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Poésie

Posts Tagged ‘exister’

Ô toi (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
Ô toi dont le beau corps est fait de volupté,
Toi, dont le clair regard séduit, affole et grise,
J’aime frôler et voir ta pâle nudité,
Et cueillir sur ta bouche une douceur promise ;

Me pâmer de bonheur et n’entendre aucun bruit ;
Oublier que j’existe et vivre dans un songe ;
Fermer les yeux, rêver, me perdre dans la nuit,
Quand l’écho des aveux ardemment se prolonge.

(Paule Riversdale)

 

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Pourquoi donc aurais-je peur? (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
Je suis mort au règne minéral
et je suis devenu une plante;

je suis mort à la nature végétale
et j’ai atteint l’animalité.

Je suis mort à l’animalité
et je suis devenu un homme.

Pourquoi donc aurais-je peur?
Ai-je jamais été diminué en mourant?

La prochaine fois, je mourrai à la nature humaine,
et je pourrai alors étendre mes ailes
et m’élever parmi les anges.

[…]

Puis de nouveau,
je perdrai ma nature angélique
et je deviendrai
ce qui dépasse l’imagination.

Laisse-moi ne pas exister!
car la non-existence proclame
que c’est vers Lui que nous retournerons

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Tubéreuse et jonquille (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Tubéreuse et jonquille

—L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître,
en me montrant à un de ses amis, s’est écrié:
voyez cette jolie fleur, c’est le désir.

—Moi, répondit la Tubéreuse, je suis la volupté.
—J’aime bien mieux être le désir.
—Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis.
—Vous ne venez qu’après moi.
—Mais je vous fais oublier.
—Sans moi vous n’existeriez pas. Je vous fais naître.
—Moi, je vous ressuscite.

La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique.
Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux.
Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse,
ce n’est pas nous qui oserons décider.
Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules:
Pour vous juger, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent;
la nature a pris soin de multiplier la jonquille;
elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples.
Son parfum est doux sans être enivrant.
Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc,
sa robe verte d’espérance charment le regard.
L’homme aime à s’entourer de jonquilles.
Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie.
C’est que le désir plaît.

Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose.
Vous êtes originaire de l’Inde, vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons.
Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté,
mais leur parfum ne peut se sentir longtemps.
En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens,
on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer,
mais bientôt une fatigue étrange remplace cet enivrement passager.
On vous éloigne, on vous évite, on craint de vous approcher.
C’est que la volupté tue.

Les sages seuls sont de l’avis du Ramier.
Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.

(J.J. Grandville)

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La cour (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
La cour

Dans une ville à l’abandon,
Très vieille où sommeillent les pierres,
Où les murs délabrés enfouissent leur front
Sous la mousse et les pariétaires,

Je connais une ancienne cour
Toute pleine de poésie
Et d’humidité verte, avec sa chambre à four
Dont branle la porte moisie;

Avec son bûcher qui sent bon
Et d’où la ténébreuse haleine
Monte des hêtres au feuillage moribond
Et des troncs mutilés des chênes.

En face, au mur embruiné,
Qu’habite un nid de rouge-queues,
Une fenêtre s’ouvre; à ses carreaux fanés
Pendent des rideaux à fleurs bleues.

A travers l’ombre s’éplorant,
Les bardannes et les orties,
Le puits dort où parfois le soir la lune errant
Glisse une lueur amortie.

A l’oubli d’exister, vraiment
La cour obscure nous convie,
Cloître doux opposant aux rumeurs de la vie
Son silence et son dénûment.

*

Mais seule, en un pot vernissé,
Languit une pâle anémone,
Languit infiniment et comme un coeur blessé
D’amour, une pâle anémone.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le néant (Julien Harb)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2017



Le néant existe
il est éternel
Sourd-aveugle-muet
Insensible
Beau

(Julien Harb)

Illustration

 

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Vis sans efforts et sans débats (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2017



 

Vis sans efforts et sans débats,
Garde tes torts, reste toi-même,
Qu’importent tes défauts ? Je t’aime
Comme si tu n’existais pas,

Car l’émanation secrète
Qui fait ton monde autour de toi
Ne dépend pas de tes tempêtes,
De ton cœur vif, ton cœur étroit,

C’est un climat qui t’environne,
Intact et pur, et dans lequel
Tu t’emportes, sans que frissonne
Ton espace immatériel :
L’anxieux frelon qui bourdonne
Ne peut pas altérer son ciel…

(Anna de Noailles)

Illustration: Bec Winnel

 

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Vis sans efforts et sans débats (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



 

Vis sans efforts et sans débats,
Garde tes torts, reste toi-même,
Qu’importent tes défauts ? Je t’aime
Comme si tu n’existais pas,

Car l’émanation secrète
Qui fait ton monde autour de toi
Ne dépend pas de tes tempêtes,
De ton cœur vif, ton cœur étroit,

C’est un climat qui t’environne,
Intact et pur, et dans lequel
Tu t’emportes, sans que frissonne
Ton espace immatériel :
L’anxieux frelon qui bourdonne
Ne peut pas altérer son ciel…

*****

Puisque je ne puis pas savoir
Ce que tu penses, je t’écoute;
Ta voix en vain peut se mouvoir,
Je poursuis mon songe et mon doute.

Tu m’étonnes en étant toi,
En ayant ton élan, ta vie;
Je me sens toujours desservie
Par ce que tu prétends ou crois.

Mais quelquefois, dans le silence,
Je sens, comme une calme chance,
Se révéler notre unité,
Et j’entends les mots que tu penses
Et que je n’ai pas écoutés…

(Anna de Noailles)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alan Ayers

 

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Nul ne connaîtrait la lumière (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



 

Nul ne connaîtrait la lumière
Si l’ombre n’existait pas
Ainsi la réalité commence
Où finit la réalité

(Marcel Béalu)

Illustration

 

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Exister (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2017



Exister
c’est vivre au présent
une part d’éternité,
c’est la contenance
de mes paumes soudées
en forme de grenade
dans lesquelles pénètrent
l’air et le feu
et d’où s’échappent
le sable,
l’eau
et du sang.

(Gérard Le Gouic)

Illustration: Florian Mermin

 

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Une chose qui n’existe pas (Elise Turcotte)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2017



 

    

Une chose qui n’existe pas
ne peut nous être enlevée !

(Elise Turcotte)

 

 

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