Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lumineux’

La Femme de Loth (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Marvin Haye

La Femme de Loth

La femme de Loth regarda en arrière,
et elle devint une statue de sel
Genèse 19, 2.6

Et le Juste marchait derrière l’ange de Dieu
Immense et lumineux sur la montagne noire
Mais la détresse parlait fort à sa femme:
Non, il n’est pas trop tard, tu peux encore la voir
Ta Sodome natale, ses tours rouges,
La place où tu chantais, la cour où tu filais,
Et les fenêtres vides de la haute maison
Où tu as donné des enfants à ton mari bien aimé.
Elle se retourne — frappés soudain d’une douleur mortelle,
Ses yeux déjà s’aveuglent,
Et son corps se raidit, sel transparent,
Et ses jambes rapides dans la terre s’enracinent.

Qui pleurera cette femme ?
Quelle importance a-t-elle ?
Mais mon coeur, lui, jamais n’oubliera
Celle qui, pour un regard, donna sa vie.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SIGNES LUMINEUX (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



Illustration: Germain Droogenbroodt 
    
SIGNES LUMINEUX

Dans l’oeil
une lueur de lune
Une brise douce
comme parfois une parole
un geste de la main
ou un embrassement
un soupçon de lumière
des choses pour le coeur.

(Germain Droogenbroodt)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La question (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Aron Wiesenfeld
    
La question n’est plus de savoir
Où va la source
Mais d’où elle jaillit

Or il n’est pas de réponse

Sauf à se tenir indéfiniment
En ce lieu hors de tout lieu

Où la nuée est ténèbres
Et la nuit lumineuse

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mémoire (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019


 


 

Gene Pressler

La mémoire

Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?
Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?
Peut-on comparer même au chant du bengali
Son exotique accent, si clair et si joli ?
Est-il une grenade entr’ouverte qui rende
L’incarnat de sa bouche adorablement grande ?
Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,
Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;
Et l’antilope errant sous le taillis humide
N’a pas ce long regard lumineux et timide.
Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,
Le poète qui veut décrire est impuissant ;
Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,
O faculté sublime à l’égal du génie,
Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,
Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois ! »

(François Coppée)

Illustration: Gene Pressler  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ecoutez cette voix (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018


voix

Ecoutez cette voix
qui traverse un temps étranger,
signe sourd d’une trace
et lumineuse écume.

On dirait
dans le lit du gel
un visage ancien qui vous parle

De la nuit millénaire,
voix écrite,
gorgée de silence.

(Lionel Ray)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voix de l’intérieur du bleu. (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    
Voix de l’intérieur du bleu.
nous y habitons
comme en un refuge respirable.
Et nous buvons à la table des heures

un vin lumineux, un vin
qui ne s’épuise pas.
Nous te comprenons, silence.
comme l’eau des sources

qui compte et recompte, bouche ouverte,
les nuits et les jours.
Et nous t’interrogeons, désir

qui es au coeur du monde, sous
Ies paupières, et dans le souffle retenu
du dieu absent.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les yeux se souviennent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    Illustration
    
Les yeux se souviennent,
ils creusent dans la parole
de muettes galeries :
venez regards, jusqu’au centre :

Écoutez cette voix
qui traverse un temps étranger,
signe sourd d’une trace
et lumineuse écume.

On dirait
dans le lit du gel
un visage ancien qui vous parle

De la nuit millénaire,
voix écrite,
gorgée de silence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Tout souvenir en moi luit comme un ostensoir!

(Charles Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Harmonie du soir (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :