Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘presser’

Je suis comme monté par un cavalier sans visage (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Igor Morski 
    
Je suis comme monté par un cavalier
Sans visage
– il me presse contre mes actes –
Il me bat et me retient, il me fouaille d’événements.
Il me brise aux obstacles
Il change de nom, m’arrête à me briser –
II se moque de mes forces,
Il impose le désordre
Il abuse de mon souffle
Il écrase mon coeur dans sa main
Je ne puis rejoindre sa volonté
Il me chevauche comme un fou
Je tremble et je cours
Je ne puis me retourner pour le voir
— Je ne puis achever de le voir.
Il échappe aux mouvements de mon intelligence

Oh ! Change d’homme…

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si tu veux que je meure… (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (1)

Si tu veux que je meure…

Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémy Belleau)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le salon s’est rempli de désert (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Le salon s’est rempli de désert

L’air ne tremble pas
Les bruits s’avachissent
Les gestes restent inachevés

Seule se déploie
L’odeur pressante
Des lys qui pataugent dans le vase
Coeurs ouverts
Jusqu’à l’indécence

Un peu grise
Je chante Mozart

Éclair volé
À l’éternité

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ambiance diabolo menthe (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ambiance diabolo menthe
Sur le boulevard

Vert des arbres
Encore verts
Glaçons crus
D’un vent sans indulgence

Le soir tombe
D’un coup
Porte de Montreuil

La petite foule du vendredi
S’irrite

Entre les palissades des chantiers
Gisant noir
Dodu
Un sac poubelle
Embarrasse le trottoir

Le temps presse

Il est bientôt l’heure
De se repaître
Des malheurs du monde
Au journal télévisé

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A MES AMIS (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

William Bouguereau La Jeunesse de Bacchus 1884 (Détail)-

A MES AMIS

Rions, chantons, ô mes amis,
Occupons-nous à ne rien faire,
Laissons murmurer le vulgaire,
Le plaisir est toujours permis.
Que notre existence légère
S’évanouisse dans les jeux.
Vivons pour nous, soyons heureux,
N’importe de quelle manière.
Un jour il faudra nous courber
Sous la main du temps qui nous presse ;
Mais jouissons dans la jeunesse,
Et dérobons à la vieillesse
Tout ce qu’on peut lui dérober.

(Evariste Parny)

Illustration: William Bouguereau

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la respiration sont incluses deux grâces (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Dans la respiration sont incluses deux grâces:
Aspirer l’air, et s’en délivrer.
L’un oppresse, l’autre soulage;
Tel est le merveilleux mélange de vie.
Remercie donc Dieu quand il te presse,
Et remercie-le encore quand il te relâche à nouveau.

***

Im Atemholen sind zweierlei Gnaden:
Die Luft einziehn, sich ihrer entladen.
Jenes bedrängt, dieses erfrischt;
So wunderbar ist das Leben gemischt.
Du danke Gott, wenn er dich presst,
Und dank’ ihm, wenn er dich wieder entlässt.

(Goethe)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

J’avais grand besoin (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



Illustration: Pablo Picasso    
    
« Aujourd’hui, après déjeuner, j’avais très mal.
Je suis allée marcher loin dans la campagne.
Au retour, sur la route, j’ai rencontrée une femme.
Je la connaissais à peine. Je ne savais pas son nom. »

Mais la femme, elle, reconnaît le poète, dont elle a une photo chez elle, découpée dans un journal.
Elle dit à Marie Noël:  » Je vous regarde… je vous respecte… », et aussi ce cri de femme blessée par l’injustice des hommes:
« Mademoiselle, il ne faut pas croire ce que les gens vous disent de moi. »

« Elle me prend la main, la presse fort, approche du mien son visage abîmé, boursouflé et rouge.
Je devine ce qu’elle voudrait… je l’embrasse sur les deux joues.
Elle pleure. Je pleure aussi.
Elle m’a fait beaucoup de bien, la pauvre Soulotte!
J’avais grand besoin d’elle à ce moment-là. »

(Marie Noël)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paysages (Émile Henriot)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Paysages

J’aime les frais matins peuplés de tourterelles,
Les ciels purs et lavés comme des aquarelles,
L’azur, tout ce qui chante et tout ce qui sourit,
L’humble lilas qui s’ouvre et doucement fleurit,
L’oiseau comme un désir posé de branche en branche,
Et, dans un jardin clair, avec sa robe blanche,
Une rose au corsage ainsi qu’un cœur de feu,
Légère, et douce à voir, quelque enfant à l’œil bleu
Qui rêve, et longuement presse contre sa bouche
Une autre rose rouge et dont l’odeur la touche.

(Émile Henriot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À UN SOUFFLE DE DISTANCE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
À UN SOUFFLE DE DISTANCE

à défaut de poitrine
pour toute respiration
je n’ai que ton souvenir
à défaut de poitrine
quand je dors la nuit
je presse sur moi
l’oreiller
comme le coton
sur la plaie

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :