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Poésie

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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On célébrait à perdre haleine la lumière (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

On célébrait à perdre haleine la lumière
Les soirs où le soleil bas
Rougissait la gorge des hirondelles volant à ras de terre.
Désormais et toujours plus vif
Sera le désir de faire la nuit en moi seul
Et de chercher salut et repos
Dans mon histoire la plus lointaine.
Chaque soir je vais à ma rencontre à reculons.

***

La luce era gridata a perdifiato
Le sere che il sole basso
Arrossava il petto delle rondini rase.
Ora e sempre più viva
Sarà la smania di far notte in me solo
E cercar scampo e riposo
Nella mia storia più remota.
Ogni sera mi vado incontro a ritroso.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021



Illustration: Karamba Dramé
    
AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE

Voici le Soleil
Qui fait tendre la poitrine des vierges
Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards
Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.
J’entends le bruit des canons — est-ce d’Irun?
On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme.
On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des
futurs morts, on les remercie d’avance futurs morts
obscurs
Die Schwarze schande !

Écoutez-moi, Tirailleurs sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort
Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la Province
Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis dans la tranchée jadis dans les palabres du village
Écoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux dans votre triple enceinte de nuit.
Nous n’avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes
— Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l’ardeur des vivants.
Les plaintes des pleureuses trop claires
Trop vite asséchées les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta
Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.
Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois que vous mouriez
Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportons l’amitié de vos camarades d’âge.
Ah ! puissé-je un jour d’une voix couleur de braise, puissé-je chanter
L’amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte comme des tendons.
Écoutez-nous, Morts étendus dans l’eau au profond des plaines du Nord et de l’Est.
Recevez ce sol rouge, sous le soleil d’été ce sol rougi du sang des blanches hosties
Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs sénégalais
MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE !

Tours, 1938.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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CHALEUR (Armenuhi Sisyan)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Bangla, Irish, Serbian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 676 « Warmth »,
Armenuhi Sisyan, Armenia

de “Longing For Thousand Years’’

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

CHALEUR

Le souvenir frémit entre mes doigts,
mes yeux fixent le vide à regret,
tandis que les oiseaux désenchantés
partent vers des régions plus chaudes.
C’est la victoire du vent,
pas celle du cœur,
que mes joues ne puissent rougir
par la chaleur du souvenir.
Mes mots suivent les oiseaux:
la poésie leur procure le repos.

(Armenuhi Sisyan)

Traduction Elisabeth Gerlache

***

WARMTE

De herinnering rilt tussen mijn vingers,
mijn ogen staren onbeweeglijk,
terwijl de vogels vertwijfeld
naar warmere oorden trekken.
Het is de overwinning van de wind,
niet die van het hart,
dat mijn wangen niet blozen
door de warmte van de herinnering.
Mijn woorden volgen de vogels:
ze vinden rust in de poëzie.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

CALOR

La memoria se congela entre mis dedos,
mis ojos miran sin parpadear,
mientras los pájaros emigran desesperados
a lugares más cálidos.
La victoria de los vientos es,
no la del corazón,
sino el no sonrojarse de mis mejillas
por el calor del recuerdo.
Mis palabras siguen a los pájaros:
descansan donde está la poesía.

Traducción Armenuhi Sisyan – Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

WARMTH

Memory freezes between my fingers,
my eyes unwinking stare,
while the birds migrate to warmer places
in despair.
The victory of winds it is,
not of the heart,
that my cheeks will not blush
from the warmth of memory.
My words follow the birds:
They rest where poetry is.

Translation Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan

***

CALORE

La memoria si congela fra le mie dita,
i miei occhi osservano senza batter ciglio,
gli uccelli migrare verso luoghi più caldi
nella disperazione.
È la vittoria dei venti,
non del cuore.
Le mie gote non arrossiscono
per il calore della memoria.
Le mie parole seguono gli uccelli:
Essi riposano là dove è la poesia.

