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Poésie

Posts Tagged ‘saigner’

À chevaucher dans la brûlure (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration
    
À chevaucher dans la brûlure

À chevaucher dans la brûlure comme de la viande perdue
à tenir bride sans réponse les yeux saignés par l’horizon
à se sentir entre deux tranches de sable
à fourbir nos nuits
à rejoindre

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Pas Toi (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2019




Pas Toi

Graver l’écorce
Jusqu’à saigner
Clouer les portes
S’emprisonner

Vivre des songes
A trop veiller
Prier des ombres
Et tant marcher

J’ai beau me dire
Qu’il faut du temps
J’ai beau l’écrire
Si noir sur blanc
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi

Passent les jours
Vides sillons
Dans la raison
Mais sans amour

Passe ma chance
Tournent les vents
Reste l’absence
Obstinément

J’ai beau me dire
Que c’est comme ça
Que sans vieillir
On n’oublie pas
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi

Y’a pas de haine
Y’a pas de roi
Ni Dieu, ni chaîne
Qu’on ne combat
Mais que faut-il
Quelle puissance ?
Quelle arme brise
L’indifférence ?

Oh, c’est pas juste
C’est mal écrit
Comme une injure
Plus qu’un mépris
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi…

(Jean-Jacques Goldman)

 

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Le raisin a pour patrie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



William Bouguereau vendangeuse-_1875_ [800x600]

Le raisin a pour patrie
Les doigts de la vendangeuse.
Mais elle, qui-a-t-elle,
Passé l’étroit sentier de la vigne cruelle?

Le rosaire de la grappe;
Au soir le très haut fruit couchant qui saigne
La dernière étincelle.

(René Char)

 Illustration:  William Bouguereau

 

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LE BASSIN ROSE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

fontaine rose

LE BASSIN ROSE

Si le jet d’eau s’est tu dans la vasque, si l’or
De la statue en pleurs au centre du bassin
S’écaille sur la hanche et rougit sur le sein,
Si le porphyre rose en l’onde saigne encor;

C’est que tout, alentour, s’engourdit et s’endort
D’avoir été charmant, mystérieux et vain,
Et que l’Écho muet dans l’ombre tend la main
Au Silence à genoux auprès de l’Amour mort.

L’allée est inquiète où l’on ne passe plus;
La terre peu à peu s’éboule du talus;
La porte attend la clef, le portique attend l’hôte,

Et le Temps, qui survit à ce qu’il a été
Et se retrouve toujours tel qu’il s’est quitté,
Fait l’eau trop anxieuse et les roses trop hautes.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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ET MALGRÉ TOUT UN POÈME… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



ET MALGRÉ TOUT UN POÈME…

Et malgré tout un poème
Que l’encre ou non soit visible
Dans les cassures rougies !

Ce qu’on appelle son âme,
C’est cela : ce vieux mouchoir
Dans lequel on a saigné,

Dont les doigts distraits se jouent
Le long des haies de banlieue
Piquées de papiers d’école,

Les clefs froides sur la cuisse,
Le dernier rameau de souffle
Pris dans le gel des cohues,

A votre image, à la mienne
Petits hommes des métros
Qui hantons des coffres vides,
Comme un testament perdu,
Et qui parlons de la mort
Au silence, à la poussière,
En craquements superflus…

Mais tout de même un regard
Vers les lointaines demeures !
Mais tout de même un poème
Pour ensemencer l’amour.

(Jean Rousselot)

 

 

 

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Une nuit, sous la terrible lune (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Yuri Dubinin - (13)

Une nuit, sous la terrible lune
Qui saignait parmi les brumes roses,
Tu parlais, ô soeur, de tristes choses
Comme une enfant prise de rancune.

Au loin les appels des mauvais hommes
Nous montaient des vergers de la plaine
Où les arbres tordus par la haine
Tendaient, fruits du mal amour, leurs pommes.

Tu n’entendis pas le bruit des roues
Rapportant vers les petits villages
La récolte des moissonneurs sages
Qui peinent le temps où tu te joues.

Tu cueillais les pavots de la route
Pour en festonner, plein tes mains molles,
Notre maison où l’on voit les folles
Mendier, soeurs du deuil et du doute.

Comme devant une étrange auberge
Tu fis, vocatrice de désastres,
Le signe qui flétrit les bons astres
Dans le jardin d’azur de la Vierge.

Puis effeuillant au seuil de la porte
Les fleurs de l’ombre l’une après l’une,
Tu chantas quelque chose à la Lune,
Quelque chose dont mon âme est morte.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

 

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MAÇONNERIE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

MAÇONNERIE

Tu m’as pris
pour un homme qui voulait mourir.
Pierre indifférente, réfractaire à l’enclume la plus verte,
la terre était page, l’attente la plus
sereine avant le mot, et c’était toi,
faille où l’oeil commençait
à voir, c’était toi qui mourais,
à me garder vivant. Au-delà du mur
tu taillais la pierre,
et quand les pierres furent assez petites
pour défier la terre, tu les enfouis, voix dans l’urne,
et les brisas pour les faire
se ranimer sous tes pieds, comme si elles
chantaient, pour qu’elles me guérissent,
bestiaire exsangue
du souffle, et me coupent
de leurs arêtes vives.
Tu me fis saigner.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Au vitrail (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Aux cierges, au vitrail,
D’un autel en corail,
Une jeune Madone
Tend, d’un air ébaudi,
Un beau coeur de rubis
Qui se meurt et rayonne!

Un gros coeur tout en sang,
Un bon coeur ruisselant,
Qui, du soir à l’aurore,
Et de l’aurore au soir,
Se meurt, de ne pouvoir
Saigner, ah! saigner plus encore!

(Jules Laforgue)

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Des rossignols chantant à des lys (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Carry Akroyd  Snow Buntings (February)

Des rossignols chantant à des lys
Sous la lune d’or de l’été, telle,
O toi, fut mon âme de jadis.

Tu vins cueillir mes lys d’espoir, Belle,
Mes lys qui saignèrent dans ta main
Quand se leva la lune nouvelle.

Amour, sera-ce bientôt demain,
Demain matin et ses chants de cloches
Et les oiseaux aux croix du chemin ?

Pauvre, il neige dans les vallons proches.

(Stuart Merrill)

Illustration: Carry Akroyd 

 

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LA MAIN AU FEU (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



LA MAIN AU FEU

Au bout de la journée
Je cherche un point d’appui :
Le soleil a choisi
Un talus pour l’épaule.
Dans les décombres vains
Bat le coeur fou du temps,
Dans l’abîme s’entasse
Le sable fin des rêves,
Sous la ronce et la pierre
L’éternité sommeille.
Vienne le vent qui blesse
Le velours de tes lèvres.
Chaque pas fait le bruit
De la mer qui recule.
Immortelle et cachée
Dans le terreau des caves,
La révolte grandit
Et calcule ses chances.
La muraille est griffée
De traits blancs et de chiffres.
Objet de ton délire,
Sur le dernier caillou
Le vieil été se saigne.
Il suffoque et je crie.

(Albert Ayguesparse)

 

 

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