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Poésie

Posts Tagged ‘étoile’

Si l’escargot ne bavait pas (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
si l’escargot ne bavait pas,
il serait une étoile

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes
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Couplet du trottoir d’été (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

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Couplet du trottoir d’été

Couchons-nous sur le pavé,
Par le soleil chauffé, par le soleil lavé,
Dans la bonne odeur de poussière
De la journée achevée,
Avant la nuit levée,
Avant la première lumière
Et nous guetterons dans le ruisseau
Les reflets des nuages en assaut,
Le coup de sang de l’horizon
Et la première étoile au-dessus des maisons.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Le rond et l’étoile (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

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Le rond et l’étoile

Pour faire une étoile à cinq branches
Ou à six ou davantage
Il faut d’abord faire un rond

Pour faire une étoile à cinq branches…
Un rond !
On n’a pas pris tant de précaution
Pour faire un arbre à beaucoup de branches
Arbres qui cachez les étoiles !
Arbres!
Vous êtes pleins de nids et d’oiseaux chanteurs
Couverts de branches et de feuilles
Et vous montez jusqu’aux étoiles !

(Robert Desnos)

 

 

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Appelle la sirène et l’étoile (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Victor Nizovtsev 
    

Appelle la sirène et l’étoile à grands cris
Si tu ne peux dormir bouche close et mains jointes
Ainsi qu’un chevalier de pierre qui sourit
A voir le ciel sans dieux et les enfers sans plainte.

O Révolte!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dis-moi où vit le silence (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Le vent souffle et ma peau se ride
puits de l’oeil et de l’étoile aveugle
ma parole est regard et rire
je me nourris de silence.

Dis-moi où vit le silence
non ce que l’homme nomme
quand il dit silence ou le silence
mais ce qu’il regarde
avant de se jeter bras ouvert dans l’abîme
du haut d’une tour en flammes
dans la rupture de tous les mots
là où l’horizon pèse dans sa balance désarmée
la dernière goutte d’homme
qui tombe dans le vide.

(Luis Mizón)

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A MA MÈRE (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Oskar Kokoschka
    
A MA MÈRE

J’ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère…
Et l’enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J’aurais honte des larmes de ma mère !

Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche de tes cheveux,
Un fil qui pend à l’ourlet de ta robe…
Et je serai, peut-être, un dieu,
Peut-être un dieu,
Si j’effleurais ton coeur !

Si je rentre, enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J’ai vieilli. Ramène les étoiles de l’enfance
Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
Le chemin du retour…
Au nid de ton attente !

(Mahmoud Darwich)

 

Recueil: La terre nous est étroite
Traduction: Elias Sanbar
Editions: Gallimard

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SONNET ASTRONOMIQUE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018


 


 

Jean Delville le26

SONNET ASTRONOMIQUE

Alors que finissait la journée estivale,
Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant
À ces mondes lointains dont je parle souvent.
Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.

Au retour, à l’endroit où la côte dévale,
Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant
De la soirée et des senteurs qu’avait le vent.
Vénus, dans l’ouest doré, se baignait triomphale.

Puis, las d’amour, levant les yeux languissamment,
Nous avons eu tous deux un long tressaillement
Sous la sérénité du rayon planétaire.

Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,
Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.

(Charles Cros)

Illustration: Jean Delville

 

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CONCLUSION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

CONCLUSION

J’ai rêvé les amours divins,
L’ivresse des bras et des vins,
L’or, l’argent, les royaumes vains,

Moi, dix-huit ans, Elle, seize ans.
Parmi les sentiers amusants
Nous irons sur nos alezans.

Il est loin le temps des aveux
Naïfs, des téméraires voeux !
Je n’ai d’argent qu’en mes cheveux.

Les âmes dont j’aurais besoin
Et les étoiles sont trop loin.
Je vais mourir saoul, dans un coin.

(Charles Cros)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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NOCTURNE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
NOCTURNE

Elle

Le rossignol se plaint dans la ramure noire.
Je t’ai donné mon corps, et mon âme, et ma gloire.

Les arbres élancés sont noirs sur le ciel vert.
Vois cette fleur qui meurt dans mon corsage ouvert.

Le vent est parfumé ce soir comme de l’ambre.
Tu sais qu’on a trouvé ton poignard dans ma chambre

Embrasse-moi. La lune a des teintes de sang.
Mon père est mort, dit-on, hier en me maudissant.

Là-haut le rossignol pleure et se désespère.
La cloche qu’on entend, c’est le glas de mon père.

Les parfums de ce soir font ployer mes genoux,
Je suis lasse. Un instant, ami, reposons-nous.

Que je t’aime! Au château vois-tu cette lumière?
C’est un cierge allumé près du lit de ma mère.

Ah! les étoiles!… — On dirait un sable d’or.
Ne t’avais-je pas dit que mon père était mort?

Levons-nous. Allons près du lac. Je suis plus forte.
Ne t’avais-je pas dit que ma mère était morte?

Entends le bruit de l’eau… C’est comme des chansons,
C’est comme nos baisers, quand nous nous embrassons.

Je ne veux pas savoir d’où tu viens, ni même
Savoir quel est ton nom… Que m’importe? Je t’aime

Le rossignol se tait au bruit de ce beffroi.
Ma mère me disait que ton coeur était froid.

La lune fait pâlir le cierge à la fenêtre.
Mon père me disait que tu n’étais qu’un traître.

Écoute ce grillon. Vois donc ce vers luisant.
Assez de cloche. Assez de cierge. — Allons-nous-en.

J’ai pris des diamants autant qu’on voit d’étoiles,
Partons. Sens le bon vent, qui va gonfler nos voiles.

Viens. Qu’est-ce qui retient ta parole et tes pas?

Lui

Mademoiselle, mais… Je ne vous aime pas.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Paul Emile Chabas
    
VISION

I
Au matin, bien reposée,
Tu fuis, rieuse, et tu cueilles
Les muguets blancs, dont les feuilles
Ont des perles de rosée.

Les vertes pousses des chênes
Dans ta blonde chevelure
Empêchent ta libre allure
Vers les clairière prochaines.

Mais tu romps, faisant la moue,
L’audace de chaque branche
Qu’attiraient ta nuque blanche
Et les roses de ta joue.

Ta robe est prise à cet arbre,
Et les griffes de la haie
Tracent parfois une raie
Rouge, sur ton cou de marbre.

II
Laisse déchirer tes voiles.
Qui es-tu, fraîche fillette,
Dont le regard clair reflète
Le soleil et les étoiles?

Maintenant te voilà nue.
Et tu vas, rieuse encore,
Vers l’endroit d’où vient l’aurore;
Et toi, d’où es-tu venue?

Mais tu ralentis ta course
Songeuse et flairant la brise.
Délicieuse surprise,
Entends le bruit de la source.

Alors frissonnante, heureuse
En te suspendant aux saules,
Tu glisses jusqu’aux épaules,
Dans l’eau caressante et creuse.

Là-bas, quelle fleur superbe!
On dirait comme un lys double;
Mais l’eau, tout autour est trouble
Pleine de joncs mous et d’herbe.

III
Je t’ai suivie en satyre,
Et caché, je te regarde,
Blanche, dans l’eau babillarde;
Mais ce nénuphar t’attire.

Tu prends ce faux lys, ce traître.
Et les joncs t’ont enlacée.
Oh! mon coeur et ma pensée
Avec toi vont disparaître!

Les roseaux, l’herbe, la boue
M’arrêtent contre la rive.
Faut-il que je te survive
Sans avoir baisé ta joue?

Alors, s’il faut que tu meures,
Dis-moi comment tu t’appelles,
Belle, plus que toutes belles!
Ton nom remplira mes heures.

« Ami, je suis l’Espérance.
Mes bras sur mon sein se glacent. »

Et les grenouilles coassent
Dans l’étang d’indifférence.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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