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Posts Tagged ‘pluie’

La pluie faisait corps (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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La pluie faisait corps
Sans failles
attentif au chétif
à l’écharpe des lisières

Le front contre la vitre
ils rêvaient longtemps
à ce qu’aurait été la vie
s’ils avaient été heureux

(Georges Bonnet)

 

 

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Dès l’aube la pluie (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Dès l’aube la pluie sa lenteur
ronronnante sur les toits
qui gardent encore un peu de lune

Les notes graves d’une gouttière
Le ciel bas pendu aux grilles

Obstinée et secrète
la gourmandise des herbes

(Georges Bonnet)

 

 

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Orly (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l’un à l’autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t’aime
Elle doit lui dire: je t’aime
Je crois qu’ils sont en train
De ne rien se promettre
C’est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourés qu’ils sont
D’adipeux en sueur
Et de bouffeurs d’espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L’espoir de les juger

Mais la vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l’heure c’était lui
Lorsque je disais il
Tout encastrés qu’ils sont
Ils n’entendent plus rien
Que les sanglots de l’autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu’ils crient
Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l’adieu
Ils bavent quelques mots
Agitent une vague main
Et brusquement ils fuient
Fuient sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier

La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier
Et elle elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu’elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu’a terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu’elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l’amour
L’amour le lui a dit
Revoilà l’inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu’attendre
La revoilà fragile
Avant que d’être à vendre
Je suis là je le suis
Je n’ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit

(Jacques Brel)

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Fille Sauvage (Richard Anthony)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Fille Sauvage

On n’a jamais su qui elle était
Ni de quel pays elle venait
Elle dansait la nuit, et au matin sans bruit
S’en allait, comme un regret

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Elle parlait du vent et de la pluie
Mais jamais de son coeur ou de sa vie
Elle riait de tout, en disant après tout
Que demain, est encore loin

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Mais j’ai bien compris qu’elle nous mentait
Et quoi qu’elle en dise son coeur battait
Elle rêvait souvent, devant un enfant
Et pour une fleur, versait des pleurs

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Oh dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

(Richard Anthony)


 

 

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Cela se passe quelque part (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Cela se passe quelque part
Une main posée sur un livre
L’amitié d’un seuil
La pluie tiède sur une peau
Un secret dans son enclos

(Georges Bonnet)

Illustration: Francine Van Hove

 

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Déjeuner du matin (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.

(Jacques Prévert)

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A la pluie lente des attentes (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



A la pluie lente des attentes
A la musique des visages

A ce qui soudain se ferme dans un miroir
Ils étaient sensibles au courage des ombres
A la soif matinale des couleurs

Aux résonances sans attache
Au miracle de l’instant

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Plus près des Etoiles (Garcia)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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Ils ont quitté leurs terres
Leurs champs de fleurs
Et leurs livres sacrés
Traversés les rizières
Jusqu’au grand fleuve salé
Sans amour, sans un cri
Ils ont fermé leurs visages de miel
Les yeux mouillés de pluie
Les mains tendues vers le ciel

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Au pied des murs de pierres
Ils ont brûlé leurs dragons de papier
Refermés leurs paupières

Sur les chenilles d’acier
Eux qui croyaient vieillir
En regardant grandir leurs enfants
A l’ombre du sourire
Des Bouddhas de marbre blanc

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Ils parlent à demi-mots
A mi-chemin entre la vie et la mort
Et dans leurs yeux mi-clos
Le soleil, le soleil brille encore
Une île de lumière
Un cerf volant s’est posé sur la mer
Un vent de liberté
Trop loin, trop loin pour les emporter

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

(Garcia)

 

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Quand je suis heureux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Quand je suis heureux,
je sais immédiatement que c’est toi
– Comme un nerf de cristal,
que le doigt de la pluie,
des fleurs et du soleil
font vibrer au maximum,
de cette même vibration
qui dit ta présence en moi.

(Christian Bobin)

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S’EN RETOURNANT CHEZ SOI (Sándor Weöres)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



S’EN RETOURNANT CHEZ SOI

C’en est assez du monde
des quatre murs
des étoiles trop proches
de la viande de porc écorchée
de l’iniquité qui frappe les autres
je m’en retourne chez mon père et ma mère
au cercueil

C’en est assez de la souffrance des autres
de mon propre plaisir
de l’acide noir
de la cendre
de la prière damnée
je m’en retourne chez les chiens et les chats de l’an passé
à la pluie sans abri

(Sándor Weöres)

 

 

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