cœur qu’avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu’on les ait aimés
Eux que l’on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l’amour qu’ils savaient prodiguer

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

(Anna Gréki)

Illustration: Frida Kahlo

 

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J’aime la vie (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



 

J’aime la vie.
Elle me monte à la tête,
elle m’envahit.

Elle surpasse ses promesses
comme une maîtresse
follement amoureuse

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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Je souffre d’aimer trop (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



je souffre d’aimer trop
et je souffre que l’on m’aime.
Je souffre d’être si exigeante
et si difficilement heureuse.

Je souffre de cette différence
qu’il y a entre la vie quotidienne
et celle que j’imagine.

Je suis incorrigible
et ne me résigne
à aucun arrangement.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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Le Mont T’ong-Koan (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Le Mont T’ong-Koan

J’aime le Mont T’ong. C’est ma joie.
Mille ans j’y resterais, sans penser au retour.
Je voudrais danser en agitant mes manches,
Et frôler d’un seul coup tous les pins sur les cimes!

(Li Po)

Illustration: Chen Chuanxi

 

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L’Amour de Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



L’Amour de Jérusalem

Il y a une rue où l’on ne vend que viande rouge
et une rue où l’on ne vend qu’habits et parfums.
Il y a des jours où je ne vois qu’êtres jeunes et beaux,
et des jours où je ne vois qu’infirmes, aveugles,
lépreux, faces convulsées et rictus.

Ici on construit une maison et là on détruit
ici on creuse la terre
et là on creuse le ciel,
ici on s’assoit et là on marche
ici on hait et là on aime.

Mais celui qui aime Jérusalem
dans les guides touristiques ou les livres de prières
ressemble à celui qui aime une femme
selon le Kama sutra.

Parfois Jérusalem est une ville de couteaux :
même les espoirs de paix sont affûtés pour trancher dans
la difficile réalité, ils s’émoussent ou se cassent.

Les cloches des églises font tellement d’efforts de paix
qu’elles deviennent lourdes, comme un pilon qui broie
dans le mortier
des voix lourdes, graves et remuantes.

Et lorsque
le chantre et le muezzin entonnent leur chant
surgit le cri tranchant :
notre seigneur notre Dieu à tous est un Dieu
un et affûté.

(Yehuda Amichai)

 

 

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