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LES BELLES DAMES DE PARIS (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020


 


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LES BELLES DAMES DE PARIS

Les belles dames de Paris
Ont de belles robes
Avec de grands cols à broderies
Sous les manteaux fourrés de haut prix.

Les belles dames de Paris
Du Pont-Neuf à la Concorde
Ont de beaux visages poudrés de riz
Et de mignonnes mains gantées de gris.

Mais elles ont mieux
Pour les galants audacieux,
Elles ont mieux encore
Que beaux habits et beaux yeux;

Elles ont mieux que fraîches mines
Malicieuses de souris :
Elles ont de gracieux corps
Sous les chemises fines;

Elles ont cuisses et jambes jolies
Et veloutées comme fleur ou fruit
Dans leur lit,
Les belles dames de Paris.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Albert Lynch

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Il est 5 heures, Paris s’éveille (Jacques Dutronc)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Il est 5 heures, Paris s’éveille

Je suis l’dauphin d’la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d’balais

Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille

Les travestis vont se raser
Les stripteaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués

Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille

Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n’est plus qu’une carcasse

Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille

La tour Eiffel a froid aux pieds
L’Arc de Triomphe est ranimé
Et l’Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée

Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille

Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night, regagne les cars
Les boulangers font des bâtards

Il est cinq heures
Paris s’éveille
Paris s’éveille

Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C’est l’heure où je vais me coucher

Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n’ai pas sommeil

(Jacques Dutronc)


Illustration

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Tableau de Paris à cinq heures du matin (Marc-Antoine Désaugiers)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
Tableau de Paris à cinq heures du matin

L’ombre s’évapore
Et déjà l’aurore
De ses rayons dore
Les toits alentours
Les lampes pâlissent,
Les maisons blanchissent
Les marchés s’emplissent :
On a vu le jour.

De la Villette
Dans sa charrette,
Suzon brouette
Ses fleurs sur le quai,
Et de Vincenne,
Gros-Pierre amène
Ses fruits que traîne
Un âne efflanqué.

Déjà l’épicière,
Déjà la fruitière,
Déjà l’écaillère
Sautent au bas du lit.
L’ouvrier travaille,
L’écrivain rimaille,
Le fainéant baille,
Et le savant lit.

J’entends Javotte,
Portant sa hotte,
Crier : Carotte,
Panais et chou-fleur !
Perçant et grêle,
Son cri se mêle
A la voix frêle
Du noir ramoneur.

L’huissier carillonne,
Attend, jure, sonne,
Ressonne, et la bonne,
Qui l’entend trop bien,
Maudissant le traître,
Du lit de son maître
Prompte à disparaître,
Regagne le sien.

Gentille, accorte
Devant ma porte
Perrette apporte
Son lait encor chaud ;
Et la portière,
Sous la gouttière,
Pend la volière
De Dame Margot.

Le joueur avide,
La mine livide,
et la bourse vide,
Rentre en fulminant ;
Et sur son passage,
L’ivrogne, plus sage,
Rêvant son breuvage,
Ronfle en fredonnant.

Tout, chez Hortense,
Est en cadence ;
On chante, on danse,
Joue, et cætera…
Et sur la pierre
Un pauvre hère,
La nuit entière,
Souffrit et pleura.

Le malade sonne,
Afin qu’on lui donne
La drogue qu’ordonne
Son vieux médecin ;
Tandis que sa belle,
Que l’amour appelle,
Au plaisir fidèle,
Feint d’aller au bain.

Quand vers Cythère,
La solitaire,
Avec mystère,
Dirige ses pas,
La diligence
Part pour Mayence,
Bordeaux, Florence,
Ou les Pays-Bas.

« Adieu donc, mon père,
Adieu donc, mon frère,
Adieu donc, ma mère,
– Adieu, mes petits. »
Les chevaux hennissent,
Les fouets retentissent,
Les vitres frémissent :
Les voilà partis.

Dans chaque rue,
Plus parcourue,
La foule accrue
Grossit tout à coup :
Grands, valetaille,
Vieillards, marmaille,
Bourgeois, canaille,
Abondent partout.

Ah ! quelle cohue !
Ma tête est perdue,
Moulue et fendue,
Où donc me cacher !
Jamais mon oreille
N’eut frayeur pareille…
Tout Paris s’éveille…
Allons nous coucher.

(Marc-Antoine Désaugiers)

 

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Osiris ou la fuite en Égypte (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020




    
Osiris ou la fuite en Égypte

C’est la guerre c’est l’été
Déjà l’été encore la guerre
Et la ville isolée désolée
Sourit sourit encore
Sourit sourit quand même
De son doux regard d’été
Sourit doucement à ceux qui s’aiment
C’est la guerre c’est l’été
Un homme avec une femme
Marchent dans un musée désert
Ce musée c’est le Louvre
Cette ville c’est Paris
Et la fraîcheur du monde
Est là tout endormie
Un gardien se réveille en entendant les pas
Appuie sur un bouton et retombe dans son rêve
Cependant qu’apparaît dans sa niche de pierre
La merveille de l’Égypte debout dans sa lumière
La statue d’Osiris vivante dans le bois mort
Vivante à faire mourir une nouvelle fois de plus
Toutes les idoles mortes des églises de Paris
Et les amants s’embrassent
Osiris les marie
Et puis rentre dans l’ombre
De sa vivante nuit.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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Doré, astiqué (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
Doré, astiqué
Le dôme des Invalides
Et Paris casqué !

Dôme impérieux
Des Invalides qui coiffent
Paris Casque d’or !

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Brume matinale (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019




    
Brume matinale
La Tour Eiffel effacée
Paris démâté

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Paris (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2019




    
Paris, son paraphe
La Tour au cou de girafe
Et quatre sabots

***

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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La petite chérie arrive à Paris (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


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La petite chérie arrive à Paris.
Paris fait du bruit. Paris fait du bruit.

La petite chérie traverse la rue.
Le bruit tombe en pluie. Le bruit tombe en pluie.

La petite chérie est sur le trottoir
Où de gros messieurs cossus et tout noirs

Empêchent son coeur de faire trop de bruit.

(Paul Eluard)

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Paris je te ressemble (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Paris je te ressemble

Paris, je te ressemble: un instant le soleil
Brille dans ton ciel bleu, puis soudain c’est la brume;
Au veuf septentrion si tu te fais pareil,
Tu passes les pays que le zéphyr parfume.

Triste jusqu’à la mort, en même temps joyeux,
Tout m’est concours heureux et sinistre présage;
Sans cause l’allégresse a pleuré dans mes yeux,
Et le sombre destin sourit sur mon visage.

(Jean Moréas)

 

 

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NOSTALGIE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Illustration
    
NOSTALGIE

Quand la nuit
est au point de finir
au temps que le printemps est proche
et que rarement
quelqu’un passe

Sur Paris se condense
une obscure couleur
de larme

Au coin
d’un pont
je contemple
le silence sans limite
d’une fille
ténue

Nos deux
maladies
se confondent

Et comme emportés
on demeure

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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