Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘parfumer’

A travers la forêt des spontanéités… (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



 

Brad Kunkle -13

A travers la forêt des spontanéités…

A Madame S. de F.

A travers la forêt des spontanéités,
Écartant les taillis, courant par les clairières.
Et cherchant dans l’émoi des soifs aventurières
L’oubli des paradis pour un instant quittés,

Inquiète, cheveux flottants, yeux agités,
Vous allez et cueillez des plantes singulières,
Pour parfumer l’air fade et pour cacher les pierres
De la prison terrestre où nous sommes jetés.

Et puis, quand vous avez groupé les fleurs coupées,
Vous vous ressouvenez de l’idéal lointain,
Et leur éclat, devant ce souvenir, s’éteint.

Alors l’ennui vous prend. Vos mains inoccupées
Brisent les pâles fleurs et les jettent au vent.
Et vous recommencez ainsi, le jour suivant.

(Charles Cros)

Illustration: Brad Kunkle

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Être enlacé (Yànnis Stiggas)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019




    
Être enlacé veut dire
parfumer le vide

(Yànnis Stiggas)

 

Recueil: Vagabondages du sang
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Des Vanneaux

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Une aube de printemps m’a dit (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Une aube de printemps m’a dit :
Dans ton coeur sombre j’ai fleuri
il y a longtemps, ô vieux pèlerin
qui ne coupes pas les fleurs du chemin.

Ton coeur d’ombre garde-t-il par hasard
le vieil arôme de mes lys anciens?
Mes roses parfument-elles encor le front blanc
de la fée de ton rêve aux éclats de diamant?

J’ai répondu au matin :
Mes rêves ne sont que cristal.
Je ne connais pas la fée de mes songes
et j’ignore si mon coeur est fleuri.

Mais si tu attends le pur matin
qui brisera le vase cristallin,
la fée peut-être te donnera tes roses,
mon coeur tes lys.

(Antonio Machado)

Illustration: Malinowsky

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le colibri (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d’herbes fines,
Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,
S’ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d’amour dans la coupe rose,
Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l’a parfumée !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Salut en l’immortalité ! (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Anne-Marie Zilberman  (26)

Salut en l’immortalité !

A la très chère, à la très belle
Qui remplit mon coeur de clarté,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L’atmosphère d’un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité !

A la très bonne, à la très belle
Qui fait ma joie et ma santé,
A l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

(Baudelaire)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RIEN N’EST PLUS BEAU (Michel Jonasz)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Oleg Zhivetin    [1280x768]

RIEN N’EST PLUS BEAU

Rien n’est plus beau
Que la neige aux cimes des montagnes
Rien n’est plus beau
Que nos deux mains lorsqu’elles se rejoignent
Rien n’est plus beau
Que la mer qui écume de rage
Rien n’est plus beau
Que tes yeux profonds où je voyage
Quand l’amour l’amour nous brûle le coeur
Quand l’amour nous fait trembler de bonheur
Dans un matin nouveau éclatant de blancheur
Rien n’est plus beau
Que la pluie qui parfume la terre
Rien n’est plus beau
Que tes bras qui me prenn’nt et me serrent
Quand l’amour nous brûle le coeur
Quand l’amour nous fait trembler de bonheur
Dans un matin nouveau éclatant de blancheur
Rien n’est plus beau.

(Michel Jonasz)

Illustration: Oleg Zhivetin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA SOLITUDE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



 

Illustration: Edmond Grandjean
    
LA SOLITUDE

Pour qui maintenant farderais-je mes lèvres ?
Pour qui polirais-je mes ongles ?
Pour qui parfumerais-je mes cheveux ?

Pour qui mes seins poudrés de rouge, s’ils ne doivent plus la tenter?
Pour qui mes bras lavés de lait s’ils ne doivent plus jamais l’étreindre!

Comment pourrais-je dormir?
Comment pourrais-je me coucher?
Ce soir, ma main, dans tout mon lit, n’a pas trouvé sa main chaude.

Je n’ose plus rentrer chez moi, dans la chambre affreusement vide.
Je n’ose plus rouvrir la porte.
Je n’ose même plus rouvrir les yeux.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PIEDS NUS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LES PIEDS NUS

J’ai les cheveux noirs, le long de mon dos, et une petite calotte ronde.
Ma chemise est de laine blanche.
Mes jambes fermes brunissent au soleil.

Si j’habitais la ville, j’aurais des bijoux d’or,
et des chemises dorées et des souliers d’argent…
Je regarde mes pieds nus, dans leurs souliers de poussière.

Psophis Ah! viens ici, petite pauvre !
Porte-moi jusqu’aux sources, lave mes pieds dans tes mains
et presse des olives avec des violettes pour les parfumer sur les fleurs.

Tu seras aujourd’hui mon esclave ; tu me suivras et tu me serviras,
et à la fin de la journée je te donnerai, pour ta mère,
des lentilles du jardin de la mienne.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poète mangeant une tête de veau (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Poète mangeant une tête de veau

Succulence de cette chair
tendre et parfumée,
égayée d’un rien de vinaigre
et d’un hachis de ciboulette.

«Vous en reprendrez bien» dit l’hôtesse.

Souvenir alors d’une table d’enfance,
de ma mère penchée
vers le plat bleu
où la viande doucement fume,

puis soudain ce tableau touchant:
un jeune veau près de sa mère,
au fond du pré fleuri,
son doux regard humide d’enfant.
«Non, merci, je n’en reprendrai pas!»

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :