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Poésie

Posts Tagged ‘aimer’

La patronne du bar (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Marie Hélène Mahevo
    
La patronne du bar à côté du cirque,
elle était toujours habillée en rouge,
elle aurait bien aimé
que les hommes soient des taureaux.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard
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Nous allons tous ainsi (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Nous allons tous ainsi
l’ombre autour de nous s’épaissit
courant après nous-mêmes
veneurs d’ancienne vénerie.
L’oiseleur y est pris il aime
chasseur toujours chassé
oiseleur oiselé.

(Armand Lanoux)

Illustration: Gilbert Garcin

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Ils sen vont, tu les aimais (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils s’en vont, tu les aimais.
Debout dans l’embrasure
d’une nuit sans voix,
désirant. tu cherches souffle.

Tu es au bord d’une immense
absence, là où se dissipent
toute chose et toute fable,
où le temps n’est plus le temps,

Ni poussière ni fantôme
ni même image, mais une pause
infinie, résolution

De l’infime, rien qu’une pluie
de mains impalpables qui ne saisissent
rien ni personne.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE JOUR BAISSE LA TÊTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LE JOUR BAISSE LA TÊTE

Tu me vois désolé, Seigneur,
dans ton jour,
fermé à toute lumière.

Privé de toi, je panique,
la route d’amour perdue,
et il ne m’est ni grâce
ni angoisse de me chanter
ce qui assèche mes désirs.

Je t’ai aimé et fréquenté;
le jour baisse la tête
et je cueille les ombres des cieux:
quelle tristesse mon coeur
de chair!

***

SI CHINA IL GIORNO

Mi trovi deserto, Signore,
nel tue giorno,
serrate ad ogni luce.

Di te prive spauro,
perduta strada d’amore,
e non m’è grazia
nemmeno trepido cantarmi
the fa secche mie voglie.

T’ho amato e battuto;
si china il giorno
e colgo ombre dai cieli:
che tristezza il mio cuore
di carne!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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Qui aime qui? (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Ainsi dans la pièce
au soleil à Paris le matin
attente
bonheur d’attente ensoleillée
silence par la fenêtre dans la cour

et tout à coup : secousse
secousse de bonheur dans l’attente
pas vif et léger

Surprise : on peut aimer un pas ?
le pas de ce toi qui s’approche vite
— doucement

qui aime?

Qui aime qui? »

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Si mes mains pouvaient effeuiller (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Si mes mains pouvaient effeuiller

Je prononce ton nom
Au cœur des nuits obscures,
Lorsque viennent les astres
Boire à l’eau de la lune
Et que dorment les feuilles
Des secrètes ramures.
Je me sens tout sonore
De passion, de musique,
Folle horloge qui chante
Les heures de jadis.
Je prononce ton nom
En cette nuit obscure
Et je l’entends sonner
Plus lointain que jamais,
Plus lointain que toutes les étoiles,
Et plus plaintif que le bruit de la pluie.
Pourrai-je un jour t’aimer
Comme je fis naguère?
Mon cœur, où est la faute?
Si le brouillard s’éclaire,
Aurai-je une nouvelle
Passion, tranquille et pure?
Ah, si mes doigts pouvaient
vous effeuiller, ô lune

(Federico Garcia Lorca)

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La Vérité! (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



 

Quand je marche sur la grande place
Parmi ceux qui s’y pressent,
Quand je vois cette jolie fille
Au milieu de la foule,
Si j’avance ici, elle approche,
Mais de l’autre côté;
Personne ne sait, à nous voir,
Combien nous nous aimons.

« Vieux, tu ne cesses pas encore!
Toujours après les filles!
Quand ta vie commençait son cours,
C’était une Käthchen.
Qui adoucit tes jours présents?
Avec clarté dis-le! »
Voyez comme elle me sourit,
Elle, la Vérité!

***

Wenn ich auf dem Markte geh
Durchs Gedränge
Und das hübsche Madchen seh
In der Menge,
Geh ich hier, sie kommt heran,
Aber drüben;
Niemand sieht uns beiden an,
Wie wir lieben.

« Alter, hörst du noch nicht auf!
Immer Mädchen!
In dem jungen Lebenslauf
Wars ein Käthchen.
Welche jetzt den Tag versüßt?
Sags mit Klarheit! »
Seht nur hin; wie sie mich grüßt,
Es ist die Wahrheit!

(Goethe)

Illustration: Édouard Debat-Ponsan


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POUR PAUL (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

roi-des-oiseaux-3

POUR PAUL

Paul
six ans déjà
ce livre que j’aimais sur les oiseaux
je te le donne.
J’ai pensé que Paul peut-être,
aujourd’hui plus grand que les typhas
autour de la Mare aux Canards
entre la rivière et le Détroit
garderait ce livre intact
y reviendrait chaque été

Paul peut-être

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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A SA MÈRE (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 Illustration
    
A SA MÈRE

Je t’aime plus
que je t’aime.

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

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