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Cendrillon (Téléphone)(Louis Bertignac)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
Cendrillon

Cendrillon pour ses vingt ans
Est la plus jolie des enfants
Son bel amant, le prince charmant
La prend sur son cheval blanc
Elle oublie le temps
Dans ce palais d’argent
Pour ne pas voir qu’un nouveau jour se lève
Elle ferme les yeux et dans ses rêves
Elle part, jolie petite histoire (x2)

Cendrillon pour ses trente ans
Est la plus triste des mamans
Le prince charmant a foutu l’camp
Avec la belle au bois dormant
Elle a vu cent chevaux blanc
Loin d’elle emmener ses enfants

Elle commence à boire
A traîner dans les bars
Emmitouflée dans son cafard
Maintenant elle fait le trottoir

Elle part, jolie petite histoire (x2)

Dix ans de cette vie ont suffit
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon veut voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l’ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n’a plus d’importance
Elle part
Fin de l’histoire

Notre père qui êtes si vieux
As-tu vraiment fais de ton mieux
Car sur la terre et dans les cieux
Tes anges n’aiment pas devenir vieux

(Téléphone)(Louis Bertignac)

 

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UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE (William Zhou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020




    
UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE

Au bord du lac
je jouissais de l’heure matinale

Soudain
une petite libellule s’approcha de moi,
se plaça sur mon épaule
pour s’y reposer,

et je devins pour elle
un arbre de printemps.

***

飞来一只蜻蜓

周道模
静立在湖边
我享受着清晨
突然
一只小蜻蜓飞来
栖息在我肩膀上
把我变成
一棵春天的树

***

A DRAGONFLY ARRIVED

Standing at the shore of a lake,
I enjoyed the early morning.

Suddenly
a small dragonfly arrived
and took a rest on my shoulder

turning me
into a spring tree.

***

EEN WATERJUFFER IS AANGEKOMEN

Aan de oever van het meer
genoot ik van de vroege ochtend
Plotseling
kwam een kleine waterjuffer naar mij toe,
zette zich op mijn schouder neer
om er op uit te rusten,
en ik werd voor haar
een lenteboom.

***

***

EINE LIBELLE IST GEKOMMEN

Am Ufer des Sees
genoss ich den frühen Morgen.
Plötzlich
kam eine kleine Libelle zu mir,
setzte sich auf meine Schulter
um dort auszuruhen
und verwandelte mich
in einen Frühlingsbaum.

***

ΛΙΒΕΛΟΥΛΑ

Στέκομαι στην όχθη της λίμνης
κι απολαμβάνω το εξαίσιο πρωινό
ξάφνου
μια μικρή λιβελούλα πετά
και κάθεται στον ώμο μου
μεταμορφώνοντας με
σ’ ανοιξιάτικο δέντρο

***

***

***

ARRIVÒ UNA LIBELLULA

Sulle rive di un lago,
godevo del primo mattino.

All’improvviso,
arrivò una piccolo libellula
a riposarsi sulla mia spalla

per trasformarmi
in un albero a primavera.

***

UNA LIBÉLULA LLEGÓ

De pie, a la orilla de un lago,
disfruté de la madrugada.

De repente,
una pequeña libélula llegó
y se posó en mi hombro

convirtiéndome
en un árbol de primavera.

***

PRZYFRUNĘŁA WAŻKA

Stojąc na brzegu jeziora,
cieszyłem się wczesnym porankiem.

Nagle,
przyfrunęła mała ważka
i spoczęła na moim ramieniu

zamieniając mnie
w wiosenne drzewo.

***

UMA LIBÉLULA CHEGOU

De pé, na margem de um lago
disfrutei da madrugada.

De repente,
uma pequena libélula chegou
e pousando no meu ombro

convertendo-me
na árvore da primavera.

***

A venit o libelulă
Stam la margine de lac
savurând zorii.
Deodată
o mică libelulă
mi-a poposit pe umăr
făcând din mine
un pom de primăvară.

***

(William Zhou)

 

Recueil: ITHACA 630
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache William Zhou / Chinois / Anglais Germain Droogenbroodt – William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Arabe Sarah Silt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Indi Jyotirmaya Thakur / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Japonais Naoshi Koriyama / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Habillage (Philippe Claudel)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020



