Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sommeil’

En toi ces amours que les morts ont laissées (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



en toi ces amours que les morts ont laissées
tu les enclos pour que le ciel ne les gagne
et les tue avec le bleu terrible des
saisons tu es seul
la pluie froide épaule
se charge de tous les toits tuiles oublis
laissant le vent des rues errer dans notre sang
alors nous crions de la douce douleur
d’être vivants avec des corps et des sommeils
toi tu es là dans la pire des nuits
préservant contre tout un éclat d’étoiles

(Jean-François Mathé)


Illustration: Sabin Balasa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Espace Restant (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2020




    
L’Espace Restant

L’automne arrive comme une mise en demeure
et la nuit compte sur la chambre noire de nos sommeils pour développer ses négatifs.
La peur nous cerne, nous accule aux mensonges les plus escarpés,
réduisant notre espace à quelque échafaudage mal domestiqué.
L’amour amadoue la brutalité des miroirs,
l’amour transforme le néant vaste et noir en cathédrales d’espérance.
L’automne arrive comme un coup de semonce
et l’aube précipite l’espace de la nuit dans les angles morts de l’éveil.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les Cahiers du Sens
Traduction:
Editions: Le Nouvel Athanor

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Veillées nocturnes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Veillées nocturnes

Ton front à demi caché par les deux
Nuées de cheveux (ils sont blonds et soyeux)
Ton front me parle de la jeune souffrance.

Tes lèvres (elles sont muettes) racontent l’histoire
Des âmes condamnées au tribunal de dieu.
Miroir excitant (ton oeil) n’en joue pas !

Quand tu souris (enfin tu fus survolée de sommeil)
Ton sourire ressemble beaucoup aux pleurs
Et tu penches un peu la tête lourde de douleurs.

(Stefan George)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour écrire un seul vers (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Pour écrire un seul vers

il faut se souvenir de cent ans de sommeil
et des vies qui précédèrent, de la piqûre des roses
et de l’aïeule qui voulait voir la mer,
de l’homme au large dos couvert de ventouses
et de ses enfants effrayés par les méduses.
Des objets magiques et des formules
où s’enroulent des fleurs autour des lettres gothiques.

Puis abandonner à son sort
cet homme en nous qui se noie dans ses souvenirs,
pour renouer avec la magie sans accessoires
et la jonglerie sans rien, mais avec des gestes
suspendus en l’air et la réalité
qui se retourne comme un gant.

Avec les êtres et les choses
attirant les mots comme des aimants.

(Gérard Macé)


Illustration: Sylvie Lemelin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

De l’ultime étoile (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



De l’ultime étoile s’éteint sans douleur la piqûre,
Le matin, grise hirondelle, se cogne à la croisée,
Et le jour lent, boeuf de son lit de paille s’éveillant,
Secoue le long sommeil parmi les places hérissées.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Lydie Boyer-Wagner

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où me conduit-on (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



La démarche des chevaux est si lente
Et la flamme des lanternes si pauvre !
Où me conduit-on, je me le demande,
Ces inconnus, probablement, le savent.

Je m’abandonne à leur sollicitude,
Le froid me gagne, et aussi le sommeil ;
Dans un tournant un cahot m’a jeté
Le rayon d’une étoile en plein front.

De la tête en feu le balancement,
La glace tendre de doigts inconnus,
Et les sombres sapins, leurs silhouettes
De mon regard encore inaperçues.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Félix Hilaire Buhot

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pays simple (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Pays simple

Le jour: soleil. La nuit: étoiles.
Parfois entre eux et moi, nuages!

Chaque jour: laver, ranger, mille
petits riens. Le temps passe…

Souvent la nuit, à repenser aux
choses qui restent à faire, au peu
d’argent, mais bah!

Sommeil, plein de nuages au-dessus
de la mer!

La nuit, mon âme: loin!
Le jour, plus loin encore. Bientôt
entre elle et moi, plus rien!

(Werner Lambersy)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu peux perdre le nord (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Pascal Roy  (9) [1280x768]

Tu peux perdre le nord
comme on dit
tu peux perdre patience
tu peux perdre ton temps

perdre la mémoire
et ses chemins aveugles
Le sommeil peut glisser
comme une truite
dans tes mains

Tu peux perdre ton sourire
Mais ne perds pas
ne perds jamais
l’orange de tes rêves

(Jean-Pierre Siméon)

Illustration: Pascal Roy

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUICIDE PROVISOIRE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


 


 

Cesare Lapini  (1853)

SUICIDE PROVISOIRE

au fond des tiroirs bleus
dont les clés sont parties vers des serrures sauvages
et les lettres égarées dans la foire aux aveux
au fond des tiroirs couleur de lycéenne
entre un cigare flétri et une paire de gifles
datant du dernier scandale
il arrive de ramasser
des lèvres amères
récitant des mots proches
qui descendent comme des cailloux
la pente de la voix

des lèvres rares et brèves
qui s’ouvrent pour laisser passer
un espion déguisé en orchestre
je ne sais plus quelle symphonie
s’agrippe à un cerceau de flammes
et maintenant se dresse la fenêtre
sans âge ni lumière
soeur des lèvres amères
c’est par elle que rentrent les névroses
gantées de mains humaines
qui décapitent les femmes
après l’amour

il y a sur une certaine table
un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde
c’est un visage
jamais aperçu
jamais oublié
un visage que berce
l’infinissable neige du souvenir.

(Georges Henein)

Illustration: Cesare Lapini

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

O sommeil (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

Alphonse Mucha   pND [1280x768]

[…]

O sommeil, viens, seul généreux
qui libères cet or afin qu’il étincelle
dans l’astrale clarté du songe;
détache ces fruits dont les sucs
sont plus épais en rêve;
délivre ces chairs d’abricot
d’une parmi toutes les femmes
afin que mes mains puissent, faites rêve,
la modeler alors d’une caresse
infinie et très douce.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Alphonse Mucha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :