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Poésie

Posts Tagged ‘lune’

LÉGÈRETÉ (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017




    
LÉGÈRETÉ

dans le temps détenu
d’un cil sur une joue
l’amour devient léger
comme un papier carbone
épris d’une chauve-souris
qui devient parfois papillon
quand le jardinier de la nuit
taille la lune en rosier

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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Chant funèbre (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Chant funèbre

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

***

Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Comment pourrait l’amour entre Vous et moi prendre fin ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    

Comment pourrait l’amour entre Vous et moi prendre fin ?
Autant la feuille du lotus a besoin de l’eau
— vous êtes mon Seigneur, et je suis votre servant.

Autant l’oiseau de nuit Chakor toute la nuit devant la lune s’extasie
— Vous êtes mon Seigneur et je suis votre servant.

Depuis que le temps a commencé et jusqu’à ce qu’il finisse,
il y a amour entre Vous et moi;
comment un tel amour mourrait-il ?

 » Autant le fleuve entre dans l’Océan,
Mon coeur vous touche  » dit Kabîr.

***

How could the love between Thee and me sever ?
As the leaf of the lotus abides on the water:
so Thou art my Lord, and I am Thy servant.

As the night-bird Chakor gazes all night at the moon :
so Thou art my Lord and I am Thy servant.

From the beginning until the ending of time,
there is love between Thee and me;
and how shall such love be extinguished ?

Kabîr says : « As the river enters into the ocean,
so my heart touches Thee. »

(Kabîr)

 

 

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Entre les pôles du conscient et de l’inconscien (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



 

    
Entre les pôles du conscient et de l’inconscient,
l’esprit se balance.
A cette balançoire sont suspendus tous les êtres et tous les mondes ;
et cette balançoire ne cesse jamais de se balancer.

Des millions d’êtres y sont accrochés :
le soleil et la lune, dans leur course, s’y balancent.
Des millions d’âges passent et toujours la balançoire se balance.

Tout est balancé :
le ciel et la Terre et l’air et l’eau et le Seigneur Lui-même qui se personnifie :
Et la vue de tout ceci a fait de Kabîr le serviteur de son Dieu.

(Kabîr)

 

 

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À L’INTÉRIEUR MÊME DE L’ABSENCE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
À L’INTÉRIEUR MÊME DE L’ABSENCE
UNE AUTRE ABSENCE
COMME UNE LUNE MORTE DANS LA NEIGE

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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C’est la miséricorde (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

C’est la miséricorde de mon vrai Maître
qui m’a fait connaître l’inconnu.

J’ai appris de Lui à marcher sans pieds, à voir sans yeux,
à entendre sans oreilles, à boire sans lèvres, à voler sans ailes.
Dans le pays où il n’y a ni soleil ni lune, ni nuit, ni jour,
j’ai aimé et j’ai médité.
Sans manger j’ai goûté la douceur du nectar;
sans eau j’ai étanché ma soif.

La joie partagée est la plénitude de la joie.
Devant qui pourrait-on jamais l’exprimer ?

Kabîr dit : « Mon Maître est plus grand que les mondes
et grande est la bonne fortune de son disciple. »

(Kabîr)

 

 

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CHANSON DE L’AMOUR (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




CHANSON DE L’AMOUR

Je chante : « Je t’aime, je t’aime »,
et commence la déraison.

Je t’aime, je t’aime, ô mon souffle!
Je t’aime, je t’aime, ô ma treille!
Et si l’amour au vin ressemble,
tu es, toi, ma prédilection,
des mains à la plante des pieds :
tu es la coupe de l’après
et la bouteille du destin.

Je t’aime à l’endroit, à l’envers,
et je n’ai ni ton ni mesure
pour te susurrer ma chanson,
ma chanson qui n’a pas de fin.

Sur mon violon qui extravague
mon violon, lui, te le déclare :
je t’aime et t’aime, ma violone,

mon petit jupon sombre et clair,
mon coeur, les dents de mes gencives,
ma clarté et ma loucherette,
le sel de ma semaine obscure,
ma lune de fenêtre,claire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Eugène Blaas

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Si ce n’était que tes yeux ont couleur de lune (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Si ce n’était que tes yeux ont couleur de lune,
couleur de jour, avec argile, travail, feu,
si tu n’avais conquis l’agilité de l’air,
et si tu n’étais pas une semaine d’ambre,

si ce n’était que tu sais être l’heure jaune
où l’automne s’élève avec la vigne vierge
et que tu es le pain que la lune odorante
fabrique en promenant dans le ciel sa farine,

oh, ma bien-aimée, moi je ne t’aimerais pas !
Tout ce qui est, je l’embrasse dans ton baiser,
et le sable, et le temps, et l’arbre de la pluie,

tout ce qui est vivant vit pour que moi je vive :
à quoi bon m’éloigner puisque je peux tout voir :
tout ce qui est vivant, je le vois dans ta vie.

***

Si no fuera porque tus ojos tienen color de luna,
de día con arcilla, con trabajo, con fuego,
y aprisionada tienes la agilidad del aire,
si no fuera porque eres una semana de ámbar,

si no fuera porque eres el momento amarillo
en que el otoño sube por las enredaderas
y eres aún el pan que la luna fragante
elabora paseando su harina por el cielo,

oh, bienamada, yo no te amaría !
En tu abrazo yo abrazo lo que existe,
la arena, el tiempo, el árbol de la lluvia,

y todo vive para que yo viva :
sin ir tan lejos puedo verlo todo :
veo en tu vida todo lo viviente.

(Pablo Neruda)

 

 

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Comment pourrait-on briser (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

 
    
Comment pourrait-on briser l’amour qui nous unit ?
Comme la feuille de lotus repose sur l’eau,
ainsi tu es mon Seigneur et je suis ton servant.

Comme l’oiseau de nuit le Chakor contemple la lune pendant la nuit,
ainsi tu es mon Seigneur et je suis ton servant.

Depuis le commencement jusqu’à la fin du temps,
l’Amour est entre Toi et moi.
— Comment un tel amour pourrait-il s’éteindre ?

Kabîr dit : « Comme la rivière entre dans l’océan,
ainsi mon coeur pénètre en Toi. »

(Kabîr)

 

 

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Depuis longtemps je me suspectais moi-même (Marin Sorescu)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: René Magritte
    
Depuis longtemps je me suspectais moi-même,
Aussi toute la journée je me suis filé
A distance discrète.

Or, sachez que je suis plus dangereux que je ne l’imaginais :
Quand je vais dans la rue, je regarde à droite, à gauche,
Comme si je ne cessais de photographier
Les maisons, les hommes, les poteaux télégraphiques,
Toutes ces richesses.

Puis, sans raison,
Pour passer inaperçu peut-être,
Je modifie l’expression de mon âme.
Mon visage comme un alphabet morse
Transmet sans cesse Dieu sait quel secret
Aux hommes de la lune qui sont à notre écoute.

Quand je suis devant ma table,
Je déchire une feuille de papier
En petits morceaux qui, sitôt roulés en boules,
Sont projetés dans l’oubli,
Ce qui est très bizarre.

Cette nuit je descendrai en rêve
Par une corde qu’à cet effet j’ai dans ma poche,
Pour voir ce que là-bas l’individu avoue,
Ce dont il se souvient spontanément
Et — ce qui importe plus — qui notamment
Lui fournit ces rapports sur les choses ?
Après quoi je me mettrai
A rédiger la fiche.

(Marin Sorescu)

 

Recueil: Céramique
Traduction: Françoise Cayla
Editions: Saint-Germain-des-Prés

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