Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘été’

LUNE À L’AUBE D’ÉTÉ (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



 

LUNE À L’AUBE D’ÉTÉ

Dans l’air de plus en plus clair
scintille encore cette larme
ou faible flamme dans du verre
quand du sommeil des montagnes
monte une vapeur dorée

Demeure ainsi suspendue
sur la balance de l’aube
entre la braise promise
et cette perle perdue

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Caroline Duvivier

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Quatre saisons (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Les Quatre saisons

I

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient, vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

II

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

III

L’automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.

Dans l’eau tombent les feuilles sèches
Et, sur ses yeux, les folles mèches.

Voici les pêches, les raisins,
J’aime mieux sa joue et ses seins.

Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

Le vin qui coule des pressoirs
Est moins traître que ses yeux noirs.

IV

C’est l’hiver. Le charbon de terre
Flambe en ma chambre solitaire.

La neige tombe sur les toits,
Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !

Même sillage aux cheminées
Qu’en ses tresses disséminées.

Au bal, chacun jette, poli,
Les mots féroces de l’oubli.

L’eau qui chantait s’est prise en glace.
Amour, quel ennui te remplace !

(Charles Cros)

Illustration: Sophie Vulliard

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

MAI (François Vacher)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020




MAI

Les arbres en fleurs
Fourmillent d’oiseaux.
Une brise effleure
Et plie les roseaux.
Cette haleine douce
Agite les feuilles.
Allons sur la mousse
Nous étendre ! Cueille
Le premier muguet,
Dont l’odeur enivre !
Le beau mois de mai
Enfin nous délivre
Du vent, de la pluie
Et de la froidure.
Le soleil qui luit,
Toute la verdure
Caressent nos âmes
Ainsi que nos corps.
Pour peu qu’une femme
Entre en ce décor,
Nous voici renaître
Et nous exalter.
Chacun veut en être !
Le prochain été
Tiendra les promesses
De ce printemps-là.
On vit d’allégresse
Au temps du lilas !

(François Vacher)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chanson POÉSIE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
Chanson POÉSIE

Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.

Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.

Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots ;

Les hirondelles sont parties.
Bonjour, hiver ! bonsoir, ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui mourez, faites du feu.

Les hirondelles sont parties.
Givre la nuit, bise le jour.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui vivez, faites l’amour.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vie recluse (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Vie recluse

Une humble cour entourée de bambous dépouillés
Les orchidées aux tiges cassées après le vent-pluie
Au profond des feuillages chantent les oiseaux
Sur les mousses vertes nulle trace humaine

Au pavillon Hirondelles durable est le jour
Les arbres sont lourds de fruits en été
Sur ma table s’accumulent des livres rares
Je m’y plonge à l’heure claire près d’une croisée

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Village au bord de l’eau (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration
    
Village au bord de l’eau

Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles
Dans l’étang, les unes contre les autres, les mouettes

Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier
Mon jeune fils fait d’une aiguille un hameçon

Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent
Est-il d’autre désir pour mon humble corps?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PALUDS (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



palud 04 [800x600]

PALUDS

Le long des prés marins des vases craquelées
Où l’écume du flot qui monte s’insinue
Sur ces grises paluds où paissent les étraves
Viens attendre, ma soeur, que s’approche le soir
Entre les tamaris et que la cloche tinte.
A l’horizon se traîne une dernière pluie
Et le ciel sans couleur se fige au ras des sables.
La vague à petits coups émeut les blanches barques
Qui bientôt glisseront sur les herbes noyées.

Ah que vienne la mer ou que vienne la Grâce
Pour emporter au loin au loin cette âme morte
Qui ne sait plus aimer le lent le triste été !

(René Guyomard)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ESTIVALES (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



ESTIVALES

Instants rêvés de rêve faits
Miroitante houle apparences
L’été la saison irréelle
Chacun croit à peine en soi-même

Arc tendu de la voile
Homme flèche volant
Hors de soi dans l’azur

Immortel
Et périssable
Ton corps entre ciel
Et sable

Un pétale meurt
Au coeur de l’été
Nul ne se retourne.

(René Guyomard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES FILLES DE LA PLAGE (Gérard Lenorman)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



femme plage

LES FILLES DE LA PLAGE

Les filles de la plage
Sont belles à croquer
Se bronzant c’est l’usage
Au soleil de l’été
Les filles de la plage
Sous les rayons brûlants
Montrent leurs avantages
D’un air indifférent
Et moi je les regarde
Et pense cependant
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

Les filles de la plage
Ont des regards qui font
Qu’on rêve d’abordage
Qu’on rêve d’abandon
Les filles de la plage
Font la nuit et le jour
Sur un lit de nuages
De sable et de velours
Et moi je m’y attarde
Et pense cependant
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

Les filles de la plage
Quand elles en ont assez
Vont vers d’autres rivages
Et vous laissent tomber
Les amours de la plage
Sont vite dépassées
Ne laissent que l’image
De rêves caressés
Et moi je les regarde
Se perdre dans le temps
A Brive-la-Gaillarde
Je reviens tout content
A Brive-la-Gaillarde
Où ma douce m’attend.

(Gérard Lenorman)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’AUTOMNE (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020




L’AUTOMNE

Les étés sont finis, disais-je. C’est l’automne.
Les lauriers sont coupés, nous n’irons plus aux bois.
Des ans et des regrets je sens déjà le poids
Et certains soirs j’ai peur que mon chant ne détonne.

Les plus belles amours n’ont plus rien qui m’étonne
Et, sous le faix du rêve, il me semble, parfois,
Qu’en mon coeur et mes vers parlent plus bas les voix
Et du fils de Vénus et du fils de Latone.

Et c’est alors que tu parus !… Je sais encor
Le jour, l’heure, l’instant, le milieu, le décor…
Et mon trouble… J’entends encor ton chant de source.

Je revois le défi dans tes yeux enchâssé…
Alors, d’un coup, comme l’athlète avant la course
Je me suis dévêtu pour toi de mon passé.

(Pascal Bonetti)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :