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Poésie

Posts Tagged ‘fauve’

À fleur de peau (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
À fleur de peau

La sueur des ailes tourne
délicate vertigineuse intime
tourbillonne entre le jade séducteur
et la sombre goutte brûlante
mûrit parmi les pédoncules sensibles
improvise en émois de cristaux de sang

Les pétales

Les bijoux grandissent et s’agitent mouillés
des rameaux du café aux coques de la vigne
des clignements lointains aux chemins des nervures
les rubans se faufilent parmi les vagues des écailles

Le calice
la rosée des ailes
je t’aime

Le sexe oscille entre le fauve et le roux
les baisers des truites glissent dans leurs dentelles
entre les pépiements des rives et les galets ocellés
tandis que les cheveux se nouent dans les bijoux

La corolle
viens avec moi
vitrail d’aube
le parfum brille entre les roses
respire

Tout autour de nous
tout proche
le bonheur des sommeils

Respire encore

L’émail tourne entre le rose et le jaune
du sursaut vert aux volets doucement
lentement la mésange explore les remblais
lissant ses plumes dans les flaques de sueur

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Chaque jour j’aperçois des vaches dans les prés (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



    
Chaque jour j’aperçois des vaches dans les prés
craintives et sans défense
Et je ne sais comment expliquer leurs causes perdues
Et mon âme puera
Jusqu’à la fin du monde
La tanière des fauves.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Toi (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



 Illustration
    
Toi, pour qui les dieux du mystère
Sont restés étrangers,
J’ai vu ta mine aux pieds légers,
Descendre sous la terre,

Comme en un songe où tu te vois
A toi-même inconnue,
Tu n’étais plus, — errante et nue, —
Qu’une image sans voix;

Et la source, noire, où t’accueille
Une fauve clarté,
Une étrange félicité,
Un rosier qui s’effeuille…

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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GAIETÉS LYRIQUES (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Elliot Nichol
    
GAIETÉS LYRIQUES

Si vous cherchez bien
Vous verrez
Des visages
L’enfer s’y promène
Si vous cherchez mal
Vous saurez
Où surnagent
Nos âmes sereines
Le caméléon de l’amour
Y change ses couleurs fauves
La tristesse de vivre ici
Ferme l’oeil bête des alcôves
Nous n’irons plus au bois
L’été
Ressemble trop au carnaval
Danse de mort
Squelettes vains
Nous n’irons plus ; le mal lointain
S’est à nouveau pris dans nos pièges
La vie est un bouchon de liège
Elle flotte au gré des humeurs
Mais n’entend plus l’humble rumeur
De l’éternel qui passe vite
A travers nos coeurs désertés.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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Suite ininterrompue… (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Suite ininterrompue…

Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin

Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline

À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol

Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée

Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur

J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable

Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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Le parfum (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le parfum

Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d’encens qui remplit une église,
Ou d’un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l’amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l’alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

(Charles Baudelaire)

 

 

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BLASON SECRET (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



BLASON SECRET

Si dans le pli quadruple moire
La lèvre a ce cours clair et fauve
Encore caché, la quatrefeuille
Jardin à choyer buissonneux

Si la bouche appliquée à Bouche
Où ne trouver dents ni palais
La langue allant dans la claire ombre
Et l’odeur de mer, son travail

Ô mort toi tu n’auras ce lait
Qu’après le sonnet, soie du jour
Au creux de la cuisse l’enclos
Printanier de Secrète chose
Je me voue à ta braise rose
Caverne où mourir, chant dispos

(Jacques Chessex)

Illustration: Paul Avril

 

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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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SOUFRE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



SOUFRE

Enfant du feu surgi aux évents de la terre.
Soleil froid des fournaises. En toi se lit encore
la geste des cratères où la terre mua
ses laves en cristaux fauves : ton destin.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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