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TRISTESSE DANS LE PALAIS PRINTANIER (Du Xunhe)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



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TRISTESSE DANS LE PALAIS PRINTANIER

Jadis je croyais ma beauté éternelle
A présent je suis triste en me regardant dans le miroir
Mes charmes n’émeuvent plus l’empereur
Que faire pour éveiller son désir

Le vent doux m’apporte des fragments de chants d’oiseaux
Le soleil haut rend épaisse l’ombre des fleurs
Les belles filles passent des années au bord du ruisseau Yue
Se rappelant encore la cueillette des hibiscus

(Du Xunhe)

 

 

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Bleuet et Coquelicot (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Bleuet et Coquelicot

—Encore une journée de bonheur qui vient de s’écouler
ma chère Bleuette.
—Et qui recommencera demain, ma chère Coquelicot.
—Regrettes-tu ton ancienne forme?
—Non.
—Ni moi, non plus.
—Nous avons bien fait de choisir ce modeste village
pour y vivre tranquillement.
Le bonheur n’est qu’aux champs.
—Avec Lucas qui est si bon.
—Et avec Blaise, qui joue si bien de la musette.
—Rien n’est doux au monde comme d’être femme.
—Pour être heureuse, il faut avoir un coeur.
Puis les deux jeunes filles se mettaient devant leur miroir.
—Ne suis-je pas plus jolie que lorsque j’étais simple bleuet?
demandait l’une.
—Qui ne me préférerait à tous les coquelicots de la terre?
répondait l’autre.

Voilà ce que la bergère Brune et la bergère Blonde
se disaient chaque soir, après quoi elles s’embrassaient,
et s’endormaient jusqu’aux premiers roucoulements de leurs tourterelles.

(J.J. Grandville)

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Les lames du vent glacé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration: Paul Delvaux
    
Les lames du vent glacé
Lacèrent mon visage

Le code au bout des doigts
Un portail
Puis un autre

Une envolée dans l’escalier
Je fais la nique
A l’ascenseur

Derrière la porte
Et son cadre de fer
Le ventre chaud
De mon enclos

Qu’est-ce que ça change

Invisible dehors

Ici
Dans les miroirs
Compagne unique
De moi-même

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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À quoi bon aller au miroir (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
À quoi bon
Aller au miroir

Lorgner
La déconstruction molle de mon image

M’acharner
À déchiffrer les fragments
D’une enfant

Obstinément présente

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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J’ai mis les miroirs en pénitence (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

J’ai mis les miroirs
En pénitence

Fini de rire

Le temps court plus vite que moi

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

    

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Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

 

Kathy Sosa (17) [1280x768]

Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore.
Le vent d’Est a faibli, les cent fleurs sont fanées.
Le ver à soie du printemps jusqu’à la mort déroule son fil,
La chandelle ne sèche ses pleurs qu’une fois réduite en cendres.

Seul chagrin de mon miroir au matin: le nuage grisonnant de tes tempes.
Lorsque je chante dans la nuit, tu dois sentir le froid du clair de lune.
D’ici jusqu’à l’île des immortels la route n’est pas longue.
Ô oiseau bleu, prends bien soin de lui rendre visite en mon nom.

(Li Shangyin)

Illustration: Kathy Sosa

 

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Toute une vie pour naître (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Euan MacLeod  [1280x768]

Toute une vie pour naître

Il m’a fallu bien des années,
Bien des étés, bien des printemps,
Pour être enfin tout à fait né,
Pour naître enfant au bout du temps.

Ma vie jusqu’ici n’a été
Qu’une marche dans le courant
D’un ruisseau roulant sous mes pieds
Un dur tapis de cailloux blancs.

Penché sur l’onde, je guettais
L’aile, le ciel aux frissons lents;
Au fond de moi je n’écoutais
Que l’air de l’eau qui crée le chant.

Il m’a fallu bien des années,
Des jours sur le miroir filant,
Pour voir au piège du reflet
Me regarder mes yeux d’enfant.

(Marc Alyn)

Illustration: Euan MacLeod

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Une nuit, errant par la ville (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019


 


 

yeux vertsl

Une nuit, errant par la ville, il trouva deux yeux verts dans une flaque d’eau.
Il les emporta dans sa maison et jusqu’à l’aube les contempla.
A l’aube les yeux verts avaient disparu.
Les cherchant, il passa devant son miroir.
Son visage le regardait avec des yeux verts.

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

 

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A la Divinité inconnue (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



A la Divinité inconnue

J’ASPIRE auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme,
Mais dont parfois j’entends la grande âme pleurer.

Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l’accent des bonheurs qui nous viennent trop tard.

Le décor de ton deuil est la chambre sereine
Où meurt languissamment le bruit lointain des eaux.
Les souffles de la mer n’ont soulevé qu’à peine
Le soir perpétuel sous l’ombre des rideaux.

Vers toi le songe pur de mon âme s’élève,
Mon angoisse ne cherche point à s’apaiser,
Car tu m’es inconnue et n’existes qu’en rêve.
C’est pourquoi je t’adore au-dessus du baiser.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Chasse gardée de l’imagination, en toute chose est le Bien et le Mal (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

Chasse gardée de l’imagination, en toute chose est le Bien et le Mal,
Les alchimistes sont poètes et le soufre à deux têtes le sait.
Cent fois le terril fut battu par l’éclair, mais les molettes sont debout
et tournent pacifiquement pour extraire l’ombre.
Ivoire lisse, ô mon désir, masque la peine d’un pauvre homme.
Serpent bleu : Poésie, love ton plain-chant sur la mer !
Frontière entre gens et bêtes, force magique des mamelles,
menhirs-miroirs du Seul, transmettez-nous les secrets du Monde.

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

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