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POÈME D’AMOUR (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Georges Jeanclos L'Extase  [800x600]

POÈME D’AMOUR

Je te ferai ce soir un poème d’amour
Où l’on verra ton ombre apparaître à la rime
Mes désirs rouleront ainsi que des tambours
Dans l’odeur du sommeil et des algues marines

Viens. Tu seras pour moi l’orbe éclatant du monde,
D’étendards déployés claquant dans tes regards
Sur tes cheveux au vent, noirs escadrons de l’ombre
La neige des baisers légère comme un cil

Tu es mon Amérique immense et familière,
Mon ciel extravasé. J’adore mon vautour
Grande femme bruissant de soies et de lumières
Je suis parti vers toi sans espoir de retour

Parmi l’adoration des fleurs et des abeilles,
Sur les étés stridents, sur l’automne incertain
Je te retrouve en moi plus vivante, et pareille
A ce que j’ai toujours espéré du destin
Ô mon pain quotidien, ma sereine merveille.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Georges Jeanclos

 

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Souriant aux complots du désir (Roger Dextre)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



Illustration: Christiane Rabasse
    
Souriant aux complots du désir

Le langage
parle d’inventer
les traits d’
un seul visage,
l’équilibre des désirs
et d’un regard, mais
ne trouve rien:
une démarche dans les phrases,
volant autour,
la mémoire,
saluant un corps,
des paupières
baissées, le visage élargi:
voilà une pénombre
avec, sommeil, respiration,
des midis alternant,
l’énigme
entière en dispersion
produisant la beauté
éliminante
jaillissante
au coeur même d’un nom.

(Roger Dextre)

Œuvres poétiques, T. 2, 2013.

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Jardin d’été (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
Jardin d’été

Je veux aller dans ce jardin,
dans cette roseraie nonpareille
Où l’on voit des clôtures la plus belle,

Où les statues gardent mémoire
de la jeune fille que j’étais
Et moi, je les revois sous l’eau de la Neva.

Dans ce lieu caché, plein d’odeurs,
sous les tilleuls princiers,
Je crois entendre craquer
les mâts des vaisseaux.

Comme autrefois le cygne
traverse les siècles,
En extase devant la beauté de son double.

Par centaines de milliers, des pas
Dorment d’un sommeil de mort,
pas d’ennemis et d’amis,
Pas d’amis et d’ennemis.

Finira-t-il jamais, le cortège des ombres
Qui va du vase de granit
jusqu’à la porte du palais?

Mes nuits blanches là-bas
se parlent, dans un murmure,
De quelqu’un qui savait aimer
secrètement, superbement.

Partout on voit briller la perle et le jaspe,
Mais un mystère dérobe
la source de la lumière.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: L’HORIZON EST EN FEU Cinq poètes russes du XXè siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE
Sur l’air du  » Souvenir de la capitale impériale »
— Liu Yong

La couverture mince
et l’oreiller petit,
par le froid qui s’en vient

je me sens désolé
d’avoir dû te quitter.
Je me tourne
et retourne au fond du lit,
Mais le sommeil me fuit
bien que la nuit soit avancée.

Je me lève
et me couche
à n’en plus finir,
la nuit est aussi longue
qu’une année.

Oh ! Je voudrais m’en retourner chez toi,
mais je suis loin, très loin déjà.
Mille pensées de toi ne me consolent pas.
Comme je me sens seul et las !
Mon coeur reste toujours attaché à ton coeur;
Je te dois un ruisseau de pleurs.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Caché bien caché (Pittau & Gervais)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Pittau & Gervais
    
Caché bien caché

Au fond de la garde-robe
Bien blotti dans le noir
Je me suis accroupi
Au milieu des manteaux et des jupes

Un petit rayon de lumière
Fait danser des grains de poussière
Et quand je souffle dessus
Ils s’agitent comme des mouches

Il fait calme dans la garde-robe
Dans l’odeur des tissus et du bois
Il fait silence et doucement
Le sommeil pose sa main sur moi

(Pittau & Gervais)

 

Recueil: Un dragon dans la tête
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Les métamorphoses (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Les métamorphoses

Le ruisseau se dépêche pour arriver à temps
sans savoir où il va Il est très étourdi
(Crois-tu que le ruisseau ait tellement d’idées ?)

L’hirondelle a un rendez-vous important
un rendez-vous d’affaires qu’elle ne veut pas manquer
(Ses petits simplement l’attendent dans son nid)

La chatte noire en se débarbouillant
a l’air d’une demoiselle métamorphosée en chatte
(Ce n’est qu’un animal aimant la propreté)

On se trompe en croyant que les choses
les oiseaux les bêtes et nous
c’est du pareil au même
Mais ce qui est raisonnable et plaisant
c’est pour un humain de se faire (un moment)
ruisseau qui court oiseau qui vole
chatte coquette lézard grenouille ou perdriole

Changer de peau et d’élément c’est reposant
et se faire un peu bête est très intelligent

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Jamais jamais je ne pourrai (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Jamais jamais je ne pourrai

Jamais jamais je ne pourrai dormir tranquille aussi longtemps
que d’autres n’auront pas le sommeil et l’abri
ni jamais vivre de bon coeur tant qu’il faudra que d’autres
meurent qui ne savent pas pourquoi
J’ai mal au coeur mal à la terre mal au présent
Le poète n’est pas celui qui dit Je n’y suis pour personne
Le poète dit J’y suis pour tout le monde
Ne frappez pas avant d’entrer
Vous êtes déjà là
Qui vous frappe me frappe
J’en vois de toutes les couleurs
J’y suis pour tout le monde

[…]

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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La voix (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2022


La-Voix-de-Son-Maitre

Quelle est cette voix qui m’appelle
du fond du sommeil?
Comme elle prononce étrangement mon nom,
comme elle m’est familière!

(Henri-Frédéric Blanc)

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Les galets (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2022



Les galets

Les galets écoutent la mer
qui leur raconte des légendes.
Le temps passe sur eux,
enracinés à même le sable;
ils imaginent peut-être
ce qu’ils aperçoivent au loin
et qu’ils ne connaîtront jamais.
Les galets demeurent sans bruit,
veillant sur les étoiles,
sur le sommeil du monde
qui se ferme dans la nuit.

(Max Alhau)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Les songes (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2022


tupy073h

Les songes ne sont rien que des judas
et le réveil la cicatrice du sommeil.

(Charles Dobzynski)

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