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Poésie

Posts Tagged ‘aimer’

Hiver à Bergen-Belsen (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




A Bergen-Belsen, camp de la mort,
les nazis aiment la musique.
A Bergen-Belsen, camp de la mort,
quatre prisonniers forment un quator,
mais Igri le violoniste refuse de jouer.
A Bergen-Belsen,
dans la neige et le vent,
trois musiciens,
sous la menace des nazis,
jouent Liszt
pour la pendaison du violoniste.

(Jacques Biolley)

Illustration

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Edentés ou non (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019



Edentés ou non,
forts ou faibles,
jeunes ou vieux,
nos mères nous aiment.

Et plus nous sommes faibles
et plus elles nous aiment.

Amour de nos mères,
à nul autre pareil.

(Albert Cohen)

 

 

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PLAINTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




PLAINTE

Ce jour-là une femme dit :
qui veut me porter mon fils
il est lourd et la nuit revient.
O temps des légumes terreux
rouges ou verts
des navets vineux
dans un jardin bordé d’épines
sous un ciel de silence accepté
tant que je n’ai plus
pourtant ce monde reste réel
et j’aime à voir sa beauté.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Jamais les fleurs du temps d’aimer (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



 

Alexander Maranov

Jamais les fleurs du temps d’aimer
N’ont poussé dans un coeur fermé
La nuit le jour l’été l’hiver
Il faut dormir le coeur ouvert

(Gilles Vigneault)

Illustration: Alexander Maranov

 

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Les beaux métiers (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



peigner-la-girafe

Les beaux métiers

Certains veulent être marins,
D’autres ramasseurs de bruyère,
Explorateurs de souterrains,
Perceurs de trous dans le gruyère,

Cosmonautes, ou, pourquoi pas,
Goûteurs de tartes à la crème,
De chocolat et de babas :
Les beaux métiers sont ceux qu’on aime.

L’un veut nourrir un petit faon,
Apprendre aux singes l’orthographe,
Un autre bercer l’éléphant…
moi, je veux peigner la girafe !

(Jacques Charpentreau)

Illustration

 

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La patronne du bar (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Marie Hélène Mahevo
    
La patronne du bar à côté du cirque,
elle était toujours habillée en rouge,
elle aurait bien aimé
que les hommes soient des taureaux.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous allons tous ainsi (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Nous allons tous ainsi
l’ombre autour de nous s’épaissit
courant après nous-mêmes
veneurs d’ancienne vénerie.
L’oiseleur y est pris il aime
chasseur toujours chassé
oiseleur oiselé.

(Armand Lanoux)

Illustration: Gilbert Garcin

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Ils sen vont, tu les aimais (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils s’en vont, tu les aimais.
Debout dans l’embrasure
d’une nuit sans voix,
désirant. tu cherches souffle.

Tu es au bord d’une immense
absence, là où se dissipent
toute chose et toute fable,
où le temps n’est plus le temps,

Ni poussière ni fantôme
ni même image, mais une pause
infinie, résolution

De l’infime, rien qu’une pluie
de mains impalpables qui ne saisissent
rien ni personne.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE JOUR BAISSE LA TÊTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LE JOUR BAISSE LA TÊTE

Tu me vois désolé, Seigneur,
dans ton jour,
fermé à toute lumière.

Privé de toi, je panique,
la route d’amour perdue,
et il ne m’est ni grâce
ni angoisse de me chanter
ce qui assèche mes désirs.

Je t’ai aimé et fréquenté;
le jour baisse la tête
et je cueille les ombres des cieux:
quelle tristesse mon coeur
de chair!

***

SI CHINA IL GIORNO

Mi trovi deserto, Signore,
nel tue giorno,
serrate ad ogni luce.

Di te prive spauro,
perduta strada d’amore,
e non m’è grazia
nemmeno trepido cantarmi
the fa secche mie voglie.

T’ho amato e battuto;
si china il giorno
e colgo ombre dai cieli:
che tristezza il mio cuore
di carne!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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