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Poésie

Posts Tagged ‘noir’

Cavalcade (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Cavalcade

Un cheval de lune
Courait sur le sable
Un poulain d’écume
Trottait sur la grève,
Au trot, au trot, au galop.

Un cheval d’ivoire
Courait dans le soir,
Un cavalier rouge
Traversait l’automne,
Au trot, au trot, au galop.

Un cheval de pluie
Courait dans la nuit
Un coursier de verre
Labourait la mer,
Au trot, au trot, au galop.

Et tous les enfants
Poursuivaient en rêve
Toutes ces crinières
Libres dans le vent,
Au trot, au trot, au galop.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

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Eloge de la marche (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2022


marche


Les idées noires viennent
par les oreilles
et s’en vont par les pieds.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Caché bien caché (Pittau & Gervais)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Pittau & Gervais
    
Caché bien caché

Au fond de la garde-robe
Bien blotti dans le noir
Je me suis accroupi
Au milieu des manteaux et des jupes

Un petit rayon de lumière
Fait danser des grains de poussière
Et quand je souffle dessus
Ils s’agitent comme des mouches

Il fait calme dans la garde-robe
Dans l’odeur des tissus et du bois
Il fait silence et doucement
Le sommeil pose sa main sur moi

(Pittau & Gervais)

 

Recueil: Un dragon dans la tête
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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EN T’ATTENDANT (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
EN T’ATTENDANT

Quand je t’attends, c’est long.
Les arbres traversent le chemin.
Les oiseaux font leur valise de feuilles.
Les crapauds ont le temps
de se changer trois fois en prince.

Quand je t’attends, c’est long.
Les mille-pattes ont lacé leurs souliers.
Les cigales ont fini de chanter.
Les montres ont le temps
de glisser trois fois des poignets.

Quand tu arrives enfin,
le soleil a déjà compté tous ses rayons,
la mer, ses vagues et le ciel, ses nuages.

Dépêche-toi,
ma lune, ô ma douceur,
il va faire nuit noire sur mon cœur.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Sur elle (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2022



Sur elle
Même le noir
Devient une couleur.

(Guillevic)

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Ça m’est égal (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Claude Roy
    
Ça m’est égal

Ça m’est égal d’être un peu mort escamoté dessous la terre du côté de ceux qui
ont tort d’être plus là pour prendre Pair

Ça m’est égal que plus personne sache comment je m’appelai Tant et tant de
téléphones sonnent dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir gens qui pleurent ni gens qui rient de rien sentir
de rien savoir d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs
Ai-je rien oublié de tous ceux que j’aime

Je veux bien partir et être très mort mais mes souvenirs seront-ils en vain
comme au fond des mers les galions pleins d’or dormant dans le noir de l’eau sans chemins

Mais nos souvenirs seront-ils en vain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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(Le vieil homme et le chaton Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Le vieil homme et le chaton

Les volets sont ouverts sur le soleil de mai
Dans le lit le vieil homme se demande s’il vit
encore Il a du mal à faire entrer un peu d’air
dans ses poumons Il s’y prend doucement
pour respirer très lentement
avec une légère douleur
quand un filet d’air se glisse dans les bronches
Au pied du lit où le vieil homme attend la mort
un enfant chat joue avec la pantoufle du vieux
C’est un chaton tout noir le pelage tout doux
Le vieil homme ferme les yeux Le soleil l’éblouit
L’enfant chat regarde le soleil les yeux dans les yeux
Il est content de tout d’être noir et fourrure
Il saute comme une puce attaque la pantoufle
en combat singulier Il en sera vainqueur
Le vieil homme lui est sûr qu’il va perdre
Il ouvre les yeux Il regarde le chat
Le chat regarde l’homme et miaule doucement
Il ne sait pas très bien ce qu’il voudrait dire
mais il sent que le vieux a très bien tout compris

et la mort un instant s’arrête de mourir

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Hommage à T.S. (Old Possum) Eliot (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Hommage à T.S. (Old Possum) Eliot

La mésange sur le cerisier nu
le hérisson qui dort caché dans la haie
la chatte noire qui rôde dans la brume
ne sont mésange hérisson ou chatte que par politesse

Chacun d’eux sait qu’il a un vrai nom
un nom caché au fond du fond de lui-même
mais il ne le dira à personne
Ils font semblant d’avoir les noms qu’on leur donne
viennent parfois quand on les nomme
mésange chatte ou hérisson

Mais c’est juste pour faire plaisir
à ces animaux à noms et prénoms
les humains qui croient qu’on peut dire simplement
qu’une mésange est une mésange
qu’une chatte est une chatte
ou qu’un hérisson est un hérisson

Devant notre naïveté désarmante
les bêtes sont tentées parfois de trahir leur secret
et de nous révéler leurs véritables noms
Mais elles se méfient du qu’en-dira-t-on
et préfèrent garder leur strict incognito
Elles vivent dans l’ombre reposante
de ces noms saugrenus sortes de noms d’emprunt
mésange chatte hérisson noms à l’usage humain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Je ne possède plus rien (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022



flandrin_hippolyte_1805-1864_-_jeune_homme_nu_assis_1855_-_louvre

 

– Je ne possède plus rien
qu’une moitié de moi-même.
Qui recollera
l’autre moitié de mon parcours
encore dans le noir?

– Le noir, travaille-le
à l’empêtre à la pâte,
tisonne-le dans l’être,
chauffe-le à blanc,
qu’il te dénude,
asséché peut-être,
il te rendra la vue.

– Parfois je m’esquive
par les failles du feu qui me brûle
et j’emporte mes cendres.

(Charles Dobzynski)

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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Ecriture au plus noir (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


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Ecriture au plus noir sans destinataire
que dépose l’avenir poste restante

(Charles Dobzynski)

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