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Poésie

Posts Tagged ‘lunaire’

Telle un ange noir sur la neige (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Telle un ange noir sur la neige,
Tu m’es apparue tout à l’heure,
Et comment donc ne la verrais-je
Sur toi, l’empreinte du Seigneur ?

Un sceau étrange, mystérieux,
Ainsi qu’une offrande céleste :
Dans une niche, pour un peu,
Il aurait fallu que tu restes.

Que cet amour dans l’au-delà
A l’amour ici-bas se fonde,
Et que sur tes joues n’aille pas
Le sang fougueux qui se débonde ;

Ainsi le marbre pourra mieux
Rehausser tes haillons lunaires,
Tes joues dénudées mais sans feu,
Bien que complices de la chair.

(Ossip Mandelstam)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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CHANT DU PALAIS PRINTANIER (Wang Changling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



CHANT DU PALAIS PRINTANIER

La nuit dernière le vent emportait les fleurs de
pêchers au puits Lujing
Du haut du ciel le disque lunaire
éclairait le palais Weiyang

Pour la remercier de ses chants et danses
L’empereur a offert à sa nouvelle favorite Pingyang
une robe la protégeant de la fraîcheur du printemps

(Wang Changling)

 

 

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ARBRE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
ARBRE

De toi une ombre se dénoue
et fait paraître la mienne morte
qui pourtant va oscillante
et fend l’eau fraîche azurée
sur la rive de l’Anapo, où je reviens ce soir
sous l’impulsion de mars lunaire
riche déjà d’herbes et d’ailes.

Je ne vis pas seulement d’ombre,
quand la terre et le soleil et le doux don de l’eau
ont fait neuve chacune de tes feuilles
pendant que je m’affaisse et que desséché
avec mon visage je touche ton écorce.

***

ALBERO

Da te un ‘ombra si scioglie
che pare morta la mia
se pure al moto oscilla
o rompe fresca arqua azzurina
in riva all’Anapo , a cui torno stasera
che mi spinze matzo lunare
gia d’erbe ricco e d’ali.

Nan solo d’ombra vivo,
ché terra e sole e dolce dono d’acqua
t’ha fatto nuova ogni fronda,
mentr’io mi piego e secco
e sul mia visa tocco la tua scorza.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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POSTLUDIUM (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



POSTLUDIUM

Je racle comme une drague sur le fond de la terre.
Ne s’accrochent que des choses dont je n’ai nul besoin.
Indignation lassée, résignation ardente.
Les bourreaux emportent les rochers. Dieu écrit sur le
sable.

Chambres calmes.
Les meubles sont prêts à l’envol dans la clarté lunaire.
Doucement j’entre en moi
par une forêt d’armures creuses.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Et l’illumination ? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Fra Angelico

    

Et l’illumination ? L’un des sens de ce mot
Outre le sens commun d’éclairement,
D’enluminure, et autres, est celui-ci :

Instant extraordinaire où l’esprit flamboie
Dans une pure joie, avant la mort —
Le bon larron en nous écoutant la promesse !

Voyez-le donc à la droite du Christ, du promontoire
Scrutant l’espace vide, le corps si disloqué qu’il semble
Qu’on ne pourra le translater dans la béatitude

Qu’appellent, à la frange lunaire de son front,
Sur la face obscure de son cerveau les cratères des clous :
Ce soir tu seras avec moi à la droite du Père.

***

And lightening? One meaning of that
Beyond the usual sense of alleviation,
Illumination, and so on, is this:

A phenomenal instant when the spirit flares
With pure exhilaration before death —
The good thief in us harking to the promise!

So paint him on Christ’s right hand, on a promontory
Scanning empty space, so body-racked he seems
Untranslatable into the bliss

Ached for at the moon-rim of his forehead,
By nail-craters on the dark side of his brain:
This day thou shalt be with Me in Paradise.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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LUNAIRE (Edmond Blanguernon)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Paul Delvaux-le-voyage-légendaire [800x600]

LUNAIRE

Aux grises allées
Du parc endormi,
Douces ont frémi
Les brises ailées.

Aux herbes perlées
De rosée emmy
Le silence ami,
Des formes voilées,

Lentes vaguement,
Vagues lentement,
Chimères et songes

Glissent dans la nuit,
Dames de mensonge
Que mon âme suit.

(Edmond Blanguernon)

Illustration: Paul Delvaux

 

 

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L’AMANT TOUJOURS PROCHE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



    

L’AMANT TOUJOURS PROCHE

Je pense à toi quand le rayon solaire
Brûle les flots ;
Je pense à toi quand la lueur lunaire
Se peint sur l’eau.

Tu m’apparais quand monte de la route
Un poudroiement
Ou bien la nuit, quand le passant redoute
Le pont tremblant.

J’entends ta voix quand la vague s’éveille,
Meurt et renaît.
Je vais souvent au bois prêter l’oreille,
Quand tout se tait.

Si loin sois-tu, l’espace ne sépare
Jamais nos pas !
Le soir descend, l’étoile se prépare.
Que n’es-tu là !

***

NAHE DES GELIEBTEN

Ich denke dein, wenn mir der Sonne Schimmer
Vom Meere strahlt;
Ich denke dein, wenn sich des Mondes Flimmer
In Quellen malt.

Ich sehe dich, wenn auf dem fernen Wege
Der Staub sich hebt;
In tiefer Nacht, wenn auf dem schmalen Stege
Der Wandrer bebt.

Ich bore dich, wenn dort mit dumpfem Rauschen
Die Welle steigt.
Im stillen Haine geh ich oft zu lauschen,
Wenn alles schweigt.

Ich bin bei dir, du seist auch noch so ferne,
Du bist mir nah !
Die Sonne sinkt, bald leuchten mir die Sterne.
O wärst du da !

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Les douves (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les douves

J’irai cueillir la fleur que cerne l’eau des douves
Avec sa pâleur morne, avec sa chair lunaire
Dans l’ombre sans merci des créneaux qui la couve
S’ouvrant comme une étoile au pré crépusculaire.

J’irai cueillir la fleur où mon rêve se frôle,
La fleur hiératique et que sertit la maille
D’un vitrail reflétant au ras des vases molles
Quelque écusson brisé dont le fronton s’écaille,

Et dont la splendeur morte au creux des joncs se terre.
La livide corolle en son odeur de fièvre,
Mes doigts la saisiront, effeuillant son mystère,
Et son pollen glacé parfumera ma lèvre.

Alors s’évoquera à son malsain arôme
Le couple enseveli par les verts marécages,
Et j’y verrai dormant les humides fantômes
De la reine adultère et de son jeune page,

Partageant à jamais, telle qu’ils l’ont choisie,
Avec son traversin sombre, la même couche,
Grisés du même amour où leur coeur s’extasie,
Rigides, les yeux clos, et bouche contre bouche.

(Marie Dauguet)

 

 

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CRÉPUSCULE SPIRITUEL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017



Illustration
   
CRÉPUSCULE SPIRITUEL

Aux lisières du bois, les bêtes sombres
Ont trouvé le repos.
Le vent du soir meurt sans bruit sur la colline.

La plainte du merle s’est tue,
Et les douces flûtes de l’automne
Font silence dans les roseaux.

Sur un noir nuage
Tu parcours ivre de pavot
L’étang nocturne.

Le ciel d’étoiles.
La voix lunaire de la soeur chante sans trêve
Par la nuit spirituelle.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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A un ami (Tou Mou)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Jenny Wong
    
A un ami

La montagne bleue apparaît, disparaît,
l’eau coule vers l’Infini.

L’automne s’achève au Sud du Fleuve,
mais l’herbe n’est pas flétrie.

Les vingt-quatre ponts brillent
dans la nuit lunaire,

D’où, homme de jade,
faites-vous jouer de la flûte?

(Tou Mou)

 

 

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