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ROMAN DU SAULE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

vieux saule

ROMAN DU SAULE

D’abord, ce dut être une plante,
petite et souple juste assez
pour s’écouter chanter le vent.

Une plante qui se taisait
pour apprendre son métier d’arbre
dans la mémoire des racines.

Un beau jour, toutes les idées,
tous les raisonnements d’écorce
qui la gonflaient ont giclé drus.

Comme une grande véhémence
d’un coup se vide par la bouche
et laisse l’homme titubant,

cette verdure échevelée
a démoli l’énergumène
qui n’en pouvait plus de pousser.

Maintenant l’arbre ne vit plus
que de couleuvres et de rats
dans le creux de sa réussite,

et répète inlassablement
un mot énorme et sédentaire
qui fait se presser les nuages.

(Axel Toursky)

Illustration

 

 

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Le tour du monde (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



Le tour du monde au-dessus des nuages
vaut-il un seul pas
que cerne, obscurcit, capture un ciel bas ?

ô trop facile clarté des voyages
dans le bleu sans fond

(Robert Mallet)

 

 

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SUR LES QUAIS (Roselyne Parisot)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Wilhelm Hammershoi 3_3 [1280x768]

SUR LES QUAIS

J’ai tant vu des bateaux au ventre plein de rêves
Qui décrochaient la grève et l’emmenaient radeau
J’ai tant vu des bateaux qui faisaient tour du monde
Qui faisaient mappemonde et se noyaient dans l’eau

Mais moi je suis resté sur les quais en partance
Entre foule qui danse
Et voyageurs pressés
Et moi je suis resté sur les quais sur les quais

J’ai tant vu de ces trains aux fumées qui s’échappent
Accrochées en écharpe pour tenir chaud au loin
J’ai tant vu de ces trains qui faisaient tour de gare
Qui faisaient pas d’histoires mais se perdaient lointains

Mais moi je suis resté sur les quais en partance
Entre foule qui danse
Et voyageurs pressés
Et moi je suis resté sur les quais sur les quais

J’ai tant vu des avions aux ailes de promesses
Qui s’envolaient sans cesse vers des pays vision
J’ai tant vu des avions qui crevaient les nuages
Qui faisaient des orages et tombaient sans raison

Mais moi je suis resté à rêver de partance
Entre foule qui danse
Et voyageurs pressés
Et moi je suis resté
Et moi je suis resté
Et moi je suis resté
A rêver de m’en aller, de m’en aller.

(Roselyne Parisot)

Illustration: Wilhelm Hammershoi

 

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PENDANT QUE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



 

Alex Alemany_alexalemanyadolescente02

PENDANT QUE

Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans les secrets des bois
Deviennent des rivières

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que le soleil
Plus haut que les nuages
Fait ses nuits et ses jours
Pendant que ses pareils
Continuent des voyages
Chargés de leurs amours

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les grands vents
Imaginent des ailes
Aux coins secrets de l’air
Pendant qu’un soleil blanc
Aux sables des déserts
Dessine des margelles

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les châteaux
En toutes nos Espagnes
Se font et ne sont plus
Pendant que les chevaux
Aux cavaliers perdus
Traversent des montagnes

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime
Pendant qu’un peu de temps
Habite un peu d’espace
En forme de deux coeurs
Pendant que sous l’étang
La mémoire des fleurs
Dort sous son toit de glace

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

(Gilles Vigneault)

Illustration: Alex Alemany

 

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Pour toi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



Pour toi

Tu ris dans le soleil
Et dans le vent salé
Et sous la pluie des lampes

Je dessine pour toi
Un beau jardin de fleurs
Sous mille gouttes d’eau

Les nuages écrivent
Sur la page du toit
Des récits de voyages
Que nous ne ferons pas
Mais je sculpterai pour toi
De beaux oiseaux de pierre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Devant l’écran pâle du soir (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    
Devant l’écran pâle du soir,
l’église, avec ses tours pointues,
et le large campanile
où doucement se balancent les cloches,
se dresse, haute et sombre.

L’étoile est une larme
dans l’azur céleste.
Sous l’étoile claire
flotte, flocon échevelé,
un chimérique nuage d’argent.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ça fait rir’ les oiseaux (La Compagnie Créole)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



passion

Ça fait rir’ les oiseaux.
Ça fait chanter les abeilles.
Ça chasse les nuages
Et fait briller le soleil.
Ça fait rir’ les oiseaux
Et danser les écureuils.
Ça rajoute des couleurs
Aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Ça fait rir’ les oiseaux,
Oh, oh, oh, rir’ les oiseaux
Ça fait rir’ les oiseaux,
Oh, oh, oh, rir’ les oiseaux.

Une chanson d’amour,
C’est comme un looping en avion :
Ça fait battre le cœur
Des filles et des garçons.
Une chanson d’amour,
C’est l’oxygèn’ dans la maison.
Tes pieds n’touch’nt plus par terre.

T’es en lévitation.
Si y a d’ la pluie dans ta vie,
Le soir te fait peur.
La musique est là pour ça.
Y a toujours une mélodie
Pour des jours meilleurs.
Allez, tape dans tes mains :
Ça porte bonheur.
C’est magique, un refrain
Qu’on reprend tous en chœur.

Ça fait rir’ les oiseaux.
Ça fait chanter les abeilles.
Ça chasse les nuages
Et fait briller le soleil.
Ça fait rir’ les oiseaux
Et danser les écureuils.
Ça rajoute des couleurs
Aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Ça fait rir’ les oiseaux,
Oh, oh, oh, rir’ les oiseaux.

T’es revenu chez toi
La tête pleine de souvenirs :
Des soirs au clair de lune,
Des moments de plaisir.
T’es revenu chez toi
Et tu veux déjà repartir
Pour trouver l’aventure
Qui n’arrête pas de finir.
Si y a du gris dans ta nuit,
Des larmes dans ton cœur.
La musique est là pour ça.
Y a toujours une mélodie
Pour des jours meilleurs.
Allez, tape dans tes mains :
Ça porte bonheur.
C’est magique, un refrain
Qu’on reprend tous en chœur

Ça fait rir’ les oiseaux.
Ça fait chanter les abeilles.
Ça chasse les nuages
Et fait briller le soleil.
Ça fait rir’ les oiseaux
Et danser les écureuils.
Ça rajoute des couleurs
Aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Ça fait rir’ les oiseaux,
Oh, oh, oh, rir’ les oiseaux

Ça fait rir’ les oiseaux.
Ça fait chanter les abeilles.
Ça chasse les nuages
Et fait briller le soleil.
Ça fait rir’ les oiseaux
Et danser les écureuils.
Ça rajoute des couleurs
Aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Ça fait rir’ les oiseaux,
Oh, oh, oh, rir’ les oiseaux

(La Compagnie Créole)

 

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Tu me seras fidèle (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




    
Ô mon Dieu,
Tu donnes la lumière, la joie de Toi pendant le jour,
mais pendant la nuit, simplement, fidèlement, sans joie ni lumière, Tu es là.

Dans ma fatigue à ras de terre,
quand je suis trop faible pour aimer Dieu ni homme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans mon usure, quand je ne vois plus clair, que mon cœur se refroidit,
que ma dernière vertu à bout de forces s’assoupit et somnole comme une vieille femme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans ma nuit la plus noire, dans le gouffre terrible où Dieu se renverse,
où la foi s’écroule comme un château de nuages, où il n’y a plus trace d’espérance sur la terre comme au ciel.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans la mort où tout disparaît, dans la nuit de la mort
où l’âme n’a plus ni espace, ni temps, dans le rien où je ne trouverai plus moi ni personne.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Amen

(Marie Noël)

 

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ODE À LA CASCADE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Jean-Joseph Chevalier
    
ODE À LA CASCADE

Soudain, un jour
je me suis levé tôt
et t’ai donné une cascade.
Entre tout
ce qui existe
sur la terre,
pierres,
édifices,
oeillets,
entre tout
ce qui vole dans l’air,
nuages,
oiseaux,
entre tout
ce qui existe
sous la terre,
minéraux,
morts,
il n’y a
rien d’aussi fugitif,
rien qui chante
comme une cascade.

La voici :
elle rugit
comme lionne blanche,
brille
comme la fleur du phosphore,
rêve
avec chacun de tes rêves,
chante
dans mon chant
et me donne
un argent passager.
Mais
elle travaille
et meut
la roue
d’un moulin
et n’est pas seulement
chrysanthème blessé,
mais réalisatrice
aussi de la farine,
mère du pain que tu manges
chaque jour.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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