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Poésie

Posts Tagged ‘débris’

Menu débris métaphysique (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Menu débris métaphysique

Alors qu’il se promenait
clans un paisible paysage,
il crut voir dans un buisson
le mufle noir du néant.

Il s’arrêta frissonnant.
Le jour s’était assombri.

Et soudain le ciel ouvrit
une gigantesque gueule
et, d’un coup, lе dévora
ne laissant ni cendres ni âme.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey
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Indifférence (Marybé)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



L’ombre d’une indifférence gît au creux de tes yeux,
Heurte l’âme de mon visage défait
Et se perd dans les remous de mon sang qui se glace.
Ton indifférence cogne de plein fouet aux portes de ma chair
Qui n’ose plus rien que l’immobilité des silences.
Mon corps nu, abandonné dans le lit de l’attente
Risque des gestes inutiles, ridicules pantins
Qui s’agitent saccadés par une sourde douleur.
Mes mains furieusement caressent les débris de ton désir disparu,
Tendu vers un ailleurs sans regrets de tout ce qui fut nous.
Des éclats d’une lassitude pas à pas installée
Luisent au ciel des sentiers de nos nuits.
Sur ma bouche, les traces de nos baisers s’évaporent,
Sur mes lèvres muettes glisse le suc amer
D’un amour éclaté.

(Marybé)

Illustration

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Débris de coquillages bleus (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Débris de coquillages bleus
galets polis par les vagues
oyats des dunes
ne disent que l’essentiel —
l’esprit s’arrête

***

Blue shingle
smooth pebble
dune-grass
express only the essential
fix the mind

(Kenneth White)

Illustration

 

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Mais comment dire (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration: Jérôme Royer
    
mais comment dire l’amour
le désastre et le commencement
le temps courbé sous la veille infinie
et les débris de plâtre
incrustés sous la peau —

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lacunes (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Illustration: Mario Sanchez Nevado
    
lacunes
leur faire place

trous noirs
pour les débris
l’éteint

puits d’énergie
muets

entre vif et manque

une lumière d’être
malgré

(Antoine Emaz)

 

Recueil: LIMITE
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Aquarelle… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


 


 

ruines [1280x768]

Aquarelle…

Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine,
Qui, triomphant du temps, de la foudre et de l’eau,
D’un long passé restaient une preuve certaine.
Leurs débris maintenant détournent le ruisseau…
Monuments de tristesse et de guerre et de haine.
Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine…

L’oiseau ne chante plus à l’ombre du rameau,
Le cerf ne vient plus boire à la fraîche fontaine,
Le lièvre a déserté le sinueux réseau
Des taillis épineux dont il fit son domaine…
Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine…

(Robert Desnos)

 

 

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À cinq heures (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



sang pavé [1280x768] 

À cinq heures du matin dans une rue neuve et vide j’entends le bruit
d’une voiture qui s’éloigne.
Un avertisseur d’incendie a sa glace brisée et les débris de verre
resplendissent dans le ruisseau.
Sur le pavé il y a une flaque de sang et un peu de fumée se dissout dans l’air.
Ohé! Ohé! racontez-moi ce qui s’est passé.
Éveillez-vous! Je veux savoir ce qui s’est passé.
Racontez-moi les aventures des hommes.

(Robert Desnos)

Illustration

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Érotisme de la mémoire (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Luc-Olivier Merson Diane chasseresse-1878

Érotisme de la mémoire

Cuisses de Diane
Ventre de Diane
Seins de Diane
Yeux de Diane

Le petit jour point dans la forêt où tout est orange !
Sauf le tronc marqué de craie des bouleaux.

C’est là près de cet arbre aux feuilles vieillissant avant la saison que j’ai
rencontré Diane dans une attitude naturelle mais rarement décrite
dans les poèmes.
Les fesses ovales se dessinaient entre le désordre du linge et le vert gris
tendre de l’herbe
Dans un sentier voisin le pas d’un garde retentit
Il passa sans qu’on le vît.
Tandis que Diane se dissolvait dans le jour,
comme le croissant de la lune.
À cet endroit de la forêt il y a les débris d’une bouteille
Un vieux livre que les pluies et les rosées renvoient au terreau
Une plume d’oiseau
Un morceau de silex
Une empreinte de pas profondément marquée dans la terre
Et quelqu’un, peut-être, passera là au jour et à l’heure de ma mort
0 vie, enivrante vie
Aveuglante et bienfaisante.

(Robert Desnos)

Illustration: Luc-Olivier Merson

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Poupée Mécanique (Dahlia Ravikovitch)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Poupée Mécanique

Cette nuit-là, j’étais une poupée mécanique,
je me tournais à droite, à gauche, et en tous sens.
Je tombai face contre terre et fus réduite en mille morceaux.
Et l’on tenta, d’une main experte, de rassembler mes débris.

Alors, je redevins une poupée en état.
Je fus posée, je fus soumise,
mais n’étais déjà plus qu’une poupée de second ordre,
comme un sarment blessé s’accrochant à ses vrilles.

Puis je m’en fus au bal, à la ronde des danses,
mais on me délaissa, avec pour compagnons des chiens et des chats,
et cependant mes pas avaient rythme et mesure.

J’avais des cheveux d’or, et j’avais des yeux bleus,
ma robe était couleur des fleurs du jardin,
et mon chapeau de paille arborait des cerises.

(Dahlia Ravikovitch)


Illustration

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