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Posts Tagged ‘délier’

La rivière coule en nous (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (40)

La rivière coule en nous
Je suis ici ou là, ou ailleurs
Essayant de délier, de dérouler, de démêler
Et de réassembler le passé et le futur.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Les faiblesses me soutiennent (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Les faiblesses me soutiennent.
Les miennes,
et celles qui errent comme des oiseaux fracturés
par les jours comptés
d’un monde qui ne sait pas compter.

Les omissions de mon écriture délient mon écriture
et l’emportent vers un support
plus fidèle que celui que j’utilise.

La fragilité d’une pensée
fait voler ma pensée
et la transporte vers un autre vol
où penser possède tes ailes.

Seules les branches déjà brisées
recueillent tout l’amour perdu
et collent avec lui leurs morceaux
et repeuplent l’arbre.

***

Las debilidades me sostienen.
Las mías,
y las que vagan como pájaros fracturados
por los días contados
de un mundo que no sabe contar.

Las omisiones de mi escritura desatan mi escritura
y la llevan hacia otro soporte
mas fiel que éste que empleo.

La fragilidad de pensar algo
me hace volar el pensamiento
y lo transporta a otro vuelo
donde pensar tiene tus alas.

Sólo las ramas ya quebradas
recogen todo el amor perdido
y con él pegan sus pedazos
y repueblan el árbol.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il faut atteindre à ce regard (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



    

Il faut atteindre à ce regard
qui regarde un seul comme s’il était deux.
Et ensuite regarde deux
comme s’ils étaient un seul.
Et puis encore
regarde un seul et deux
comme s’ils n’étaient aucun.

C’est le regard qui écrit et efface en même temps,
qui dessine et suspend les lignes,
qui délie et unit
rien qu’en regardant.
Le regard qui n’est pas différent
hors du rêve et en lui.
Le regard sans zones intermédiaires.
Le regard qui se crée lui-même en regardant.

(Roberto Juarroz)

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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SABOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019


 


 

cavalier

SABOTS

Sur le beau papier
Le pas de la plume
Ranime et rallume
Un vieux cavalier.

Des bruits oubliés
De feux et d’enclumes
Traversent des brumes
De pays pliés.

L’encre de mes yeux
A peine pâlie
Tremble sous la pluie

Où, silencieux,
L’univers délie
Le regard des dieux.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Chris Gaunt

 

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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LE SANG DES HOMMES (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



LE SANG DES HOMMES

Le sang des hommes se fatigue
à demeurer toujours debout.
Chaque soir il frappe chez vous,
O sommeil, et demande asile.

Vous êtes la maison fidèle.
Vous l’accueillez comme un enfant
et l’étendez tout doucement
pour qu’il devienne parallèle

à l’eau sereine des ruisseaux.
Le sang des hommes se repose.
Les songes sont un peu plus haut
et jouent à délier les choses.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: F.A. Moore

 

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CONVERSER (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




CONVERSER

Dans un poème je lis :
converser est divin.
Mais les dieux ne parlent pas :
ils font, défont des mondes
pendant que les hommes parlent.
Les dieux, sans paroles,
jouent des jeux terribles.

L’esprit descend
et délie les langues
mais il ne prononce pas de mots:
il prononce la lumière. Le langage,
par le dieu enflammé,
est une prophétie
de flammes et une chute
de syllabes brûlées:
cendre sans sens.

La parole de l’homme
est fille de la mort.

Nous parlons parce que nous sommes
mortels : les mots
ne sont pas des signes, ils sont des années.
En disant ce qu’ils disent
les noms que nous disons
disent du temps : ils nous disent,
nous sommes les noms du temps.
Converser est humain.

(Octavio Paz)

Illustration: Jean Lecomte du Nouÿ

 

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Jusqu’aux racines (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Jusqu’aux racines
Tu écoutes
Sous le bois dur
Les noeuds de silence

Un seul souffle
A l’aube
Te délie, arbre,
De ton ombre

Et tu chantes
Haute lyre
De l’invisible.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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SONGE (Max Elskamp)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

Illustration
    
SONGE

Mon Dieu, des jours qui vont,
Mon Dieu, des jours qui viennent,

Dans le temps tout qui fond
Même douleurs anciennes,

Comme au monde, les heures
Sont d’hiver ou printemps,

Les jardins de nos cœurs
Ont aussi leurs saisons,

Et c’est de brume ou pluie,
De soleil ou clarté,

Qu’on vit en soi sa vie
Suivant le vent levé,

En la joie ou la peine
Alors à coupe pleine.

Mon Dieu, ils sont en nous
Comme en l’Inconscient,

Nos cœurs sages ou fous,
Suivant l’heure ou l’instant

Comme après dés jetés
On sait fortune ou ruine,

Ou comme aux jours d’été
Vent, les roseaux incline,

Car sans cause ou raison
C’est sises hors de nous,

Que choses et qui sont
Venues on ne sait d’où,

Et tenant du hasard
ou bien de notre étoile,

Nous font comme nuit noire
Dans l’abstrait qui les voile.

Or c’est ainsi, en soi,
Qu’on est si peu soi-même,

Qu’on ne sait pas pourquoi
L’on hait ou bien l’on aime,

Et que c’est vie qu’on a
Alors et qu’on subit,

Dans des jours longs, sans foi,
Ou souvent trop redits;

Et tu les a connus
Toi, ici haut qui rêves,

Et dans ton for à nu
Comme est le sable aux grèves ;

Et c’est ton cœur alors
Et qui a pris des ailes,

Pour retrouver sans leurre
Et sa paix et son ciel,

Dans le songe en la vie
Qui de tout nous délie.

(Max Elskamp)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

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Qui vit de vie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018


Qui accueille s’enrichit
Qui exclut s’appauvrit

Qui élève s’élève
Qui abaisse s’abaisse

Qui oublie se délie
Qui se souvient advient

Qui vit de mort périt
Qui vit de vie sur-vit

(François Cheng)

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