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Poésie

Posts Tagged ‘prodige’

Un couple là-bas s’endort (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Odd Nerdrum

 

Un couple là-bas s’endort
dans la barque de la mort.
Ne vous pressez pas, vous dis-je,
nous attendons un prodige.
Cannelure des colonnes
c’est de vous que sortit l’homme :
or au fond des propylées
la gorge était profilée.
Pins odorants de soleil
pour qui sonna le sommeil ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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TU VAS PAR LA ROUTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (4)

TU VAS PAR LA ROUTE

Tu vas par la route, sans savoir comment,
Tu portes le deuil et tu ne sais de qui,
Tu es comme l’arbre noir en automne
Quand la clarté fait reluire le gris.

Il aimerait avoir d’autres feuilles
Eclat argenté, mi-luisant, prodige
L’homme mourrait, mais il ne peut mourir,
Il vivrait, mais il est cassé, tué.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Bonheur, simplement, d’être là (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Bonheur, simplement, d’être là,
Parmi les pluies, les mots visibles,
Sur la terre un instant rassemblée
Dans l’odeur des prodiges,
D’éprouver le sang dru sous l’écorce,
La soif et ses ruisseaux d’épines,
Et de taire la vie pour l’écouter
Parler, d’être là, justement,
Où la lumière tremble et se divise,
D’appartenir à cet essaim de joie
Qui m’assaille et m’enclôt comme un fruit,
Puis me disperse au vent de vérité.

(Pierre Gabriel)

 

 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille desséchée qui se recroqueville,
c’était le cheval terrassé.

Du bien, je n’ai rien su, hormis le prodige
qui entrouvre la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon haut dans le ciel.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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La danseuse n’est pas une femme qui danse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

La danseuse n’est pas une femme qui danse,
pour ces motifs juxtaposés qu’elle n’est pas une femme,
mais une métaphore résumant un des aspects élémentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc…
et qu’elle ne danse pas, suggérant, par le prodige de raccourcis ou d’élans,
avec une écriture corporelle ce qu’il faudrait des paragraphes en prose dialoguée autant que descriptive,
pour exprimer, dans la rédaction : poème dégagé de tout appareil du scribe.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Isadora Duncan

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Les prodiges de la liberté (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
Les prodiges de la liberté

Entre les dents d’un piège
La patte d’renard blanc
Et du sang sur la neige
Le sang du renard blanc
Et des traces sur la neige
Les traces du renard blanc
Qui s’enfuit sur trois pattes
Dans le soleil couchant
Avec entre les dents
Un lièvre encore vivant.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio

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Le Vent frappe à ta porte (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




Le Vent frappe à ta porte comme un Maître de camp,
A ta porte timbrée du gantelet de fer.Et toi, douceur, qui vas mourir, couvre-toi la face de ta toge
Et du parfum terrestre de nos mains …

Le Vent s’accroisse sur nos grèves et sur la terre calcinée des songes !
Les hommes en foule sont passés sur la route des hommes,
Allant où vont les hommes, à leurs tombes. Et c’est au bruit
Des hautes narrations du large, sur ce sillage encore de splendeur vers l’Ouest, parmi la feuille noire et les glaives du soir …

Et moi j’ai dit : N’ouvre pas ton lit à la tristesse. Les dieux
s’assemblent sur les sources,

Et c’est un murmure encore de prodiges parmi les hautes narrations du large ….

(Saint-John Perse)

Illustration

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille qui se recroqueville,
desséchée, c’était le cheval terrassé.

Du bien je n’ai rien su, hors le prodige
éclos de la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon très haut qui plane.

***

Spesso il male di vivere ho incontrato :
era il rivo strozzato che gorgoglia,
era l’incartocciarsi della foglia
riarsa, era il cavallo stramazzato.

Bene non seppi, fuori del prodigio
che schiude la divina Indifferenza :
era la statua nella sonnolenza
del meriggio, e la nuvola, e il falco alto levato.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Le premier pas (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Tu dis «je vais à ta rencontre»
et tu marches vers toi-même.
Tu coules à pic dans le matin,
tentes un premier pas.
La fin du jour est tienne.

Semence cachée,
tu entres dans le désordre de ton village.
Tu ne reconnais plus ta nudité,
ni ce qui chuchote en toi.
Tu demeures là et tu pleures,
sans royaume, sans frontière,
dans le prodige de la nuit et du renoncement.

C’est cela le premier mot,
un endroit d’herbes longues,
de vipères, de coupures sur la peau.

Rien devant toi.
Le premier pas.

(Dominique Sampiero)


Illustration: John William Godward

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Pourtant (Marc Dugardin)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
pourtant
ce n’est pas un tapis la neige
et l’oiseau n’est porteur d’aucun message

il n’y a que l’hiver tout simplement
le rouge-gorge plus familier dans les jardins

rien de tout cela n’est un prodige
et nul autre que nous ne met en scène
les personnages de nos rêves

pourtant
c’est toujours une visite inattendue
qui ouvre nos yeux sur la réalité du monde

(Marc Dugardin)

 

Recueil: Quelqu’un a déjà creusé le puits
Traduction:
Editions: Rougerie

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