Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘miroir’

PAGE APRÈS PAGE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023



Illustration: Paul Delvaux
    
PAGE APRÈS PAGE

Page après page
Je me feuillette
En marge
De ma propre vie
De l’autre côté
De mes miroirs

Page après page
Je me raconte
Pour tisser
D’autres rêveries

Pages après pages
Je m’effeuillette
Ligne après ligne
Jusqu’à me dénuder
Je dors sous une tonnelle
Je regarde le temps passer.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le port (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023



Illustration: Takahiro Hara
    
Le port

Déchiré par les orages de l’amour
et ressoudé par les accalmies
de l’amour,

me voilà allongé dans un port
qui ne sait pas
où ton corps se termine
et où mon corps commence.

Des poissons nagent entre nos côtes
et des mouettes crient comme des miroirs
après notre sang.

***

The Harbor

Torn apart by the storms of love
and put back together by the calms
of love,

I lie here in a harbor
that does not know
where your body ends
and my body begins.

Fish swim between our ribs
and sea gulls cry like mirrors
to our blood.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon nez vieillit (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023



    
Mon nez vieillit

Ouaip.
Septembre, long regard paresseux
dans le miroir,
mais dis donc c’est vrai :

j’ai 31 ans
et mon nez
vieillit.

Ça commence à
un pouce
sous l’arête
et retombe gériatriquement
d’un pouce environ
avant de faire
halte.

Par chance, le reste
du nez est comparativement
jeune.

Je me demande si les filles
voudront de moi avec mon
vieux nez.

je les entends d’ici
les garces sans coeur !

« Il est adorable
mais son nez
est vieux. »

***

My Nose Is Growing Old

Yup.
A long lazy September look
in the mirror
says it’s true:

I’m 31
and my nose is growing
old.

It starts about
an inch
below the bridge
and strolls geriatrically
down
for another inch or so:
stopping.

Fortunately, the rest
of the nose is comparatively
young.

I wonder if girls
will want me with an
old nose.

I can hear them now
the heartless bitches!

« He’s cute
but his nose
is old ».

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POUR VIVRE ICI (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2022




POUR VIVRE ICI

I

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver,
Un feu pour vivre mieux.

Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,
Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.

II

Le mur de la fenêtre saigne
La nuit ne quitte plus ma chambre
Mes yeux pourraient voir dans le noir
S’ils ne se heurtaient à des ruines

Le seul espace libre est au fond de mon coeur
Est-ce l’espace intime de la mort
Ou celui de ma fuite

Une aile retirée blessée l’a parcouru
Par ma faiblesse tout entier il est cerné
Durerai-je prendrai-je l’aube
Je n’ai à perdre qu’un seul jour
Pour ne plus même voir la nuit

La nuit ne s’ouvre que sur moi
Je suis le rivage et la clé
De la vie incertaine.

III

La lune enfouie les coqs grattent leur crête
Une goutte de feu se pose sur l’eau froide
Et chante le dernier cantique de la brume

Pour mieux voir la terre
Deux arbres de feu emplissent mes yeux

Les dernières larmes dispersées
Deux arbres de feu me rendent la vie

Deux arbres nus
Nu le cri que je pousse
Terre

Terre vivante dans mon coeur
Toute distance conjurée
Le nouveau rythme de moi-même
perpétuel

Froid plein d’ardeur froid plein d’étoiles
Et l’automne éphémère et le froid consumé
Le printemps dévoué premier reflet du temps
L’été de grâce par le coeur héros sans ombres

Je suis sur terre et tout s’accommode du feu.

IV

Autour des mains la perfection
Mains pâles à déchirer le sang
Jusqu’à ce que le sang s’émousse
Et murmure un air idéal

Autour de tes mains la nature
Compose ses charmes égaux
À ta fenêtre
Aucun autre paysage
Que le matin toujours

Toujours le jour au torse de vainqueur

La jeunesse comblant la chair

En caressant un peu la terre
Terre et trésor sont mêlés
En écartant quelques brins d’herbe
Tes mains découvrent le soleil
Et lui font de nouveaux berceaux.

V

Aucun homme n’est invisible
Aucun homme n’est plus oublié en lui-même
Aucune ombre n’est transparente

Je vois des hommes là où il n’y a que moi
Mes soucis sont brisés par des rires légers
J’entends des mots très doux croiser ma voix sérieuse
Mes yeux soutiennent un réseau de regards purs

Nous passons la montagne et la mer difficiles
Les arbres fous s’opposent à ma main jurée
Les animaux errants m’offrent leur vie en miettes
Qu’importe mon image s’est multipliée
Qu’importe la nature et ses miroirs voilés
Qu’importe le ciel vide je ne suis pas seul.

(Paul Éluard)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Il n’y a pas d’épilogue (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2022



Il n’y a pas d’épilogue

Nos mains sont légères
Comme ailes sur un pré
Le grain est dans mon sang
Nos regards sont fertiles
Je traverse le miroir déchirant

Mais je n’ai rien trouvé
Que je ne cherche encore.

(Andrée Chedid)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LONG FEU (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
LONG FEU

Brières mes limons de tendresse
O mes cages
Pérous de la lumière
Iles saintes du feu
Les vols ensorcelés de mes canards sauvages
La chambre fortunée où j’en appelle à Dieu

Je revois tout
L’échoppe rose des aurores
Sur mes genoux il pleut encore

Combien de temps déjà
Combien de pas battant mes pas
Dans le miroir quelle rencontre
Mon coeur a fait battre la montre
Encore un soir où je m’en vais
Sur le grand livre des marais
Tracer les mots de mon enfance
D’un geste fondre les saisons
Au bercement des horizons
Et des hoquets de la souffrance.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou Poésie la vie entière oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ARBRES (Venus Ixchel Mejia)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Georgia O’Keefe
    
Poem in French, Italian, German, Greek, Portuguese, Romanian, Icelandic and in
Albanian, Arabic, Armenian Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Hebrew,
Hindi, Indonesian, Irish, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Polish, Russian, Serbian,
Sicilian, Tamil
Georgia O’Keefe, USA 1887-1986
Poem of the Week Ithaca 741 “Trees” VENUS IXCHEL MEJIA,
HONDURAS
– All Translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

ARBRES

Dans cette ville bruyante
on a enfermé les arbres
derrière des barreaux de béton.
Depuis ma fenêtre
je vois comment leurs branches
tentent d’atteindre la vibration d’un miroir
que drape le vent endormi.
C’est pourquoi
durant un moment encore
je garde en moi l’image de leurs feuilles
et dors sur le fil d’un poignard
jusqu’à épuisement de la nuit.

(Venus Ixchel Mejia)

, Honduras (1979)

Traduction: Elisabeth Gerlache

***

ALBERI

In questa città sconfitta
gli alberi sono stati imprigionati
con sbarre di cemento.
Dalla mia finestra
vedo i loro rami cercare di raggiungere
uno specchio tremante che racchiude
il dormire del vento.
È per questo,
che ancora conservo il ritratto delle loro foglie
in un’ora sospesa;
e dormo sul filo di un pugnale
finché dissolta non sia la notte.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Traduzione di Luca Benassi

***

BÄUME

In dieser lärmenden Stadt
wurden die Bäume eingesperrt
mit Stäben aus Beton.
Von meinem Fenster aus
sehe ich wie ihre Zweige versuchen
das Zittern eines Spiegels zu erreichen,
umschlossen vom schlummerden Wind.Das ist der Grund,
dass während einer stillen Stunde
ich noch das Bild ihrer Blätter bewahre
und auf der Klinge eines Dolches schlafe,
bis sich die Nacht erschöpft
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Übersetzung: Germain Droogenbroodt –Wolfgang Klinck

***

ΔΕΝΤΡΑ

Στην πόλη αυτή των χτυπημάτων
τα δέντρα φυλακίζονται
μες στα τσιμέντα
διακρίνω απ’ το παράθυρο μου
τα κλαδιά ν’ απλώνονται
προς τον καθρέφτη που τρέμει
αντικαθρεφτίζοντας τον άνεμο.
Γι’ αυτό διατηρώ
το πορτραίτο των φύλλων
σε μια κρεμάμενη ώρα
και κοιμούμαι στην άκρη του μαχαιριού
ώσπου να ξημερώσει.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek: Manolis Aligizakis

***
ÁRVORES
Nesta cidade que pulsa,
as árvores foram encarceradas
com barrotes do concreto.
Da minha janela,
vejo os seus ramos tentando alcançarum trémulo espelho que envolve
o vento adormecido.
Por isso,
conservo ainda o retrato das suas folhas
numa hora suspensa;
e durmo sobre a ponta de um punhal
até que a noite termine.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***
COPACI
În orașul care bate,
toți copacii au fost închiși
după gratii de beton.
De la geam văd ramuri
încercând să atingă
freamătul de oglindă
ce veghează vântul adormit.
Astfel, eu pun la păstrare
chipul frunzelor plutind
peste ora supendată
și pe muchia de cuțit
dorm până ce noaptea se destramă.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Translation into Romanian: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TRÉ

Hérna í barsmíðaborginni
hafa trén verið lokuð inni
í steinsteyptum fangelsum.Frá glugganum mínum
sé ég greinar þeirra teygja sig
í skjálfandi spegil sem lykur um
sofandi vindinn.
Þess vegna
geymi ég enn mynd af laufi þeirra
í biðtíma
og sef á rýtingsegg
uns nóttin leysist upp.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Translation into Icelandic: Thor Stefansson

***

PEMËT

Në këtë qytet të dhunshëm
pemët janë burgosur
me shufra betoni.
Nga dritarja ime
shoh degët e tyre tek përpiqen të arrijnë
një pasqyrë që dridhet, e cila erën
e përgjumur rrethon tani.
Ja përse
unë ende e ruaj portretin e gjetheve të tyre
në një orë pezull
dhe pranë një kame fle
derisa të tretet nata e thellë.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Albanian: Irma Kurti

***

ش َجار
َأ
ِفي َه ِذ ِه المَ ِدينة التي لا َت َنام
َت
ْش َجا ُر ِبقض َبا ٍن ِمن الإ ْس َمن
َلأ
ُت ْس َج ُن اِتي
َذ
َف
ِا
َن
َرى ِمن
َأ
ن َت ِص َل ِإلى ِمرآ ٍة غير
َأ
ُ ل
ِو
ْغ َصا ُنها َو ِهي ُت َحا
َأ
مة
ِئ
ِبالرياح ال َنا
ًيط
ِح
ُت
ٍة
َح
ِض
َوا
قة
َّل
َُلمع
و َرا ِقها ِفي َسا َع ِتي ا
َأ
ُصورة
ِب
ُظ
ِف
حت
َأ
ُت
ل
ِز
ذلك َما
ِل
ٍر
َج
ْن
ِخ
ِة
َف
ى َحا
َل
َع
ُم
َنا
َأ
َو
لى َأن َي ُذو َب اللي ُل
ِإ
قينوس اتشيل ميخيا ( ،)VENUS IXCHEL MEJIAالهندوراس ()1979
ترجمة للعربية: عبد القادركشيدة
Translation into Arab: Mesaoud Abdelkader

***

Ծառերը

Պարտությունների այս քաղաքում
ծառերը բանտարկված են
բետոնե ձողերով։
Իմ պատուհանից
ես տեսնում եմ ճյուղերը, որոնք ձգտում են
դեպի դողացող հայելին
որ պարփակում է քնած քամուն:
Ահա թե ինչու
ես դեռ պահպանում եմ նրանց տերևների դիմանկարը
սահմանափակ ժամում
ու քնում եմ դաշույնի եզրին
մինչև գիշերը կլուծվի մթության մեջ:
Վենուս Իքսչել Մեջլա, Հոնդուրաս (1979)
Թարգմանությունը Գերման Դրոգենբրոդտի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***
বৃক্ষ
এই শহরে বৃক্ষরেে
হৃেস্পন্দন হর়ে গেরেবন্ধি
কংন্ধিরেে অন্তো়ে
আমাে জানালা হরে
গে গেখরে পাই ওরেে শাখা-প্রশাখাো করে গেষ্টা
স্পরশেে েরে
একটি কম্পন েে আ়েনা ো করে
বি
ন্ধনদ্রােে বাোস ।
এই কােরে
আন্ধম গে এখরনা গেরখন্ধে
োরেে পাোে প্রন্ধেকৃ ন্ধে
একটি স্থন্ধেে প্রহরে
আে আন্ধম োই গে ঘুন্ধমর়ে একটি
েুন্ধেে প্রারন্ত
েেক্ষে না োন্ধি হ়ে ন্ধবলীন
ভেনাস ইক্সচেল ভেজিযা, হন্ডু রাস (১৯৭৯)
অনুবাে জারমেইন ড্রুরজনব্রুডে
Translation into Bangla: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***
DRVEĆA
U ovom gradu batina
Drveće je zatvoreno
Sa betonskim šipkama.
Sa mog prozora
Vidim kako im grane pokušavaju doći
Drhtavo ogledalo koje zatvara
Vetar koji spava.
Zato
Još uvijek čuvam portret njihovog lišća
U suspendovanom satu
I spavam na ivici bodeža
Dok se noć ne rastvori.VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979.)
Prijevod na bosanski: Maid Čorbić

***
ARBRES
En aquesta ciutat de batecs,
els arbres han estat empresonats
amb barrots de concret.
Des de la meva finestra
veig les seves branques intentant assolir
un tremolor de mirall que amaga
el vent adormit.
Per això,
conservo encara el retrat de les fulles
en una hora suspesa;
i dormo sobre el tall d’un punyal
fins que no s’esgota la nit.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondures (1979)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

树 木
在这挫败的城里
这些树木已用混凝土棒
囚禁起来。
从我的窗口
我看到它们的树枝试图伸到
一个附着沉睡的风的颤抖
的镜子前来。那就是为什么,
我在暂停的一小时内仍然保留着
它们的叶子的肖像的原因;
而我睡在匕首的边上
直到夜色消融。
原作:洪都拉斯 维纳斯·伊克舍尔·梅西亚( 1979)
英译:比 利 时 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2022-7-17
Translation into Chinese: Willam Zhou

***
درختان
در ضرب و شتم شهر
درختان زندانی شدهاند
با میلههای بتونی.
از پنجرهام
شاخههایشان را میبینم که
سعی میکنند به آینهایی لرزان برسند
که باد خفته را در برمیگیرد.
برای همین است
من پرترهیی از برگهایشان نگه میدارم
در یک ساعت معلق؛
و بر لبهی خنجر میخوابم
تا شب تمام شود.
ونوس ایکسچل میجا، هندوراس، ۱۹۷۹
ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi: Sepideh Zamani

***
ૃવ
ક્ષો
હારેલા શહેરમાાં
સિમેન્ટ ના િળિયા િાથેૃવ
ક્ષોકેદીબનીગયાછે.
મારીબારીમાાંથી
હાંજોઈરહ્યોછાંકેતેનીડાિીઓપહોંચવાનોપ્રયત્નકરીરહીછે
ધ્રજતોઅરીિોકેજેસતેલપવનિાથે
બીડાયેલછે.
એટલામાટેજ
હાંહજતેનાપાાંદડાનીપ્રસતકૃસતસનલાંળબતકલાકોમાાં
િાચવીરહ્યોછાં
અનેહાંકટારીનીધારપરસતોછાં
જયાાંસધીરાતસવલીનનાથઇજાય.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation in Gujarati: Dr Nirali Soni

***
עצים / ונוס איקשל צקג’ייה, הונדורס נ’ 1979
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
בְּ עִ יר זו שֶׁ ל תְּ בוּסָ ה
הָ עֵ צִ ים נִכְּ לְּ אוּ
בְּ סו רְּ גֵי בַּ רְּ זֶׁל.
מֵ חַּ לּו נִי
אֲנִי רו אָה אֶׁ ת עֲנְּפֵ יהֶׁ ם מְּ נַּסִ ים לֶׁאֱח ז
מַּ רְּ אָה רו עֶׁ דֶׁ ת אֲשֶׁ ר סו גֶׁרֶׁ ת
אֶׁ ת הָ רוּחַּ הַּ נָמָ ה.
זו הַּ סִ בָ ה,
שֶׁ אֲנִי עֲדַּ יִן נו צֶׁ רֶׁ ת אֶׁ ת דְּ יו קָ ן עֲלֵיהֶׁ ם
בְּ שָ עָ ה מֻשְּ הֵ ית;
וַּאֲנִי יְּשֵ נָה עַּ ל קָ צֶׁ ה שֶׁ ל פִ גְּ יו ן
עַּ ד הִ תְּ פו גֵג הַּ לַּּיְּלָה.תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הציור של גיאורגיה או’קפה (ארה »ב 1887-1986
Translation into Hebrew: Dorit Weisman

***
पेड़
पिटाई के इस शहर में
िेड ़ों क कै द कर पिया गया है
क़ों क्रीट की सिाख ़ों के िीछे ।
मेरी खखडकी से
मैं देखता ह़ों पक उनकी शाखाए़ों िह़ोंचने की क पशश कर रही हैं
एक का़ोंिता हआ दिपण
ज बा़ोंधता है
व्यािक हवा।
इसीपिए
मैं अब भी उनके ित् ़ों का पचत्र रखता हूँ
एक पनि़ोंपबत घ़ोंटे में
और मैं ख़ोंजर के पकनारे स ता हूँ
रात समाप्त ह ने तक।
वीनस इक्सेल मेजिया, ह ़ोंडुरास (1979)
ज्य पतमपय ठाकु र द्वारा पह़ोंदी अनुवाद l
Translation into Hindi: Jyotirmaya Thakur.

***
PEPOHONAN
Di kota yang tak henti berdenyut
pepohonan terpenjara
oleh balok beton.
Dari jendelaku
kulihat cabang pepohonan mencapai
cermin yang bergeletar menutupi
angin yang tidur.Itulah mengapa
potret daun masih kusimpan
pada jam yang ditangguhkan
dan aku tidur di ujung belati
sampai malam larut.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Indonesian: Lily Siti Multatuliana

***
CRAINN
I gcathair seo na léastaí
tá na crainn mar a bheadh príosúnaí
taobh thiar de bharraí iarainn.
Mar radharc ó m’fhuinneog
tá gríobhán a ngéaga
mar scatháin bhriste
faoi anáil fhuar na hoíche.
Coimeádaim im shúil
an fhís reoite seo:
Mo bhigil gan scíth
mar fhaobhar ar scian.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translation into Irish (Gaelic): Ruaidhri Breathnach

***
木々
この暴力の街で
木々はコンクリート格子の牢獄に入れられている
わたしの窓からは
眠りの風を包み込む
震える鏡にたどり着こうと
木々が枝々を伸ばそうとしているのが見える
だからわたしは今でもその木々の葉の絵を
とまった時間の中で持ち
そして夜が明けるまで
短剣の葉の上で眠るのだ
ビーナス・イクスシェル・メイヤ(ホンジュラス)
Translation into Japanese: Manabu Kitawaki

***

MITI

Katika mji huu wa kupigwa
miti imefungwa jela
na mawe ya simiti.
Kutoka kwa dirisha langu
Naona matawi yanajaribu kufikia
kioo kinachotetemeka ambacho hufunga upepo wa usingizi.
Ndio maana bado naweka picha ya majani yao
katika saa lililosimamishwa
na ninalala kwenye ukingo wa jambia mpaka usiku unayeyuka.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Watafsiri na Bob Mwangi Kihara.
Translation into Kiswahili: Bob Mwangi Kihara

***

DAR

Li vî bajarê şingênî
dar bi dîrakên
bêtonê tên girtin.
Di pencera xwe re
ez dibînim çawa pîkên wan hewldidin
hejandina neynikê berpabikin
ên bi bayê xulmaş dorpêçkirî.
Ev e sedema,katijmêreke hêminîyê,
ku ez hîn wêneya pelan diparêzim
û li ser tîxa xencerekê radizêm,
ta şev wê vedike.
VENUS IXCHEL MEJA, 1979, Honduras
Translation into Kurdish: Hussein Habasch
***
DRZEWA
W tym hałaśliwym mieście
drzewa uwięziono
kratami z betonu.
Z mojego okna
widzę jak ich gałęzie próbują dosięgnąć
drżącego zwierciadła, które zawiera w sobie
uśpiony wiatr.
Oto dlaczego
ciągle zachowuję obraz ich liści
w zatrzymanej godzinie;
i sypiam na ostrzu sztyletu
dopóki nie rozpłynie się noc.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***
ДЕРЕВЬЯ
В этом городе шумном
деревья заточены
в бетонные тюрьмы.
Из моих окон
видно, как ветки
хотят дотянуться до ряби зеркал,
в них заключен уснувший ветер.Поэтому
я в тишине
еще храню портреты их листьев
и сплю на острие кинжала,
пока не выдохнется ночь.
ВЕНУС ИЧЕР МЕХИЙЯ, Гондурас (1979)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***
ALVURES
In custa tzitade ‘inta
sos àlvurs sunt istètios impresonados
cum tressas de cimentu.
Dae sa ventana mia
bio sas naes issoro chilcare de lomper
a un’isprigu in tremuleu ch’inserrat
su dromire de su ‘entu.
Est pro custu,
chi galu istùgiu su retratu de sas fozas issoro
in d-un’ora suspèndida;
e dromu in su filu de unu punzale
fintas a candu isvanessida no sea sa note.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***
DRVEĆE
U gradu punom nasilja
drveće je uhapšeno
i zatvoreno u kaveze
napravljene od betonskih šipki.
Sa mog prozora
vidim mu grane kako pokušavajuda dopru do drhtavog ogledala
oko spavajućeg vetra.
Zbog toga
čuvam portret njihovog lišća
u prostranstvu vremena
a ja spavam na oštrici kame
dok se noć ne rastopi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
S engleskog prevela S. Piksiades

***
ARBURI
Nta sta città di vastuniati
Li arburi sunnu mpriggiunati
Cu blocchi di cimentu.
Dâ me finestra
Viju i so rami ca cercanu di spincirisi
Versu lu trimanti specchiu ca rinchiudi
lu ventu addurmisciutu.
Pi chissu
Tegnu lu ritrattu dî so fogghi
Nta na ura suspisa,
E dormu supra lu tagghiu d’un pugnali
Finu a quannu la notti si dissolvi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***
மரங் கள்
தாளங்களின் இந்த நகரில்
கான்க்ரீட் பாளங்களால்
மரங்கள் சிறைப்படுத்தப் பட்டுள்ளன
எனது ஜன் னலிலிருந்துதூங்கும் காை்றினால் அறைக்கப் பட்ட
மரக்கிறளகள்
நடுங்கும் கை் ைாடிறைப்பபால!
அதனால்தான்
நான் அறைகளின் இறலகளின்
படத்றத இன்னும் றைத்திருக்கிபைன்
ததாங்கும் பநரத்தில்
நான் ஈட்டி முறனயில் தூங்குகிபைன்
இரவு மறையும் ைறர!
VENUS IXCHEL MEJÍA, Honduras (1979)
ஆக்கம் தமாழிமாை்ைம்
Translation into Tamil: DR. N V Subbaraman
Recueil: ITHACA 742
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La belle vieille (François Maynard)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2022



Illustration: Christelle Fontenoy 
    

La belle vieille

Cloris, que dans mon temps j’ai si longtemps servie
Et que ma passion montre à tout l’univers,
Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie
Et donner de beaux jours à mes derniers hivers ?

N’oppose plus ton deuil au bonheur où j’aspire.
Ton visage est-il fait pour demeurer voilé ?
Sors de ta nuit funèbre, et permets que j’admire
Les divines clartés des yeux qui m’ont brûlé.

Où s’enfuit ta prudence acquise et naturelle ?
Qu’est-ce que ton esprit a fait de sa vigueur ?
La folle vanité de paraître fidèle
Aux cendres d’un jaloux, m’expose à ta rigueur.

Eusses-tu fait le voeu d’un éternel veuvage
Pour l’honneur du mari que ton lit a perdu
Et trouvé des Césars dans ton haut parentage,
Ton amour est un bien qui m’est justement dû.

Qu’on a vu revenir de malheurs et de joies,
Qu’on a vu trébucher de peuples et de rois,
Qu’on a pleuré d’Hectors, qu’on a brûlé de Troies
Depuis que mon courage a fléchi sous tes lois !

Ce n’est pas d’aujourd’hui que je suis ta conquête,
Huit lustres ont suivi le jour que tu me pris,
Et j’ai fidèlement aimé ta belle tête
Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.

C’est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née ;
C’est de leurs premiers traits que je fus abattu ;
Mais tant que tu brûlas du flambeau d’hyménée,
Mon amour se cacha pour plaire à ta vertu.

Je sais de quel respect il faut que je t’honore
Et mes ressentiments ne l’ont pas violé.
Si quelquefois j’ai dit le soin qui me dévore,
C’est à des confidents qui n’ont jamais parlé.

Pour adoucir l’aigreur des peines que j’endure
Je me plains aux rochers et demande conseil
A ces vieilles forêts dont l’épaisse verdure
Fait de si belles nuits en dépit du soleil.

L’âme pleine d’amour et de mélancolie
Et couché sur des fleurs et sous des orangers,
J’ai montré ma blessure aux deux mers d’Italie
Et fait dire ton nom aux échos étrangers.

Ce fleuve impérieux à qui tout fit hommage
Et dont Neptune même endure le mépris,
A su qu’en mon esprit j’adorais ton image
Au lieu de chercher Rome en ses vastes débris.

Cloris, la passion que mon coeur t’a jurée
Ne trouve point d’exemple aux siècles les plus vieux.
Amour et la nature admirent la durée
Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux.

La beauté qui te suit depuis ton premier âge
Au déclin de tes jours ne veut pas te laisser,
Et le temps, orgueilleux d’avoir fait ton visage,
En conserve l’éclat et craint de l’effacer.

Regarde sans frayeur la fin de toutes choses,
Consulte le miroir avec des yeux contents.
On ne voit point tomber ni tes lys, ni tes roses,
Et l’hiver de ta vie est ton second printemps.

Pour moi, je cède aux ans ; et ma tête chenue
M’apprend qu’il faut quitter les hommes et le jour.
Mon sang se refroidit ; ma force diminue
Et je serais sans feu si j’étais sans amour.

C’est dans peu de matins que je croîtrai le nombre
De ceux à qui la Parque a ravi la clarté !
Oh ! qu’on oira souvent les plaintes de mon ombre
Accuser tes mépris de m’avoir maltraité !

Que feras-tu, Cloris, pour honorer ma cendre ?
Pourras-tu sans regret ouïr parler de moi ?
Et le mort que tu plains te pourra-t-il défendre
De blâmer ta rigueur et de louer ma foi ?

Si je voyais la fin de l’âge qui te reste,
Ma raison tomberait sous l’excès de mon deuil ;
Je pleurerais sans cesse un malheur si funeste
Et ferais jour et nuit l’amour à ton cercueil !

(François Maynard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Poétique (Artur Lundkvist)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Jerzy Gluszek
    
Poétique

Pourquoi ne traînerait-elle pas
tout près du champ
Comme une oiselle
qui veut faire dériver le danger
pour si soudain s’envoler ?

Et pourquoi ne serait-elle pas
un bouquet de marguerites
jeté dans une brouette goudronnée ?

Ou de la neige qui fond
dans la main rose d’une enfant ?

Une hirondelle
qui laisse une éraillure sur le pignon

Une fleur
qui fait pousser un bloc de pierre

Deux lézardes qui se croisent
l’une l’autre dans la vitre ?

Poésie :
une candide démoniaque

Un agneau en flammes
au milieu d’une prairie

Un lévrier qui s’entortillait
dans un drap

Un miroir
devant lequel un héron est mort
Comme un parapluie accidenté par la tempête

Du sable éblouissant
comme un ventre de femme au milieu de l’océan

Une fleur-étoile blanche
dans la gueule d’un bouledogue

Une épine
qui fait une tête de lion putréfiée

Un plongeur
qui dans les profondeurs de la mer
ouvre un coffre avec une épingle

Une punaise
qui fixe un avion dans l’atmosphère

Un bateau de contrebande
qui saigne dans les flots
comme un animal blessé

Poésie :
Une corde à linge tendue
entre un phare et un cerisier

(Artur Lundkvist)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allumette (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



Allumette, le feu qui dort,
le miroir est l’eau qui dort,
qui rêve ton image, si tu te regardes.

(Paul Nougé)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :