Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étoile’

Depuis le big-bang (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

(Jean-Michel Robert)

 

Recueil: Un poil dans l’âme
Editions: Table Rase

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

PARADIS NOIR (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

PARADIS NOIR

Dame des planètes mortes,
aie pitié de cette Terre,
qui depuis le commencement des temps
dépend d’un rayon de lumière.

Dame des millénaires
qui se perdent dans l’obscurité du moment,
aie pitié des étoiles animales et végétales
qui s’éteignent dans l’air, l’eau et le sol.

Dame des petits mondes et des petits oublis,
fais que jamais nous ne pleurions l’absence
de la baleine dans les mers, de l’éléphant sur terre
et de l’aigle dans les cieux.

Donne-nous la grâce de ne pas nous réveiller un jour
dans le Paradis Noir.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DEMAIN LES HERBES ROUGES (Jean-Paul Filion)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



Caroline Besse x247

DEMAIN LES HERBES ROUGES

J’ai le mal d’homme comme on traîne une blessure
J’ai le mal de ciel et celui d’enfer
Mais l’espace a créé sa forge d’étoiles
Qui viendra souffler sur mon épouvante
Demain les herbes rouges

Il a venté sur ma joie en poussière
Et j’attends de l’univers un nouveau dialogue
J’ai l’amour en cascade le bon Dieu au rancart
M’occupant à jeter un pont sur le matin
Demain les herbes rouges

J’abhorre les esprits les magies les phantasmes
Mon regard famélique n’est plus à la table des astres
Contre la moire des sources vertigineuses
Je veux mordre mon pain d’écorce et de terreau
Demain les herbes rouges

J’offre mes larmes ténébreuses à dévorer par le feu
Que le jour engouffre mes neiges et mes nuits
Mon coeur n’est plus gisant sous la cognée du soleil
Qui entre blondir le pays que j’habite
Demain les herbes rouges.

(Jean-Paul Filion)

Illustration: Caroline Besse

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SAGESSE (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

SAGESSE

La facette secrète du diamant
L’impossible vérité
L’intime du souffle
L’encre figée sur le papier.
La présence du silence
A l’instant de mourir
Étrangers, de se perdre dans le tourment d’une antique parole,
J’ai rêvé l’émerveillement du soleil sur une pierre blanche
et l’eau de lune enveloppée de la nuit.
Sur le carreau du temps bourdonne une libellule,
Devenir, le silence, le repos, le passage, l’exil
l’ombre commune, le malheur commun, l’errance
la soif, l’absolu, le désert de l’âme, la source de la joie
l’amer, l’infini, le grain de sable, l’étoile
Les mots, corps célestes
Une interrogation
éternelle en deçà de la mort
Présence des visages
Avec pour exil, le même mot
Avec
pour voyage, le regard de la
même eau
Avec pour bagage, l’amour
du même feu.

(Nicole Barrière)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DOMINUS DOMINO (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

DOMINUS DOMINO

L’eau qui affleure entre les saules invente un abîme d’étoiles.
L’espace à y rêver je le déploie et il m’obsède.
Mon songe crée ce vide où il s’aggrave.
Ma profondeur me montre en moi mon défaut
mais je suis sa borne en elle,
nous nous sommes étrangers corps à corps.

[…]

Paroles et brises se font de plus en plus impalpables.
La clarté s’amenuise sans une ombre.
Exister s’exténue comme un hymne. Mon absence
me pleure de joie dans les mains.

(Jean Grosjean)
Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A la pleine lune qui se lève (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017


Vas-tu sitôt m’abandonner?
A l’instant tu étais si proche!
De lourdes nues t’entourent d’ombre,
Et maintenant tu n’es plus là.

Mais tu sens quelle est ma tristesse,
Ton bord surgit comme une étoile!
Tu viens me témoigner qu’on m’aime,
Si loin de moi que soit l’aimée.

Monte donc! Epands ta clarté
Au ciel pur, dans tout son éclat!
Si mon coeur bat plus vite et souffre,
La nuit est transportée de joie.

(Goethe)


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Insatisfaction (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Insatisfaction

Que cela me suffise
La joie des arbres fruitiers
Se gorgeant de soleil
Des sentiers bordés de haies
Où mûrissent des baies

Que cela me suffise
L’odeur de l’herbe et des feuilles
Une aube souriante
Un matin jovial
Un jour clair dans les mains de la marée

Que cela me suffise
Un soir de paix
Une nuit animale
Qui rampe sans bruit
Dans son pelage d’étoiles

Que cela me suffise
La chair d’une orange
Et celle de ton corps
Quand s’ouvre la maison de tes doigts

Mais cela ne me suffit pas.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LA-BAS (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017


 


 

Bretagne

LA-BAS

Les Bretonnes au coeur tendre
Pleurent au bord de la mer;
Les Bretons au coeur amer
Sont trop loin pour les entendre.

Mais vienne Pâque ou Noël,
Les Bretons et les Bretonnes
Se retrouvent près des tonnes
D’eau-de-vie et d’hydromel.

La tristesse de la race
S’éteint alors dans leurs yeux;
Ainsi les plus tristes lieux
Ont leur sourire et leur grâce.

Mais ce n’est pas la gaîté
Aérienne et sans voiles
Qui chante et danse aux étoiles
Dans les belles nuits d’été.

C’est une gaîté farouche,
Un rire plein de frissons,
Ferment des âpres boissons
Qui leur ont brûlé la bouche.

Plaignez-les de vivre encor;
Ce sont des enfants barbares.
Ah! les dieux furent avares
Pour les derniers nés d’Armor!

(Charles Le Goffic)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

Les mots me dictent (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration
    
Les mots me dictent: écris-nous.
Ils veulent être liés l’un à l’autre, ils veulent s’allier.

Un mot avec un mot avec un mot.
Une phalange de mots, les uns contre les autres pour moi.

Ils veulent tous être couchés sur le papier, c’est le lieu du combat.
Je suis souvent sceptique et je ne veux me soumettre à leur dictature,
je les jette au vent, mais ils sont plus forts que lui et reviennent vers moi,
me secouent et me torturent jusqu’à ce que je cède.

Les mots ne sont pas des choses dociles avec lesquelles on peut faire ce que l’on veut.
Ils sont durs, même ceux qui sont tendres. Nous nous regardons, nous nous aimons.
Mes arbres, mes étoiles, mes frères…

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chant funèbre (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Chant funèbre

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

***

Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

(Wystan Hugh Auden)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :