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Poésie

Posts Tagged ‘fondre’

C’est l’angoisse de la séparation (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration:  Jean Zakarauskas
    
C’est l’angoisse de la séparation
qui s’épand par tout le monde
et donne naissance à des formes sans nombre
dans le ciel infini.

C’est ce chagrin de la séparation
qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile
et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles
dans la pluvieuse obscurité de juillet.

C’est cette envahissante peine
qui s’épaissit en amours et désirs,
en souffrances et en joies dans les demeures humaines,
et, de mon coeur de poète, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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AU CONDITIONNEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustratio: René Magritte
    
AU CONDITIONNEL

Si je savais écrire je saurais dessiner
Si j’avais un verre d’eau je le ferais geler et
je le conserverais sous verre
Si on me donnait une motte de beurre je
la ferais couler en bronze
Si j’avais trois mains je ne saurais où
donner de la tête
Si les plumes s’envolaient si la neige fondait
si les regards se perdaient, je
leur mettrais du plomb dans l’aile
Si je marchais toujours tout droit devant
moi, au lieu de faire le tour du
globe j’irais jusqu’à Sirius et
au-delà
Si je mangeais trop de pommes de terre je
les ferais germer sur mon cadavre
Si je sortais par la porte je rentrerais
par la fenêtre
Si j’avalais un sabre je demanderais
un grand bol de Rouge
Si j’avais une poignée de clous je les
enfoncerais dans ma main
gauche avec ma main
droite et vice versa.

Si je partais sans me retourner, je
me perdrais bientôt de vue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MÉMOIRE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Josephine Wall
    

LA MÉMOIRE

À regarder ce corps il vient sans doute
À mon esprit les mémoires de centaines de vies.
Ces yeux qui cachent des milliers de plaisirs oubliés
Tels des chants printaniers vie après vie.
Comme si tu étais l’oubli de moi-même,
Mon plaisir et ma peine depuis la nuit des temps,
Une foule de parterres dans un paysage nouveau,
Une foule de clairs de lune dans un ciel nouveau.
Tu es pareille à la souffrance des jours de séparation,
Tu es tel le rougeoiement de la nuit d’amour,
Tous ces rires, tous ces pleurs et tous ces éclairs
Se sont aujourd’hui incarnés dans ce corps de miel.
Ainsi, nuit et jour, à contempler ton visage
La vie semble fondre dans un ailleurs.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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OUTILS POSÉS SUR UNE TABLE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2019




    
OUTILS POSÉS SUR UNE TABLE

Mes outils d’artisan
sont vieux comme le monde
vous les connaissez
Je les prends devant vous :
verbes adverbes participes
pronoms substantifs adjectifs.

Ils ont su ils savent toujours
peser sur les choses
sur les volontés
éloigner ou rapprocher
réunir séparer
fondre ce qui est pour qu’en transparence
dans cette épaisseur
soient espérés ou redoutés
ce qui n’est pas, ce qui n’est pas encore,
ce qui est tout, ce qui n’est rien,
ce qui n’est plus.

le les pose sur la table
Ils parlent tout seuls je m’en vais.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard
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COURAGE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



COURAGE

Avec l’hiver levant le siège
Je me tenais pour trépassé…
J’ai vu pourtant fondre la neige
Et mille chants m’ont réveillé.

Des voix bruyantes m’ont parlé
D’une existence certes amère,
Et le soleil a allumé
Au ciel des gaîtés printanières.

(George Bacovia)

Illustration: Jean Libon

 

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Neige de mai (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Neige de mai

Une couche transparente se pose
Sur l’herbe neuve, et fond.
Cruel printemps de glace,
Toi qui tues les bourgeons pleins de sève.
Si atroce, la vue de la mort jeune,
Je n’arrive plus à regarder le monde.
J’ai en moi la tristesse que le roi David
En un geste royal offrit aux millénaires.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Henri Matisse (La tristesse du Roi David)

 

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Nous pleurons (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019




    

Nous pleurons
pour faire fondre la nuit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Dans l’amour (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Pascal Renoux
    
Dans l’amour, le corps fond,
porté à fusion par le désir,

et c’est ailleurs que l’on fait l’amour,
dans un double fond du corps,

embrassant l’intérieur du crâne,
touchant l’intérieur de la matière,

sa moelle de feu…
au bord de la métamorphose.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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COMME KEREM (Nazim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



torture

COMME KEREM

L’air est lourd comme du plomb
Je crie
Je crie
Je crie

Je crie
Venez vite
je vous invite
à faire fondre
du plomb.

Il me dit :
« Tu prendras feu à ta propre voix
et cendre tu deviendras
comme Kerem
brûlé à son amour. »

‘Tant
de misères,
si peu
d’amis.’
Les oreilles des coeurs
sont sourdes.
L’air est lourd comme du plomb.

Et moi je luis dis:
« Que je brûle
Que cendre je devienne
comme Kerem.

Si je ne brûle pas
si tu ne brûles pas
si nous ne brûlons pas
comment les ténèbres
deviendront-elles
clarté. »

L’air est gros comme la terre
L’air est lourd comme du plomb
Je crie
Je crie
Je crie
Je crie

Venez vite
je vous invite
à faire fondre
du plomb.

(Nazim Hikmet)

 Illustration: Amnesty International

 

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Ton regard m’a plu (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration: Andrew Atroshenko
    
Ton regard m’a plu
ton rire fond dans ma bouche
entre miel et mot

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Images d’asie et de femmes – poèmes pour l’exotisme en amour
Traduction:
Editions: De la Jointée

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