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Ah dis ah dis ah dis ah bonjour (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Ah dis ah dis ah dis ah bonjour

Quel est, dans le bois, ce lumineux coquelicot?
C´est le soleil plus matinal que tes jolis yeux ma chérie.
Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico?
C´est la chanson d´un jeune coq qui chante sur la prairie.
Quelle est cette goutte sur la joue de cette fleur?
C´est la rosée qui met partout qui met des larmes de bonheur.
Quelle est cette ardeur qui vient avec le gai printemps?
C´est du désir. Réveille-toi. La nature a vingt ans.

Ouvre ton cœur à l´amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t´en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n´assieds pas ton derrière
Sur les orties familières…
Dis-toi que le temps est court,
Qu´il faut penser à l´amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!

Quel est cet oiseau qui, gentiment, nous applaudit?
C´est l´hirondelle de mon cœur qui chante, chante jour et nuit.
Quel est ce château qui nous sourit à l´horizon?
C´est le mirage le plus beau ma chérie : c´est notre maison.
Qui est ce gros chien qui jappe au bas de l´escalier?
C´est le gardien, le gros Médor dont le visage est familier.
Quel est cet étang qui nous invite à canoter?
C´est le bon temps, l´avenir, c´est le printemps et l´été.

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2021



Illustration: Erich Heckel
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration: Vincent Van Gogh
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LA CLARTÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
LA CLARTÉ

C’est la clarté qui palpe soudain le corps aveugle,
l’ouvre et le dissout. Et la langue prononce
l’écume et la danse lumineuse. Ce sont les flammes de la terre,
les gorges d’ombre, les veines vertes.
Toute la vie visible dans le silence qui respire,
et dans les allées les caresses traversées par les oiseaux.
Quel est celui qui dort parmi les fruits et les fleurs,
qui rit dans une demeure claire et scintillante
et se sent construit et dédoublé,
et rien d’autre que la volupté qui le soulève
dans la blancheur de l’espace où les éléments se joignent,
et où tout est le caprice d’un seul souffle clair ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Nuit de lune lumineuse (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2021




Illustration: Ohara Koson

    

nuit de lune lumineuse
sur une barque
je vais dormir

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Mon passé mon avenir (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2021



Illustration: Kawase Hasui
    
mon passé
mon avenir
lumineuse est la neige

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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LA VIGNE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




LA VIGNE

Je n’aurai point regret des roses
qu’avril léger vit se flétrir.
J’aime voir le raisin sur la treille
mûrissant à l’abri du vent,
parure du val verdoyant,
délice de l’automne d’or,
avec ses grains lumineux, effilés
comme des doigts de jeune fille.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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ÂGE DE FEMME ET DE SAISON (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




ÂGE DE FEMME ET DE SAISON

Comme la fleur d’Avril, le teint est lumineux,
Toute la joie de vivre se lit dans ses yeux bleus.
Pas encore une femme mais bien plus qu’une enfant.
Le bel âge que voilà, le Printemps a seize ans.

Elle émerge de l’eau, rieuse et éclatante,
Inondée de soleil, hâlée et ruisselante,
Elle rejoint sur la plage ses enfants déjà grands,
Le fruit est épanoui, l’Été a quarante ans.

Elle choisit au parterre les dernières passeroses,
Chasse la nostalgie et les pensées moroses.
Elle se rit de ses rides, laissant couler les ans.
La vie est encore belle, l’Automne a soixante ans.

Elle serre sur ses épaules son vieux châle de laine,
Contemple le jardin qui surplombe la plaine,
Tout est couvert de neige, même ses cheveux blancs.
L’hiver vêtu d’hermine a quatre fois vingt ans.

(Jane Deny)

Illustration: Baldung Grien Hans

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Puisse mon amour… (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Puisse mon amour…

Puisse mon amour des dessins changeants
des corps, des eaux et des vents de ce monde
avec les martinets voler encore ce soir
certitude d’un instant dans la joie
d’une vie d’un coup d’aile dépliée
comme si dans le geste de s’ouvrir
il y avait une braise éternelle –

Reviens près de ces pierres
où quelques mots respirent –
écoute-les de toute ta nuit
tout le poids de l’oubli courbé
sur un feu qui consent aux gris
lumineux et fragiles de ces cendres –
poignée de semences
que dispersent les vents –

(Lorand Gaspar)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Derrière le dos de Dieu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si un matin à l’aube (Bo Carpelan)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021




    
Si un matin à l’aube, avec d’infinies précautions,
tu tentes de mesurer l’air entre deux arbres immobiles,
tu aperçois un arc de fraîcheur presque invisible, tel un chant.
Tu vois que l’été est en chemin, et peut-être peux-tu, si ton cœur,
même en pensées, est proche du cœur lumineux de quelqu’un d’autre,
être empli de la consolation heureuse venue d’une source inattendue,
invisible

(Bo Carpelan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Dehors
Traduction: Traduit du suédois par Pierre Grouix
Editions: Arfuyen

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