Illustration: Pascal Renoux
    
Habillage

Mon amour
Mon Dieu que c’est long
Que c’est long
Ce temps sans toi
J’en suis à ne plus compter les jours
J’en suis à ne plus compter les heures
Je laisse aller le temps entre mes doigts
J’ai le mal de toi comme on a le mal d’un pays
Je ferme les yeux
J’essaie de retrouver
Tout ce que j’aime de toi
Tout ce que je connais de toi
Ce sont tes mains
Tes mains qui disent comme ta bouche les mots
En les dessinant dans l’air et sur ma peau parfois
Tes mains serrées dans le sommeil avec la nuit
Dans le creux de ta paume
Tes mains qui battent les rêves comme des cartes à jouer
Tes mains que je prends dans les miennes
Pendant l’amour
Ce matin tandis que le soleil venait à la fenêtre j’ai fermé les yeux
Et ta bouche s’est posée sur ma bouche
La tienne à peine ouverte
Et tes lèvres doucement se sont écrasées sur les miennes
Et ta langue s’est enroulée à ma langue
J’ai songé à l’Italie alors
Au citronnier de Ravello accroché dans l’à-pic au-dessus de la mer
Très bleue
Au vent dans tes cheveux
Tu portais ta robe rose
Elle devenait une fleur
Elle jouait avec tes cuisses et tes bras nus
Le vent la tordait comme un grand pétale souple
Le vent chaud comme ton ventre après l’amour
Tandis que mon sexe dans ton sexe frémit encore et s’émerveille
Que le plaisir a rendu mauves nos paupières
Que nous sommes couchés non pas l’un contre l’autre
Mais l’un à l’autre
Oui l’un à l’autre mon amour
Mon présent s’orne de mille passés dont il change la matière
Et qui deviennent par ta grâce des présents magnifiques
Ces heures ces instants ces secondes au creux de toi
Je me souviens du vin lourd que nous avions bu
Sur la terrasse tandis que la nuit couvrait tes épaules
D’un châle d’argent
Je me souviens de ton pied gauche jouant avec les tresses de ta sandale
La balançant avec une grâce qui n’appartient qu’à toi
Je me souviens de ce film de Nanni Moretti Caro Diaro
Vu dans un vieux cinéma
Des rues de Rome
De la lumière orangée de la ville
Et de la Vespa que nous avions louée quelques jours plus tard
Et nous avions roulé comme Nanni dans le film
Sans but et sans ennui
Dans l’émerveillement du silence de la ville
Désertée pour la ferragosto
Tu me tenais par la taille et tu murmurais à mon oreille
« Sono uno splendido quarantenne »
Et tu riais
Et je riais avec toi sous le nuage des pins parasols
Dans les parfums de résine
Et le soir devant le grand miroir rouillé de la très petite chambre de l’hôtel
Tu jouais un autre film
« Tu les trouves jolies mes fesses ?
Oui. Très.
Et mes seins tu les aimes.
Oui. Enormément. »
Et je disais oui à tout
Oui à toi
Oui à nous
Je sors une heure chaque jour
Cela est permis
Je marche je tourne je tourne en rond
Et rien ne tourne rond
Pour moi sans toi
Pour moi loin de toi et qui n’ai plus que ma mémoire
Pour te faire naître dans mon cerveau
Et l’apaiser l’embraser t’embrasser te serrer te chérir en lui
Hier le surveillant tandis que je rentrais dans ma cellule après la promenade
M’a dit que le confinement allait prendre fin au-dehors

Dombasle-sur-Meurthe, le 20 mai 2020

(Philippe Claudel)

 

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Vous partez (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2020



Illustration: Miquel Barceló
    
Vous partez
Pour votre dernière course
Quatre par quatre,
Sans bride, sans fardeau,
Comme en rêvant, ne croyant pas
Que l’on puisse marcher ainsi.

Le vent caresse vos crinières,
Les arbres d’automne
Vous tendent leurs fruits,
Et vous, vous allez,
Vous devenez
Semelles, courroies, saucisson.

Un enfant vous sourit d’une fenêtre,
Les nuages devant vous s’inclinent.

(Mihai Beniuc)

 

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Si l’olive se souvient de son planteur (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
Si l’olive se souvient de son planteur
Son huile se transformera en larmes
Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps
pour vous deviendra un habit de protection.
On va éplucher les épines par nos cils
et on va couper la tristesse
et l’enlever de notre terre.
L’olivier conservera sa couleur verte à jamais
et rentrera dans la terre comme une arme

(Mahmoud Darwich)

 

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Champs (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020



Tout ce qui fut semé,
Planté, disséminé,

Qui n’a pas craint
De devenir.

(Guillevic)

Illustration

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Apparemment, tu ne fais pas de gestes (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Apparemment,
Tu ne fais pas de gestes.

Tu es assis là sans bouger,
Tu regardes n’importe quoi,

Mais en toi
Il y a des mouvements qui tendent

Dans une espèce de sphère
A saisir, à pénétrer,

À donner corps
À je ne sais quels flottements

Qui peu à peu deviennent des mots,
Des bouts de phrase,

Un rythme s’y met
Et tu acquiers un bien.

(Eugène Guillevic)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Et si les mots n’étaient plus que des taches (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



Et si les mots n’étaient plus que des taches et si les lignes
devenaient des sentiers les pages des paysages les chapitres
des géants de pierre de 1’î1e du Silence et les livres de grands
oiseaux sauvages annonçant la venue du printemps

(Hamid Tibouchi)


Illustration

 

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Imagination d’enfant (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020




    
Imagination d’enfant

Ô toi image d’or,
miniature du bonheur,
au parler tendre et doux !
chaque mot mérite un baiser.

Étrange, distante, splendide
la pure fantaisie de l’enfance
tressaille à des pensées insondables pour nous,
vives et obscures félicités.

Quand les yeux deviennent graves
et que le rire s’éteint,
la Nature se souvient des jeux de titan
de son enfance toute-puissante :

forêts où filtre le soleil,
et habitent les elfes,
assemblées de géants, rencontres de titans,
fantaisies d’un jeune dieu.

Ces images te reviennent
dans le mystère de tes pensées ;
en ton coeur Dieu se souvient
de toutes les merveilles qu’Il a faites.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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