Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘liberté’

Enfant de beauté (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Illustration: Hashiguchi Goyō
    
Enfant de beauté
Enfant de printemps et de sang
Enfant de flammes,
N’ai-je également les ailes
Du présent en liberté ?

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

DEMAIN LA VEILLE (extrait) (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



 

Ohara Koson  __

DEMAIN LA VEILLE (extrait)

Les pousses adoptent sous la terre
Un comportement menuisier
Patience et géométrie
Un atelier sans liberté
Polit des linteaux d’étamines

J’apprends à retarder les mots
Par un mimétisme pareil
Une prudence de fraisier
Dans un printemps frileux

Par les tiges souples du feu
Je connais le vent, cru
l’ouest
Je vois par un ramier
J’entends par un renard

Le chat m’ouvre un été
La tulipe un soleil

Par les lettres vertes de l’eau
Et par le corps heureux des pierres
Je connais l’issue et l’entrée :
une population d’oiseaux
une mouche dont je suis l’aile.

(Luc Bérimont)

Illustration: Ohara Koson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Il est trop tard (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

George Tooker  (4)

Il est trop tard

Pendant que je dormais, pendant que je rêvais
Les aiguilles ont tourné, il est trop tard
Mon enfance est si loin, il est déjà demain
Passe passe le temps, il n´y en a plus pour très longtemps

Pendant que je t´aimais, pendant que je t´avais
L´amour s´en est allé, il est trop tard
Tu étais si jolie, je suis seul dans mon lit
Passe passe le temps, il n´y en a plus pour très longtemps

Pendant que je chantais ma chère liberté
D´autres l´ont enchaînée, il est trop tard
Certains se sont battus, moi je n´ai jamais su
Passe passe le temps, il n´y en a plus pour très longtemps

Pourtant je vis toujours, pourtant je fais l´amour
M´arrive même de chanter sur ma guitare
Pour l´enfant que j´étais, pour l´enfant que j´ai fait
Passe passe le temps, il n´y en a plus pour très longtemps

Pendant que je chantais, pendais que je t´aimais
Pendant que je rêvais il était encore temps

(Georges Moustaki)

Illustration: George Tooker

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La flamme (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Alla Goniodsky (28)

La flamme

Petits enfants de la terre,
il faut apprendre à rêver
pour que brûle sur vos paupières
une flamme de liberté :
oiseau de feu, de clarté
qui s’envole, enchante l’air
et fait le tour de la terre.

(Jean Joubert)

Illustration: Alla Goniodsky

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il nous reste à peupler la terre (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



François Malespine   -ici-maintenant-90cm-x-90cm-francois-malespine-2010

Il nous reste à peupler la terre
entre les pôles et la vie,
à chanter la joie et la nuit
qui nous prépare la lumière.
Tous les anges sont revenus
de leur croisière dans le ciel
et, près de nous, l’ombre n’est plus
que la caresse de leurs ailes,
rythme divin le jeu des flots,
murmure l’air et chant l’oiseau,
le paysage l’harmonie,
coeur le soleil à l’unisson
où les roses à fleur de sons
éclosent vers une autre vie.
Ferment des lèvres, liberté,
le Seul est maître de la cause,
à longueur d’échos, égarés,
recherchons la virginité,
moissonnons les fleurs planétaires
entre le songe et la beauté ;
nul plus que l’homme est le mystère
en route vers l’éternité…
Frères, étoiles, millions d’yeux,
il faut chanter comme l’on aime,
et le jour est si merveilleux
qu’il faut écrire le poème!

(Géo Libbrecht)

Illustration: François Malespine

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aujourd’hui c’est dimanche (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019



 

Illustration: Oscar Bento
    
Aujourd’hui c’est dimanche.
Aujourd’hui pour la première fois ils m’ont laissé sortir dehors au soleil.
Pour la première fois de ma vie j’ai été étonné
que le ciel soit si éloigné
et si bleu
et si démesuré.
Plein de respect je me suis assis par terre
et j’ai appuyé mon dos contre le mur blanc.
Qui se soucie des vagues dans lesquelles j’aime me plonger
ou de lutte, ou de liberté, ou de ma femme en ce moment.
La terre, le soleil et moi…
Je me sens heureux.

***

Azi e duminică.
E prima zi în care îmi e permis să ies la soare.
Și tot pentru întâia oară în viața mea mă minunez
de depărtarea
și de albastrul
înaltului zenit.
Mă așez smerit
cu spatele la zid.
Gust clipa fără de avântări prin valuri,
o clipă fără lupte, chiar și fără soție.
Numai pământul, soarele și eu…
Sunt fericit…

***

***

Hoy es domingo.
Por primera vez me han dejado salir a tomar el sol.
Y, por primera vez en mi vida,
me sorprende contemplar el cielo
tan lejano,
tan azul,
tan inmenso.
Me he sentado en el suelo con respeto,
apoyando mi espalda sobre la pared blanca.
Qué importan ahora las olas en las que sumergirme,
no poder luchar, no estar libre o no tener mujer.
La tierra, el sol y yo…
soy un hombre dichoso…

***

***

Oggi è domenica.
Oggi mi hanno lasciato uscire al sole, ed è la prima volta.
E per la prima volta nella vita sono rimasto immobile
sorpreso di quanto il cielo sia lontano,
e blu
e immenso.
Poi mi sono seduto sulla terra con rispetto,
la schiena contro il muro.
Adesso niente scherzi,
né lotta e libertà, e non mia moglie.
La terra, il sole ed io…
Sono un uomo felice…

***

Today is Sunday.
They took me out for the first time into the sun today.
And for the first time in my life I was amazed
That the sky is so far away
And so blue
And so vast
I stood there without a motion.
Then I sat on the ground with respectful devotion
Leaning against the white wall.
Who cares about the waves with which I yearn to roll?
Or about strife or freedom or my wife right now.
The earth, the sun and me…
I feel happy.

***

Vandaag is het zondag.
Vandaag hebben ze mij voor de eerste keer naar buiten in de zon laten gaan.
Voor de eerste keer in mijn leven was ik erover verbaasd
dat de hemel zo veraf is
en zo blauw
en zo immens.
Vol ontzag ging ik op de grond zitten,
en leunde mijn rug tegen de witte muur.
Wie geeft om de golven waarin ik mij graag onderdompel,
of om strijd, of om vrijheid, of om mijn vrouw op dit moment
De aarde, de zon en ik…
Ik voel mij gelukkig.

***

Μ’ έβγαλαν για πρώτη φορά έξω στον ήλιο
Και πρώτη φορά στη ζωή μου κατάλαβα
πως ο ουρανός είναι τόσο μακρινός
και τόσο γαλάζιος
κι απέραντος.
Έμεινα ακίνητος σαν μαρμαρωμένος.
Μετά έκατσα στο χώμα με σχετική ευλάβεια
κι ακούμπησα την πλάτη μου στον λευκό τοίχο.
Τότε γιατί αναζητώ να παίξω με τα κύματα;
Γιατί τότε ν’ ανησυχώ για την ελευθερία
ή για πώς είναι η γυναίκα μου αυτή τη στιγμή;
Τώρα μόνο η γη,
ο ήλιος κι εγώ
Ευτυχία.

***

***

今天是星期天。
今天他们第一次带我出去晒太阳。
我这辈子第一次感到惊讶
天空如此遥远
那么蓝
如此辽阔
我站在那里一动不动。
然后我虔诚地坐在地上
靠在白色的墙上。
谁现在还在乎我渴望翻滚的海浪?
还在意冲突、自由或我的妻子。
地球、太阳和我…
我感到快乐。

(Nâzim Hikmet)

Recueil: ITHACA 597
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Arabe / Espagnol Rafael Carcelén / Hébreu Dorit Wiseman / Italien Fabrizio Beltrami – Francesco Boraldo / Anglais Germain Droogenbroodt / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Grec Manolis Aligizakis / Hindi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou
Editions: POINT

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
– L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !
L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Pascal Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Cette forteresse épanchant la liberté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 

Brent Funderburk 2

Cette forteresse épanchant la liberté par toutes ses poternes,
cette fourche de vapeur qui tient dans l’air un corps d’une envergure prométhéenne que la foudre illumine et évite,
c’est le poème, aux caprices exorbitants, qui dans l’instant nous obtient puis s’efface.

(René Char)

Illustration: Brent Funderburk

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je ne puis être (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Je ne puis être et ne veux vivre
que dans l’espace et dans la liberté
de mon amour

(René Char)

Illustration: Zhaoming Wu

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Je n’entrerai pas dans votre coeur (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Je n’entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire.
Je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir
sur le bleu de l’air et la soif de partir.

Je veux être pour vous la liberté
et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours
avant que la nuit ne devienne introuvable

(René Char)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :