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Poésie

Posts Tagged ‘bienvenu’

Le lys pur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    

Le lys pur

Le jardin invite au bonheur,
à l’agréable compagnie.
bienvenue, ô saison des fleurs !
Voici le temps des beuveries.
a brise du matin apporte
ses doux effluves à chacun.
Oh oui ! Oh oui ! Comme elle est douce,
l’odeur du souffle protecteur !
La peine est éclose la rose
qu’elle chante un chant du départ :
Gémis donc, pauvre rossignol,
car ton cri nous va droit au cœur.
Voici, oiseau mélodieux,
pour toi une bonne nouvelle :
En amour, il faut bien gémir
toute la nuit, ô triste amant !
Le bonheur ne s’achète pas
au bazar du monde, ici-bas :
Il se trouve dans les façons
des voyous, des mauvais garçons.
Au lys pur j’ai entendu dire
— de ses lèvres à mon oreille
Qu’il ne faut pas être chargé,
dans le monde, ce vieux couvent.

O Hâfez, le renoncement
est le vrai chemin du bonheur.
Il faut bien te garder de croire
que la vie des mondains soit bonne

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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Ma France à moi (Pierre Perret)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2020




    
Ma France à moi
(Poème épique en 70 vers)

I
Ma France à moi elle est joyeuse
Elle dit bonjour et comment allez-vous
Mais elle sait dire non elle est frondeuse
On ne la f’ra jamais mettre à genoux
Ma France à moi celle que j’adore
Celle qui chantait le chant des partisans
Celle des Klarsfeld celle de Senghor
Celle de Prévert et la France des paysans
France de Stendhal Chamfort Molière
France de Balzac La Fontaine et Victor
Des frères Lumière d’Apollinaire
D’Alfred Jarry des chants de Maldoror
Ma France à moi qu’avant tout j’aime
C’est celle de la liberté d’expression
Les mots d’amour voire les blasphèmes
Sont l’essentiel de ma respiration

II
France de Matisse Monet Soulages
France de Desproges et des tweets de Pivot
France de Coluche France du partage
France de Daumier Gotlib et Picasso
Ma France à moi peut-êt’ croyante
Mais a parfaitement le droit d’être athée
Bible ou Coran si ça lui chante
Elle dit pardon c’est pas ma tasse de thé
Ma France à moi elle est gourmande
D’accordéon de jazz et de Verdi
Elle chérit ses enfants d’légende
Ceux du Vel’ d’hiv’ et ceux du paradis
L’obscurantisme d’un autre âge
Les fanatismes elle en a fait son deuil
Aucun racisme aucun clivage
Ne sont bienv’nus sur sa terre d’accueil

III
Nos femmes en France embrassent et dansent
Libres d’aimer d’faire valser les textos
Z’apprécient guère qu’on les tabasse
Ni d’êt’ voilées ce n’sont pas des bateaux
Eh oui ma France adore ses femmes
Les Barbara Colette Marie Curie
Les De Beauvoir celles qui s’enflamment
Lucie Aubrac Simone Veil Adjani
Ma France de Jaurès fût compagne
Et des savants des chercheurs elle raffole
Jules Ferry Pasteur Charlemagne
C’est grâce à eux qu’on va tous à l’école
Bien sûr ma France elle est laïque
De penser libre et libre de parole
C’est la France de la république
Les religions s’apprenn’ pas à l’école

IV
Cette France que certains haïssez
A ceux qui l’aiment il vous faut la laisser
Cette chanson libre jaillie d’mon cœur
J’aim’rais qu’les écoliers l’apprenn’ par cœur
Car cette Franc’-là tel est mon vœu
Je souhait’ qu’elle soit demain leur France à eux

Car ma France à moi
Elle est comme ça !

(Pierre Perret)

Parole et musique : Pierre Perret – © Éditions Adèle – 2018

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Sous le corset d’étain des rivières surprises (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Sous le corset d’étain des rivières surprises
Sur nos corps ennemis la nuit que nous faisons
Dans le secret du vent éclaté sur nos têtes
La Parole bienvenue retourne à sa naissance.

(Jean Rousselot)

Illustration: Salvador Dali

 

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Il n’en fallait pas davantage (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Mais si un jour
il m’est donné de réussir
ce que j’ai de sacré dans le cœur,
le poème,
sois alors bienvenu,
ô calme du royaume des ombres…
Un jour, j’aurai vécu
comme vivent les dieux.

Il n’en fallait pas davantage.

(Hölderlin)

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MEDIANOCHE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



MEDIANOCHE

Quand l’Indésirée des gens sera là
(Aimable ou dure je ne sais),
Peut-être aurai-je peur.
Peut-être sourirai-je, ou dirai-je :
— Sois la bienvenue,
toi, l’inéluctable!
Ma journée fut bonne, la nuit peut descendre.
(La nuit et ses sortilèges).
Le champ est labouré, la maison propre,
La table mise,
Chaque chose est à sa place.

(Manuel Bandeira)

 

 

 

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Vous tombez des nues (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Iris Scott
    
Vous tombez des nues

1
Je marchais presque endormi
À la lueur des réverbères
Et je rêvais à demi
En poursuivant des chimères
Soudain vous êtes passée
Dans l’avenue de Villars
Ma fatigue est effacée
Je m’éveille à votre regard.

Refrain
Je tombe des nues
De vous voir dans l’avenue
Étrange et belle inconnue
Je vous rêve et je vous vois nue
Je tombe des nues
Par où êtes-vous venue
Dites-moi belle inconnue
D’où venez-vous par l’avenue?
Quelle est la clef du mystère
Seriez-vous ange au paradis
Ou bien êtes-vous sorcière
Et d’un balai tombée ici
Vous tombez des nues
Venez, venez belle inconnue
Vous êt’s ma joie obtenue
Chez moi soyez la bienvenue.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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SOLEIL PÂLE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
SOLEIL PÂLE

De pâles rayons brillent
Nourrissant quelques fleurs
Ficaires pâquerettes et puis ce brin de vert
Sur l’aubépine
De la haie jonchée de feuilles mortes

Ces hérauts disent
Que le printemps vient à grands pas
Et l’écolier qui les remarque
Gaspille une heure buissonnière
Contre la vieille haie du clos

Cueillant les pâquerettes
Et les fleurs de ficaire
Heureux du renouveau et de tout ce qu’il voit
Il ouvre son manuel
Pour y cacher ses fleurs

Les ombres accusées
Noires au pâle soleil
Gisent le long du jour blafard
Telles de noires souches sous les haies
Et sous les arbres nus que le vent berce

Il fait glacial mais bon —
Au fond de la haie qu’ourle
Une brune litière de feuilles mortes laissées
Par la saison dernière
La fauvette patiente

Tremblant de l’aile et gazouillant
Sa bienvenue aux pâles rayons
Qui percent — et là, plus loin
Fait de mousse verte
Le nid se montre avec ses oeufs bleu vert

Tout promet le printemps et chaque jour
De vertes et de plus vertes haies
Auprès comme au loin apparaissent
Ce n’est que Mars pourtant
Oui mais ce Mars c’est le printemps

***

THE PALE SUN

Pale sunbeams gleam
That nurtur a few flowers
Pilewort & daisey & a sprig o’ green
On whitethorn bushes
In the leaf strewn hedge

These harbingers
Tell spring is coming fast
& these the schoolboy marks
& wastes an hour from school
Agen the old pasture hedge

Cropping the daisey
& the pilewort flowers
Pleased with the Spring & all he looks upon
He opes his spelling book
& hides her blossoms there

Shadows fall dark
Like black in the pale sun
& lye the bleak day long
Like black stock under hedges
& bare wind rocked trees

Tis chill but pleasant —
In the hedge bottom lined
With brown seer leaves the last
Year littered there & leftt
Mopes the hedge sparrow

With trembling wings and cheeps
Its welcome to pale sunbeams
Creeping through — & further on
Made of green moss
The nest & green-blue eggs are seen

All token spring & everyday
Green & more green hedges & close
& everywhere appears —
Still tis but March
But still that March is Spring

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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L’amour (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 


    
L’amour, c’est s’envoler vers le ciel;
l’amour, c’est déchirer cent voiles à chaque souffle

Dès le premier souffle, interrompre le souffle;
dès le premier pas, se couper des pas

Regarder ce monde comme rien, et regarder son propre regard
Je dis: «ô mon cœur, sois le bienvenu, pour ton arrivée au cercle des amants»

Regarder au-delà du regard,
courir dans les ruelles des poitrines
(…)

S’il n’aimait pas d’amour,
le firmament ne contiendrait pas en son sein la pureté

Si le soleil lui-même n’aimait pas d’amour,
sa face n’aurait pas en elle cette clarté

Si la terre et les montagnes n’aimaient pas d’amour,
les plantes, de leur ventre, ne pourraient pas pousser

Et si la mer n’avait eu vent de l’amour,
elle aurait trouvé une attache où se poser

Toi, aime d’amour afin de connaître l’amour,
sois fidèle pour voir la fidélité

Ce fardeau du dépôt, le ciel l’a refusé,
car il aimait d’amour, il eut peur de manquer

(Mawlana Rûmî)

 

 

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L’amour vint à nous un jour qui n’est plus (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



L’amour vint à nous un jour qui n’est plus,
L’un timidement jouait dans le soir.
L’autre était tout près et tremblait de crainte –
Car d’abord l’amour n’est que tremblement.

Nous fûmes de graves amants. L’amour
Est passé qui eut mainte heure si douce.
Et, vois, bienvenus nous semblent enfin
Les nouveaux chemins que nous foulerons.

***

Love came to us in time gone by
When one at twilight shyly played
And one in fear was standing nigh —
For Love at first is all afraid.

We were grave lovers. Love is past
That had his sweet hours many a one,
Welcome to us now at the last
The ways that we shall go upon.

(James Joyce)


Illustration: John Everett Millais

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L’amour (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
L’amour, c’est s’envoler vers le ciel ;
l’amour, c’est déchirer cent voiles à chaque souffle

Dès le premier souffle, interrompre le souffle ;
dès le premier pas, se couper des pas

Regarder ce monde comme rien,
et regarder son propre regard

Je dis : « ô mon cœur, sois le bienvenu,
pour ton arrivée au cercle des amants »

Regarder au-delà du regard,
courir dans les ruelles des poitrines (…)

S’il n’aimait pas d’amour,
le firmament ne contiendrait pas en son sein la pureté

Si le soleil lui-même n’aimait pas d’amour,
sa face n’aurait pas en elle cette clarté

Si la terre et les montagnes n’aimaient pas d’amour,
les plantes, de leur ventre, ne pourraient pas pousser

Et si la mer n’avait eu vent de l’amour,
elle aurait trouvé une attache où se poser

Toi, aime d’amour afin de connaître l’amour,
sois fidèle pour voir la fidélité

Ce fardeau du dépôt, le ciel l’a refusé,
car il aimait d’amour, il eut peur de manquer

(Mawlana Rûmî)

 

 

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