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Poésie

Posts Tagged ‘supporter’

Le soleil (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Pataud et ovale le soleil
sous son propre poids qu’il ne peut supporter
dirait-on commence à décliner

(Tawara Machi)

Illustration: Gisèle Rouquette

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Les personnages de mon rêve (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Les personnages de mon rêve
sont venu converser avec moi
hors de mon rêve.

Et cela, ils n’ont pas pu le supporter.
Ils se sont sentis prisonniers
des formes truquées
de ce rêve à l’envers.

je n’ai pas su les retenir.
Je n’ai pas su créer pour eux un autre rêve au
dehors.
Un rêve véritable.

Pourrai-je me remettre à présent
à converser avec eux au-dedans?

(Roberto Juarroz)


Illustration: Maurice Denis

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Ca n’est pas une mince affaire d’attendre le matin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



ça n’est pas une mince affaire
d’attendre le matin
là-haut dans la chambre on souhaite
que dorme l’épouse on espère
qu’elle rêve et que surtout rien
ne l’éveille on est seul on préfère
être seul à savoir que l’aurore
n’est pas toujours cette heure aimée
des vieux poètes on fait le guet
pour aider le silence
à supporter le bruit

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration

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Qu’elle soit la part la plus modeste de chaque vie (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Qu’elle soit la part la plus modeste
de chaque vie

qu’on l’accueille
au festin, mais à la dernière place

qu’elle supporte
de rester là sans qu’on lui parle

et que personne
ne l’écoute quand elle dira

je suis celle
qui veut toujours

telles étaient les paroles du vieil homme
et nous ne savions pas

s’il dissertait sur la mort ou sur
l’âme, ou simplement

parce qu’il était sage,
sur la douleur.

(Claude Esteban)

Découvert ici chez laboucheaoreilles
 

 

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Il serait si facile (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Il serait si facile de dévoiler
Cette lumière ou cette ombre… Un mot :
Et l’existence, qui en moi existe seule
Sous les voix que chaque homme s’invente
Pour se rapprocher de vérités
Fuyantes, serait exprimée, finalement.
Mais ce mot n’existe pas.
Si toutefois j’écoute dans le bruit
Qui monte du quartier, un son un peu
Plus clair — ou que j’aspire dans l’odeur
De la saison un souffle plus précis
De feuilles mouillées, de pluie, alors,
Allusive, l’indicible vie qui est la mienne
Se dessine à mes yeux, rien qu’un instant,
Et je ne saurais la supporter… Mais un jour,
Ah un jour, je hurlerai à cette vue,
La révélation sera un hurlement…

***

Sarebbe cosi facile svelare
questa luce o quest’ombra… Una parola :
e l’esistenza che in me esiste cola
sotto le voci che ogni uomo inventa
per avvicinarsi a verità
fuggenti, sarebbe espressa, infine.
Ma questa parola non esiste.
Se tuttavia ascolto nel rumore
che sale dal rione, un suono un poco
più terso — o aspiro nell’odore
della stagione un più preciso auto
di foglie fradice, di pioggia, allora,
allusa, l’indicibile mia vita
mi si disegna, per un solo istante…
E non so sopportarla… Ma un giorno,
ah un giorno, urlero , a quella vista,
sarà un urlo la rivelazione…

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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L’Ordre (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



L’Ordre

Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul.
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre et qui préfèrent crever.
A la fin, j’ai beaucoup d’ordre et presque plus d’idées.

(Norge)

 

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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DES batailles se livrent (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
DES batailles se livrent à chaque rencontre,
des solitudes qui auparavant, dans l’isolement initial,
supportaient l’oeuvre commune.

Dans l’espace révélé, après chaque conjonction,
seule demeure la terreur,
le mystère qui à l’âme ne suffit pas.

En alerte, cependant,
une absence rôde, rôdera toujours,
autour des humides dépouilles du lit.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Tu désires (Djâmî)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



Djami   
    
Tu désires, par la mystique, échapper à toi-même.
Il faut expulser de ta tête désir et passion,
Donner ce que ta main retient
Et supporter la blessure de cent épreuves
sans bouger de ta place.

(Djâmî)

 

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LIBÉRATEUR (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Remedios Varo Uranga -nacer-de-nuevo

LIBÉRATEUR

Que j’ai de peine, ô temps,
à te dérober tes joyaux
— tant et tant de joyaux ! —
tes silences — à cor
et à cri, dans l’allégresse
ou dans l’aigre lumière !
Comme ils brillent
sur mes mains en sang,
écrasées par les masses
qu’il leur faut écarter,
supporter, déchirer,
pour en extraire un sourire,
une fleur, une étoile,
une larme, une illusion !

***

LIBERTADOR

¡Con qué dificultad, tiempo,
te voy robando tus joyas
—¡tantas joyas, tantas!—,
tus silencios — entre carro
y grito, entre bailoteo
y luz agria!-

¡Cómo brillan
sobre mis manos sangrientas
y aplastadas de las moles
que tienen que separar,
que soportar, que rajar,
hasta sacar la sonrisa,
la florecilla, la estrella,
la lágrima, la ilusión!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

 

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CALENDRIER (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

CALENDRIER

La fumée des cigares
la chaleur des maisons
la lumière des océans et des rivières
sont nos chers compagnons
Et pourtant notre ingratitude est sans bornes
comme nos regards comme notre voix
Nous passons avec notre rire
pour mieux voir les bonheurs des dames
et les paradis des enfants
Nous ne savons pas qu’il existe quelque part
une île
un désert
pour les petits
Aujourd’hui et demain
comme deux mains croisées
supportent malgré tout la chaleur des années
Nous pouvons courir
et nous pouvons mourir
la pluie sera pour nous la chère bienvenue
son visage sanglant et ses mains croisées
supportent elles aussi la chaleur des années

(Philippe Soupault)

Illustration

 

 

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