Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘direction’

La nuit qui précède et suit sa propre nuit (Daniel Leduc)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



La nuit
qui précède et suit
sa propre nuit

comme le mot
qui précède et suit
son propre sens

et le sens
des autres
mots

à chacun
l’essence
de ses nuits
les sens
de ses mots

à chacun
la direction
du sens

(Daniel Leduc)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Plateau d’oeufs (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Plateau d’oeufs

Sur la table un grand plateau d’aras
tachetés de brun, coquilles endormies
qui tanguent comme des yachts
en régate poussés sur la mer.

Fragilité ; nous cassons si facilement,
enlevés au lit de l’amitié,
chaque coquille ronde sans visage
cherchant sa direction, incapable de bouger.

Plénitude et silence ; j’aimerais mettre
leur concentration collective
dans une photo, l’agrandir,
puis les étaler comme des galets
sur une plage et les aligner vers la mer.

***

Tray of eggs

On the table a tray of eggs
with mottled tans, rolling drunk
asleep in their shells, like racing
yachts blown across the sea.

Fragility; we crack so easily,
plucked from the bed of companionship
each rounded shell – faceless,
looking for direction, unable to move.

Full and silent: I would like to take
their massed concentration
in a photograph then, enlarging it,
lay them out like cobblestones
on a beach, and line them up to the sea.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je n’ai pas vraiment peur de disparaître (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018




[…]
Je n’ai pas vraiment peur de disparaître.
Je voudrais seulement comme tout le monde savoir dans quelle direction je vais ensuite.
Si ce sera dedans.
Si ce sera dehors.
Est-ce que la mort est dedans ou dehors ?
Là est la question.
Là est ma question.
J’aime finalement bien habiter quelque part.
Je ne suis pas difficile en matière d’habitation.
Je veux bien habiter pour toujours à l’hôtel.
La seule chose que je n’aime pas ce sont les camps de vacances
Les villages de toile.
Dans une pâture normande ou au bord de la Méditerranée.
Je préfère une Place Publique de gens habillés, en manches de chemise, assis à une terrasse, buvant de
la bière ou du Moselle frais, suçant à petites cuillerées un sorbet cassis ou groseilles à maquereaux.
J’ai la vision d’une foule italienne idéale, femmes impeccablement blanches et brunes, lunettes de soleil
noires, tailleurs à fines rayures.
[…]
(Jacques Darras)

Illustration: Benoit Colsenet

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un geste (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration: Aaron Siskind
    
Un geste vers le bas
ne trouve pas toujours
un geste vers le haut.
Mais lorsqu’il le trouve
ils vont tous deux vers le haut
ou tous deux vers le bas.

Ou peut-être les directions disparaissent
et inaugurent dans le point de rencontre
la transfiguration qui les dispense
d’un mouvement quelconque.

Tout geste est une épiphanie
lorsqu’il n’y a plus de différences
entre le haut et le bas.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je dois me mettre en marche (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Je dois me mettre en marche,
sachant que comme tous ceux qui m’ont précédée,
je n’arriverai nulle part,
que comme tous ceux qui sont partis avant moi,
j’échouerai,
que je vais vers ma défaite certaine
et que pourtant tout cela n’est pas le moins du monde triste.

Personne n’exige de moi que je réussisse,
mais seulement que je franchisse un pas en direction de la lumière.

L’important n’est pas que je porte le flambeau jusqu’au bout,
mais que je ne le laisse pas s’éteindre.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Trois heures de l’après-midi (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



verveine-164157-800x600

Trois heures de l’après-midi
L’odeur de la verveine citronnelle
Divise l’air
Déjà les ombres sur le chemin
Trahissent une direction
Que les murs abreuvent

(Heather Dohollau)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Conseils venus du dehors (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Conseils venus du dehors :
certains lieux, certains moments nous «inclinent»,
il y a comme une pression de la main, d’une main invisible,
qui vous incite à changer de direction
(des pas, du regard, de la pensée) ;
cette main pourrait être aussi un souffle,
comme celui qui oriente les feuilles, les nuages, les voiliers.
Une insinuation, à voix très basse, comme de qui murmure :
regarde, ou écoute, ou simplement : attends.

Mais a-t-on encore le temps d’attendre, la patience d’attendre?
Et puis, s’agit-il vraiment d’attendre?
S’est-il rien passé ?

(Philippe Jaccottet)

Illustration… Cette lune a une histoire!!

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Console-toi (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration
    
Console-toi

quand tous les oiseaux se taisent
dans l’été accablant
alouette on te voit prendre encore
la direction du ciel

quand tous les arbres renoncent
que les couleurs sont défraîchies
ô sapin tes cimes vertes
percent ce désert

pour cette raison tiens bon
le monde est malade mais toi tu entonnes
déjà le printemps
il fait des miracles le son exact

***

Trost

Wenn schon aile Vögel schweigen
In des Sommers schwülem Drang,
Sieht man, Lerche, dich noch steigen
Himmelwärts mit frischem Klang.

Wenn die Bäume all’ verzagen
Und die Farben rings verglühn’
Tannbaum ! deine Kronen ragen
Aus der Ode ewiggrün.

Darum halt nur fist die Treue !
Wird die Welt auch alt und bang :
Brich den Frühling an aufi neue,
Wunder tut ein rechter Kiang !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui pousse la porte à être porte? (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
Qui pousse la porte à être porte?

Qui veut en elle une sortie
vers toutes les directions ?

(Israël Eliraz)

 

Recueil: Comment entrer dans la chambre où l’on est depuis toujours
Traduction:
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :