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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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Sur le coeur du Berger (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021




    
Il m’a pris dans ses mains et j’ai posé la tête
Sur le coeur du Berger ainsi qu’un agneau las.
Et j’y suis bien, sa folle et plaintive conquête,
J’y suis bien et, s’il veut, je ne bougerai pas

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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I FEEL PRETTY – WEST SIDE STORY (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021



    
I FEEL PRETTY – WEST SIDE STORY

MARIA
Je me sens jolie
Oh, si jolie
Je me sens jolie, spirituelle et brillante !
Et j’ai pitié

De toutes les filles qui ne sont pas moi ce soir.

Je me sens charmante
Oh, si charmante
C’est alarmant de voir comme je me sens charmante !
Et si jolie
Que j’ai peine à croire que je suis réelle.

Vous voyez, la jolie fille dans ce miroir, là ?
Qui peut bien être cette fille attirante ?
Un si joli visage
Une si jolie robe
Un si joli sourire
Un si joli moi !

Je me sens stupéfiante
Et ravissante

J’ai envie de courir et de danser de joie
Car je suis aimée
Par un garçon beau et merveilleux !

LES FILLES
Avez-vous rencontré notre gentille amie Maria ?
La fille la plus folle du quartier
Vous la reconnaîtrez dès que la verrez
C’est celle qui est dans un état de choc avancé

Elle croit qu’elle est amoureuse
Elle se croit en Espagne
Elle n’est pas amoureuse
Elle est simplement folle

Ce doit être la chaleur
Ou une maladie rare
Un excès de nourriture

Ou alors, est-ce à cause des puces ?

Ne vous approchez pas d’elle
Envoyer chercher Chino !
Ce n’est pas la Maria
Qu’on connaît !

Modeste et pure
Polie et raffinée
Bien élevée et mature
Complètement déjantée

MARIA
Je me sens jolie
Oh, si jolie
Que la ville devrait me donner sa clé
Un comité
Devrait être constitué pour m’honorer

LES FILLES
La la la la…

MARIA
Je me sens vertigineuse
Je me sens rayonnante
Je me sens pétillante, bien, amusante
Et si jolie
Que Miss America peut aller se rhabiller !

LES FILLES
La la la la…

MARIA
Vous voyez, la jolie fille dans ce miroir, là ?

LES FILLES

Quel miroir, où ça ?

MARIA
Qui peut bien être cette fille attirante ?

LES FILLES
Laquelle ? Quoi ? Où ? Qui ?

MARIA
Un si joli visage
Une si jolie robe
Un si joli sourire
Un si joli moi !

LES FILLES
Un si joli moi !

TOUTES

Je me sens stupéfiante
Et ravissante
J’ai envie de courir et de danser de joie
Car je suis aimée
Par un garçon beau et merveilleux !

***

MARIA
I feel pretty,
Oh, so pretty,
I feel pretty and witty and bright!
And I pity

Any girl who isn’t me tonight.

I feel charming,
Oh, so charming
It’s alarming how charming I feel!
And so pretty
That I hardly can believe I’m real.

See the pretty girl in that mirror there:
Who can that attractive girl be?
Such a pretty face,
Such a pretty dress,
Such a pretty smile,
Such a pretty me!

I feel stunning
And entrancing,
Feel like running and dancing for joy,

For I’m loved
By a pretty wonderful boy!

GIRLS
Have you met my good friend Maria,
The craziest girl on the block?
You’ll know her the minute you see her,
She’s the one who is in an advanced state of shock.

She thinks she’s in love.
She thinks she’s in Spain.
She isn’t in love,
She’s merely insane.

It must be the heat
Or some rare disease,
Or too much to eat

Or maybe it’s fleas.

Keep away from her,
Send for Chino!
This is not the
Maria we know!

Modest and pure,
Polite and refined,
Well-bred and mature
And out of her mind!

MARIA
I feel pretty,
Oh, so pretty
That the city should give me its key.
A committee
Should be organized to honor me.

GIRLS
La la la la . . .

MARIA
I feel dizzy,
I feel sunny,
I feel fizzy and funny and fine,
And so pretty,
Miss America can just resign!

GIRLS
La la la la . . .

MARIA
See the pretty girl in that mirror there:

GIRLS

What mirror where?

MARIA
Who can that attractive girl be?

GIRLS
Which? What? Where? Whom?

MARIA
Such a pretty face,
Such a pretty dress,
Such a pretty smile,
Such a pretty me!

GIRLS
Such a pretty me!

ALL

I feel stunning
And entrancing,
Feel like running and dancing for joy,
For I’m loved
By a pretty wonderful boy!

