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Poésie

Posts Tagged ‘corbeau’

Tu voudrais bien (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Tu voudrais bien
Que ton sang passe de ton coeur
Dans ta main
Et dans ton stylo
Et pour écrire ton dernier soupir
Que ta main retombe inerte
Sur la page nette

Tu voudrais bien te prendre
Pour un épi de blé
Tu donnerais chair
Pour être nourriture
A autre chose
Qu’aux corbeaux ou aux vers
Et toi qui as toujours soif de vin
Tu disparaîtras bien volontiers
Dans une source

(Paul Vincensini)


Illustration

 

 

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UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES (Zhang Ji (Yisun))

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Hanshan]

UNE NUIT PRÈS DU PONT DES ÉRABLES

La lune décline
Les corbeaux se lamentent
Le ciel est plein de givre
Au bord de la rivière
Les érables s’illuminent aux feux des pêcheurs
Je sombre dans un sommeil mélancolique
En dehors de la ville de Gusu
Se dresse le temple de Hanshan
A minuit le tintement de sa cloche
Parvient jusqu’à ma barque

(Zhang Ji (Yisun))

Illustration

 

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PRINTEMPS (Andréi Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



PRINTEMPS

Le printemps garde encor
au bord de la colline
sa face de bois mort.
Un petit arbre neuf, une églantine
blanchit de bas en haut.
L’éclat monte des eaux.

Tout va briller, s’ouvrir
le monde est un soupir
un saule aux clairs cheveux
est si clair qu’il s’efface
Et le ciel bleu, par place,
a des corbeaux heureux.

(Andréi Sodenkamp)

 Illustration

 

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A ma place (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



 

A ma place
prenant un bain dans l’eau neuve
un corbeau

(Kobayashi Issa)

Illustration

 

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Commencements (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Commencements

C’est en écoutant le chant
qu’entonne la plaine
que nous savons si notre regard
est un geste du dedans ou du dehors.

Le temps seul
n’est pas écriture
il n’occupera pas la plaine
de ce qu’elle a voulu dire.

Plus sûrement
corbeaux et soleils
recommenceront l’énigme
comme si se brouillaient indéfiniment
le commencement et la fin

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



PASTEL

L’automne pleure et crie
— Agonisant buccin —
Et les oiseaux s’enfuient
Vont se cacher au loin.

La pluie hélas ! crépite…
Aucun sur le chemin ;
Qui délaisse son gîte
Sombre dans le crachin.

Dans les noirs guérets glissent
Et plongent les corbeaux.
Les beuglements emplissent
Le parc à bestiaux.

Tristement les clarines
Tintent dans ce décor…
Si tard… le jour décline
Et point encor suis mort.

(George Bacovia)

Illustration

 

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PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



Poplars in Snow

PASTEL

Pauvres peupliers près du moulin,
Comme ils sont seuls, rien ne les protège
Et comme sur eux tombe la neige !…
Pauvres peupliers près du moulin !…

Comme m’assaillent noires pensées
Quand je songe que je vais mourir…
Et les corbeaux de les assaillir
Comme m’assaillent noires pensées…

(George Bacovia)

 Illustration: Jeffrey Conley

 

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CRÉPUSCULE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



CRÉPUSCULE

Vois les corbeaux — ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco —
Ils passent dans la nuit, s’enfuient
Par-dessus la ville transie,

Et tout au loin ils disparaissent…
Cependant que toute d’argent
Dans le crépuscule d’argent
La lune s’allume et caresse

De rayures couleur d’argent
Le vaste et lugubre caveau…
Ah ! ma chérie, ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco…

(George Bacovia)

Illustration

 

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AIGLE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration : Luis Pla
    
AIGLE

Les corbeaux volent en bandes
l’aigle vole seul.
(Luchino Visconti)

Si proche du ciel
vole l’aigle

seul
comme le poète

attendant patiemment
la venue du verbe

jusqu’à ce qu’enfin la plume
grince quelques lignes

hésitant encore
sur le sens

la vanité
de nommer.

***

ADELAAR

De raven vliegen in zwermen
de adelaar vliegt alleen
Luchino Visconti

De hemel zo na
vliegt de adelaar

eenzaam
als de dichter

geduldig wachtend
op de komst van het woord

tot eindelijk de pen
enkele regels krast

twijfelend nog
over de zin

de vergeefsheid
van het benoemen.

***

EAGLE

The ravens fly in swarms
the eagle flies alone
Luchino Visconti

So close to heaven
flies the eagle
lonely
as the poet

who patiently waits
the arrival of a verse

till the pen
finally scratches a few a few lines

still doubting
the sense

the idleness
of naming.

***

ADLER

Die Raben fliegen in Schwärmen
der Adler fliegt allein
Luchino Visconti

Dem Himmel so nah
fliegt der Adler

einsam
wie der Dichter

geduldig wartend
auf die Ankunft des Worts

bis endlich die Feder
einige Zeilen kratzt

zweifelnd noch
über den Sinn

die Vergeblichkeit
des Benennens.

***

ΑΕΤΟΣ
Σμήνη πετούν τα κοράκια
και πάντα μοναχός ο αετός
Luchino Visconti

Ψηλα στον ουρανό πετά ο αετός
μονάχος

σαν ποιητής
που με υπομονή αναμένει

τον κάθε στίχο
ώσπου η πένα του

γράφει μερικές γραμμές
κι ακόμα αμφιβάλει

για το θέμα
του πώς να ονομάσει

την απραξία
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

AQUILA

I corvi volano a stormi
l’aquila vola da sola
Luchino Visconti

Così vicina al cielo
vola l’aquila

Solitaria
come il poeta

aspettando paziente
l’arrivo di una parola

finché infine la penna
graffia alcune linee

dubitando ancora
del senso

vano
del nominare.

***


乌鸦群地飞。
老鹰独自飞行
卢奇诺·维斯康蒂

如此接近天堂
鹰孤独地

飞翔
就像这位诗人

谁在耐心等待
一首诗的天袭

直到笔尖
最后划了几条线

仍然怀疑
这意识

这命名
的无益

***

ACVILA

Corbii zboară în stoluri
acvila zboară solitar.
Luchino Visconti

Atât de aproape de cer
zboară acvila

singură
ca un poet

răbdător așteptând
sosirea cuvântului

până când pana, în sfârșit,
zgârie câteva linii

îndoindu-se încă
de rostul

de zădărnicia
spunerii prin cuvinte.

***

ÁGUIA

Os Corvos voam em bando
a águia voa sozinha
Luchino Visconti

Tão perto do céu
a águia voa

solitária
como opoeta

esperando paciente
a chegada da palavra

até que ao fim a pluma
rasga uma linhas

duvidando no entanto
do sentido

inútil
de nomear.

***

Герман Другенбруд

ОРЕЛ

Вороны летают в стаях
Орел летает один
Лучино Висконти

Так близко к небу
летит орел

Одинок
как поэт

в терпеливом ожидании
явления слова

пока перо наконец
не нацарапает первое слово

еще сомневаясь
в его смысле

тщетность
именования

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 575 (de « Dans le courant du temps, Meditations aux Himalaya »)
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais / Anglais / Allemand / Grec Manolis Aligizakis / Italien Emilio Coco / Chinois Zhou Dao Mo / Roumain Gabriela Căluțiu-Sonnenberg / Portugais José Eduardo Degrazia / Russe Vyacheslav Kupriyanov /
Editions: POINT / Publication prévue en 2019 par l’Harmattan

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TROMPERIE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




TROMPERIE

1
Printemps. Le matin est ivre de soleil,
Plus net le parfum des roses sur la terrasse,
Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue.
Le cahier est relié en maroquin très souple,
J’y lis des stances et des élégies,
Qui furent écrites pour ma grand-mère.

Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes
Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon.
Oh! ce coeur est plein d’un amour exquis, aveugle.
Et quelle joie! ces couleurs, dans les massifs,
Et dans le ciel le cri aigu du corbeau noir,
La voûte du cellier au profond de l’allée.

2
Le vent souffle chaud, étouffant.
Le soleil brûle les mains.
La voûte de l’air sur la tête,
On dirait un verre bleu.

Odeur sèche des immortelles
Dans ma tresse qui se défait.
Sur le tronc rugueux du sapin
Une route pour les fourmis.

Reflets paresseux sur l’étang.
Vie légère, comme jamais…
Aujourd’hui j’ai cru voir quelqu’un
(Mais qui?) dans le hamac léger.

3
Soir bleu. Les vents sont apaisés,
La lumière veut que je rentre.
Qui est là? Devine… un fiancé?
Et pourquoi pas mon fiancé ?…

Sur la terrasse une silhouette familière,
On parle, mais très doucement.
Oh, je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici
Une langueur si séduisante.

Les peupliers frémissent d’inquiétude,
Visités par des rêves de tendresse
Le ciel est couleur d’acier bruni,
La pâleur des étoiles est mate.

Je tiens un bouquet de giroflées blanches.
Elles cachent un feu secret, pour brûler
Celui qui les prendra de mes mains timides,
En effleurant ma paume tiède.

4
J’ai écrit des mots
Que longtemps je n’ai pas osé dire.
Le mal de tête m’engourdit,
Mon corps est comme insensible.

Le cor au loin s’est tu, mon coeur
Ressasse les mêmes énigmes,
Une légère neige d’automne
A recouvert le terrain de croquet.

Les feuilles bientôt ne frémiront plus !
La pensée bientôt oubliera ses tourments.
Je ne voulais pas être une gêne
Pour ceux dont le devoir est de se divertir.

J’ai pardonné à ces lèvres rouges
Leur cruelle plaisanterie…
Vous viendrez nous voir demain
En foulant aux pieds la première neige.

On allumera des bougies,
De jour leur éclat est plus doux,
On apportera un bouquet
De roses cueillies dans l’orangerie.

(Anna Akhmatova)

 

 

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