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Poésie

Posts Tagged ‘exister’

A FORCE DE S’AIMER (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Illustration: Lisa G.
    
A FORCE DE S’AIMER

A force de s’aimer l’on ne se connaît plus,
parce qu’il n’existe plus de toi ni de moi
mais un oiseau aveugle immobile sur le vide,
ne chantant pas, irréprochable, rajeunisseur.
L’éclat de son silence répare les fêlures.
Mon amour, mais toi et moi nous devenons vierges!

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard
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Sans cette sotte vanité (Antonio Porchia)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Sans cette sotte vanité qui consiste à nous montrer
et qui est le fait de tous et de tout,
nous ne verrions rien et il n’existerait rien.

(Antonio Porchia)

 

 

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Aujourd’hui, c’est un envol de libellules (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Aujourd’hui, c’est un envol de libellules
qui devient nuage

et le nuage
un tourbillon de pollens

tout est si libre, si
léger, j’existe à peine

je m’abandonne sans défense
à l’esprit de l’air.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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AU MONDE (Andrea Zanzotto)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
AU MONDE

Monde, sois, et sois bon;
existe bonnement,
fais que, cherche à, tends à, dis-moi tout,
et voici que je renversais, éludais
et toute inclusion n’était pas moins
efficace que toute exclusion;
allez, mon bon, existe,
ne te recroqueville pas en toi-même, en moi-même

(Andrea Zanzotto)

 

Recueil: La Beauté La Beltà
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: MAURICE NADEAU

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Lentement (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
lentement
le temps passe
à la verticale

on est là
autant que la bouteille
le livre fermé
le cendrier
la table

tout vibre
très peu
d’exister

on rejoint

dans cette pièce
à ce moment
sans murs

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Soleil tranquille (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration

    

soleil tranquille

dérive de la lumière

petit pan de mur blanc

on est toujours au bord

mais le blanc du petit pan
existe
aussi
de toutes ses forces

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Les contes de fées (Gilbert Keith Chesterton)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



    

Les contes de fées ne révèlent pas aux enfants
que les dragons existent.
Les enfants le savent déjà.

Les contes de fées révèlent aux enfants
qu’on peut tuer les dragons.

(Gilbert Keith Chesterton)

 

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Comment faire surgir (Denise Le Dantec)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration: Margaret Durow
    
Comment faire surgir ce qui n’est pas tourné vers nous,
mais qui existe si fort ?

(Denise Le Dantec)

 

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Bouche à bouche (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration: Alice de Miramon
    
bouche à bouche le bleu. Tout d’un
coup je sais que j’existe. J’y fais
mon nid. C’est simple

c’est tout ce qui compte

« nos corps feront jour
rien qu’en ouvrant les
bras sous le pommier. »*

* Sophie Loizeau

(Israël Eliraz)

 

Recueil: Août, à la limite des choses perdues
Traduction:
Editions: José Corti

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LA TIMIDITÉ (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




LA TIMIDITÉ

Je sus à peine, être esseulé, que j’existais
et que je pourrais vivre ainsi cahin-caha,
que j’eus peur de cela même : la vie;
je voulus qu’on ne me vit pas,
qu’on ignorât mon existence.
Et je devins maigreur, pâleur, absence,
je ne voulus pas parler : il ne fallait pas
qu’on reconnût ma voix, je ne voulus pas voir
pour ne pas être vu,
je frôlai les murs en marchant :
j’étais une ombre aux pas glissants.

J’aurais bien mis des vêtements
de tuiles cassées, de fumée,
pour rester là, mais invisible,
pour être en tout présent, mais à distance,
et garder mon obscure identité
fixée au rythme du printemps.

Un visage de fille, le choc pur
d’un rire qui fendait le jour en deux
comme une orange en deux moitiés,
et je changeais de rue,
avide de vivre et craintif,
proche de l’eau sans en boire le froid,
proche du feu sans en baiser la flamme,
un masque d’orgueil me couvrit
et je fus mince et belliqueux comme une lance,
ne prêtant l’oreille à personne
— car je m’y opposais —
ma plainte
murée
comme le cri d’un chien blessé
au fond d’un puits.

(Pablo Neruda)

 

 

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