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Poésie

Posts Tagged ‘rayonnant’

Les bijoux (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



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Les bijoux

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

 

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Ses yeux dépassent en éclat (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l’ondée passagère ,
Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche;
Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d’y poser les nôtres :
Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l’amour,
Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S’ébattent en bandes joueuses.

(Robert Burns)

 

 

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QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ? (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ?

Que n’ai-je connu une femme
qui serait comme un feu rouge dans l’âtre
rayonnante après les agitations du jour?

Ainsi l’on pourrait s’approcher d’elle
dans la rouge quiétude du crépuscule
et trouver sa joie en elle
sans avoir à faire l’effort poli de l’aimer
ou l’effort mental de faire sa connaissance.
Sans avoir à prendre froid en lui parlant.

***

I WISH I KNEW A WOMAN –

I wish I knew a woman
who was like a red fire on the hearth
glowing after the day’s restless draughts.

So Mat one could draw near ber
in the red stillness of the dusk
and really take delight in her
witbout having to make Me polite effort of loving her
or the mental effort of making her acquaintance.
Without having to take a chill, talking to her.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

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Ce nom d’« arbre » (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017




    
Si nous le prononçons pour lui-même,
ce nom d’« arbre »,
nous n’aurons qu’une envie,
servir à nouveau la syllabe ardente.

Que les branches soient noires ou rayonnantes,bruissantes,
que ce soit orme ou saule,
l’écorce aussitôt se déchire,
le tronc brûle et s’élève :

il dit l’entente,
il dit l’appel
qui vient du monde
autant que de la langue.

Aucune voix ne tombera,
qu’il anime, qu’il oblige à la plus juste écoute,
le soir également,
la terre est la terre promise.

(Pierre Dhainaut)

 

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J’ai apaisé (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2017



J’ai apaisé l’angoisse de mon âme
et mon coeur est rayonnant
car, dans l’État où je suis,
j’ai vu au-delà de cet État.
Comme un compagnon j’ai vu le suprême Camarade.

Vivant esclave je me suis libéré;
je me suis arraché aux griffes de toute étroitesse.

Kabîr dit : « J’ai atteint l’inaccessible et mon
coeur est coloré des couleurs de l’amour.

(Kabîr)

 

 

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APOTHÉOSE (Henri Barbusse)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Alexander Nedzvetskaya (14)

APOTHÉOSE

Ombre, musique.

Mes yeux, lassés du jour qui ment,
O ma sainte, seule en novembre,
Vous cherchent adorablement
Dans la prière de la chambre…

Je m’arrête au seuil sans couleur.
Le grand déluge Vous abîme,
Et dans quelque coin de douleur,
Vous écoutez, travail sublime.

Grise dans le soir en suspens,
Comme heureuse de jours sans nombre,
Votre front s’incline et s’épand,
Dans un cantique de pénombre.

Peu à peu mes regards du jour
S’habituent à votre tendresse…
Je comprends l’indistinct amour,
Et le mystère de caresse.

Sur la tempe un doigt s’attendrit,
Comme un saint et souffrant office ;
La joue un peu creuse sourit
D’un sourire de sacrifice…

Votre cou noyé, frêle à voir,
Vous soutient de douce épouvante,
Perdue en musique du soir,
Infinie, à peine vivante…

Je vois votre cœur rayonnant,
Dans la candeur crépusculaire.
Je vois, docile, maintenant,
Que votre bonté vous éclaire…
A force de tranquillité,
Vous brillez comme auprès d’un cierge,
Dans le soir de réalité
Où vous êtes un peu la Vierge.

La nuit tombe avec ses rayons
Et sanctifie en paix immense
La gloire dont nous défaillons,
A genoux au cœur du silence.

(Henri Barbusse)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya 

 

 

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Ne me repousse pas (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015



Je sais
Que tu es un arbre.

Tu tu sais
Que tu es toi,

Ferme en toi,
Rayonnant.

Ne me repousse pas.

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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La pauvre fleur disait au papillon céleste (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2015



 

La pauvre fleur disait au papillon céleste:
Ne fuis pas !

Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t’en vas !

Et Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d’eux,

Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !

Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
Sort cruel !

Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !

Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,

Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds.

Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
Luire ailleurs.

Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !

Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,

Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !

Roses et papillons, la tombe nous rassemble
Tôt ou tard.

Pourquoi l’attendre, dis ? Veux-tu pas vivre ensemble
Quelque part ?

Quelque part dans les airs, si c’est là que se berce
Ton essor !

Aux champs, si c’est aux champs que ton calice verse
Son trésor !

Où tu voudras ! qu’importe ! oui, que tu sois haleine
Ou couleur,

Papillon rayonnant, corolle à demi pleine,
Aile ou fleur !

Vivre ensemble, d’abord ! c’est le bien nécessaire
Et réel !

Après on peut choisir au hasard,
ou la terre Ou le ciel !

(Victor Hugo)

Illustration

 

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