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Poésie

Posts Tagged ‘nuage’

Une légère brise (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



une légère brise pousse les nuages blancs
vers les montagnes bleues
je marche au milieu des chênes et des hêtres
sur un chemin silencieux
ma joie, qui peut la comprendre

je ne ramène rien de la forêt
ni bois mort ni champignon
je cueille seulement un bouquet de silence
qui brûle dans ma poitrine

(Alain Jean-André)

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Quarante ans (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Quarante ans

Je connais peu ma vie. Je ne l’ai jamais vue
S’éclairer dans les yeux d’un enfant né de moi.
Pourtant j’ai pénétré le secret de mon corps. O mon corps !
Toute la joie, toute l’angoisse des bêtes de la solitude
Est en toi, esprit de la terre, ô frère du rocher et de l’ortie.
Comme les blés et les nuages dans le vent.
Comme la pluie et les abeilles dans la lumière,
Quarante ans, quarante ans, mon corps, tu as nourri
De ton être secret le feu divin du Mouvement :
Tu ne passeras pas avant le mouvement de l’univers.
Que le son de ton nom inutile et obscur
Se perde avec le cri du dormeur dans la nuit ;
Rien ne saurait te séparer de ta mère la terre.
De ton ami le vent, de ton épouse la lumière.
Mon corps ! tant que deux cœurs séparés, égarés ,
Se chercheront dans les vapeurs des cascades du matin.
Tant qu’un douzième appel de midi vibrera pour réjouir
La bête qui a soif et l’homme qui a faim ; tant que le loriot.
L’hôte des sources cachées, renversera sa pauvre tête
Pour chanter les louanges du Père des forêts ; tant qu’une touffe
De myrtil noir élèvera ses baies pour leur faire respirer
L’air de ce monde, quand l’eau de soleil est tombée,
errante poussière ! ô mon corps ! tu vivras pour aimer et souffrir.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

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Vos nom, prénom (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017




Vos nom, prénom

Ne cherchez pas à lire mon nom sur mes papiers
J’ai lavé mes empreintes et j’ai perdu mon âge,
Appelez-moi fumée appelez-moi nuage
Laissez le reste en blanc sans rien me demander.

Je n’ai jamais volé que mes instants de chance,
Je n’ai jamais tué que le temps qui passait,
Mes poches sont percées mais je garde en secret
Le coquillage bleu au fond de mon enfance.

Vous n’avez pas le droit de prendre mes bretelles
Ouvrez-moi cette porte, rendez-moi mes lacets!…
Je n’ai rien demandé, simplement je passais,
Si je n’ai pas de nom c’est que nul ne m’appelle.

Je suis très bien ainsi, laissez-moi m’en aller
Je ne mendiais pas, n’étais même pas ivre
Et s’il faut à tout prix mettre un nom sur vos livres
Appelez-moi nuage, appelez-moi fumée…

(Francis Blanche)

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Dans les chemins (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017


Dans les chemins,
le long des champs,
à proximité des fontaines,
l’on rencontrait des femmes allant,
la tête baissée sous des voiles noirs,
gardant au doigt une mince bague d’or.
Douleur, pudeur, léger luxe de l’or et,
aux cieux, le nuage passe.

(Jean Follain)

Illustration

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De nouveau (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



    

de nouveau
ouvrir le dictionnaire imaginaire
inventer des sens et des sons
mélanger l’inconnu de toutes les casseroles
aux ingrédients du fou
punir l’ordinaire
par des châtiments de charme sauvage
voler les oeufs des nuages
sous la paille des rayons
et écrire tous les vents
dans les trêves du rire

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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Un nuage nuancier (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Arturo Souto
    
Un nuage nuancier
traverse le ciel de la ville

nu, le corps s’appuie
au chambranle blanc de la fenêtre.

On vit sur un rebord heureux du temps
de quoi se souvenir.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Les nuages (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Aucun jugement imaginaire
de forme,
Les nuages

***

No imaginary judgements
of form,
The clouds

(Jack Kerouac)


Illustration: Pierre-Paul Feyte

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Entre les nuages et les vagues (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Entre les nuages
Et les vagues, parfois
Aucun bateau ne passe

(Ying Chen)

Illustration: Adamov Alexey

 

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Fractal (Esther Jansma)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



   Illustration
    
Fractal

En toutes ses parties, une rose est
rose, en chacune de ses feuilles elle est complète

de même que le contour de ce continent
est toujours égal dans le moindre millimètre à la côte

et la plus petite écharpe de brume
au nuage qui remplit le plus le ciel, de

même une rose dans le plus petit
contour de chacun de ses pétales

et de l’espace saturé de molécules olfactives
entre eux: cette rose

sans le savoir.

(Esther Jansma)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Daniel Cunin
Editions: Le Temps des Cerises

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Rosée d’argent (Rosalie Hirs)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    
Rosée d’argent

Ça allait si bien le souffle et tout pour toi
les filets du matin gestes allongés sur l’herbe

rosée d’argent les oiseaux leurs rameau en mouvement
s’inclinent avec des chants nous enlacent de leurs petits sauts

hors du sens des choses et le soleil brille de derrière
un nuage sans quelque chose à expliquer sous la pluie

et brillante commence à nouveau la survie des jours
et nous portons chacun un souffle le long d’un frôlement

(Rosalie Hirs)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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