Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chercher’

Tu n’écris pas pour obscurcir ce qui est clair (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Tu n’écris pas pour obscurcir
ce qui est clair,
tu es venu de la source
cherchant la transparence.

Tu es venu de la rose
et de l’intérieur du bleu,
cherchant la voix des yeux
avec sa frise de nuit.

Ce qui bouge en toi, ce que
tu donnes,
est un rivage léger.

Ce qui appelle en toi, voix
du proche, enseigne et construit
des signes d’éternité.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jamais je n’ai cherché la gloire (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater…

(Antonio Machado)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ils sen vont, tu les aimais (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils s’en vont, tu les aimais.
Debout dans l’embrasure
d’une nuit sans voix,
désirant. tu cherches souffle.

Tu es au bord d’une immense
absence, là où se dissipent
toute chose et toute fable,
où le temps n’est plus le temps,

Ni poussière ni fantôme
ni même image, mais une pause
infinie, résolution

De l’infime, rien qu’une pluie
de mains impalpables qui ne saisissent
rien ni personne.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu conjugues la veille à l’éternelle absence (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Illustration: Francine Van Hove
    
Tu conjugues la veille
à l’éternelle absence,
conjonction des figures et des pauses,
ce qui tombe et se relève avec le soir.

Des oiseaux bleus quelquefois
traversent ton regard. Tu retournes
à la table peinte, à tes plumes,
tes ciseaux, tes phrases, tes silences.

Tant de choses inexplicables passent
par le détail des mois et des années.
Tu reviens de partout

Si pâle du sommeil refusé,
cherchant le lieu et la limite
ou la coïncidence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TOUT DOUCEMENT (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
TOUT DOUCEMENT

Tout doucement vers le :
Sans Toi
dissolution des phrases
arbres

Toujours se nourrir de bribes
à l’intérieur des lettres
cherchant le mot plus tendre
le mot révélateur
sous les timbres gais

: par où entrer
par où toucher la chair
le coeur

la voix sous la voix
qui appelle
un peu

mot toujours plus petit dans la lettre
encre déjà lointaine
Encre :
ton eau

ne me baigne
plus

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’exil de la beauté (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



L’exil de la beauté

Va, cherche dans la vieille forêt humaine
L’abri que je destine à ta vie incertaine.
Ne tremble pas trop quand le soir resserrera tes veines ;
Songe que les chairs fanées ne peuvent refleurir
Et garde aux coins de ta bouche pâle l’ombre d’un sourire.
Prends un bâton, si tu veux, et aussi une besace,
Marche, en suivant, le long des champs, la trace
Que font les bœufs qui s’en vont au labour
Et les enfants en quête des fleurs nouvelles de l’amour.
Tu trouveras peut-être l’amour sur ton chemin
Ou la mort, ou des pauvres qui tendront la main
Vers ton cœur ou bien vers ta gorge ;
Tu leur donneras ce que tu as, un morceau de pain d’orge,
Mais ils diront des injures
Et des larmes te viendront aux yeux d’entendre des paroles impures.
Ne pleure pas, lève la tête, les dieux,
Quand ils sont en exil, marchent encore dans les cieux.
Dérobe aux hypocrites ta noble nudité,
Sois pour eux la laideur, toi qui es la beauté.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

HIÉROGLYPHES DE LA POESIE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 

HIÉROGLYPHES DE LA POESIE

Ce qui vient et ce qui part
Pose un étrange problème
Qu’on ne résout nulle part
Par la prose ou le poème

Viens viens l’allure des blés
Hâte sa marche immobile
Ceux qui restent sont troublés
Aux moissons d’automobiles

De la terre à l’océan
Tout revient à la matière
Trouve le goût du néant
Sur ma poitrine de terre

Ah ! Je sais dans cent mille ans
Mes graines les plus secrètes
Chevaucheront le flot lent
Qui reprendra la planète

Et devant l’os d’un clackson
Qui va remonter habile
Au nouvel iguanodon
D’une vieille automobile

Alors qui saura jamais
Que les enfants de Sisyphe
Ont enterré le secret
D’étranges hiéroglyphes

Et les fourmis chercheront
Dans cent mille décennies
La vaine explication
D’une humaine poésie

(Robert Goffin)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah combien j’étais fou (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Ah combien j’étais fou, moi qui cherchais parfois
A te représenter : tu n’es pas de la terre,
Tu n’as pas nom humain, ton beau visage
Est le soleil épars sur les choses,
Ta voix est un frisson d’étoiles ;
Ou encore, quand s’ouvre le ciel, tu souffles
Une trop étrange parole.
Et pour cela jamais personne
Ne proclamera ta venue.
D’où vient, pourtant, que tu parles en mon cœur ?
Oh, puisque tu me parles, tu dois m’entendre ?
Si tu m’entends, je ne te demande qu’une grâce,
A toi mon errante et passagère compagne :
Celle de blasphémer ou de prier un dieu.

***

Ah quanto folle che cercai talvolta
D’affigurarti : tu non sei terrena
E non hai nome umano, il tuo bel volto
È il sole sparso sulle cose
Et la tua voce un fremito di stelle ;
O, fratto il cielo, soffi
Una favella troppo forestiera.
Per questo mai nessuno
Proclamerà il tuo avvento.
Donde, pure, che tu mi parli in cuore ?
O, dal momento che mi parli, m’odi ?
E se m’odi, una Bola grazia chiedo
A te, compagna errante e casuale :
Di bestemmiare o di pregare un dio.

(Tommaso Landolfi)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Si peu console (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Laisser tomber tous ces symboles;
Si l’on souffre trop d’être humain,
Il faut chercher un peu plus loin:
Si peu console…

(Patrice de La Tour du Pin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Les filles aux yeux bandés (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Les filles aux yeux bandés,
(Otez les bandeaux d’or)
Les filles aux yeux bandés
Cherchent leurs destinées…

Ont ouvert à midi,
(Gardez les bandeaux d’or)
Ont ouvert à midi,
Le palais des prairies…

Ont salué la vie,
(Serrez les bandeaux d’or)
Ont salué la vie,
Et ne sont point sorties…

(Maurice Maeterlinck)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :