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Poésie

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De la jeunesse à l’âge mûr (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
De la jeunesse à l’âge mûr, il n’est pas de chemin tracé,
Cependant hier un enfant, maintenant un homme tassé,
Inutile de s’exciter, chaque pas fera du passé.

De l’âge mûr à la vieillesse, il n’est pas de route certaine,
Cependant hier voix qui tranche, aujourd’hui tremblante rengaine,
Pas besoin de beaucoup d’effort, c’est la pente qui vous emmène.

Et des derniers jours à la mort, le chemin, peut-on le décrire?
Hier soir quarante de fièvre, aujourd’hui visage de cire,
Impossible d’en rien savoir, les uns dorment, d’autres délirent.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

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UN MONDE EN CRISTAL (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



 

UN MONDE EN CRISTAL

Transparence, cristal devient
la feuille sur son arbre,
faïence brune et pourpre aussi,
ivoire par endroits.
Les arbres tiennent, minuscules,
leurs tasses japonaises.
Ils n’osent plus bouger, de peur
qu’une seule ne tombe.

Plein de lumière est le verger ;
tout y tremble : on eût dit
un magasin de bibelots
en cristal, et de lampes.
« Prends garde », proclame la voix
de mon coeur, « à ne pas
briser d’un geste maladroit
quelque objet qui scintille. »

Cependant, quelle volupté,
quelle joie de gamin :
secouer les arbres d’automne,
rester sous cette douche
au flot doré ; puis quelle mort
magnifique, là-bas,
la mort au sein de cette nappe,
lumières et couleurs.
Je marche silencieux, furtif,
parmi les griottiers
et leur service à thé, si rouge,
faïence du Japon.
Toute beauté qui se détache,
me fait souffrir. Je crains
à chaque fois pour les valeurs
fragiles de la terre.

Transparence, cristal se trouvent
ailleurs que chez les arbres ;
transparence est le monde entier :
coeurs aériens, visages
qui êtes toute transparence,
jusqu’à quand, dites-moi,
le vent d’automne voudra-t-il
encor vous épargner ?

Le vent tarde à souffler ; toujours
dans le soleil se tiennent
le jardin et la création.
La peine en est plus forte,
de voir, du haut des arbres calmes,
tomber en se berçant,
ça et là — quel mortel silence ! —
une feuille en cristal.

(Gyula Illyès)

Illustration

 

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Une fois de plus (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

tasses vides

Une fois de plus, sans savoir faire.
Le silence, les tasses vides. Ses yeux
cherchent mais ne trouvent pas, ses doigts pianotent
comme s’il comptait. Entre ce qui
vient et s’en va, une sorte d’embrasure,
un bref éclat. Sans comprendre, il brûle

(Jacques Ancet)

Illustration

 

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Chanson du chagrin (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



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Chanson du chagrin

Le maître de céans a du vin,
mais ne le versez pas encore :
Attendez que je vous aie chanté la Chanson du chagrin.

Quand le chagrin vient,
si je cesse de chanter ou de rire,
Personne, dans ce monde,
ne connaîtra les sentiments de mon cœur.
Seigneur, vous avez quelques mesures de vin,
Et moi je possède un luth long de trois pieds ;

Jouer du luth et boire du vin
sont deux choses qui vont bien ensemble.
Une tasse de vin vaut, en son temps, mille onces d’or.
Bien que le ciel ne périsse point,
bien que la terre soit de longue durée,
Combien pourra durer pour nous la possession de l’or et du jade ?
Cent ans au plus.
Voilà le terme de la plus longue espérance.

Vivre et mourir une fois,
voilà ce dont tout homme est assuré.
Ecoutez là-bas, sous les rayons de la lune,
écoutez le singe accroupi qui pleure, tout seul, sur les tombeaux.
Et maintenant remplissez ma tasse ;
il est temps de la vider d’un seul trait.

(Li Po)

Illustration: Werner Pawlok

 

 

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LE VIN LE PAVILLON DE PORCELAINE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: Maison chinoise à Berlin
    
LE VIN
LE PAVILLON DE PORCELAINE
Li-Taï-Pé
 
Au milieu du petit lac artificiel, s’élève un pavillon de porcelaine verte et blanche ;
on y arrive par un pont de jade, qui se voûte comme le dos d’un tigre.
Dans ce pavillon, quelques amis, vêtus de robes claires, boivent ensemble des tasses de vin tiède.
Ils causent gaiement, ou tracent des vers, en repoussant leurs chapeaux en arrière, en relevant un peu leurs manches,
Et, dans le lac, où le petit pont, renversé, semble un croissant de jade,
quelques amis, vêtus de robes claires, boivent, la tête en bas dans un pavillon de porcelaine.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LE SOUVENIR DÉCHIRANT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
LE SOUVENIR DÉCHIRANT

Je me souviens… (à quelle heure du jour ne l’ai-je pas devant mes yeux !)
je me souviens de la façon dont Elle soulevait ses cheveux avec ses faibles doigts si pâles.

Je me souviens d’une nuit qu’elle passa, la joue sur mon sein, si doucement, que le bonheur me tint éveillée,
et le lendemain elle avait au visage la marque de la papille ronde.

Je la vois tenant sa tasse de lait et me regardant de côté, avec un sourire.
Je la vois, poudrée et coiffée, ouvrant ses grands yeux devant son miroir,
et retouchant du doigt le rouge de ses lèvres.

Et surtout, si mon désespoir est une perpétuelle torture,
c’est que je sais, instant par instant, comment elle défaille dans les bras de l’autre,
ce qu’elle lui demande et ce qu’elle lui donne.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi ne pas dire JOIE (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
L’annulation du temps

Pourquoi
ne pas dire JOIE
à êtrе
dans le bruissement d’un peuple
intérieur, toutes ramures confondues
sur l’annulation du temps,
aspiré par quelque douceur du ciel
aux hanches de femme, l’amphore
de l’homme aux dents d’artiste ; là
où s’envole claire la spirale en forme
de secondes qui trace l’espace
sans frontière.

Joie.
Pourquoi ne pas dire joie
à l’instant
absolu qui réconcilie le monde
parfois avec cette simple tasse
de thé, et relie la terre
à l’inspiré,
dans la joie sans partage
du partage inspiré, au feu de bois
qui brûle en cheminée.

Pourquoi ne pas dire Joie
l’éventualité du sans-mesure
dont la durée ravive l’ adoration.
La foi n’est pas mirage mais dérive
du risque d’absolu au rivage du
futur. Pourquoi ne pas dire passion
si brûle encore en nous au présent
les puissants vaisseaux du passé.

Pourquoi
à ne pas dire joie
devant l’infante en robe de velours noir
et la « maja desnuda », nue d’amour puis
vêtue du regard de l’ aventure. Joie
du regard ravaudé par le rêve d’un défunt.
Pourquoi ne pas ranimer l’oeil du buveur
en chemise bleue et rendre au paysan
mélancolique la jeune paysanne d’antan

Pourquoi ne pas dire
Joie
aux passants des montagnes
qui saluent et s’embrassent
dans les genêts et les misères,
aux fantômes qui jouent, axel espiègle
au coeur des légendes et des forêts.

Pourquoi ne pas dire joie aux mercis
des hommes dont le coeur bat encore
et à l’esprit, qui n’est pas toujours frappeur (?)

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Votre amour, madame (Nizar Kabani)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

alla chakir

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
Que l’humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a être triste
Et depuis des siècles j’avais besoin d’une femme qui me rendrai triste
D’une femme ,dans ses bras que je pleurerai comme un oiseau
D’une femme , qui rassemblerai mes morceaux tel les pièces d’un vase [bocal] cassé
Votre amour madame, m’a enseigné les pires manières
Il m’a appris a regarder dans ma tasse plusieurs fois durant la nuit
A essayer les remèdes des guérisseurs et à frapper les portes des voyantes
Il m’a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues
Et à rechercher votre visage sous la pluie et dans la lumière des feux
A rassembler a partir de vos yeux des millions d’étoiles
O femme qui a perturbé le monde , O ma douleur, O douleur des Nays

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités de la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
que l’ humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a me comporter comme les petits enfants
A dessiner votre visage avec de la craie sur les murs
O Femme qui a bouleversé mon histoire
De par vous ,je suis écorché d’un artère à un autre
Votre amour m’a enseigné comment l’Amour change-t-il le cours du temps
Il m’a enseigné que lorsque j’aime, la terre cesse de tourner
Votre amour m’a enseigné des choses qui ne sont jamais venu a l’esprit

Alors j’ai lu les contes d’enfants
Je suis entrer dans les palais des rois génies
Et j’ai rêvé que la fille du sultan m’épousait
Celle aux yeux plus claire qu’une eau limpide
Celle aux lèvres appétissantes plus que les fleurs des grenades
Et J’ai rêvé que je l’enlevais tel que font les chevaliers
Et de lui offrir des quantités de perles et corail
votre amour,madame, m’a enseigné ce qu’est le délire
Il m’a enseigné comment le temps passe
sans que vienne la fille du sultan …

(Nizar Kabani)

Illustration: Alla Chakir 

 

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LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Jody Bergsma
    
LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER
Li-Oey

La pleine lune vient de sortir de l’eau.
La mer ressemble à un grand plateau d’argent.

Sur un bateau, quelques amis, boivent des tasses de vin.
En regardant les petits nuages,

qui se balancent sur la montagne,
éclairés par la lune.

Quelques-uns disent que ce sont les femmes de l’Empereur,
qui se promènent vêtues de blanc ;

Et d’autres prétendent
que c’est une nuée de cygnes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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