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Poésie

Posts Tagged ‘goût’

La vie dure (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
La vie dure

Est-ce faiblesse de la tête
ou suis-je un pâle volontaire
plus de vigueur pour cette quête
rien que sommeil goût de se taire

lente érosion d’un terrain mou
et jour à jour l’humble négoce
le pain l’argent le toit les gosses
le chant happé dans quel remous

mais talon frappe et je remonte
à la surface où l’air est vie
de l’air encore je veux mon compte
qu’à d’autres fêtes on me convie

crache l’eau crache l’eau
rouge soufflet qui te déplie
poumon terrible – poésie –
relance en moi le sang des mots!

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La bouche (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



La bouche a besoin
D’autres goûts que du sien.

(Guillevic)

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J’ai un goût de larmes (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2019




    
J’ai un goût de larmes.
Je suis accompagnée par un orgue et aussi par une flûte douce.
La flûte en spirale. Et je suis très tango également.
Je suis désaccordée, que puis-je faire? Je suis née gauche.
Et affamée.

J’ai l’impression que quelqu’un vit ma vie,
que ce qui se passe n’a rien à voir avec moi,
il y a un ressort mécanique quelque part en moi.
Je veux tout simplement : l’impossible. Voir Dieu.
J’entends le bruit du vent dans les feuilles et je réponds : oui !
Il y a autour de moi tellement de mouvements que je les ai pensés : la mort m’attend;
Mon mouvement le plus pur est celui de la mort

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Un souffle de vie
Traduction: Jacques Thiériot & Teresa Thiériot
Editions: Des femmes

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A MERCI (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



A MERCI

Mon pied droit sur ta nuque et l’autre sur la terre
Je pèse. Mon talon s’enfonce dans ton cou.
Ne bouge plus. Mange la terre, homme de terre,
Mange l’angoisse, et pour jamais sache le goût
Du monde.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Eugène Delacroix

 

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PLUS LOIN (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



PLUS LOIN

J’en ai fini du globe avec quatre foulées !
— Lance un hameçon dans le ciel !
Il ne faut pas moins que le ciel
Pour te remplir les mains et fondre dans ta bouche ! —
— Je plonge dans la chair des étoiles, je touche
La nuit avec son long goût d’herbe, je me couche
Sur les nuages de l’été !
— Il ne faut pas moins que l’éternité.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Le ruisseau (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019


Le ruisseau coule
Dans la terre fraîche.

Il sait
Comme les pierres sont dures,
Il connaît le goût
De la terre.

(Guillevic)


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Je retrouve ta façon (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Je retrouve ta façon
ton geste
ton goût
ta tristesse acide
ton âpreté de moût
ta ferveur
nocturne
tes cafards subits
visage mon vieil ami
Je reconnais tes traits
ton silence
je palpe
les lèvres lasses
de ton angoisse
Je retrouve le goût
salé des noires crinières de ton
cheval trottant solitaire
je sèche
rien que feu
Ah ! je te retiens
tes pleurs sans larmes
rien qu’écume en feu
enfin
les yeux dans les yeux les lèvres dans les lèvres
mon visage ancien mon ami
mon vieux visage à moi
tu n’es pas fait
pour bâiller de bonheur
Comme ça
tu es plus toi
plus moi
plus à moi

***

Reencontro o teu jeito
teu gesto
teu gosto
tua acida tristeza
teu suave travo a mosto
teu fervor
nocturno
teus sûbitos desânimos
meu velho amigo rosto
Reconheço teus traços
palpo
teu silêncio
os labios lassos
da tua ânsia
Recupero o gosto
salgado das negras crinas do teu
cavalo em solitârio trote
enxugo
teu choro sem lagrimas
sô fogo
so espuma em fogo
Ah! retenho-te
enfim
olhos nos olhos labios nos lâbios
meu rosto antigo meu amigo
meu velho rosto meu
nâo fosse feito
para os bocejos da felicidade
Assim
és mais tu
mais eu
mais de mim

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Odilon Redon

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Contempler le lever du jour! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Contempler le lever du jour!
La petite lueur fait s’évanouir les ombres immenses et diaphanes,
Le goût de l’air est bon à mon palais.

Poussées du monde en marche, ébats ingénus,
lever en silence, fraîcheur exhalée,
Effleurements obliques en haut et en bas.

Quelque chose que je ne puis voir dresse en l’air d’impudiques pointes,
Des mers éclatantes de suc inondent le ciel.

(Walt Whitman)

Illustration

 

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Tu m’accables (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Tu m’accables, femme au grand dos
contre moi dans ce lit,
je me demande, les yeux clos,
pourquoi je suis ici.

J’aimais bien les vagabondages,
la poudre des chemins,
la pauvreté, les paysages,
le goût du lendemain.

Même une chambre dans Paris
fut parfois la nacelle
où j’embarquais dans le jour gris
ou dans la nuit si belle.

Ô mes chambres, j’ai descendu
tant d’escaliers béants
vers le désert des jours confus,
les recommencements!

Et maintenant je dors avec
la femme, unique chair,
vaincu peut-être, ou bien cœur sec
où va briller l’éclair?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ici je reprends le goût de la vie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
Ici je reprends le goût de la vie,
Ainsi le dormeur, son sexe l’éveille,
Soudain rebandé par la même envie,
Et la femme est là, totale merveille.

Ainsi le nageur, la mer le soulève,
Et l’offre au soleil, et le ressaisit,
Il voit l’avenir, une immense grève,
Où se coucher nu dans l’après-midi.

Ainsi l’arbre en fleurs au fond d’un ravin
L’entrecroisement des hautes fougères…
Le mot le plus juste est encore vain,
Puisqu’ici le corps est tout le mystère.

Je rencontrerai peut-être la femme
Sœur de la fougère et des vagues nues.
Le sentier tournant deviendra la flacon
Qui la brûlera, sitôt apparue.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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