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Poésie

Posts Tagged ‘habiter’

Personne (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Personne jamais n’habitera les maisons
alignées sur ce terrain d’exposition
où tremblent des cosmos

(Tawara Machi)

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Je n’ai pas vraiment peur de disparaître (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




[…]
Je n’ai pas vraiment peur de disparaître.
Je voudrais seulement comme tout le monde savoir dans quelle direction je vais ensuite.
Si ce sera dedans.
Si ce sera dehors.
Est-ce que la mort est dedans ou dehors ?
Là est la question.
Là est ma question.
J’aime finalement bien habiter quelque part.
Je ne suis pas difficile en matière d’habitation.
Je veux bien habiter pour toujours à l’hôtel.
La seule chose que je n’aime pas ce sont les camps de vacances
Les villages de toile.
Dans une pâture normande ou au bord de la Méditerranée.
Je préfère une Place Publique de gens habillés, en manches de chemise, assis à une terrasse, buvant de
la bière ou du Moselle frais, suçant à petites cuillerées un sorbet cassis ou groseilles à maquereaux.
J’ai la vision d’une foule italienne idéale, femmes impeccablement blanches et brunes, lunettes de soleil
noires, tailleurs à fines rayures.
[…]
(Jacques Darras)

Illustration: Benoit Colsenet

 

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Ste-Geneviève (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



J’habite un lit
Où mon corps nu s’imagine en été
N’y faut que la lumière
Mes poèmes
Ont perdu leur chemin
Ils font des ronds

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gustave Courbet

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L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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Epouser l’attente (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019


 


 

Giampaolo Ghisetti -  (25)

Epouser l’attente

Il attendait d’une attente harassante, que les heures n’achevaient point.
Elle habitait son jour, elle habitait sa nuit. Il était clos dans l’attente.
Elle veillait avec lui. Il atteignit ainsi une extrême intimité avec l’attente.
Il se complut avec elle. Il épousa l’attente.
II attendit toujours, mais il n’attendait point.
Il avait épousé l’attente,

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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AVENTURE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
AVENTURE

Était-ce hier ou clans un temps lointain ?

La vibration de l’air à peine on l’entendait
(C’était le cri de l’alouette invisible)

J’étais seul, habité par une multitude muette
où grondait la colère des mauvais jours.

Dans cette large plaine coulait sans doute un fleuve
et au-delà pâlissaient les montagnes mais on ne les voyait pas

Le reflet de ma peine
identique à ma joie
plongeait dans les ténèbres vides.

Quelqu’un passa, ou quelque chose
« Qui est là ? » — demandai-je

Nul ne répondit.
Mais une feuille tomba

et le rideau s’entrouvrit
sur le paisible abîme de mes jours.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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AUCUN LIEU (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
AUCUN LIEU

Il n’y a
aucun lieu
ici
ni ailleurs.

Ici n’existe pas.
Ailleurs n’est pas.
Nous n’avons rien
à chercher.
Attendre est vain.

Il faut habiter le temps
multiple,
lui ressembler.

Avec lui comme lui
sans m’arrêter
je passe
disant adieu
jour après jour
aux figures
que la nuit
vertigineuse
emporte.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce n’est pas cela que j’attends (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Illustration: Louise Georgette Agutte
    
Ce n’est pas cela que j’attends
De la vie à l’odeur forte
Couleur de lilas veuve morte
Tu m’indiffères printemps.
L’algue marine et les vents
Qui viennent frapper à ma porte
L’amour que le diable l’emporte
Me sont plus émoustillants.
Homme qu’un désastre habite
Mes voeux de nulle saison
Ne se soucient. Ma prison
Ce corps qu’un feu noir excite
Rien n’en peut changer le sort
Sinon toi, mort de ma mort.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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ASSEZ (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



ASSEZ

Quand serai calme, enfin, j’écrirai, oui, un vers
Qui vous dira combien je suis seul et j’endure…
Mais voulant déchiffrer les mots, sous les ratures,
Je ne sais presque plus ce que j’ai voulu hier…

Pleurant je me suis dit que plus ne dois pleurer…
Qu’avais-je donc, ma foi ?

Qui sait, sais-je moi-même, en ce temps, quels pensers
M’habitaient dans le bois ?

J’écrirai, oui, un vers, quand serais calme enfin…

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU

J’habitais un clair
coquillage de mer
et dans le lointain j’entendais croître les coeurs
de mon âge battant
avec le mien. Coeurs de dieux ou de bêtes, craintives
ou diaboliques : fables contraires à
l’esprit. Les étaux attentifs
des pièges obscurs
pour renards loups et hyènes,
sous la lune au voile lacéré
se déclenchèrent peut-être pour nous,
coeurs de violettes délicates, coeurs
de fleurs hérissées. Oh ! nous ne devions pas naître
et descendre du son : le sombre tonnerre
dans l’arc-en-ciel d’air et de pierre
grondait à l’oreille de la mer une
enfance erronée, héritage de songes
à rebours, à la terre de mesures
abstraites, où chaque chose
est plus forte que l’homme.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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