Traduzione di Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

WÄRME

Die Erinnerung friert zwischen meinen Fingern,
meine Augen starren unbewegt,
während die Vögel in Verzweiflung
nach wärmeren Orten ziehen.
Es ist der Sieg des Windes,
nicht des Herzens,
dass meine Wangen nicht erröten
von der Wärme der Erinnerung.
Meine Worte folgen den Vögeln:
sie rasten wo Poesie ist.

Übersetzung: Wolfgang Klinck

***

CALIDEZ

A memória enregela entre os meus dedos,
os meus olhos fixos não pestanejam,
enquanto os pássaros migram,
em desespero,
para lugares mais quentes.
É triunfo dos ventos,
não a do coração,
que a minha face não enrubesça
na calidez da recordação.
As minhas palavras seguem os pássaros:
descansam onde há poesia.

Tradução portuguesa – Maria do Sameiro Barroso

***

CAUDDU

La mimoria si gghiaccia ntrê me jidita
L’occhi vardanu fissi senza vulillu
Mentri l’aceddi migranu versu posti chiù cauddi
Dipiratamenti.
È la vittoria di lu ventu
Non di lu cori,
ca li me masciddi non russicanu
cu lu cauddu di la mimoria.
I me palori
Sicutanu l’aceddi:
si riposanu unni la puisia è.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

CĂLDURĂ

Amintirea îmi îngheață între degete,
ochii mei o fixează încremeniţi,
în timp ce păsări deznădăjduite
se îndreaptă spre ținuturi mai calde.
A vântului izbândă e aceasta,
nicidecum un triumf al inimii.
Obrazul meu nu se îmbujorează
atins de arșița amintirii.
Cuvintele-mi iau calea zburătoarelor:
odihna și-o găsesc în cuibul poeziei.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

CIEPŁO

Pamięć zamarza pośród moich palców
moje znieruchomiałe oczy wpatrują się
w ptaki wędrujące do cieplejszych krain
To zwycięstwo wiatrów,
nie serca,
że moje policzki nie rumienią się
od ciepła pamięci.
Moje słowa podążają za ptakami:
Znajdują schronienie tam, gdzie są wiersze.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΖΕΣΤΑΣΙΑ

Παγώνει η μνήμη ανάμεσα στα δάχτυλα
αθέλητα τα μάτια μου κοιτούν
απελπισμένα πουλιά που μεταναστεύουν
στα θερμά κλίματα.
Νίκη του ανέμου
κι όχι της καρδιάς
τα μάγουλα μου που δεν κοκκινίζουν
απ’ τη θαλπωρή της μνήμης.
Τα πουλιά ακολουθούν οι λέξεις μου
Όλα τα υπόλοιπα την ποίηση.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
translated by Manolis Aligizakis

***

记忆在我手指间寒颤,
我的眼睛不情愿地盯看,
当鸟儿迁徙到更暖和的地方,
绝望地飞,
这是风的胜利,
不是心的,
我的脸颊不会始于记忆
的温暖而发红羞愧。
我的词语跟随这些鸟儿:
它们在有诗的地方栖息。

原作:亚美尼亚 亚美奴希·斯娅恩
英译:作者自译
汉译:中 国 周道模 2021-3-20
Translation into Chinese by William Zhou

***

الدفء

ذاكرتي تتجمد وسط أناملي،
وعيناي تحدقان دون رغبة،
في وقت تهاجر الطيور صوب أماكن أكثر دفئا.
لكن دون طائل
إنه زمن انتصار الريح،
وليس القلب.
خداي لا يحمران
بالدفء الذي تنشره الذاكرة.
وكلماتي تقتفي أثر الطيور:
فتحط الرحال لتستريح حيثما يكون الشعر.
أرمينوهي سيسيان ، أرمينيا
ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Slim

***

गर्मजोशी

मेरी उंगलियों के बीच
यादें जमा देता है,
मेरी आँखें अनिच्छा से घूरने लगीं
जबकि पक्षी गर्म स्थानों पर चले जाते हैं
निराशा से।
यह है हवाओं की जीत,
दिल का नहीं।
मेरे गाल फूले नहीं समा रहे हैं
स्मृति की गर्मी से।
मेरे शब्द पक्षियों का अनुसरण करते हैं:
वे आराम करते हैं जहाँ कविता है।
अर्मेनुही सिसायन, आर्मेनिया
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी में अनुवादित l

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

ぬくもり

記憶は指の間で凍りつき
望みもしないのに目は見つめる
渡り鳥が絶望して暖かな場所へ飛びのを
風の勝利は心のものではない
わたしの頬が赤く染まるのは
記憶のぬくもりのためでない
わたしの言葉は鳥たちを追う
鳥たちは詩のあるところに羽を休める

アルメヌヒ・シスヤン(アルメニア)
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

حرارت

خاطره در بین انگشتانم منجمد می‌شود
و چشمانم ناخواسته خیره می‌ماند
هنگامیکه پرندگان در ناامیدی به مناطق گرمسیری کوچ می‌کنند.
پیروزی باد است،
نه قلب.
گونه هایم سرخ نمی‌شود
از گرمای خاطرات.
کلماتم پرندگان را دنبال می‌کنند:
و آنجا که شعر است استراحت می‌کنند.

ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ТОПЛИНА

Паметта замръзва между пръстите ми,
очите ми неохотно се взират
докато птиците отлитат

към по-топли места в отчаянието си.
Победа на ветровете е това,

не на сърцето.
Топлината на паметта
не зачервява бузите ми.
Моите думи следват птиците:
Те почиват, където е поезията.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

HLÝJA

Minningarnar frjósa milli fingra minna,
augu mín stara ófús
á fuglana fljúga til hlýrri staða
í örvæntingu.
Þetta er sigur vinda,
ekki hjartans.
Vangar mínir roðna ekki
af hlýju minninganna.
Orð mín fylgja fuglunum:
Þau halda sig með ljóðunum.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ТЕПЛО

Воспоминания дрожат между пальцев,
глаза уставились не мигая,
а в то же время перелетные птицы
летят в отчаянии на юг.
Вот так получилось у ветра сделать,
а у сердца не получилось,
так, чтобы не краснели щеки
от самых теплых воспоминаний.
Мои слова улетают за птицами:
им спокойнее там, где есть стихи.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

INIT

Alaala ay nanigas sa pagitan ng aking mga daliri
aking mga matang hindi kumukurap
habang ang mga ibon ay lumilipat sa mas mainit na
mga lugar
sa kawalan ng pag-asa.
Ang tagumpay ng hangin na ito,
hindi ng puso,
na huwag nawa mamula ang aking pisngi
mula sa mainit na alaala.
Sinusundan ng ibon ang aking mga salita:
Sila’y nagpapahinga kung saan naroon ang tula.

Translation Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

חמימות / אַרְמֶנוּהִי סִיסְיַאן

הַזִּכָּרוֹן קוֹפֵא בֵּין אֶצְבְּעוֹתַי,
עֵינַי מַבִּיטוֹת בְּלִי לְמַצְמֵץ,
כְּשֶׁהַצִּפֳּרִים נוֹדְדוֹת לִמְקוֹמוֹת חַמִּים יוֹתֵר
בְּיֵאוּשׁ.
זֶה נִצְחוֹן הָרוּחוֹת,
לֹא שֶׁל הַלֵּב,
שֶׁלְּחָיַי לֹא יַסְמִיקוּ
מֵחֹם הַזִּכָּרוֹן.
מִלּוֹתַי מְלַוּוֹת אֶת הַצִּפֳּרִים:
נָחוֹת בַּמָּקוֹם בּוֹ נִמְצֵאת הַשִּׁירָה.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

வெது வெதுப்பு

நம்பிக்கை இழந்த பறவைகள்
வெது வெதுப்பான இடங்களுக்கு இடம்பெயர,
எனது விரல்களுக்கு இடையே நினைவு உறைந்து போகிறது
இமைகள் அசைக்காத எனது கண்களின் பார்வையில்!

அது காற்றின் வெற்றி
எனது இதயத்தின் வெற்றி அல்ல
எனது கன்னங்கள் அந்த நினைவின்
வெது வெதுப்பினின்று நாணமடையாது!
எனது சொற்கள் பறவைகளைப் பின்பற்றுகின்றன
ந்எங்கு கவித இருக்கிறதோ அங்கு
ஓய்வெடுக்கிறது!

Translation into Tamil by NV Subbaraman

***

উষ্ণতা

স্মৃতিগুলো হিমায়িত হয় আমার অঙ্গুলি গুলির মাঝারে,
নয়নযুগল তাকায় অনিচ্ছাসত্বে,
যখন পাখিরা উড়ে যায় একটু উষ্ণতার জন্য
বিষণ্ণতায় ।
এই জয় যে পবনের,
কিন্তু নয় হৃদয়ের ।
আমার গাল গুলি হয়না গোলাপ কপোল
স্মৃতির উষ্ণতায় ।
আমার শব্দমালা অনুসরণ করে পাখিদের:
তারা বিশ্রাম করে যেখানে বসবাস করে কবিতামালা ।

Bangla Translation-:Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FONN TAISTIL

Reonn an chuimhne idir mo mhéara,
in éadan mo thola féachaim romhaim
le teann éadóchais
ar na héin ag triail ó dheas—
leanann siad treo na gaoithe,
ní thugann siad aird ar a gcroíthe.
Á dtabhairt chun cuimhne,
ní lasann mo ghrua.
Leanann mo bhriathra imirce na n-éan:
Fáirfidh siad san áit a bhfuil an fhilíocht ann.

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

TOPLOTA

Sećanje se smrzava između mojih prstiju,
oči uporno gledaju u istu tačku ,
dok se očajne ptice
sele u toplije krajeve.
To je pobeda vetrova
ne srca.
Ne rumene se moje jagodice
od topline sećanja.
Moje reči lete za pticama:
odmore se tamo gde je poezija.

Preveli: Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan
S engleskog prevela S. Piksiades

***

Ջերմություն

Մատներիս միջև սառչում է հիշողությունը,
սառչում են աչքերս
ու թռչունները ճարահատ
չվում են տաք տարածքներ:
Քամիների հաղթանակն է
և ոչ սրտի,
որ այտերս չեն շառագունի
ջերմության հուշից:
Բառերս հետևում են թռչուններին.
նրանք հանգրվանում են այնտեղ,
ուր բանաստեղծությունն է…

(Armenuhi Sisyan)

 

Recueil: Ithaca 676
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
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Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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L’APHRODITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



Illustration: Alexandre Cabanel
    
L’APHRODITE

Infante de l’Amour enfantée par

l’écume de la mer et du vent
l’écume de la vague et du sang
l’écume des amours naissants
l’écume des désirs languissants
l’écume des émois rougissants
l’écume des gestes caressants
l’écume des corps soupirants
l’écume des bouches salivantes
l’écume des lèvres pantelantes
l’écume des étreintes haletantes
l’écume des houles langoureuses
l’écume des foules luxurieuses

l’écume du monde séducteur.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Matin d’octobre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Matin d’octobre

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Regarde aux miroirs du trépas (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Regarde aux miroirs du trépas
Rougissante des nuits prochaines,
Ta lèvre où mon baiser soupa,
Attends la fin de ma semaine,
Regarde aux miroirs du trépas.

Femme, mon ange fiancée,
Nous marierons nos souvenirs.
Cultive un jardin de pensées
Qu’ensemble nous allons cueillir.
Femme, mon ange fiancée.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Paul Delvaux

 

 

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LES CERISIERS (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Emile Vernon
    
LES CERISIERS.

I.

Vous souvient-il un peu de ce que vous disiez,
Mignonne, au temps des cerisiers ?

Ce qui tombait du bout de votre lèvre rose,
Ce que vous chantiez, ô mon doux bengali,
Vous l’avez oublié, c’était si peu de chose,
Et pourtant, c’était bien joli…
Mais moi je me souviens (et n’en soyez pas surprise),
Je me souviens pour vous de ce que vous disiez.
Vous disiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous disiez…
Que vous aimiez fort la cerise,
La cerise et les cerisiers.

