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Posts Tagged ‘corde’

Le maître archer (Campo)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



 

Danjo_Heki  maître archer01

Le maître archer

Toi, absent qu’il faut aimer…
terme qui nous échappes et nous poursuis
comme l’ombre d’un oiseau sur le sentier:
je ne veux plus te chercher.

Je vibrerai sans presque ajuster ma flèche
pourvu que soit tendue la corde de mon coeur:
voilà ce que m’enseigne le maître archer zen
qui depuis trois mille ans Te voit.

(Campo)

Illustration

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De passage (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



Anthony Lhéritier 1

De passage

Pour mieux jouer mon personnage
J’avais cet orgueil ingénu
De me présenter humble et doux

Et vous ne m’avez pas pendu
Tandis que j’étais parmi vous
Pieds nus
En chemise et la corde au cou

Amis, vous m’avez bien déçu.

Chez nous on meurt par habitude
Pour survivre à titre posthume.

(Anthony Lhéritier)

 

 

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Je persévère (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




si je bascule
sur la corde
du chemin

je persévère
sur le fil
de l’espace

(Silvia Baron Supervielle)

Illustration: Alain Chayer

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CHANSON A LYNCHER (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Lynchage de Jesse Washington

CHANSON A LYNCHER

Tirons sur la corde!
Tirons très fort!
La vie est pour les Blancs
Et pour ce jeune Noir c’est la mort.

Tirez, les gars,
Avec sanglante clameur.
Que ce Noir balance
Tandis que les Blancs meurent!

Les Blancs meurent?
Que voulez-vous dire :
Les Blancs meurent?

C’est le corps immobile
Du jeune Noir
Qui dit :

Ce n’est pas moi qui meurs.

***

Lynching Song

Pull at the rope!
O, pull it high!
Let the white folks live
And the black boy die.

Pull it, boys,
With a bloody cry.
Let the black boy spin
While the white folks die.

The white folks die?
What do you mean–
The white folks die?

That black boy’s
Still body
Says:
NOT I.

(Langston Hughes)

Illustration: Lynchage de Jesse Washington

 

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LES DJINNS (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



 

Schéhérazade

LES DJINNS

Tous les djinns d’Orient sont cachés, dit-on,
O Rimsky-Korsakoff, dans les instruments
Que tu fais jouer au signe de ton bâton;
Ils montrent leurs nez trop longs
Par les trous des flûtes de bois creux
Ou dansent des pas prestes et charmants
Sur les cordes des violons.
Ils redisent des sérénades et des aubades
Comme des amoureux;
Ils redisent les chants des marins de Sindbad,
Et l’on croit toujours
Après leur musique très douce ou nasillarde
Voir apparaître en robe de velours
Schéhérazade.

(Tristan Klingsor)

 

 

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Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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La grenouille (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



La grenouille, qui se reprend à essayer ses cordes
depuis l’étang qui noie
joncs et nuages, le bruissement des caroubiers
entrecroisés où vient éteindre ses torches
un soleil sans chaleur, sur les fleurs l’indolent
bourdonnement des coléoptères qui sucent
encor des sèves, d’ultimes sons, l’avare
vie des champs. Dans un souffle
l’heure s’épuise : un ciel d’ardoise
se prépare à l’irruption des chevaux
décharnés, à leurs sabots pleins d’étincelles.

***

La rana, prima a ritentar la corda
dallo stagno che affossa
giunchi e nubi, stormire dei carrubi
conserti dove spenge le sue fiaccole
un sole senza caldo, tardo ai fiori
ronzio di coleotteri che suggono
ancora linfe, ultimi suoni, avara
vita della campagna. Con un soffio
l’ora s’estingue : un cielo di lavagna
si prepara a un irrompere di scarni
cavalli, alle scintille degli zoccoli.

(Eugenio Montale)

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Une fille de Qin (Luxun)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Une fille de Qin, visage sévère,
fait vibrer sa harpe
La poussière des poutres danse
dans le vent léger de la nuit
Tout à coup la note, trop vive,
a brisé la corde de glace
Mais on voit, rapide, s’enfuir une étoile,
tel un cri puissant

(Luxun)

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Le coeur déplumé (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020



Illustration
    
Le coeur déplumé
Un matin l’une des cordes
De mon petit luth :
Dieu l’a cassée soudainement,
À jamais abandonnée

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Trois mois de printemps (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2020




    
Trois mois de printemps
Sans chevalet à mon koto
Un son seulement :
Cheveux emmêlés du soir
Qui ont effleuré les cordes

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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