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Poésie

Posts Tagged ‘lunaire’

L’AVENTURIER (Jaroslav Seifert)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2023




    
L’AVENTURIER

Dans le noeud bleu des veines
que voile une peau tendre
il vit une carte des fleuves ;
combien il désirait
ces courants bleus ! S’y rendre
sans retour désormais !

Au souffle de la bouche
qui effleura son visage
il sut le sel des mers.
Là-bas, une tempête bouge
et, hors des livres des mages,
passe un songe fiévreux.

Les serpents, leurs danses : il sait ;
le venin vint d’une lèvre
quand chantonna la flûte.
Abattu, accablé,
dans le demi-jour lunaire
il rentrait par la suite.

Et combien de ses rêves
dans un sein se sont éteints ;
les rires lui étaient pleurs,
les larmes, elles, étaient gaies.
Le doigt tremblait, discret,
contre le tambourin.

(Jaroslav Seifert)

Recueil: Les danseuses passaient près d’ici
Traduction: Petr Kral et Jan Rubes
Editions: Actes Sud

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PAMPOÉSIE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




    
PAMPOÉSIE

Poésie, patrimoine étoilé :
il fallut découvrir peu à peu ventre vide et sans guide
ton terrestre héritage,
la clarté lunaire et l’épi secret.

La clef, de la solitude à la foule,
se perdait dans les rues et dans les bois
et sous les pierres et dans les trains.

La condition obscure en est le premier sceau,
l’ivresse grave avec un simple verre d’eau,
le corps rassasié sans avoir mangé,
le coeur qui mendie avec son orgueil.

Et bien d’autres choses que taisent les livres
remplis d’une splendeur sans joie : il faut
entamer peu à peu la pierre qui écrase,
dissoudre peu à peu le minerai de l’âme
jusqu’à ce que tu sois celui qui lit,
jusqu’à ce que l’eau chante par ta bouche.

Ce qui est plus facile que la mer à boire
et plus difficile aussi que naître sans fin.
C’est un étrange office qui te cherche
et qui se cache quand on l’a cherché,
c’est une ombre au toit crevassé
mais où dans chaque trou il y a une étoile.

(Pablo Neruda)

Recueil: Mémorial de l’Île Noire
Traduction: Claude Gouffon
Editions: Gallimard

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Ce que nous avons cherché (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2022




    
Ce que nous avons cherché, ce que tous
nous continuons d’attendre et qui bat

comme une porte la nuit dans le silence
mal équarri des campagnes, ce qui

nous tient longtemps les yeux ouverts sur
rien : un coin décollé du papier peint,

l’arête lunaire de la garde-robe, le chapeau
rouge de jadis, poussiéreux mais toujours

prêt à couvrir tes cheveux blancs, voilà
bien ce qui toujours manque à nos vies

quand rien ne manque, et le désir demeure
comme l’été à la barbe de l’hiver

(Guy Goffette)

Recueil: Le désir en nous comme un défi au monde 84 Poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Regrets de France (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021




Regrets de France

La lune dans l’étang
Se souvient d’elle-même,
Veut se donner pour thème
A son enchantement,

Mais sa candeur précise
Au frais toucher de l’eau,
De délices se brise,

Et flotte la surprise
Des lunaires morceaux.

(Jules Supervielle)

Illustration

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J’appelle une rivière (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020


 


Fidel Garcia  - Mexican Figurative and Abstract Expressionist painter - Tutt'Art@ (55)

j’appelle une rivière où le flanc rose de ta nuque
suit le sillage profond d’une truite lunaire

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Fidel Garcia

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Carrières d’automne (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Carrières d’automne

sur lesquelles descend un printemps lunaire
qui nimbe de candeur chaque découpure,
éclats de pin, éclaboussure
aveuglante de filets tendus, de débris,

elle reviendra, reviendra sur le gel,
la bonté d’une main,
et franchira le ciel lointain
la chiourme lumineuse qui nous saccage.

***

Cave d’autunno

su cui discende la primavera lunare
e nimba di candore ogni frastaglio,
schianti di pigne, abbaglio
di red stese e schegge,

ritornerà ritornerà sul gelo
la bontà d’una mano,
varcherà il cielo lontano
la ciurma luminosa che ci saccheggia.

(Eugenio Montale)

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Un vide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Un vide entre ma poitrine et mon cou.
Vide
entre la chaleur du croissant réfléchi sur les eaux
du triangle et la chaleur des mains –
Comment dire
ce vide à tes membres lunaires ? Et quand ?
Comment détruire ses murs ?
Alors que tu es l’interlocuteur, et le détenteur
de ses secrets ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Lunaire (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Lunaire

Hostie translucide
monnaie d’or blanc
pour la gloire papale
et les jeux d’enfants.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je ne suis qu’un viveur lunaire… (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Franz Skarbina  Jules Laforgue

Je ne suis qu’un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein
Que devenir un légendaire.

Retroussant d’un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J’arrondis ma bouche et – j’exhale
Des conseils doux de Crucifix.

Ah ! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans !
Mais où sont les Lunes d’antan ?
Et que Dieu n’est-il à refaire ?

(Jules Laforgue)

Illustration: Franz Skarbina

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Telle un ange noir sur la neige (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Telle un ange noir sur la neige,
Tu m’es apparue tout à l’heure,
Et comment donc ne la verrais-je
Sur toi, l’empreinte du Seigneur ?

Un sceau étrange, mystérieux,
Ainsi qu’une offrande céleste :
Dans une niche, pour un peu,
Il aurait fallu que tu restes.

Que cet amour dans l’au-delà
A l’amour ici-bas se fonde,
Et que sur tes joues n’aille pas
Le sang fougueux qui se débonde ;

Ainsi le marbre pourra mieux
Rehausser tes haillons lunaires,
Tes joues dénudées mais sans feu,
Bien que complices de la chair.

(Ossip Mandelstam)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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