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Posts Tagged ‘devenir’

Voici que tu es devenu (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -36165

Voici que tu es devenu comme la nature et ton langage
autour de nous aussi privé d’attention pour nous que les collines.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Ouvrir le coffre des ultimes regards (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration: Patrick Marquès
    
Ouvrir le coffre des ultimes regards,
ceux dont la quiétude est le support de la vision.
Et voir à nouveau sans faire de différences
entre un et aucun,
entre quelqu’un et personne.

Jusqu’à ne devenir ainsi que la vision
qui voit sans séparer
la nuit de l’être
et l’aube du non-être.

Et ne pas refermer le coffre.

Les ultimes regards
peuvent se passer de tout abri.

***

Abrir el cofre de las miradas últimas,
aquéllas cuya quietud es el respaldo de la visión.
Y volver a ver sin hacer diferencias
entre uno y ninguno,
entre alguien y nadie.

Hasta convertirse asi sólo en la visión
que ve sin separar
la poche del ser

y la aurora del no ser.
Y no cerrar otra vez el cofre.

Las últimas miradas
pueden prescindir de todo resguardo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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IMMORTALITÉ (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Koloman Moser the-light

 

IMMORTALITÉ

Toi, parole de ma bouche, animée
de ce sens que je te donne,
tu deviens mon corps avec mon âme.

***

INMORTALIDAD

Tú, palabra de mi boca, animada
de este sentido que te doy,
te haces mi cuerpo con mi alma.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Koloman Moser

 

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VAINE CHANSON D’AUTOMNE (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2019



Illustration
    
VAINE CHANSON D’AUTOMNE

On refait les lits des morts
à leur tête on met des fleurs
Mais que mettre à leurs pieds
lorsque les souliers sont devenus vains

A quoi bon des souliers pour eux

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Les figures que l’arbre abrite (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



    
Les figures que l’arbre abrite dans ses branches
deviennent soudain une rafale de figures
qui bloque ou paralyse un moment
la pression des figures de l’abîme.

Ainsi des figures en captent d’autres,
tandis que le vent du soir
semble courber des éternités
et les convertir en regards du temps.

Les figures entre-temps se confondent
et il se pourrait qu’ensuite apparaissent
dans l’arbre les traits de l’abîme
et dans l’abîme les gestes de l’arbre.

Il n’est pas de lieu sans une figure.
Il n’est pas de digues contre une rafale de figures.
Et il suffit d’une seule figure
pour coloniser ce qui n’existe pas.

Il est des choses qui ne viennent de nulle part
et il en est plus encore qui ne vont nulle part.
Mais il en est d’autres qui ne sont plus nulle part.

Plus que le lieu d’une chose,
ce sont ses non-lieux
qui permettent de la situer.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Seul (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Evaristo
    
Seul,
tout devient
séparation.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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LE PAYS DE PERSONNE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019



Illustration: Lady de Sontay
    
LE PAYS DE PERSONNE

Toute sa vie il a voyagé
à la recherche d’une vision
plus lointaine que l’horizon

devenu étranger
le pays qui l’a engendré

sa maison
est le pays de personne
celui du rêve.

****

NO–MAN’S LAND

He traveled all his life
in search of insight
farther than the horizon
alien became
the country of his birth
his home
is the no–man’s land
of the dream.

***

TIERRA DE NADIE

Toda su vida viajando
en busca del conocimiento
más allá del horizonte

expatriado
del país que lo vio nacer

su hogar
es la tierra de nadie
del sueño.

***

NIEMANDSLAND

Zijn leven lang heeft hij gereisd
op zoek naar inzicht
verder dan de horizon
vreemd geworden
het land dat hem baarde
zijn thuis
is het niemandsland
van de droom

***

NIEMANDSLAND

Sein Leben lang ist er gereist
auf der Suche nach Erkenntnis
über den Horizont hinaus
fremd geworden
das Land, das ihn gebar
seine zu Hause
ist das Niemandsland
des Traumes.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Arabe Khaled Al – Risouni / Serbe Milutin Djurickovic /
Editions: POINT

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Helen Schjerfbeck (Hanner Bramnes)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019



Illustration: Helen Schjerfbeck
    
L’étude la plus importante
d’Helen Schjerfbeck est celle
qu’elle fit de son propre visage
à mesure qu’elle vieillissait
son regard devenait plus fixe
sa peau plus claire
son teint pastel

avec le temps
elle fit disparaître toute symbolique
de sa propre expression

***

Sin største studie
gjorde Helen Schjerfbeck
i sitt eget ansikt
etter som hun ble eldre
ble blikket fastere
huden klarere
fargen pastell
med tiden
fjernet hun all symbolikken
fra sitt eget uttrykk

(Hanner Bramnes)

 

Recueil: Le poids de la lumière
Traduction: Anne-Marie Soulier
Editions: Erès

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COMME KEREM (Nazim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



torture

COMME KEREM

L’air est lourd comme du plomb
Je crie
Je crie
Je crie

Je crie
Venez vite
je vous invite
à faire fondre
du plomb.

Il me dit :
« Tu prendras feu à ta propre voix
et cendre tu deviendras
comme Kerem
brûlé à son amour. »

‘Tant
de misères,
si peu
d’amis.’
Les oreilles des coeurs
sont sourdes.
L’air est lourd comme du plomb.

