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Poésie

Posts Tagged ‘doigt’

Joseph (Franck Bouysse)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2022




    

Joseph

Joseph a dix-huit ans
Sur le quai d’une gare
Et la vie devant lui
Ça ne va pas durer
Le temps d’un défilé
En bleu, en blanc et puis en rouge
Trois petits tours et puis s’en vont
Baïonnette au canon

Joseph a dix-neuf ans
Englué dans la boue
Avant d’aller au feu
Il sort un carnet
Écrit une suite de mots
Destinés à un ange

Joseph a vingt ans
De l’encre sur les doigts
Et les pattes des rats
En maudites ratures

Joseph a vingt ans
Joseph avait vingt ans

(Franck Bouysse)

Recueil: Fenêtre sur Terre
Traduction:
Editions: Phébus

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Tu creuses tu rampes (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2022




    
tu creuses
tu rampes
tu t’ouvres
un passage

mais tu
n’es jamais
prêt

jamais assez
aguerri

jamais digne
d’affronter
la rencontre

alors tu lis
enquêtes sondes
questionnes

et sans relâche
tu progresses

puis te portes
d’un bond au
plus extrême

et là
doigts gourds
mains tuméfiées

au lieu de rafler
ce dont tu espérais
te saisir
dans un trouble
infini

tu palpes

le mystère

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Réchauffer les doigts (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2022


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Phrases qui se contentent
de réchauffer les doigts, elles iront
pour nous au-delà de l’hiver.

(Pierre Dhainaut)

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J’ai ta main (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (22) [1280x768]

J’ai ta main

Nous sommes allongés
Sur l´herbe de l´été.
Il est tard.
On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux.

On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne.

J´ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main.

Je ne te connais pas.
Tu ne sais rien de moi.
Nous ne sommes que deux vagabonds,
Fille des bois, mauvais garçon.

Ta robe est déchirée.
Je n´ai plus de maison.
Je n´ai plus que la belle saison

Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur.
On oublie l´aventure et la route et demain
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.

(Charles Trenet)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Et c’est toujours le même son (Benoît Conort)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2021


Rodin

Et c’est toujours le même son d’un doigt sur une peau
Tendue
Cela résonne
Jusqu’aux tréfonds

(Benoît Conort)

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A nouveau (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021




à nouveau la voix
dira la parabole

un doigt écrira
sur le sol muet

quelqu’un venant
sur la mer fera
cesser l’orage
déchaîné

(Silvia Baron Supervielle)

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REGARD (Guy Dieppedalle)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




REGARD

Je regarde briller les diamants
Dans l’écrin de tes yeux.
J’écoute le vent chaud de ton sourire
Au jardin de mon coeur.
Je tente de poser mes pas quotidiens
Sur le sentier de tes pensées.
Je cueille les fruits du désir
A l’arbre de la vie.
Je sens le parfum de tes doigts
Sur la fleur de ma peau.
Regard.

Et mon esprit vagabonde
Comme un enfant sur les étoiles
Je voudrais être un lever de soleil
A l’horizon de tes rêves.
Ou le clochard d’un soir
Sur le banc de ton existence.
Je voudrais être une corde de guitare
Pour danser sur les vagues de ta main.
Le temps d’un refrain.
L’espace d’un jour.
Le temps d’un regard
D’un regard d’amour.

(Guy Dieppedalle)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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SILENCE ET POUSSIÈRES (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021




SILENCE ET POUSSIÈRES

Qui, sous la pâleur des chairs,
avec la silhouette en cette horreur de contours !
identifierait la jolie blonde
fêtant son bac, pieds nus devant les seringas ?
Certainement pas elle, trois gosses plus tard
quand sortir en amoureux, dit la charcutière,
ça se compte sur les doigts…
CA-SE-COM-PTE-SUR-LES-DOIGTS !

(Gérard Noiret)

Illustration

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RENCONTRES (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



RENCONTRES

I

dites-nous si les fleurs extasiées
furtives douces sous la lune
veillent ou somnolent dans vos doigts

jeunes filles sur vos lèvres peintes
retenez l’appel de nos ombres
fugitives au milieu des fleurs

II

l’océan — une barque dans le soleil du soir
quelques dessins légers sur les sables
des mains prises dans un galet creux
viennent les houles le ciel nu et l’ombre des bras

III

voici que se brise le jour
sur les rives de nos rencontres

ouvrez votre paume à l’oiseau
sans un repos son vol se meurt

effleurez à peine la terre
d’un geste de danseuse vague

enfant étroite de la nuit
dans les plis froids de nos baisers

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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