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La fille aux cheveux de lin (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Daniel F. Gerhartz - Tutt'Art (11) [800x600]

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Daniel F. Gerhartz 

 

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Ce qui gonfle ma sympathie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Felix Mas   -   (65) [1280x768]

Ce qui gonfle ma sympathie,
ce que j’aime,
me cause bientôt
autant de souffrance
que ce dont je me détourne,
en résistant,
dans le mystère de mon coeur:
apprêts voilés d’une larme.

(René Char)

Illustration: Felix Mas

 

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Que ma présence (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



Que ma présence qui vous cause
énigmatique malaise,
haine sans rémission,
soit météore
dans votre âme.

(René Char)

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LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

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Sur la tapisserie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

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Sur la tapisserie

Dans un coin obscur de ma chambre,
Sur la tapisserie,
Il y a des fleurs qui ressemblent
A de petites filles.

Elles s’en vont, claires et sages,
Se tenant par le bras,
Dans un étrange paysage
Aux chaumières sans toit.

J’ignore encore trop de choses
Pour les accompagner
Dans les domaines où l’on ose
Causer avec les fées.

Mais lorsqu’il pleut, si je m’ennuie,
Je les fais quelquefois
Sortir de la tapisserie
Pour jouer avec moi.

(Maurice Carême)

 

 

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Je vous aimais (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Illustration: Lisa G    
    
Je vous aimais… l’amour n’est pas, peut-être,
Au fond du cœur totalement éteint,
Mais devant vous je le fais disparaître,
Je ne veux pas vous causer de chagrin.

Je vous aimais sans mots, sans rien attendre,
Timide ou torturé de jalousie ;
Je vous aimais d’un amour pur et tendre —
Dieu veuille qu’on vous aime encore ainsi.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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LE PATOIS DE CHEZ NOUS (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PATOIS DE CHEZ NOUS

Dans mon pays, dès ma naissance
Les premiers mots que j’entendis
Au travers de mon «innocence »
Semblaient venir du paradis
C’était ma mère, toute heureuse,
Qui me fredonnait à mi-voix
Une simple et vieille berceuse,
En patois…

Le joli patois de chez nous
Est très doux !
Et mon oreille aime à l’entendre.
Mais mon cœur le trouve plus doux,
Et plus tendre !

Dans mon pays, au temps des sèves,
A l’âge où d’instant en instant,
L’amour entrevu dans nos rêves
Se précise dans le Printemps.
Cueillant les fleurs que l’avril sème
Un jour, pour la première fois,
Une fille m’a dit : « Je t’aime »
En patois…

De mon pays blond et tranquille
Quand je suis parti « déviré »
Par le vent soufflant vers la Ville,
Mes vieux et ma mie ont pleuré.
Pourtant, jusqu’au train en partance
M’ont accompagné tous les trois
Et m’ont souhaité bonne chance
En patois…

Loin du pays, dans la tourmente
Hurlante et folle, de Paris,
Où ma pauvre âme se lamente
Un bonheur tantôt m’a surpris !
Des paroles fraîches et gaies
Ont apaisé mes noirs émois :
J’ai croisé des gens qui causaient
Mon patois…

(Gaston Couté)

 

 

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LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marc Chagall

    

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT…

Voilà : ce matin je voulais
Honorer d’un brin de romance
L’éveil des nids pleins d’oiselets
Et le doux printemps qui commence
J’ai débouché mon encrier,
Pris une plume et du papier

Refrain
J’ai voulu faire une chanson
Mais tireli tirelirette
Dans mon champ rempli de moisson
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantaient trop fort (bis)

Au bout des vers de ma chanson
Tombèrent d’un vol unanime
Fauvette, bouvreuil et pinson
Dont le bec pilla chaque rime
Et leur refrain assourdissant
Étouffa le mien en passant.

Ainsi ce soir auprès de vous
Froissant nerveusement des roses
Je cherche les mots les plus doux
Pour vous dire certaines choses
J’en trouve trop… qui sont très bien
J’ouvre la bouche et ne dis rien.

Refrain final
Je voudrais vous causer d’amour
Mais tireli tirelirette
Dans mon coeur qu’enfête le jour
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantent si fort (bis).

(Gaston Couté)

 

 

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LE VIN LE PAVILLON DE PORCELAINE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: Maison chinoise à Berlin
    
LE VIN
LE PAVILLON DE PORCELAINE
Li-Taï-Pé
 
Au milieu du petit lac artificiel, s’élève un pavillon de porcelaine verte et blanche ;
on y arrive par un pont de jade, qui se voûte comme le dos d’un tigre.
Dans ce pavillon, quelques amis, vêtus de robes claires, boivent ensemble des tasses de vin tiède.
Ils causent gaiement, ou tracent des vers, en repoussant leurs chapeaux en arrière, en relevant un peu leurs manches,
Et, dans le lac, où le petit pont, renversé, semble un croissant de jade,
quelques amis, vêtus de robes claires, boivent, la tête en bas dans un pavillon de porcelaine.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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INSCRIPTION (Saint-Georges de Bouhélier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



INSCRIPTION
SUR CE QUI CAUSE LE MALHEUR

Tu te plains de la vie, elle u pourtant ses charmes
Qu’il est beau de connaître.
Il te semble, il est vrai, qu’ils ont un goût de larmes
Mais il naît de ton être !

L’eau de pluie en tombant dans un puits plein de sable
Prend son odeur ainsi.
Toute chose qui passe en ton cœur misérable
Se charge de soucis.

Tu crois les jours sans grâce, ils te paraissent sombres,
Sans qu’aucun d’eux ne brille :
C’est en toi qu’empruntant ces couleurs pleines d’ombres
Ils deviennent stériles.

La peine qui t’emplit fait de chaque délice
Un chagrin éternel,
Comme un objet plongé dans la vague qui glisse
Se recouvre de sel !

Rejette loin de toi cette langueur tragique
Qui toujours te dévore :

Tu verras quel bonheur l’univers communique
A l’âme qui l’adore !

(Saint-Georges de Bouhélier)

Illustration

 

 

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