II.

Vous souvient-il un peu de ce que vous faisiez,
Mignonne, au temps des cerisiers ?

Plus grands sont les amours, plus courte est la mémoire
Vous l’avez oublié, nous en sommes tous là ;
Le cœur le plus aimant n’est qu’une vaste armoire.
On fait deux tours, et puis voilà.
Mais moi je me souviens (et n’en soyez surprise),
Je me souviens pour vous de ce que vous faisiez…
Vous faisiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous faisiez…
Des boucles d’oreille en cerise,
En cerise de cerisiers.

III.

Vous souvient-il d’un soir où vous vous reposiez,
Mignonne, sous les cerisiers ?

Seule dans ton repos ! Seule, ô femme, ô nature !
De l’ombre, du silence, et toi…quel souvenir !
Vous l’avez oublié, maudite créature,
Moi je ne puis y parvenir.
Voyez, je me souviens (et n’en soyez surprise),
Je me souviens du soir où vous vous reposiez…
Vous reposiez (pourquoi rougir ?)…vous reposiez…
Je vous pris pour une cerise ;
C’était la faute aux cerisiers.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Poèmes d’un rescapé (Matsuo Atsuyuki)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Illustration: Roger Somville    
    
Poèmes d’un rescapé
1965

La tumeur
de mon bras a eu
vingt ans cet été

Mes globules blancs
suffisent à peine
C’est l’été dirait-on

Libellules au ciel
Dans ma tête les enfants
qui ne vieilliront jamais

Lauriers-roses dans la ville
Criant dans les rues je défile
cette année encore

Comme à l’ordinaire
les érables rougissent où
sont les cendres des enfants

Pour le nouvel an
couper une branche de prunier au
cimetière des enfants

Seule chose au monde en
quoi je puis croire cette
pierre que je caresse

(Matsuo Atsuyuki)

In Je ne peux le croire
Fukushima Nagasaki, Hirosghima, haïkus & tankas, 2018.
Traduits du japonais par Kemmoku Makoto et Patrick Blanche.

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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INTERMÈDE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
INTERMÈDE

Pendant que j’étais chez la fruitière
Il est entré une petite fille,
Un litre couché dans son bras
Et des sous pressés dans sa main :
– Trois sous de sel et un litre de bière.
Sa bouchette aux lèvres froncées
Avait grand sérieux et pensait :
Dépêchons-nous ! Que de soucis !
Sa bouchette aux lèvres froncées
N’empêchait pas mais accusait plutôt
Dans les joues fraîches, deux fossettes ;
Et son petit nez de bébé
Semblait railler sa gravité.
Mais son regard de grande dame…
Mais sa nuque entre ses deux nattes !
– De la bière à combien, mon enfant ?
– « À six sous. » Elle vérifia
Un à un les sous dans sa main
Donna son litre et attendit
Et fut toute tendue d’attente.
Y avait-il pas quelque part
Au pied d’un lit, dans une encoignure,
Une petite poupée de son
Qui grelottait sous des chiffons
Au fond d’une boîte en carton ?
Y avait-il pas au logis
Un petit frère touche-à-tout ?
Ou quelque dîner sur le feu ?
Mais soudain la bouche s’entr’ouvrit :
Les yeux, les yeux de grande dame
S’étaient tournés vers l’étagère
Où il y avait les bonbons.
C’est alors qu’en gagnant la porte
Je lui demandai : Comment t’appelles-tu ?
Elle sourit et dit : Alice.
– Alice, voici deux sous pour toi.

*

Après, je l’ai rencontrée dans la rue
Elle portait son litre et son sel.
Elle avait aussi un petit cornet…
Elle a rougi à mon sourire
Et elle m’a fait un si gracieux,
Un si noble salut de la tête,
Que j’ai soulevé mon képi.

Amiens, 1916.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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