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Poésie

Posts Tagged ‘creux’

Eloge du vide (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

Eloge du vide

Il faut
Du vide
Pour attirer
Le plein

Pour que s’explore
Le songe
Pour que s’infiltre
Le souffle
Pour que germe
Le fruit
Il nous faut
Tous ces creux

Et de l’inassouvi.

(Andrée Chedid)

 

 

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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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La marée s’est retirée (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019




    
La marée s’est retirée
oubliant le ciel étoilé
dans le creux d’une roche

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Derrière le mur (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



 

Illustration
    
Derrière le mur

Je pends aux branches comme neige
dans le printemps de la vallée,
comme source froide je flotte au vent,
je tombe humide dans les fleurs en bouton
comme une goutte,
elles pourrissent tout autour
comme autour de la fange.
Je suis ce qui sans cesse pense à la mort.

Je vole, car ne peux aller tranquillement,
à travers les solides bâtiments des cieux
et renverse piliers et murs creux.
J’alerte les autres, car la nuit ne peux dormir,
avec le bruissement lointain de la mer.
Je me glisse dans la bouche des cascades
et des montagnes détache des tonnerres de pierres.

je suis enfant de la grande angoisse du monde,
suspendu à la paix et à la joie
comme les coups de glas aux pas du jour
comme la faux dans les champs mûrs.
Je suis ce qui sans cesse pense à la mort.

***

Hinter der Wand

Ich hänge als Schnee von den Zweigen
in den Frühling des Tals,
als kalte Quelle treibe ich im Wind,
feucht fall ich in die Blüten
als ein Tropfen,
um den sie faulen
wie um einen Sumpf.
Ich bin das Immerzu-ans-Sterben-Denken.

Ich fliege, denn ich kann nicht ruhig gehen,
durch aller Himmel sichere Gebäude
und stürze Pfeiler um und höhle Mauern.
Ich warne, denn ich kann des Nachts nicht schlafen,
die andern mit des Meeres fernem Rauschen.
Ich steige in den Mund der Wasserfälle,
und von den Bergen lös ich polterndes Geel.

Ich bin der großen Weltangst Kind,
die in den Frieden und die Freude hängt
wie Glockenschläge in des Tages Schreiten
und wie die Sense in den reifen Acker.

Ich bin das Immerzu-ans-Sterben-Denken.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Au Bout De Mes Rêves (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Au Bout De Mes Rêves

Et même si le temps presse
Même qu’il est un peu court
Si les années qu’on me laisse
Ne sont que minutes et jours

Et même si l’on m’arrête
Ou s’il faut briser des murs
En soufflant dans des trompettes
Ou à force de murmures

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J’irai au bout de mes rêves
Où la raison s’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même s’il faut partir
Changer de terre ou de trace
S’il faut chercher dans l’exil
L’empreinte de mon espace

Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout des mes rêves
J’irai tout au bout de mes rêves
Où la raison q’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses
Au creux d’un mauvais détour
En ces moments où l’on teste
La force de nos amours

Je garderai la blessure
Au fond de moi tout au fond
Mais au-dessus je te jure
Que j’effacerai ton nom

J’irai au bout de mes rêves…
(Jean-Jacques Goldman)

 

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RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI

Quoi! toujours toi, quand rien de moi ne t’aime,
De ma personne indétrônable roi,
Ô monotone et tenace moi-même,
Gui parasite au sein d’un meilleur Moi!
Traînant partout tes humeurs inégales,
Tes muscles mous et tes nerfs anxieux,
Et ton cœur sec et tes sens vicieux,
Tes viles soifs, tes grossières fringales,
Quoi! toujours toi!

Quoi! toujours toi, toujours avide et vide,
Tenté d’agir, vautré sur le tapis,
Bouffi mais creux, arrogant mais pavide,
Menteur, jaloux, glouton, paillard et pis!
Jusques à quand faut-il que je t’endure,
Plat compagnon à mes pas attaché,
Fâcheux démon en mon ange caché,
Suppôt d’orgueil, d’envie et de luxure?
Quoi! toujours toi!

J’ai beau vouloir te noyer dans les veilles,
Dans le travail, le plaisir et le vin :
Sous mon habit toujours tu te réveilles
Aussi présent, aussi banal et vain.
Hôte indiscret, en moi tu fais demeure;
Toujours chassé tu ramènes toujours
Tes bas désirs et tes pauvres amours,
Et pas un être en qui te perdre une heure…
Quoi! toujours toi!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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En nous (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



En nous,
Cette espèce de creux

Qui a du poids.

(Guillevic)

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Le martinet (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Martinet aux ailes trop larges,
qui vire et crie sa joie autour de la maison.
Tel est le coeur.

Il dessèche le tonnerre.
Il sème dans le ciel serein.
S’il touche au sol, il se déchire.

Sa repartie est l’hirondelle.
Il déteste la familière.
Que vaut dentelle de la tour?

Sa pause est au creux le plus sombre.
Nul n’est plus à l’étroit que lui.

L’été de la longue clarté,
il filera dans les ténèbres,
par les persiennes de minuit.

Il n’est pas d’yeux pour le tenir.
Il crie, c’est toute sa présence.
Un mince fusil va l’abattre.
Tel est le coeur.

(René Char)


Illustration

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Je dis que c’est bien moi qui ai vécu (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Jean-François Millet 01 [800x600]

 

Je dis que c’est bien moi qui ai vécu
Je dis que c’est bien moi qui suis venu, qui pars
Je le prouve en parlant plus haut que les miroirs
Je dis que j’ai ma place entre les gens qui bougent
Je le prouve en fumant leur tabac, leur chagrin
Je dis que j’ai des droits sur la Colchide
Je le prouve en montrant sa forme en creux dans ma poitrine
Je dis que j’ai des droits sur le néant lui-même
Je le prouve en mangeant mon pain
Le coude sur ma bêche au-dessus de ma tombe.

(Jean Rousselot)

Illustration: Jean-François Millet

 

 

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Encore une approche manquée… (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Encore une approche manquée…

Trop de mots, décidément.
Trop de mots tonitruants.

Elle n’hésite plus, désormais,
à se montrer au grand jour,
au creux de la main,
au fond de la gorge,
la faucheuse…
Il n’est plus temps de jouer
à déclarer mille fois son amour.
La terre, jusqu’à nouvel ordre,

n’a rien d’un théâtre
où se déploie le merveilleux.
Seul le froid s’invite dans l’air,
s’infiltre, se resserre,
épaissit le silence.
Il m’accompagne depuis l’enfance
ce silence glacé
dans le calme accablant
du noir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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