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Poésie

Posts Tagged ‘étoile’

Nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017


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Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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Sur ton passage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017



Sur ton passage tu annihiles tout.
N’est-ce pas pourtant toi, Mort,
Qui rends unique tout d’ici ?
Cette nuit même, n’est-ce toi
La brise qui parcourt les sentiers,
Le nuage qui, flottant, cache les étoiles,
Le parfum de tilleul qui soudain étouffe,
Les lucioles égarées là
Sur l’étang de la mémoire…
Ce brame déchirant cœurs et reins,
Biche blessée cédant à l’invite
D’un lit de mousse sans fond,
Au sein de l’aveuglante clairière.

(François Cheng)

Illustration

 

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Je me lèverai et j’irai vers toi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration
    
Je me lèverai et j’irai vers toi,
Traversant les nuits d’insomnie, franchissant
La ligne incandescente des étoiles.
Je sais que tu es loin,
Mais que par toi
tout sera retrouvé.

Je me lèverai et j’irai vers toi,
Enjambant l’abîme d’un pas résolu, ignorant
Toutes distances qui séparent.
Je sais que tu es proche,
Que je dois te chercher
au plus intime de moi.

J’irai vers toi, sûr de te retrouver,
Car je n’oublie point une scène de jadis:
Après une longue fugue, je suis revenu au logis,
L’ombre maternelle s’est retournée, a dit:
« Te voilà! », j’ai répondu: « Me voici! »,
et j’ai fondu en larmes.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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La Lune consolatrice (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    
La Lune consolatrice

Et voici que mon coeur s’épanouit et rit…
Moi qui longtemps souffris, me voici consolée
Par ce noir violet d’une nuit étoilée,
Moi qui ne savais point que la lune guérit !

Moi qui ne savais point que la lune console
De tout le chagrin lourd, de toute la rancoeur !
Sa consolation illumine le coeur
D’un rayon éloquent autant qu’une parole.

Et d’un rayon furtif comme un furtif bienfait
Elle se glisse au fond torturé de mon âme,
Elle se glisse avec une douceur de femme.
Et c’est insinuant comme un obscur bienfait.

Comme un obscur bienfait s’insinue, elle glisse…
Tout le ciel émergeant de l’ombre est radieux.
Eternellement chère à mon coeur, à mes yeux,
Sois louée à jamais, Lune consolatrice !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Détrônée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Béatrice Bissara
    
Détrônée

La Reine détrônée est triste en son palais…
Où sont les chants légers, les parfums et les voiles
Et les manteaux brodés de roses et d’étoiles ?
Où sont les harpes d’or et les fleurs et les lais ?

La Reine détrônée en la salle du trône
Est très triste… Elle sait que, dès le lendemain,
L’Ordre s’accomplira… Nulle loyale main
N’assistera l’exil faible et lent d’une aumône ?

Elle a pris le chemin qui mène vers l’oubli.
Et le manteau royal, la sainte bandelette
Ne l’entoureront plus de splendeur violette.
L’or roux ne ceindra plus ce front triste et pâli…

Il ne demeure plus de la grandeur sereine
D’autrefois, de la vie emplissant les palais
De pierre inaltérable, et des fleurs et des lais,
Que cette majesté dernière : Je fus reine !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Adieux à la Sirène (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



    Illustration: Victor Nizovtsev
    
Adieux à la Sirène

Je t’ai gardée, auprès de moi, toute une nuit…
Et maintenant retourne à la mer, ma Sirène !
Vers la mer, tour à tour menaçante ou sereine,
Car ton front se détourne et mon regard te fuit…

Retourne à cette mer toujours renouvelée,
Vers laquelle en secret ton songe amer revient,
Qui t’a bercée, et qui t’appelle et te retient,
Grande comme les cieux, et, comme eux, étoilée !

Toi que mes yeux en pleurs ne reverront jamais,
Qui ne peux habiter la maison chaude et tendre
Où fut notre bonheur, qui ne peux plus m’entendre,
Va, plonge dans les flots, Sirène que j’aimais !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Nacre sur fond d’or (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Nacre sur fond d’or

La forêt s’attendrit à l’écho de ta voix ;
Les lucioles d’or aiguisent leurs lumières ;
Je ceins d’iris ton front de vierge, et je revois
Le frisson blanc de tes paupières.

Mon coeur a réfléchi ton coeur pervers et pur :
Je cueillerai pour toi les roses des allées
Où le couchant s’attarde, ivre d’antique azur
Et de poussières étoilées.

La nacre mêle à l’or ses reflets irisés.
Au loin l’âcre sanglot de la mer s’atténue
Et, sous l’acharnement tiède de mes baisers,
Jaillit la fleur de ta chair nue.

(Paule Riversdale)

 

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Résurrection (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




Illustration: Josephine Wall
    
Résurrection

ET je t’aime ! Et voici que s’épand dans mes moelles
Miraculeusement la clarté des étoiles,
Belle que je choisis pour Reine des étoiles !

Me voici revenue à la vie, à l’amour
Qui transfigure en or les choses d’alentour,
Au charme du poème, au rire de l’amour.

Tantôt je m’enfonçais dans l’horreur des ténèbres
Et je portais en moi des visions funèbres
Ah ! l’horreur, ah ! l’horreur tenace des ténèbres !

Mais voici le matin… Nous voici toutes deux
Vivantes… C’en est fait de mes songes hideux.
Comme par le passé, Chère, nous sommes deux.

O bonheur de me voir revenue à la vie !
Car l’aurore s’est faite en mon âme ravie ;
Miraculeusement, je vois rire la vie !…

Voici que l’univers me donne moins d’effroi,
Très chère, puisque enfin me voici près de toi,
Et je n’ai plus d’angoisse et je n’ai plus d’effroi !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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LUCIOLES DANS LE JARDIN (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

LUCIOLES DANS LE JARDIN

Voici venir de vraies étoiles dans le ciel
Et ici-bas des insectes qui les imitent,
Qui, bien qu’ils n’aient jamais la taille des étoiles,
(Ce ne furent jamais au fond de vraies étoiles)
Font parfois un début vraiment éblouissant,
Mais ils ne tiennent pas leur rôle jusqu’au bout.

(Robert Frost)

Illustration

 

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