Et moi je luis dis:
« Que je brûle
Que cendre je devienne
comme Kerem.

Si je ne brûle pas
si tu ne brûles pas
si nous ne brûlons pas
comment les ténèbres
deviendront-elles
clarté. »

L’air est gros comme la terre
L’air est lourd comme du plomb
Je crie
Je crie
Je crie
Je crie

Venez vite
je vous invite
à faire fondre
du plomb.

(Nazim Hikmet)

 Illustration: Amnesty International

 

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Secrets (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration: Sigrid Hofmann
    
Secrets

Je ne peux te dire mes secrets
Car mes secrets mûrissent encore en moi
(Meier, poétesse chinoise contemporaine)

Je ne peux te dire mes secrets

Mes secrets sont des graines de fenouil
Enfermées dans leur prison d’humus
Mais qui rêvent de germer

Mes secrets sont des chenilles
Doucement assoupies dans la chaleur du cocon
Mais qui rêvent de devenir papillons

Je ne peux te révéler mes secrets si troubles
Ils te feraient rougir comme une écolière
Ils te feraient frémir comme un saule à la première brise

Non, laisse mes secrets mûrir en moi
Laisse-les exploser à la vie
Alors peut-être, si tu es patiente
Un jour je te les dirai

***

GEHEIMEN

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen
Want mijn geheimen rijpen nog in mij
(Meier, hedendaagse Chinese dichteres)

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen

Mijn geheimen zijn zaden van venkel
Opgesloten in hun gevangenis van humus
Maar die dromen om te ontkiemen
Mijn geheimen zijn rupsen
Rustig sluimerend in de warmte van de cocon
Maar die dromen om vlinders te worden
Ik kan je mijn warrige geheimen niet onthullen
Ze zouden je doen blozen als een schoolmeisje
Ze zouden je doen huiveren als een wilg in de eerste wind
Nee, laat mijn geheimen in mij rijpen
Laat ze ontploffen en tot leven komen
Dan misschien, als je geduldig bent,
Zal ik ze je op een dag verklappen .

***

SECRETS

I cannot tell you about my secrets
as my secrets are still ripening inside me
(Mei Er, contemporary Chinese poet)

I cannot tell you my secrets.

My secrets are seeds of fennel
locked up in their humus prison
but dreaming to germinate.

My secrets are caterpillars
gently asleep inside the warmth of the cocoon
but dreaming to become butterflies
I cannot reveal to you my shady secrets.
They would make you blush like a schoolgirl.
They would make you tremble like a willow at the first breeze.
No, let my secrets ripen inside me.
Let them explode to life,
and, maybe if you are patient,
one day I will talk to you about them.

***

SECRETOS

No puedo desvelarte mis secretos
Porque mis secretos aún maduran dentro de mí
(Mei Er, poeta contemporánea chino)

No puedo desvelarte mis secretos
Mis secretos son semillas de hinojo
Encerrados en su prisión de humus
Pero que sueñan con germinar
Mis secretos son gusanos
Dormitando suavemente al calor del capullo
Pero que sueñan convertirse en mariposas
No puedo revelarte mis secretos tan enmarañados
Que te sonrojarían como a una colegiala
Te estremecerían como a un sauce con la primera brisa
No, deja que mis secretos maduren en mí
Déjalos que se abran a la vida
Quizás entonces, si eres paciente
algún día te los desvelaré.

***

秘 密
我不能告诉你我的秘密
因为我的秘密还在我体内成熟
——中国当代诗人 梅尔

我不能告诉你我的秘密

我的秘密是茴香的种子
被关在他们的腐殖质监狱里
但在梦想发芽。

我的秘密是毛虫
温柔地睡在茧壳的温暖里
但在梦想着化蝶

我不能向你透露我暧昧的秘密。
它们会让你脸红得像个女学生。
它们会让你像柳树一样在初春风中颤抖。

不,让我的秘密在我体内成熟。
让它们爆炸成生命,
如果你有耐心的话,
总有一天我会和你谈起它们。

***

GEHEIMNISSE

Ich kann dir meine Geheimisse nicht sagen/enthüllen
Den meine Geheimnisse reifen noch in mir
(Mei Er, chinesische Lyrikerin der Gegenwart)

Ich kann dir meine Geheimnisse nicht enthüllen
Meine Geheimnisse sind Samen des Fenchels
In ihrem Gefängnis von Humus eingesperrt
Aber sie träumen davon, zu keimen.
Meine Geheimnisse sind Raupen
Ruhig schlummernd in der Wärme des Kokons
Aber sie träumen davon, Schmetterlinge zu werden
Ich kann dir meine wirren Geheimnisse nicht enthüllen
Sie würden dich wie ein Schulmädchen erröten lassen
Sie würden dich wie eine Weide in der ersten Brise schaudern lassen
Nein, lass meine Geheimnisse in mir reifen
Lass sie explodieren und Leben werden
Dann vielleicht, wenn du geduldig bist
Werde ich sie dir eines Tages erzählen.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Germain Droogenbroodt ITHACA 568
Traduction: Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wan Hua Chapouthier –Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Allemand Wolfgang Klinck /
Editions:

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