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Posts Tagged ‘pendule’

OUVRIERE A LA JOURNEE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Leonor Fini couturiere 1978

OUVRIERE A LA JOURNEE

Noire dans le jour trouble et filtré par le tulle,
Elle coud sur du blanc, assise de profil ;
Puis, relevant la tête, elle place du fil
Entre ses dents et trouve lente la pendule.

(Francis Jammes)

Illustration: Leonor Fini

 

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Retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020


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loin et si loin et sait-on pour quel voeu
dans les mains du silence
le chapelet de la pendule

sur le bonheur du jour la vie laisse un cheveu

(Daniel Boulanger)

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UNE HEURE OU DEUX (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019



 

UNE HEURE OU DEUX

Les mots s’échappent par la cheminée
O
la pendule
la pendule
Dehors
Lorsque je lève la tête le portrait me sourit
le pin parasol et le parapluie
Et nous savons
qu’il y a des cris ce soir
On ferme les rideaux
le pin parasol et le parapluie
Tout de même
la lampe fait un trou au plafond
Entrez

(Philippe Soupault)

Illustration: René Magritte

 

 

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Une pendule fée (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019




    
Une pendule fée ;
et toutes fois que l’on écoute le toc du balancier,
elle s’arrête, elle ne peut marcher
que dans ma demi-conscience,
non écoutée, non regardée.

Et une autre qui ne travaille que sous ma garde.
Si je m’en désintéresse
et ne la soutienne de ma présence,
— de ma prière,
— elle s’arrête net

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Des étoiles vides (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

Des étoiles vides
L’horizon à portée de main

Une brume d’argent s’interpose

Sous mon drap léger
Comme un papier à cigarette
J’écoute

Les battements du coeur sec
D’une pendule

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Début de printemps (Takaki Ono)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



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Début de printemps —
Je mets la pendule
à l’heure

(Takaki Ono)

 

 

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PENDULE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




PENDULE

Très petite dame
habitante du coeur de l’oiseau
sort à l’aube pour prononcer une syllabe
NON

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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La rencontre (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



La rencontre

Nous avons commencé à parler,
Nous nous sommes regardés, puis détournés.
Sans cesse les larmes me montaient aux yeux
Mais je ne pouvais pleurer.
Je voulais prendre ta main
Mais ma main tremblait.
Sans fin tu recomptais les jours
Qui nous séparaient de la prochaine rencontre,
Mais tous deux nous sentions dans nos coeurs
Que nous allions nous quitter pour toujours.
Le battement de la pendule emplissait la chambre paisible.
«Ecoute, t’ai-je dit, son bruit est si fort,
Comme un cheval au galop sur une route déserte.
Aussi fort que cela ? un cheval qui galope dans la nuit. »
Tu m’as enfermée dans tes bras
Et la pendule étouffait les battements de nos coeurs.
Tu as dit: «Je ne peux m’en aller:
Tout ce qu’il y a de vivant en moi
Est ici pour toujours.»
Puis tu es parti.
Le monde a changé. Le bruit de la pendule a faibli,
S’est amenuisé, est devenu chose infime.
Dans l’obscurité j’ai murmuré: «Si elle s’arrête, je mourrai. »

***

The meeting

We started speaking,
Looked at each other, then turned away.
The tears kept rising to my eyes
But I could not weep.
I wanted to take your hand
But my hand trembled.
You kept counting the days
Before we should meet again.
But both of us felt in our hearts
That we parted for ever and ever.
The ticking of the little clock filled the quiet room.
« Listen », I said, « It is so loud,
Like a horse galloping on a lonely road,
As loud as that — a horse galloping past in the night ».
You shut me up in your arms.
But the sound of the clock stifled our heart’s beating.
You said, « I cannot go : all that is living of me
Is here for ever and ever ».
Then you went.
The world changed. The sound of the clock grew fainter,
Dwindled away, became a minute thing.
I whispered in the darkness: « If it stops, I shall die ».

(Katherine Mansfield)


Illustration: Edvard Munch

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L’HEURE D’AMOUR (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



L’HEURE D’AMOUR

Dans l’oiseau la pendule chante.
Les miroirs sont voilés de pleurs.
De la saison qu’amour invente
Le temps ne cueille pas la fleur,
Blanche edelweiss, étoile blanche
Dont la montagne est une hanche
Et dont la neige est de chaleur.

En l’indécis les heures sonnent.
Est-il déjà temps de dormir ?
La plus belle n’est plus personne,
Vous ne pourrez y revenir,
Son regard est de coquillage
Et sous les sables de son âge
L’oubli s’enlace à l’avenir.

—  » Venez, venez.  » —  » La méfiance
Me dit de ne vous suivre pas,
Les jeux de votre préférence
Sont passe-temps vers le trépas.  »
—  » Non, non je t’ouvre les espaces
Où la caresse se déplace
Suivant l’empreinte de tes pas.  »

Des peureux les lèvres sont sèches.
De la peur les pas sont comptés
Et le cheval de leur calèche
Ne peut descendre ni monter.
Dans l’attelage qui m’emporte
Je fuis du temps les saisons mortes.
Mes chevaux ne sont pas domptés.
—  » Dans la chambre aux heures fermée
Notre voyage sera grand.
L’étendue y est enfermée
Nous en serons les continents.  »
—  » Non, l’heure est couchée à ma place,
A sa lèvre une fleur de glace,
En ses mains mon baiser mourant.  »

Le temps d’amour est d’autre monde,
Son flot se cache dans la nuit
Des gorges où le baiser gronde,
Et sa belle étoile luit
Qu’au fond de la nuit des prunelles,
Dans ces ténèbres personnelles
D’où le désir n’est éconduit.

Je voyage et mon ombre porte
Celui qui me porte en m’aimant.
L’amour se tient à notre porte,
Ses soupirs sont mes diamants.
En me voyant ainsi parée
L’heure s’enfuit désemparée
Et retourne à ses battements.

D’imprudence je suis la reine,
De mes biens mes doigts sont les monts
Que gravit celui qui m’entraîne
A suivre ce que nous aimons.
Les lèvres des amants sont claires ;
L’amour les lave de prières.
Son accent chasse les démons.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Je me réveille en pleine nuit (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




Je me réveille en pleine nuit tout soudain,
et ma pendule occupe la nuit entière.

Je ne sens pas la Nature là-dehors.
Ma chambre est une chose obscure aux murs vaguement blancs.
Là-dehors règne une paix profonde comme si rien n’ existait.
Seule la pendule poursuit son maigre bruit.
Et cette petite chose à engrenages qui se trouve sur ma table
Étouffe toute l’existence de la terre et du ciel…

Je me perds quasiment à penser ce que cela signifie,
Mais je me retourne et me sens sourire dans la nuit du coin des lèvres
Parce que la seule chose que ma pendule symbolise ou signifie
Quand elle remplit de sa petitesse la nuit énorme
C’est cette curieuse sensation même de remplir la nuit énorme
Et c’est une sensation curieuse car il n’y a que pour moi
qu’elle ne remplit pas la nuit
De sa petitesse…

(Fernando Pessoa)

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