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Poésie

Posts Tagged ‘brandir’

TOTEM (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




Illustration
    
TOTEM

Arborant
Les blessures
De nos faiblesses
Les cicatrices
De nos vaillances
Les stigmates gravés
Dans nos chairs
Tu brandis les figures
Aux yeux obliques
De nos destins
Totem
Fidèle
Et vivante vigie
Au royaume
Des ancestrales sagesses.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Le héros (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
Le héros

Avec les yeux bien ouverts,
le coeur entre les mains
et les poches pleines de colombes,
il regarde le fond du temps.

Il voit son propre désir, hautes lumières,
guirlandes, flèches vertes, tours
d’où tombent les chevelures
et surgissent les splendides batailles.

Il court, la ferveur le heurte,
elle est sa torche et son propre palefroi,
il cherche l’entrée de la ville,
brandit le futur, clame comme les vents.

Tout est là, la rue ouverte
et à distance le miroitement,
l’inexplicable proximité de ce qu’il n’atteint pas
et croit atteindre, et il court.

Un trébuchement n’est pas nécessaire ni une estocade
les corps tombent de leur propre poids,
les yeux reconnaissent un moment
la vérité de l’ombre.

Il se dresse encore,
encore le faucon d’acier bat dans son poing.
Parmi les pierres rebondit la question implorante
de l’homme enfin seul à l’arrivée.

Ensuite c’est la titubation,
le soupçon que la fin n’est pas le commencement ;
et au bout de la rue
qui paraissait si belle
il n’y a plus qu’un arbre sec
et un éventail cassé.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Était-ce tout? (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



    

Tout s’oubliera. Les destins de chacun
descendront les marches sombres de l’oubli
pour se fondre dans l’obscurité dernière.
Tout s’éteindra. La tragédie prendra fin,
les lumières s’éteindront, toutes les étoiles du ciel
qui furent témoins du cruel déroulement du drame,
absurde et misérable dans sa perversité.
Vide la scène aux décors défraîchis,
et la petite dague empoisonnée que brandissaient les hommes
les uns contre les autres, jetée sur son tas d’ordures.

L’oubli, le silence. Rien dont se souvenir.
Personne pour se souvenir.
Le vide.

Était-ce tout?
Nous ne le savons pas.

***

Allt skall glömmas. Alla mänskoöden
stiga nedför glömskans skumma trappsteg
för att slockna i det sista mörkret.
Allt skall slockna. Tragedien sluta,
rampen släckas, himlens alla stjärnor
som bevittnat dramats grymma handling,
meningslös och fattig i sin ondska.
Scenen tom, med sjaskiga kulisser,
och den lilla giftdolk mänskor använt
mot varandra bortslängd i sin skräphög.

Glömska, tystnad. Ingenting att minnas.
Ingen som kan minnas.
Tomhet.

Var det allt ?
Det vet vi inte.

(Pär Lagerkvist)

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Éveille ta mémoire (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



 

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Éveille ta mémoire,
fouille dans ses trésors ;
que dans tes eaux profondes
le haut soleil se brise !

Élève ta pensée ;
donne ta chair à la statue :
que la mélodie coule,
et se heurte aux rochers,
et qu’elle bondisse et s’ouvre en orients !

Plonge, dans ton front, la houe
jusqu’à l’épaule ; et quand tu fermeras
les yeux de douleur, vois
en criant, le fond du tout !

***

iDespiértate la memoria,
revuelve su joyerío;
haz en tu agua profunda
pedazos el alto sol!

iLevántate el pensamiento;
dale a la estatua tu carne;
que corra la melodía,
y tropiece en los peñascos,
y salte, y se abra en orientes!

iHunde en tu frente la azada,
hasta el hombro; y que al cerrar
tus ojos de dolor, veas,
gritando, el fondo del todo!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Elena Kalis

 

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Un acrobate (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



 

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Un acrobate

feuille morte

que tu brandis
souverainement

fais tourner dans le vent
tel un sceptre d’or

non pour commander, ordonner

mais pour ne faire qu’un
avec

l’ingouvernable

(Thierry Cazals)

 

 

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Marche aux flambeaux (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Marche aux flambeaux

Camarade, lève le flambeau,
et marche d’un pied ferme.
Au loin seulement des barbelés.
Et la terre n’est que boue.

Camarade, brandis le flambeau,
mon flambeau fume.
Ton âme est une chose
Qui a besoin de feu.

Camarade, baisse le flambeau,
Le flambeau éteins-le.
C’est quoi, dis, vivre.
Et mourir, c’est quoi.

(Paul Celan)

 

 

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Toute la vie (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



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Toute la vie

Les soleils des demi-sommeils sont bleus comme tes cheveux une heure avant le jour.
Eux aussi poussent vite comme l’herbe sur la tombe d’un oiseau.
Eux aussi sont pris dans notre jeu, joué comme un rêve sur les bateaux des plaisirs.
Aux falaises crayeuses du temps les poignards les rencontrent aussi.

Les soleils des sommeils profonds sont plus bleus: ta boucle ne fut telle qu’une seule fois:
Je m’attardais comme un vent de nuit au sein vénal de ta soeur;
tes cheveux étaient à l’arbre au-dessus de nous, mais tu n’étais pas là.
Nous étions le monde, et tu étais un arbuste devant les porches.

Les soleils de la mort sont blancs comme les cheveux de notre enfant:
hors des hautes eaux il s’éleva quand tu dressas une tente sur la dune.
Les yeux éteints, il brandit sur nous le couteau du bonheur.

(Paul Celan)

 

 

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Vendange (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2016



Les vendangeurs lassés ayant rompu leurs lignes,
Des voix claires sonnaient à l’air vibrant du soir
Et les femmes, en choeur, marchant vers le pressoir,
Mêlaient à leurs chansons des appels et des signes.

C’est par un ciel pareil, tout blanc du vol des cygnes,
Que, dans Naxos fumant comme un rouge encensoir,
La Bacchanale vit la Crétoise s’asseoir
Auprès du beau Dompteur ivre du sang des vignes.

Aujourd’hui, brandissant le thyrse radieux,
Dionysos vainqueur des bêtes et des Dieux
D’un joug enguirlandé n’étreint plus les panthères;

Mais, fille du soleil, l’Automne enlace encor
Du pampre ensanglanté des antiques mystères
La noire chevelure et la crinière d’or.

(José-Maria de Hérédia)

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Bras (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



Bras

… Bras musclés brandissant le pic ou la massue;
Bras des rudes travaux; bras qui saignent, qui suent.
[…]
Bras des femmes… faiblesse et douceur… harmonie;
Oasis où notre inquiétude est endormie;

(Charles Vildrac)

Illustration

 

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Les chérubins (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2015


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Les chérubins

L’épée qu’ils brandissent, c’est la Loi.
Elle éblouit: on veut
Obéir, être bon – entrer. On s’approche,
On brûle.

***

Cherubim

The sword they wield is the Law.
It dazzles; we want
To obey, to be good. To enter.
We draw near, and burn.

(Michael Edwards)

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