Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘golfe’

La mer est belle (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: William Bouguereau
    
La mer est belle, mais le jeu des muscles lisses
Est plus beau, qui s’achève en sursaut de délice

Dans la noirceur mouvante où je suis le nageur
Jamais las de renaître et mourir sur ton cœur

Et fouler de baisers le golfe de tes cuisses

Comme après le naufrage on chérit son sauveur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TENDRESSE (Rina Lasnier)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



TENDRESSE

Celui qui sans quitter la courbe prudente
écoute venir de loin une lame de ta pensée,
comme le golfe écoute la mer frapper son arc ouvert
et repartir avec la fraîche poussée du large ;
celui qui ne chasse point la mer avec le vent
mais la laisse déborder de ses larges fonds,
celui qui t’attend au plus long de sa tendresse
te tiendra mieux que la mer son soleil engouffré…

(Rina Lasnier)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LE SOIR (Maurice Olivaint)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Henri Adrien Tanoux (French, 1865-1923) [800x600]

LE SOIR

D’APRÈS UN PASTEL DE MARIE-JOSEPH IWIL

Sous un dais de feuillage embaumé qui se mire
Dans le golfe, où la lune au visage blêmi
Epanche la clarté de son regard ami,
La vierge se recueille en effleurant sa lyre.

Elle égrène des chants que ses yeux semblent lire
Au beau livre du ciel entr’ouvert, et parmi
Les larmes, bleus feuillets déroulés à demi
Par le doigt invisible et léger du zéphire.

Le rêve voilé d’ombre, et qui sommeille encor,
Tressaille aux sons glissant le long des cordes d’or ;
Du silence s’élève une lente harmonie ;

Et des fleurs, dont un souffle agite l’encensoir,
Jusqu’aux astres épars dans la sphère infinie,
S’exhale avec douceur l’âme errante du soir.

(Maurice Olivaint)

Illustration: Henri Adrien Tanoux 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous nous retrouvions (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Zorn
    
Nous nous retrouvions au couchant.
Ta rame fendait l’eau du golfe.
Amoureux de ta robe blanche,
Je n’aimais plus l’élégance du rêve.

Retrouvailles muettes, étranges.
Devant nous — sur la langue de sable —
S’allumaient les cierges du soir.
On songeait à la pâle beauté.

Qu’on s’approche, s’effleure et se brûle —
Le silence d’azur n’entend rien.
Mais nous nous retrouvions dans les brumes,
Où l’onde frémit sous les roseaux.

Ni douleur, ni amour, ni offense,
Tout pâlit, tout s’en va, tout s’enfuit…
Ton image blanche, les requiems,
Et la rame d’or dans ta main.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La nuit venait nager nue (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
la nuit venait nager nue
dans le golfe de nos gestes

elle ruisselait d’étoiles
qui tombaient dans nos yeux clos

si fatale était la douceur
nos souffles brisés s’enlaçaient pour renaître

nous restions seuls sous l’arche du silence
l’air se chargeait peu à peu de mémoire

nos mains jamais n’avaient assez d’oubli
un feu dansait dans l’été gémissant

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Vague (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
La Vague

Il est des mont Fuji montagne Boukornine
fiefs des oiseaux perdus dans les étendues d’eau
Quand la Vague est venue me portant sur son dos
j’ai vu leurs cimes fondre sous l’écume opaline

Des villes ont glissé lumières dans la mer
parcs mairies minarets auxquels manque le son
cyprès au bord des routes et des cimetières
trains de noyés hagards visitant les grands fonds

Moi perchée sur la Vague témoin impuissant
ne sachant s’il fallait plonger ou résister
flairant la mort proche comme un requin du sang
je me surpris soudain à vouloir et lutter

Parlai-je d’aujourd’hui ou d’un hier livide
Trépasser par noyade est la fin redoutée
des Naïades hantant les Golfes veloutés
Vertige inconnu et chute dans le vide

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui… (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui…

Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui:
Il a oublié d’écrire, ou alors il est parti;
Le printemps, suite de rires argentés;
Dans le golfe, les navires se balancent.
Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui.

Il était là, il n’y a pas si longtemps,
Amoureux, tendre, et tout à moi…
C’était alors l’hiver blanc, aujourd’hui
C’est le printemps, sa tristesse meurtrière;

Il était là, il n’y a pas si longtemps…
J’entends l’archer léger qui tremble,
Il se débat, dans l’angoisse de la mort,
J’ai peur que mon coeur se brise, et
De ne pouvoir terminer ces lignes douces.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maturité (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



Maturité

Je suis la rampe de mes chemins de fer
je conduis mes trains vers la lumière
chassant mes vanités de vitriol
les moutons noirs au golfe de l’esprit

(Gemma Tremblay)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Celui que j’aime chaque nuit (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Celui que j’aime
chaque nuit
se mêle aux flots de mon sommeil.

Il suffit de son nom murmuré dans un rêve :
la mer se creuse et se soulève,
s’ouvre dans l’ombre, et le voilà
qui berce ma barque et me prend
dans le golfe de ses bras…

Il me prend dans ses yeux où voguent des voyages,
m’attire sur ses lèvres, à la crête des vagues :
vertige de douceur,
plaisir que je dévale…

Et la mer, d’un seul coup,
bascule dans le ciel
faisant sous son étreinte éclater les étoiles

(Christiane Barrillon)

Illustration: Adolphe La Lyre

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :