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Posts Tagged ‘étoile’

Et avec ça, madame ? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Christian Schloe - Austrian Surrealist Digital painter - Tutt'Art@ (90)

Et avec ça, madame ?

Insiste, persiste, essaye encore.
Tu la dompteras cette bête aveugle qui se pelotonne.
Aujourd’hui des fous et des sots se promènent par la ville.
Parole, on les prend pour des sages.
L’équilibre et la lucidité sont un des cas de la folie humaine.
Insiste, persiste, essaye encore.
Connaissant de ton destin ce qu’homme digne du nom doit en connaître.
Résolu comme un homme digne de ce nom doit être résolu.
Revenu de bien des illusions dans le domaine du rêve et de l’amitié.
Rêvant et aimant autant qu’en ta jeunesse,
Moins la duperie.
Insiste et persiste encore
Capable de parler des étoiles et du ciel et de la nuit et du jour, de la mer,
des montagnes et des fleuves.
Mais plus dupe.
Ni désespéré.
Moins encore résigné.
Dur comme la pierre et t’effritant comme elle.
En marche vers la force dont le chemin est aussi celui de la mort
Mais résolu à aller aussi loin, aussi longtemps que possible.
C’est-à-dire vivre.

(Robert Desnos)

Illustration: Christian Schloe

 

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Si tu me suis encore (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Si tu me suis encore
Comme un amant,
Je me ferai carpe
Dans un étang
Et jamais tu n’auras
Mon coeur content

— Si tu te fais carpe
Dans un étang,
Je me ferai pêcheur,
Pêcheur pêchant
Et pêcherai la carpe
Dedans l’étang.

— Si tu te fais pêcheur.
Pécheur péchant,
Je me ferai rose
Dans un vert pré,
Et jamais tu n’auras
Mes amitiés

— Si tu te fais rose
Dans un vert pré,
Je prendrai la forme
Du jardinier,
Et cueillerai la rose
Dans le vert pré.

— Si tu prends la forme
Du jardinier,
Je me ferai étoile
Au firmament,
Et jamais tu n’auras
Mon cœur content.

— Si tu te fais étoile
Au firmament,
Je me ferai nuage,
Nuage blanc,
Et je suivrai l’étoile
Au firmament.

— Si tu te fais nuage,
Nuage blanc,
Je te donnerai
Mon cœur content
Car tu m’auras conduite
Au firmament.

(Anonyme)

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L’aigle Noir (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
L’aigle Noir

Un beau jour,
Ou peut-être une nuit
Près d’un lac, je m’étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer.
Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
Comme tombé du ciel,
L’oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit.
À son front, brillant de mille feux,
L’oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue.
Dans ma main, il a glissé son cou.
C’est alors que je l’ai reconnu :
Surgissant du passé,
Il m’était revenu.

Dis l’oiseau, O dis, emmène-moi.
Retournons au pays d’autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles.

Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Être faiseur de pluie
Et faire des merveilles.

L’aigle noir, dans un bruissement d’ailes
Prit son vol pour regagner le ciel.
Quatre plumes, couleur de la nuit,
Une larme, ou peut-être un rubis.
J’avais froid, il ne me restait rien.
L’oiseau m’avait laissée
Seule avec mon chagrin.

Un beau jour, ou était-ce une nuit
Près d’un lac je m’étais endormie.
Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

(Barbara)

 

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CHALEUR (Nicolas Guillen)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



CHALEUR

La chaleur fend la nuit.
La nuit tombe grillée
Sur le fleuve.

Quel cri
Quel cri frais dans les eaux
le cri exhalé par la nuit
brûlée !

Chaleur rousse pour les nègres.
Tambour !
Chaleur pour les torses fulgurants
Tambour !
Chaleur avec des langues de feu
sur les échines nues…
Tambour !

L’eau des étoiles
Trempe les cocotiers
éveillés.
Tambour !
Haute lumière des étoiles.
Tambour !
Le phare polaire vacille.
Tambour !
Feu à bord ! Feu à bord !
Tambour !
C’est vrai ? Fuyez ! Mensonge !
Tambour !
Rives sourdes ! Ciels sourds.
Tambour !
Les îles s’en vont,
s’en vont, s’en vont,
s’en vont toutes brûlées.

(Nicolas Guillen)

Illustration

 

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Que notre reconnaissance se transforme en étoiles (Eléonore Sioui)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



images

Que notre reconnaissance
Se transforme en étoiles
Pour vous
A chaque jour de l’An Nouveau
Que les fleurs d’amitié et de
Reconnaissance qui prennent vie
Le long des lacs et des rivière de nos bois
Embellissent de leurs secrets
Tous vos moments en cette Nouvelle Année.

Marouane

(Eléonore Sioui)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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J’ai été souvent seul dans ma vie (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



J’ai été souvent seul dans ma vie
Défilaient les jours noirs et les blanches nuits
Heureusement me restaient les amis
Et cela me console et cela me suffit

Un jour je révélerai la mouvance de tous les là-bas
Le diamant des étoiles au fond des galactiques lacs
Où se perdent les cœurs les âmes et les pas
De ceux qui ne se souviennent pas
Du chemin qu’ils viennent d’emprunter
Et qui se nomme l’amitié

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Stéphane Pencréac’h

 

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Credo (Lucien Jacques)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Credo

Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger.

(Lucien Jacques)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

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C’est vrai (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
C’est vrai
Qu’il y a aussi des étoiles
Et qu’elles sont belles.

Que brûler leur donne
En fruit la lumière,

Et que rien ne dit
Qu’en leurs feux de pierre
Elles ne sauront rien

De nos mains qui grouillent,
De nos mains qui fouillent.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Broussaille (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Je m’enfonçai
vers l’heure mortelle.
Heure de l’agonie
et des derniers baisers.
Heure grave que rêvent
les carillons captifs
Coucous
sans coucou.
Etoile de rouille
énormes papillons
livides.
Par le bocage
des soupirs
vibrait
le violon
que j’avais enfant.

Il te faudra passer par là
mon coeur!
Par là
mon coeur!

(Federico Garcia Lorca)

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Nos vies (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Illustration: Edouard Drouot
    
Nos vies

Quel repos à l’aventure de vie
si l’étincelle ne ceint plus la terre,
si la pierre ne recèle de
secret
sur les mots d’hier, paisiblement saignés
dans le soir, et l’adieu sur le trottoir?
Silhouette allongeant l’arbre de la main,
ainsi pour élever l’au-revoir
en arme de lumière ; y chante l’antienne,
interrogation sur le point du matin
ou vole des cendres encore chaudes ?

Que vaut la pensée lorsque se joue
la fugue ; la philosophie du soleil
n’éteint pas le feu. Il faut abandonner
le rêve qui ne serait plus qu’un rêve,
car l’étoile seule a droit sur toi.
Homme, ton repos est une fausse note
ton brouillard se lèvera sur l’azur.
Quel usage ferons-nous de nos vies ?
Dériverons-nous sur le chaleil et l’eau ?
car au premier signe il faut guetter
la démesure d’un Absolu possible :

le bonheur parfois s’écrit sur un radeau

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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