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Poésie

Posts Tagged ‘dur’

Je suis sortie dans la forêt (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Je suis sortie dans la forêt,
je me suis assise au bord d’une source verte,
j’ai relevé ma tunique et j’ai écarté les cuisses
pour regarder ma vulve dans l’eau et pour la comparer aux choses.

Tout de suite, j’ai vu qu’elle était si belle
que pas une merveille de la forêt n’était merveilleuse autant qu’elle.
Elle semblait flotter sous l’eau comme une bête de chair molle.

En vain j’aurais cherché une fleur aussi douce qu’elle était douce,
aussi rouge qu’elle était chaude.
En vain j’aurais cherché un petit caillou rose
aussi dur qu’était mon bouton.

Mais la source me rendit jalouse.
Et je m’écriai en me couchant dans l’herbe :
« Oh ! qu’il vienne l’amant dont la bouche arrache à mon ventre
plus d’eau ruisselante qu’il n’en bouillonne de cette source. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard
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Le mot PIERRE (David Du Mortier)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration
    
Le mot PIERRE : il contient un p,
celui qu’il a emprunté aux planètes
pour avoir leur pesanteur, très bien,
J’approuve. Mais il contient aussi
Un i, c’est-à-dire une colonne verticale
Surmontée d’un point ascétique
Si sec et léger qu’il ne touche plus notre monde,
Un éclat perdu…
Deux r qui roulent entre les deux e
En réalité, seuls ces deux r sont solides, durs
Et très difficiles à briser.
Autour, c’est de la terre,
Pour traîner dans les champs.

Recueil: Notes prises pour une pierre

(David Du Mortier)

 

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Pour m’endormir (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



    

Pour m’endormir, je mets
le masque du sommeil : un léger voile
que je tisse avec les événements du jour
et les mots dont je perds le fil en m’endormant.
Une toile aussi fine que celle de l’araignée
où restent au matin des lambeaux de rêves :
des images prises au piège, les discours décousus
d’un somnambule qui se réveille.

Le masque du cauchemar est un masque de fer
et de bois dur. La corne et l’ivoire,
c’était pour les dieux qui parlaient latin
et les grands mammifères dont on faisait
des trophées. Les bibelots nous suffisent:
la jungle des images a remplacé les grandes battues.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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Mayo jaune (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration
    
Mayo jaune mollet dur

L oeuf

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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MAMAN (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Désiré François Laugée
    

MAMAN

Maman depuis huit jours déjà
M’arrête en songe à chaque pas.
Je vois le linge et le panier
Montant, grinçant vers le grenier.

J’étais un être fruste encor
Et piaffant dur et criant fort.
J’emplissais de moi ses oreilles :
« Moi, je veux être la corbeille! »

Mais que je pleure ou que je crie,
Mot, ni regard, ni gronderie :
La corbeille et le linge ailé,
Luisants, sans moi, s’en sont allés.

Je me tairai : il est trop tard.
Gigantesque dans mon regard,
Cheveux gris en haut du ciel pur,
Elle met au bleu tout l’azur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Je croyais (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Je croyais

Mon chemin, je croyais, me mènerait, bien sage,
Parmi les champs d’épis, à travers l’or des blés.
Chanteraient près des fruits des oiseaux assemblés.
Je me reposerais dans un petit village.

Et je partis. L’aube pointait. Le paysage
Se rappelait encor ses instants étoiles.
Par les pleurs du matin, les cieux étaient voilés,
Dans l’automne volait la corneille sauvage.

En ce désert qui pleure on ne voit nul épi.
Aux arbres décharnés s’acharne le souci
Peignant ses nids en brun contre la feuille sèche.

Que ce désert est dur ! Qu’il est triste et rétif!
Aucune fleur ne vient sur ce sol bien trop rêche.
Si! quelquefois… le sang d’un pavot rouge vif!

(Attila Jozsef)

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Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration
   
Tu t’ennuies ? —

— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés.
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. — Entendre
là des voix
en deuil, tendres ?…

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fais preuve de gentillesse (Jean Vanier)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



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Fais preuve de gentillesse
envers tous ceux que tu rencontres,

leur combat
est peut être plus dur que le tien.

(Jean Vanier)

 

 

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Le Remords (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Le Remords

Un jour j’étais couché sur mon lit de repos,
Je lisais au hasard, et, jetant là l’ouvrage,
J’aurais pu, comme Hamlet, dire : « Des mots, des mots ! »
L’enfant vint, sur le mien il posa son visage.

Il voulut, — c’était là gentillesse de l’âge,
— Faire semblant de lire, et moi, d’un dur propos,
Je rudoyai l’enfant, et, lui tournant le dos,
De l’éloigner de moi j’eus le triste courage.

Pauvre enfant que m’a pris le destin inconnu.
Cet amer souvenir m’est depuis revenu,
Je vois ta grosse larme et ta petite moue;

Et j’éprouve un remords. Comme je donnerais
Mon futile savoir, et mes livres après,
Pour sentir, de nouveau, ton souffle sur ma joue.

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Marie-Christine Thiercelin 

 

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Dire qu’il faudra mourir un jour (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Andrei Protsouk -ImpressioniArtistiche-14-Leaps of Rose
    
Dire qu’il faudra mourir un jour

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
Quitter sa vie et ses amours,
Dire qu´il faudra laisser tout ça
Pour Dieu sait quel au-delà.

{Refrain:}
Dir´ qu´il faudra mourir un jour. {2x}
C´est dur à penser, il faut bien le dire.

Dir´ qu´il faudra rester tout seul
Dans la tristesse d´un linceul
Sans une fille pour la nuit,
Sans une goutte de whisky.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra, bon gré mal gré,
Finir dans d´éternels regrets,
Moi qui voudrais plus d´une vie
Pour passer toutes mes envies.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir d´ennui
En enfer ou en paradis,
Passer toute une éternité
Sans jamais pouvoir s´évader…

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir encor,
Moi qui suis souvent déjà mort,
Oui mort d´amour et de plaisir.
De quoi pourrais-je mieux mourir?

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
C´est dur à penser, mon amour.

(Georges Moustaki)

Illustration: Andrei Protsouk

 

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