Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘guerrier’

Ombres (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020


Guerriers gaulois et romains
marchent avec selon l’heure
devant ou derrière eux leurs ombres
et celles de leurs boucliers
aux mêmes lieux plus tard
arriveront des couples
porteurs de lourds bouquets.
Sur un terrain vague
où sèche du sang
frémit l’arbuste d’aujourd’hui.

(Jean Follain)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MÉLODIE (Kadia Molodowski)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
MÉLODIE

Mes chansons se font plus légères,
Et moi seule je suis de plomb.
Mes chansons deviennent pigeons
Et moi seule je deviens terre.

Le vent sur les vitres
Et moi j’oublierai
Que je deviens terre.

Mes chansons avec le printemps verdissent,
Mais moi je gèle dans la neige.
Mes chansons voient le soleil à venir,
Moi je reste dans les ténèbres.

Le vent sur les vitres
Et moi j’oublierai
Que je reste dans les ténèbres

Mes chants se font plus clairs, spirituels,
Me fuit le rayon de lumière.
Mes chants guerriers poursuivent leurs duels
Et moi, vaincue, je tombe à terre.

Le vent sur les vitres
Et moi j’oublierai
Que vaincue je tombe.

(Kadia Molodowski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les pierres ont la mémoire longue (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Les pierres ont la mémoire longue

Ce sont des êtres sensibles
noués autour d’anciennes convulsions
figées en des raidissements
quasi musculaires
après l’éloignement du feu
qui fut premier
dans la lignée de leurs ancêtres
et dans les spasmes orgiaques
de leur naissance

Ce sont des vies
qui portent en elles
sur elles et autour d’elles
les armoiries et les blasons
toute l’héraldique
de la noblesse universelle
du grand Chosier
l’arbre généalogique
des grands dynastes guerriers
et des prophètes méphitiques
du minéral

(Werner Lambersy)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise
ou le brusque courant qui descend de la neige
et ta palpitante chevelure confirme
les ornements altiers du soleil dans les feuilles.

Tout l’éclat du Caucase est tombé sur ton corps
comme dans un interminable petit vase
où l’eau changerait de chant et de vêtement
à chaque mouvement du fleuve transparent.

Par les montagnes le vieux chemin des guerriers
et en bas furieuse brille comme une épée
l’eau, entre des murailles de mains minérales,

jusqu’à ce que tu reçoives soudain des bois
le bouquet ou l’éclair de quelques fleurs d’azur
et l’insolite flèche d’un parfum sauvage.

***

Por las montañas vas como viene la brisa
o la corriente brusca que baja de la nieve
o bien tu cabellera palpitante confirma
los altos ornamentos del sol en la espesura.

Toda la luz del Cáucaso cae sobre tu cuerpo
como en una pequeña vasija interminable
en que el agua se cambia de vestido y de canto
a cada movimiento transparente del río.

Por los montes el viejo camino de guerreros
y abajo enfurecida brilla como una espada
el agua entre murallas de manos minerales,

hasta que tú recibes de los bosques de pronto
el ramo o el relámpago de unas flores azules
y la insólita flecha de un aroma salvaje.

(Pablo Neruda)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Dans les herbes folles (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Manda
    
Dans les herbes folles
Épave d’un songe
L’ombre des guerriers

***

natsu-kusa ya
tsuwamono domo ga
yume no ata

(Bashô)

 

Recueil: Haïkus еt Notes de voyage sur le chemin étroit du nord profond
Traduction: Manda
Editions: Synchronique

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

TOMBES DE SOLDATS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



TOMBES DE SOLDATS

Près des tombes vertes de lierre
Des soldats tués à la guerre,
Des enfants jouent au cimetière.

Des enfants aux sabres de bois
Jouent naïvement aux soldats
Et font les morts couchés en tas.

Sans un regard pour ces guerriers,
Des moutons broutent dans le pré
Comme toujours ils ont brouté.

L’heure sonne, lente à la tour.
Un chien aboie dans une cour.
Un paysan, au loin, laboure.

(Maurice Carême)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma plus belle histoire d’amour (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Ma plus belle histoire d’amour

Du plus loin, que me revienne,
L´ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j´avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j´étais précoce,

De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d´un amour fou,
Du plus loin qu´il m´en souvienne,
Si depuis, j´ai dit « je t´aime »,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et j´ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,

C´était déjà votre image,
C´était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J´allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu´importait décembre,
Si c´était pour vous,

Elle fut longue la route,
Mais je l´ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu´à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l´eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d´autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l´hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j´ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Mais tant d’hiver et d’automne
De nuit, de jour, et personne,
Vous n´étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D´autres m´ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m´en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

J´ai pleuré mes larmes,
Mais qu´il me fut doux,
Oh, qu´il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J´ai pleuré d´amour,
Vous souvenez-vous?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m´attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C´est là que j´ai compris, tout à coup,
J´avais fini mon voyage,
Et j´ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous…

(Barbara)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Herbes d’été (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Illustration: Hiroshige    
    
Herbes d’été :
Tout ce qui reste
Des rêves du guerrier !

(Bashô)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morgana

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :