Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘conquérant’

Oh! c’était un jour de fraîcheur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Oh! c’était un jour de fraîcheur
Dans la merveilleuse ville de Pierre.
Le couchant semblait un bûcher de pourpre
Et l’ombre lentement s’épaississait.

Tu as caressé ma poitrine
Comme autrefois on caressait la lyre,
Pour entendre une humble réponse
À un «je t’aime» conquérant.

Tu n’as que faire de mes yeux,
Qui sont prophétiques et constants.
Mais tu voudrais te saisir de mes vers,
Prière de mes lèvres orgueilleuses.

(Anna Akhmatova)

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fantaisie (Pétrus Borel)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Fantaisie

Oiseaux ! oiseaux que j’envie
Votre sort et votre vie !

Votre gentil gouvernail,
Votre infidèle pennage,
Découpé sur le nuage,
Votre bruyant éventail.

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Vos jeux, aux portes du ciel ;
Votre voix sans broderie,
Écho d’une autre patrie,
Où notre bouche est sans fiel.

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans besoin et sans arroi ;
Sans ambition qui ronge ;
Sans bastille où l’on vous plonge ;
Sans archevêque et sans roi !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans nobles, sans conquérants ;
Sans juges à cœur aride ;
Sans famille qui vous bride ;
Et sans héritiers riants !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans honteuse volupté ;
Sans conjugaux esclavages ;
Francs ! volontaires ! sauvages !
Vive votre liberté ! ! !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

(Pétrus Borel)

Illustration: Georges Braque

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ardeur (Bruno Doucey)(Thierry Renard)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018




    
Étincelle.
Incandescence.
Rougeoiements du charbon enflammé.

Chaleur fiévreuse de l’été.
Vie, vivacité, vigueur et volupté.
Sens, sensualité,excitation, extase.

Fougue batailleuse ou conquérante, généreusement créatrice.
Combustion naturelle de l’existence.
Zèle des dieux qui sommeillent en nous
à la manière des rupestres dans leur abri sous roche…

Ardeur.

Le mot vibre de la charge solaire qui est en lui.
Qu’elles soient provençale, italienne ou espagnole,
ses parentés linguistiques puisent invariablement dans la même matière en fusion:
« ardeur » vient du latin ardor, de ardere qui signifie « brûler ».

(Bruno Doucey)(Thierry Renard)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

T’en souviens-tu, Sarah ? (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Camp_dachau_corps2

T’en souviens-tu, Sarah ?
La mort s’est abattue sur toi et sur les hommes.
Plus pressée que d’habitude. Cette mort-là n’est pas celle que nos sages
nous ont appris à respecter et à aimer.
Mort engendrée par la haine.

T’en souviens-tu, Sarah ?
En ce temps-là – temps de misère et de guerre – des millions d’hommes étaient partis
en croisade contre le nez, la bouche ; contre le front et l’âme d’une fraction de leurs
semblables dont les poitrines se rétrécissaient, dont les paumes avaient glissé le long des hanches.

Sarah, t’en souviens-tu ?
En ce temps-là – ceci se passait à l’intérieur de la parole donnée, glorifiée, répandue –
l’adolescent avait vu père et mère pris au piège, devenir le centre foisonnant d’une rafle,
le fardeau d’une rose humiliée et disparaître avec son parfum…

En ce temps-là, en ce temps-là – Sarah, t’en souviens-tu ? –
le crachat du conquérant, dans la nuit, rivalisait d’éclat avec l’étoile étirée
et le monde voguait sans mât (…)

(Edmond Jabès)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique (Jean-Baptiste Rousseau)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique
Où chacun fait ses rôles différents.
Là, sur la scène, en habit dramatique,
Brillent prélats, ministres, conquérants.
Pour nous, vil peuple, assis aux derniers rangs,
Troupe futile et des grands rebutée,
Par nous d’en bas la pièce est écoutée,
Mais nous payons, utiles spectateurs ;
Et, quand la farce est mal représentée,
Pour notre argent nous sifflons les acteurs.

(Jean-Baptiste Rousseau)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’amour ? (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



L’amour ? Frivole jeu! Vain espoir d’être aimé !
Vouloir toujours dans son âme le temps de mai !

Comme on s’acharne après cette folle chimère
De se sentir, avec un autre, congénère,
De ne plus être seul, ni deux, mais un enfin…
Rêve illusoire ! On est deux miroirs face à face
Se renvoyant quelques reflets à leur surface…
Ah ! s’être, fût-ce un jour, réalisé divin !
Avoir enclos l’éternité dans des minutes !
Mais c’était se vouer à d’impossibles luttes,
Car on ne peut pas faire avec deux corps un coeur,
On n’entre pas de force ainsi dans le bonheur !
Vanité que tous ces essais de bucolique,
Ces fièvres, ces baisers, ces brèves pâmoisons,
D’où l’on sort vide et vraiment trop mélancolique.

Quant aux quotidiens conquérants de toisons,
Futile aussi, leur appétit de renommée.
(La gloire ? écrire un peu son nom dans la fumée!)
Ah ! combien vains tous ces ambitieux cabrés
Pour être les chevaux vainqueurs dans la revue
Est-ce la peine aussi ? Vaut-il qu’on s’évertue
Vers des arcs de triomphe aussitôt délabrés ?

L’orgueil, l’amour, autant d’inutiles trophées
Dont se faire un moment des tombes attifées.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

CONQUÉRANT (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



    

CONQUÉRANT

J’ai balayé tout le pays
En une fière cavalcade;
Partout les gens se sont soumis,
Ils viennent me chanter l’aubade.

Ce cérémonial est fade;
Aux murs mes ordres sont écrits.
Amenez-moi (mais pas de cris)
Des filles pour la rigolade.

L’une sanglote, l’autre a peur,
La troisième a le sein trompeur
Et l’autre s’habille en insecte.

Mais la plus belle ne dit rien;
Elle a le rire aérien
Et ne craint pas qu’on la respecte.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

3 e retouche au bonheur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
3 e retouche au bonheur

la table est mise
on l’attend
le fauconnier du zéphyr et des bises

sa chaise reste vide

le conquérant

(Daniel Boulanger)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Incapable de nostalgie (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Incapable de nostalgie
J’envie le calme des vieillards
La petite mort dans leurs regards,
Leur air en deçà de la vie.

Incapable de m’imposer
J’envie la soif des conquérants
La simplicité des enfants,
La façon qu’ils ont de pleurer.

Mon corps tendu jusqu’au délire
Attend comme un embrasement
Un devenir, un claquement ;
La nuit je m’exerce à mourir.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mer luit au soleil comme un disque d’argent (Jean Blume)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



La mer luit au soleil comme un disque d’argent
Et de la voir ainsi calme, splendide et nue,
Je sens renaître en moi l’âme des conquérants,
Les destins qu’en mon coeur j’ai tués lentement,
Et les désirs qu’éveille une femme étendue.

(Jean Blume)

Illustration: Albert Bierstadt

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :