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Poésie

Posts Tagged ‘miroir’

SOULEIKA (parle) (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration

    

SOULEIKA
(parle)

Le miroir me dit : je suis belle !
Vous dites que vieillir est aussi mon sort.
Devant Dieu tout doit subsister éternellement,
Aimez-le en moi pour cet instant.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard
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J’imagine les yeux (Nadine Cabarrot)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



calligraphie arabe

J’imagine les yeux
qui écrivent de droite à gauche.
Miroir de l’Orient.

(Nadine Cabarrot)

 

 

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UNE FEMME DEVANT SON MIROIR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
UNE FEMME DEVANT SON MIROIR
Tchan-Jo-Su

Assise devant son miroir,
elle regarde le clair de lune.

Le store baissé entrecoupe la lumière ;
dans la chambre on croirait voir du jade, brisé en mille morceaux.

Au lieu de peigner ses cheveux, elle relève le store en fils de bambou,
et le clair de lune apparaît plus brillant.

Comme une femme, vêtue de soie,
qui laisse tomber sa robe.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Tout est si simple (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



 

Oiseau, oiseau, je ne demande pas pour qui tu chantes,
A toi, caillou, pourquoi tu tombes,
Tu ne tisses pas la toile, épeire, devant la porte d’outre-tombe
Tout est si simple.

O belle, je ne sais pas pourquoi j’aime ta trace
Dans le sable durci dans l’habitude des vagues,
Miroir, je ne demande rien au reflet de ma face,
Tout est si simple.

Un jour viendra qui déjà essaie sa robe noire,
La retouche et l’arrange et la prépare,
Qu’importe, un merle sifflera en riant dans le noir,
Tout est si simple.

Le monde est plein d’agneaux, de loups, de papillons,
De tigres, de requins, de pinsons, de serpents,
Et là-dessus laissez passer les quatre saisons,
Tout est très simple.

(Georges Ribemont-Dessaignes)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Il ne faut pas aller plus loin (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Il ne faut pas aller plus loin
Les bijoux sont pris dans la lyre
Les papillons noirs du délire
Remuent sans y penser la cendre du couchant

A peine revenu des voyages amers
Autour des cœurs jetés au fond des devantures
Sur l’avant-scène des prairies et des pâtures
Comme des coquillages nus devant la mer

A peine remué par l’amour de la vie
Des regards qui se nouent aux miens
Des visages sans nom des souvenirs anciens
Diamants de l’amour qui flottent sur la lie

Pour aller chercher au fond dans la vase
Le secret émouvant du sang de mon malheur
Il faut plonger la main aux racines du cœur
Et mes doigts maladroits brisent les bords du vase

Le sang qui jette sur tes yeux ce lourd rideau
L’émotion inconnue qui fait trembler ta lèvre
Et ce froid trop cruel qui emporte ta fièvre
Froisse dans tous les coins le linon de ta peau

Je t’aime sans jamais t’avoir vue que dans l’ombre
Dans la nuit de mon rêve où seul je peux y voir
Je t’aime et tu n’es pas encore sortie du nombre
Forme mystérieuse qui bouge dans le soir

Car ce que j’aime au fond c’est ce qui passe
Une fois seulement sur ce miroir sans tain
Qui déchire mon cœur et meurt à la surface
Du ciel fermé devant mon désir qui s’éteint

(Pierre Reverdy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Ferraille
Traduction:
Editions: Gallimard

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La Mer (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




La Mer

La mer pousse une vaste plainte,
Se tord et se roule avec bruit,
Ainsi qu’une géante enceinte
Qui des grandes douleurs atteinte,
Ne pourrait pas donner son fruit ;

Et sa pleine rondeur se lève
Et s’abaisse avec désespoir.
Mais elle a des heures de trêve :
Alors sous l’azur elle rêve,
Calme et lisse comme un miroir.

Ses pieds caressent les empires,
Ses mains soutiennent les vaisseaux,
Elle rit aux moindres zéphires,
Et les cordages sont des lyres,
Et les hunes sont des berceaux.

Elle dit au marin : « Pardonne
Si mon tourment te fait mourir ;
Hélas ! Je sens que je suis bonne,
Mais je souffre et ne vois personne
D’assez fort pour me secourir ! »

Puis elle s’enfle encor, se creuse
Et gémit dans sa profondeur ;
Telle, en sa force douloureuse,
Une grande âme malheureuse
Qu’isole sa propre grandeur !

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Brigitte Perrault

 

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JE TUE LE TEMPS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




    
JE TUE LE TEMPS

Je tue le temps en taillant dans la houille.
Engorgé je me débarrasse ou j’essaie.

Je tue le temps au vin rouge, à la délicatesse,
à la franche gaieté, à la morale,
à l’excès de zèle, à qui perd gagne, à la boussole,
avec un miroir d’emprunt,
avec un regard farouche,
avec un sourire componctueux,
avec une envie de pleurer.

Je tue le temps à creuse rêverie,
avec un marteau-piqueur, avec un petit flageolet,
avec une superbe convoitise,
avec une raillerie épaisse,
en toute bonne foi, avec un mil en coin,
avec les discours habituels, avec des mots écrits,
avec du vent.
Je n’approche pas du recours imaginé.

Je tue le temps. Je taille en suffoquant, j’essaie.

Je tue le temps. Si un faucon au poing j’allais,
je saurais faire.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN PAR DEUX (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Illustration: Robert Auer
    
UN PAR DEUX

J’ai maintenant deux corps,
le mien et le tien,
miroir où se fait beau
celui que je n’aimais pas.
Qui ne me portait pas chance.
Des succès qui ne m’accordaient rien.
L’amour que nous nous rendons
nous a délivrés des rencontres,
aussi des vertus inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Esprit des airs (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



 

Illustration: Bing Wright
    
Esprit des airs

Le blanc du silence absolu
souillé soudain
par la goutte de pluie.

Alors l’orage est arrivé
dans un bruissement de rideau,
s’étalant dans les chuchotements

du bois séculaire,
éteignant la lampe
et atteignant
le murmure en spirale
de l’escalier.

Le crac dans le miroir
nul ne l’a entendu
avant le matin.

***

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Des limicoles (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018




    
des limicoles
donnent leur minceur
au sable et à l’eau.

l’aigrette
avance
là où l’eau intervient légèrement
dans sa marche.

la terre, l’eau font cercles.
naissance de machines minuscules :
les pattes, les vagues.

les pattes de l’aigrette
repoussant le fond —
approfondissant le miroir
où pénètre le ciel.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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