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Poésie

Posts Tagged ‘parfumer’

Je l’attendais (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2019



Illustration: Philippe de Champaigne
    
Je l’attendais, pâle et grise lavande,
Et tout mon coeur embaumait son chemin.
Il a passé… j’ai parfumé sa main,
Mais il n’a pas vu mes yeux pleins d’offrande.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une fleur invisible (Yi Sang)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019




    
Une fleur invisible.
Une fleur parfumée.
Sa floraison embaume.

Je creuse là le trou de ma tombe.
Le trou de la tombe est invisible.
J’entre pour m’asseoir

dans le trou invisible de ma tombe.
Je m’y étends.

Mais encore, la fleur parfumée.
La fleur invisible.
Sa floraison embaume.

J’oublie, puis je creuse encore là
le trou de la tombe.
Le trou invisible de ma tombe.

L’invisible trou de la tombe,
soudainement, je délaisse la fleur,
j’entre. Et vraiment je m’y étends.

Ah ! Ah ! La fleur encore parfumée.
La fleur tout aussi invisible –
Invisible, cette fleur.

(Yi Sang)

 

Recueil: Cinquante poèmes – Les ailes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake

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CHANSON (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

CHANSON

J’ai fleuri l’ombre odorante
Et j’ai parfumé la nuit
De la senteur expirante
De ces roses d’aujourd’hui.

En elles se continue,
Pétale à pétale, un peu
Du charme de t’avoir vue
Les cueillir toutes en feu.

Est-ce moi, si ce sont elles?
Tout change et l’on cherche en vain
A faire une heure éternelle
D’un instant qui fut divin;

Mais tant qu’elles sont vivantes
De ce qui reste de lui
Respire l’ombre odorante
De ces roses d’aujourd’hui.

(Henri De Régnier)

Illustration: Marion Warren

 

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Paris je te ressemble (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Paris je te ressemble

Paris, je te ressemble: un instant le soleil
Brille dans ton ciel bleu, puis soudain c’est la brume;
Au veuf septentrion si tu te fais pareil,
Tu passes les pays que le zéphyr parfume.

Triste jusqu’à la mort, en même temps joyeux,
Tout m’est concours heureux et sinistre présage;
Sans cause l’allégresse a pleuré dans mes yeux,
Et le sombre destin sourit sur mon visage.

(Jean Moréas)

 

 

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Ablutions (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Bill Viola
    
Ablutions

je mets mes mains
dans les mots
m’en asperge le front
les yeux la peau
je frotte mon visage
savonne rabote décape
le poème mousse
le matin sent bon
son mensonge
parfumé tiendra
jusqu’à demain
chaque jour
est à vider
avec l’eau
du bain

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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A travers la forêt des spontanéités… (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



 

Brad Kunkle -13

A travers la forêt des spontanéités…

A Madame S. de F.

A travers la forêt des spontanéités,
Écartant les taillis, courant par les clairières.
Et cherchant dans l’émoi des soifs aventurières
L’oubli des paradis pour un instant quittés,

Inquiète, cheveux flottants, yeux agités,
Vous allez et cueillez des plantes singulières,
Pour parfumer l’air fade et pour cacher les pierres
De la prison terrestre où nous sommes jetés.

Et puis, quand vous avez groupé les fleurs coupées,
Vous vous ressouvenez de l’idéal lointain,
Et leur éclat, devant ce souvenir, s’éteint.

Alors l’ennui vous prend. Vos mains inoccupées
Brisent les pâles fleurs et les jettent au vent.
Et vous recommencez ainsi, le jour suivant.

(Charles Cros)

Illustration: Brad Kunkle

 

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J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Être enlacé (Yànnis Stiggas)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019




    
Être enlacé veut dire
parfumer le vide

(Yànnis Stiggas)

 

Recueil: Vagabondages du sang
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Des Vanneaux

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Une aube de printemps m’a dit (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Une aube de printemps m’a dit :
Dans ton coeur sombre j’ai fleuri
il y a longtemps, ô vieux pèlerin
qui ne coupes pas les fleurs du chemin.

Ton coeur d’ombre garde-t-il par hasard
le vieil arôme de mes lys anciens?
Mes roses parfument-elles encor le front blanc
de la fée de ton rêve aux éclats de diamant?

J’ai répondu au matin :
Mes rêves ne sont que cristal.
Je ne connais pas la fée de mes songes
et j’ignore si mon coeur est fleuri.

Mais si tu attends le pur matin
qui brisera le vase cristallin,
la fée peut-être te donnera tes roses,
mon coeur tes lys.

(Antonio Machado)

Illustration: Malinowsky

 

 

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Le colibri (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

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Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d’herbes fines,
Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,
S’ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d’amour dans la coupe rose,
Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l’a parfumée !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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