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Posts Tagged ‘saigner’

Cette impression (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Carry Akroyd   'feeding' screen print

 

Cette impression, marchant, certains jours d’être
de la famille d’un poème et sa lumière sans
pouvoir franchir la cendre des mots vides
cependant que le chemin monte (lichens
vos beaux yeux peints) ainsi nous allons
toute herbe derrière nous refermée et qui bruit
par le travers des pentes (soleil
bousier qui saigne — hameau noir
dans le jour naissant) qu’est-c’ qui nous
émerveille plus que vous — fleurs plurielles

(Pascal Commère)

Illustration: Carry Akroyd 

 

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LES CHATAIGNES (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LES CHATAIGNES

Comme on pique aux vertes châtaignes
Des doigts d’enfant trop tendres,
A ton rire j’ai piqué mon coeur qui saigne :
Laisse-moi cuire la châtaigne en la cendre.

J’ai mordu l’écorce amère de la noix
Avant de savoir la saveur du fruit si doux :
Laisse-toi prendre d’amour, laisse-toi,
Laisse mûrir ton coeur avec la noisette d’août.

Les châtaignes que nous n’éplucherons pas de nos doigts
Et les noix qu’on ne mettra pas sécher au cellier,
Cet hiver, vois-tu, pourriront au bois,
Et comme elles flétries, tu serais vite oubliée…

(Tristan Klingsor)

 

 

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TOUT ce qu’il saigne de vin (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

George Inness _-_overall_-_2

TOUT ce qu’il saigne de vin
Des pressoirs de l’aurore
Au gris flanc des amphores,
Le boirons-nous demain?

Et tout ce qu’il poudroie à l’occident,
D’or prodigué,
Quel geste fatigué
Doit l’amasser, ce soir, pour des luxes d’amant?

Printemps, tes beaux clairs milliers d’émeraudes,
Les foulerai-je, encor, vers l’autre été?
Sur nos cieux en grisaille un hiver rôde
Depuis l’Éternité?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: George Inness

 

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OH! ÊTRE FEUILLE VERTE… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

feuille verte

OH! ÊTRE FEUILLE VERTE…

Oh, être feuille verte sur l’arbre éternel des hommes,
Oh, pouvoir y verdir,
Bruire, nicher dans les branches comme l’oiseau,
Oh, pouvoir habiter leurs mondes !

Oh, être voyageur sous le vent lourd des jardins,
Tremper dans les lointains mouillés les aurores comme en un vin,
Croître dans le bruissement des rosées, germer dans l’haleine du vent,
Oh, marcher en paix, sans parler, par les routes!

Ou pousser dans les vents avec les doigts blancs des racines
Et concevoir de nouveaux continents, louer
La puissance silencieuse de la nuit, la terreur grise dans les profondeurs sans bords,
Oh, cesser de saigner, oh, pouvoir mourir !

(Srecko Kosovel)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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L’ÉPUISEMENT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Igor Morski 9ab99e64

L’ÉPUISEMENT

De toute façon
En ces temps difficiles,
Que l’âme exulte ou pleure,
Que le coeur saigne,

Que j’agonise libre ou prisonnier,
Saoul de désespérance
Ou tendant au bonheur,
Tout est en vain, en vain.

Nous vivions et nous mourions
En ces temps désordonnés,
A la vie nous avons résisté,
Mais elle nous est passée sur le corps.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Igor Morski

 

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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POEME (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

rosier_sauvage

POEME

Le rossignol dans le buisson d’épines
Tressaillit
Et chanta;
La blanche fleur du rosier sauvage
Saigna…

Le buisson d’épines mûrit
Au milieu des déserts blancs,
Comme des gouttes de sang
Se forment ses fruits,
Sur les blancs éboulis
Des plaines karstiques
— là-bas sera ton coin.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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ÉLÉGIE (Jacob Sternberg)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




    
ÉLÉGIE

Je fus sa fleur, par ses caresses
Divinisée,
Toute sa passion à jamais
Indivisée,
Souvent par lui saignait mon coeur
Mais je ne savais pas pourquoi.

Je suis à présent sa marmite
Cassée
Et sa vieille robe passée
La journalière,
La poupée qui gît fracassée
Pas plus qu’hier
Je ne sais aujourd’hui pourquoi.

(Jacob Sternberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Seul l’âme égratignée (Alain Strickler)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Seul
L’âme égratignée
Dans la lumière griffue des mûres
Tu saignes
Un peu surpris
Par l’hostilité du monde

La leçon pourtant
N’a rien d’inédit

La beauté fragile toujours éclôt
Dans un nid d’épines

(Alain Strickler)


Illustration

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Eclat d’un miroir Dans la boue (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



miroirs-dans-boue

Eclat d’un miroir
Dans la boue. A toute heure
La cassure saigne,
Y vit un plein visage
Qui se souvient.
Tout envol le raie
Et s’y engouffre
L’horizon.
Le souffle dernier
Qui l’a terni
Renaît. Buées, nuées,
Toutes sont là. Même la nuit
Au fond des sources
Le soleil poursuit sa course.
Tout le jour il répond
Aux questions du soir.
Piège à regards. Un pas
L’écrase un peu plus.

*

Es-tu sûr d’être là ?
Est-ce bien toi qui parles ?
Une foule se bouscule
Devant la porte.
Derrière, la lumière…
Il faut feindre d’ignorer.
Tout savoir est suspect.
Seul devant le guichet.
De l’autre côté, tout recommence,
Un autre peuple, une autre attente.

*

Encore toi, la main tendue
Vers un reflet. La glace
Eclate. Tes doigts saignent.
Une voix t’appelle
Au bout du couloir.
L’escalier monte dans le noir.
Tu es là-haut.
Peut-être.

*

Grande marée qu’aspire
La lune pleine. Tout se cache
Dans cette poitrine.
Sommeil sur l’autre rive.
Ici, morsure du réveil.
Ton épaule
Attend, creux de vague.
Un arbre se couche sur le sable
La main remplie
De coquillages. Nacre et goudron.
Pourriture et sel. La nuit
Sort ses monstres. Une étoile
De mer est rongée par un crabe.
Un mât. Un mouchoir de fumée.
Une aile. La distance d’un rêve.
Un oiseau minuscule dit
Le bonheur d’être aveuglé
Par un jour encore.

(Louis Guillaume)

 

 

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