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Poésie

Posts Tagged ‘nuage’

Toi qui étais avant les montagnes et les nuages (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Toi qui étais avant les montagnes et les nuages,
avant la mer et les vents.
Toi qui es avant que fussent toutes choses
et dont la joie et la peine sont plus vieilles que les étoiles
Toi qui a cheminé éternellement jeune par les voies
et franchi les noirs abysses qui les séparent.
Toi qui étais seul avant toute solitude
et dont le cœur était empli d’angoisse bien avant aucun
cœur d’homme —
ne m’oublie pas.

Mais comment pourrais-tu te souvenir de moi.
Comment la mer se souviendrait-elle du coquillage
qu’autrefois elle portait dans ses flots.

***

Du som fanns före bergen och molnen,
fört havet och vindarna.
Du vars begynnelse är före alla tings begynnelse
och vars glädje och sorg är äldre än stjärnorna.
Du som har vandrat evigt ung över vintergator
och genom de stora mörkren mellan dem.
Du som var ensam före ensamheten
och vars hjärta var fullt av ängslan långt före något
mänskohjärta —
glöm inte mig.

Men hur skulle du kunna minnas mig.
Hur skulle havet kunna minnas havssnäckan
som det brusade igenom engäng.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

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Les nuages passent (Sho Hayashi)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



Les nuages passent —
La blancheur du magnolia
est à son comble

(Sho Hayashi)

Illustration

 

 

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Les nuages si bleus (Shó Hayashi)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Les nuages si bleus,
si clairs —
Premières fleurs de cerisier

(Shó Hayashi)

 

 

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CRÉPUSCULE SPIRITUEL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

CRÉPUSCULE SPIRITUEL

Silencieuse rencontre à la lisière de la forêt
Avec un sombre gibier,
Sur la colline meurt doucement le vent du soir,

S’évanouit la plainte du merle
Et les douces flûtes de l’automne
Se taisent dans les roseaux.

Sur un nuage noir
Tu vogues, ivre de pavot,
Dans l’étang nocturne,

Le ciel étoilé.
Toujours la voix lunaire de la soeur
Résonne dans la nuit spirituelle.

***

GEISTLICHE DÄMMERUNG

Stalle begegnet am Saum des Waldes
Ein dunkles Wild ;
Am Hügel endet leise der Abendwind,

Verstummt die Klage der Amsel,
Und die sanften ten Flöten des Herbstes
Schweigen im Rohr.

Auf schwarzer Wolke
Befährst du trunken von Mohn
Den nächtigen Weiher,

Den Sternenhimmel.
Immer tönt der Schwester mondene Stimme
Durch die geistliche Nacht.

(Georg Trakl)

Illustration: David Brayne

 

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L’ordre logique s’effondra (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

L’ordre logique s’effondra avec le toit
nous applaudissions les pluies entre nos murs
rapiécions avec ferveur les accrocs des toiles d’araignée
Nous étions fétichistes
irrévérencieux
ma mère tirait les cartes aux merles moqueurs
mon père frappait le sable
frappait Dieu
à la saignée des nuages
sur le dos courbé de l’air
Notre salut viendrait de la nature
nous attraperions les rousseurs des automnes
le dénuement de l’hiver
nous finirions en sarments
en fagots
pour affronter les colères brèves des résineux.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Hans Thoma

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NOSTALGIE D’AMOUR (Li Yu)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



NOSTALGIE D’AMOUR

Attachés par une épingle de jade
Ses cheveux ondulent comme des nuages
Enveloppée dans une souple robe de soie
Elle relève légèrement ses sourcils noirs

Le vent d’automne se fait fort
S’y mêle une pluie abondante
De l’autre côté du store en bambou
Les bananiers s’agitent
Quelle impuissance ai-je devant la nuit si longue

(Li Yu)

 

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Se souvenir (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: Mustapha Farroukh
    
Se souvenir

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton du coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait note âge;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.

(Nadia Tueni)

 

 

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Si vous êtes poète (Thich Nhat Hanh)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017



    

Si vous êtes poète, vous remarquerez certainement
le nuage qui flotte sur cette feuille de papier.

Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie;
et sans arbres, nous ne pourrions pas fabriquer de papier.

Le nuage est nécessaire au papier:
s’il n’existait pas,
la feuille de papier
n’existerait pas non plus.

(Thich Nhat Hanh)

 

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CRÉPUSCULE SPIRITUEL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017



Illustration
   
CRÉPUSCULE SPIRITUEL

Aux lisières du bois, les bêtes sombres
Ont trouvé le repos.
Le vent du soir meurt sans bruit sur la colline.

La plainte du merle s’est tue,
Et les douces flûtes de l’automne
Font silence dans les roseaux.

Sur un noir nuage
Tu parcours ivre de pavot
L’étang nocturne.

Le ciel d’étoiles.
La voix lunaire de la soeur chante sans trêve
Par la nuit spirituelle.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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CHANT DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Illustration: Odilon Redon
    
CHANT DU SOIR

Le soir, quand nous allons par les sentiers obscurs,
Se lèvent devant nous nos formes blêmes.

Quand la soif nous saisit,
Nous buvons les eaux pâles de l’étang,
La douceur de notre triste enfance.

Las à mourir, nous reposons sous l’arche d’un sureau,
Les yeux au vol des mouettes grises.

Des nuages de printemps montent sur la sombre ville
Qui tait les temps plus illustres des moines.

Quand j’ai pris tes mains étroites dans les miennes,
Tu ouvris doucement tes yeux immenses.
Tout est passé depuis longtemps.

Mais quand l’âme est visitée d’une harmonie obscure
Tu apparais à l’ami, toute blanche dans son paysage automnal.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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