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Poésie

Posts Tagged ‘miroir’

Stupéfaction (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017




    
Stupéfaction

Comment le miroir contiendra-t-il
tous ces visages
et le lourd reflet de leur froid tombeau?

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Le Balayeur du désert
Traduction: Isabelle Lagny – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Cette ville que j’aime (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Cette ville que j’aime depuis l’enfance
M’apparaît aujourd’hui
Dans le silence de décembre
Comme un héritage dilapidé.

Tout ce qui m’était donné,
Si facile à offrir:
La chaleur du coeur, l’accent des prières
Et la grâce de la première chanson —

Tout s’est envolé en fumée,
Dissipé tout au fond des miroirs…
Et déjà le violoneux sans nez joue
Un air sur l’irrévocable.

En étrangère curieuse,
Captivée par chaque nouveauté,
J’ai regardé glisser les traîneaux,
J’ai écouté ma langue maternelle.

Avec une puissance, une fraîcheur sauvages,
Le bonheur m’a soufflé au visage,
Comme si l’amie de toujours
Gravissait avec moi le perron.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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À la Muse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



À la Muse

La Muse ma soeur m’a regardée en face,
Son regard est clair, perçant.
Elle m’a retiré la bague d’or,
Premier cadeau du printemps.

Muse ! vois comme toutes sont heureuses
Les filles, les femmes, les veuves…
Plutôt mourir sur la roue
Que ces chaînes.

Je sais : pour connaître l’avenir, à mon tour d’effeuiller
La douce fleur, la marguerite,
À chacun ici-bas de subir
La torture amoureuse.

Je brûle jusqu’à l’aube une chandelle à la fenêtre
Et ne languis après personne,
Mais je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas
Savoir comment on en embrasse une autre.

Demain, en riant, les miroirs me diront :
« Ton regard n’est ni clair ni perçant… »
Et doucement je répondrai: « Elle m’a repris
Le don divin ».

(Anna Akhmatova)

 

 

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Placez un mannequin (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Placez un mannequin devant un miroir
et vous aurez l’idée de la conscience,
son regret, qui brillera dans ses yeux.

(Laurent Albarracin)

 

 

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HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

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ARBRE DE L’ORIENT (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



ARBRE DE L’ORIENT

Moi je suis devenu miroir :
J’ai inversé toute chose
J’ai marqué de ton feu le rite de l’eau et des plantes
J’ai marqué le son de la voix et le son de l’appel

Et je t’ai vu deux:
Toi et cette perle qui vogue dans mes yeux

Deux amants sommes devenus l’eau et moi :
Je nais au nom de l’eau
L’eau naît en moi

Jumeaux sommes devenus l’eau et moi.

(Adonis)

 

 

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En une seconde ou une seconde et une demi-seconde, il vit plus loin, plus profondément, comprit davantage (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



La floraison du bâton

[40]
Et personne ne saura jamais
si l’image qu’il vit distinctement

comme dans un miroir était prédéterminée
par sa discipline et son étude

des anciennes traditions et par sa capacité innée
à transcrire et à traduire

les difficiles symboles secrets,
personne ne saura jamais comment il se fit

qu’en une seconde ou une seconde et une demi-seconde,
il vit plus loin, plus profondément, comprit davantage

que quiconque avant ou après lui ;
personne ne saura jamais

si c’était une sorte d’illusion d’optique spirituelle,
ou s’il avait vu dans le puits profond, profond,

de la profondeur pré-historique
jusqu’ici inconnue ;

personne ne saurait jamais
si cela pouvait être prouvé mathématiquement

par des lignes démontrées,
comme un angle de lumière

reflété par une mèche de cheveux de femme,
reflété à nouveau ou réfracté

un certain autre angle —
ou peut-être était-il question de vibration

qui égalait ou surprenait une vibration
liée ou exactement contraire

et créait une sorte de vide,
ou plutôt un point dans le temps —

il l’appela tache ou défaut dans une gemme
sur la couronne qu’il avait vue

(ou avait cru voir) comme dans un miroir ;
personne ne saurait exactement

comment c’était arrivé,
certainement pas Kaspar.

***

And no one will ever know
whether the picture he saw clearly

as in a mirror was pre-determined
by his discipline and study

of old lore and by his innate capacity
for transcribing and translating

the difficult secret symbols,
no one will ever know how it happened

that in a second or a second and half a second,
he saw further, saw deeper, apprehended more

than anyone before or after him;
no one will ever know

whether it was a sort of spiritual optical-illusion,
or whether he looked down the deep deep-well

of the so-far unknown
depth of pre-history;

no one would ever know
if it oould be proved mathematically

by demonstrated lines,
as an angle of light

reflected from a strand of a woman’s hair,
reflected again or refracted

a certain other angle—
or perhaps it was a matter of vibration

that matched or caught an allied
or exactly opposite vibration

and created a sort of vacuum,
or rather a point in time—

he called it a fleck or flaw in a gem
of the crown that he saw

(or thought he saw) as in a mirror;
no one would know exactly

how it happened,
least of all Kaspar.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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Où suis-je? (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



Où suis-je?
Je ne suis pas là.
Il y a de longs moments
où je ne suis pas là
des instants des heures des mois
des saisons des ans
parfois.
Je ne suis là pour personne
pas même moi
encore moins moi.

Où suis-je?
Dans le coeur d’une pomme
dans la main d’un ami
dans le bond d’un écureuil
dans le tonneau
ou dans le pain ?
Je ne suis là pour personne
pas même pour moi
et cela dure longtemps
trop longtemps.
Je suis triste je me cherche
je ne sais plus où j’habite
je ne vis plus dans mes empires
ou je m’oublie
ou je fais comme si
comme si de rien n’était
mais c’est gênant
d’être ainsi absent
à soi-même
sans que nul s’en doute.

Si je savais où j’étais
ah! comme je me rejoindrais
vite
n’importe où
n’importe quand
dans le rire d’un enfant
dans l’éclair d’une faux
dans le fond du temps
dans le tain du miroir
dans un jour de l’an Quarante
dans une joie d’hier
ou dans les flancs
de Mman.

C’est peut-être là
que je suis
quand je n’y suis pour personne
quand la vieille cloche de l’ancienne grille sonne
et que cela dure longtemps.

(Armand Lanoux)


Illustration: Gilbert Garcin

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Lorsque j’interroge (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



lorsque j’interroge
on me tend un miroir
me disant
que tout va bien
assis quatre autour
d’une table au soleil
autour d’une conversation
saisie par bribes
dont le contenu m’exile.

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Konstantin Korovine

 

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Chanson de la rivière d’automne (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



 

Chanson de la rivière d’automne

Mes cheveux blancs sont longs de trente mille pieds,
De même taille étant mon chagrin!
Je ne sais, dans mon miroir clair,
D’où vient la gelée blanche de l’automne!

(Li Po)

Illustration: Hiroshige

 

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