(West Side Story)

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En quittant une ville, j’entends (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021


 


 

En quittant une ville, j’entends

Dans le train de nuit, y a des fantômes
Qui me sourient quand nous passons sur les prairies.
Dans le train de nuit, y a des royaumes
Et puis du bruit et puis Paris au bout de la nuit.
Les souvenirs si tendres
Viennent s´y faire entendre.
J´entends.

J´entends la voix des flots enchanteurs
Qui font au fond de mon cœur
Des sérénades.
J´entends le triste appel des bateaux
Et la chanson des oiseaux
Sur l´esplanade.
Voici le ciel peuplé
De ses moutons blancs.
Voici la mer troublée,
Spectacle troublant…
J´entends la ville qui me dit bonsoir
Et moi, sur le quai de la gare,
Je dis de mon mieux des mots d´adieu.

Dans le train de nuit, y a des visages,
Des yeux rêveurs, des cheveux blonds, des cheveux fous.
Dans le train de nuit, le paysage,
C´est du brouillard qui va danser dans l´air très doux.
Chantent sur la rivière
Les ombres familières

J´entends les mots de nos rendez-vous.
Le tu remplace le vous.
C´est la campagne…
J´entends claquer ton pas dans la rue.
Quand le jour a disparu,
Je t´accompagne.
Voici les prés, les bois.
Près de moi, tu bois.
Voici la ville qui dort
Dans son rêve d´or.
J´entends ta voix trembler de bonheur
Et j´entends battre ton cœur.
Adieu, beaux jours.
Adieu l´amour…

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

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La route enchantée (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Marcio Melo 04

La route enchantée

1. Le ciel est plein de joie
La nuit est parfumée
Ah! Quel parfum subtil
Odeur de feu de bois
Douce odeur de fumée
Odeur du mois d´avril
On sent que bientôt c´est la fête
La jolie fête du printemps
Qui fleurit par-dessus nos têtes
Le ciel d´avril comme les champs

{Refrain:}
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Connais-tu le pays du rêve
Le pays d´amour où,sous le ciel bleu
Tout est joyeux
Les beaux jours sont courts
Au pays d´amour
Et les nuits les nuits sont brèves
Mais l´on vit sa vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : en voilà!
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…

2. Rivière mon amie
C´est pour toi que je chante
Et vous petits oiseaux écoutez-moi
Cochons vaches et veaux
Et vous bêtes méchantes
Qui hurlez dans les bois
Demain c´est le jour où l´on s´aime
Et qui sème récolte l´amour
L´amour c´est le plus beau poème
Pourquoi ne pas s´aimer toujours

{Refrain} :
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Chante l´amour au clair de lune
Chante sans un sou
Chante comme un fou
Partout partout
La jeunesse est là
Qui te tend les bras
Le soleil c´est la fortune
Si tu vis ta vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : En voilà
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…
Bonjour le jour la vie la nuit l´amour!

(Charles Trenet)

Illustration: Marcio Melo

 

 

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EN FIN DE CONTE (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2021



 

Boleslas Biegas 4078382_

EN FIN DE CONTE

FLAMBÉS par le mal des ardents
joueurs de flûte du charnier
morts sans phrases et sans gants
hommes fous à lier

Hier c’était jadis dans la villa des ombres
sur un quai sans accès même aux cygnes du roi
je t’attendais ô Notre-Dame des Décombres

Il me reste un regard que je garde pour moi
le seul reflet sauvé des derniers yeux du monde

(Paul Gilson)

Illustration: Boleslas Biegas

 

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QUEL vent fou (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021



 

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QUEL vent fou pavoisant un jour de mi-carême
mêle aux fils de tramway des bouts de serpentins
Le printemps au salon l’hiver sur le jardin
il y a bal masqué dans les villes que j’aime

Un jaquemart de fer ayant jeté son coeur
pour laisser le temps mort rouiller sous son armure
éclabousse de sang parmi les épluchures
des chapeaux de conscrits aux rubans de couleur

Mon rêve se déplume au delà des baraques
c’est le garde sommeil qui s’est battu pour moi
comme la neige tombe à la fin du tournoi
sur l’arbre de Noël où couve un oeuf de Pâques

(Paul Gilson)

 

 

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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Ma mort (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2021




    
ma mort
les herbes folles
la pluie

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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– Je sais que l’unique chant… Antonio Gamoneda)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
    
– Je sais que l’unique chant…

Je sais que l’unique chant,
de tous les chants anciens le seul digne,
l’unique poésie,
est celle qui se tait et aime toujours ce monde,
cette solitude qui rend fou et vous dépouille.

***

Sé que el único canto,
el único digno de los cantos antiguos,
la única poesía,
es la que calla y aún ama este mundo,
esta soledad que enloquece y despoja.

(Antonio Gamoneda)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie espagnole. Anthologie 1945–1990
Traduction: Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
Editions Actes Sud:

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