Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dissoudre’

J’écoute une voix inaudible (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




J’écoute une voix inaudible
Sons inarticulés
Syllabes étouffées
Pourtant elle bourdonne à mes oreilles
Dimanches stagnants
Etangs d’ennui
De l’aube à minuit
Pourtant le village chante au bout du chemin
Terre aérienne
Lumière dévote
Soleil de gloire
Ciel ardent
Mais je porte un monde intérieur
Que je n’aurai pas su traduire
Et je me dissous dans un verre d’eau
Où flotte un glaçon

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Il y a de grandes étendues du nuit (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



Il y a de grandes étendues du nuit.
Le raisonnement n’a que le mérite de s’en servir.
Dans ses bons moments, il les évite.
La poésie les dissout.
Elle est l’art des lumières.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sa brûlure (Sarah Friedland Ben-Arza)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Sa brûlure

Sa brûlure j’ai essayé de la nier
mais j’étais pour elle une proie trop facile.
Avant même d’avoir été conçue,
affamée, des briques la question me guettait.
Et je tente trop tard une deuxième fois, puis une troisième fois
de voiler ou d’émietter ou de dissoudre
avec des outils inadéquats
et brisés
la Question qui est ma place.

(Sarah Friedland Ben-Arza)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

REVENIR (Michel Monnereau)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration
    
REVENIR

Passé l’horizon d’enfance
commence l’exil.

Ici ont vécu des êtres humains
dissous dans le temps.

Les années ont braconné
ce qu’il restait de traces.

L’édifice de la mémoire
chancelle au moindre manque.

J’ai espéré longtemps
le retour de l’innocence.

(Michel Monnereau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

QUELQUES MOTS SENS DESSUS DESSOUS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration: René Magritte
    
QUELQUES MOTS SENS DESSUS DESSOUS

Négation

Pleuvoir n’est pas mentir
Sauver n’est pas dissoudre
Gravir n’est pas renaître

L’ombre n’est pas le cheval
Le regard n’est pas le torrent
Le portail n’est pas la surprise
Le couperet n’est pas la chambre

Affirmation

L’ombre c’est pleuvoir
Mentir c’est le regard
La surprise c’est la chambre
Le portail c’est le couperet
Gravir c’est sauver c’est renaître

Je ferai pleuvoir l’ombre
et le regard mentir
quand nos pas dans la chambre
seront le couperet.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’impossibilité de vivre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Illustration: Olivier de Sagazan 
    
L’impossibilité de vivre
se glisse en nous au début
comme un caillou dans la chaussure :
on le retire et on l’oublie.

Ensuite arrive une pierre plus grande
qui n’est plus déjà dans la chaussure :
le premier ou le dernier malentendu
se mêle à l’amour ou au doute.

Viennent après d’autres échecs :
la perte d’un mot,
la sauvage irruption d’une douleur,
une mort sur le chemin,
la chute d’une feuille sur notre solitude,
la vieillesse qui s’annonce
comme un soir écorché par la pluie.

Nous émergeons de tout
avec un tremblement qui dissout la confiance.
La lune pâlit,
nous commençons à nous méfier du soleil.

Et un jour quelconque,
dans la prairie ou le ciment,
dans la dissonance qui brise une chanson
ou une rotation inattendue au lit,
quelque chose nous blesse comme un fouet:
vivre c’est dévivre.
La promesse est rompue.

Qui a fait la promesse ?
Et qui peut la croire ?
Nous ne le saurons plus.
La promesse était autre.

Vivre est impossible.
Mais à l’intérieur du vivre il y a autre chose
que nous ne comprendrons jamais
et qui pourtant saute et joue
comme un dieu étonné
qui ne s’accordera jamais
avec les scandales successifs
de vivre sans vivre
et de mourir sans vivre.

***

La imposibilidad de vivir
se nos infiltra al principio
como una pequeña piedra en el zapato:
uno la quita y se olvida.

Luego llega un piedra mas grande,
y ya no en el zapato:
el primero o el último malentendido
se mezcla con el amor o la duda.

Vienen después otros fracasos:
la pérdida de un palabra,
la salvaje irrupción de un dolor,
una muerte en el camino,
la caída de una boja sobre nuestra soledad,
la vejez que se anuncia
como un tarde desollada por la lluvia.

Emergemos de todo,
con un temblor que disuelve la confianza.
La luna empalidece,
comenzamos a desconfiar del sol.

Y un día cualquiera,
en la pradera o el cemento,
en la disonancia que rompe una canción
o en una vuelta sorpresiva en el lecho,
algo nos hiere como un látigo:
vivir es desvivir.
La promesa está rota.

¿Quién hizo la promesa?
¿ Y quién puede creerla?
Ya nunca lo sabremos.
La promesa era otra.

Vivir es imposible.
Pero adentro del vivir hay otra cosa,
que jamás entenderemos
y sin embargo salta y juega
como un dios asombrado,
que nunca armonizará
con los sucesivos escándalos
de vivir sin vivir
y morir sin vivir.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

LORSQUE la nuit cède (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



Illustration: Christian Schloe 
    
LORSQUE la nuit cède
Et fatiguée dans sa mémoire elle s’effondre.
Lorsque le tout n’est plus rien
et pour le néant tout
abandonne doucement ses doigts
à la seule fragrance
à l’humide épaisseur de toute forme,
qui retient et éteint,
qui dissout, qui unit, qui détache,

avec cette légère paresse
comme la lente résine, de ton corps
l’aube se sécrète.

***

CUANDO cede la noche
y exhausta en su memoria se desploma.
Cuando ya todo es nada
y por la nada todo
mansamente abandona sus dedos
a la sola fragancia,
al húmedo espesor de toda forma
que retiene y apaga,
que disuelve, que une, que desata,

con qué leve pereza
como lenta resina, de tu cuerpo
va segregándose el alba.

(Rafael Carcelén)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Coeur a d’étroites Rives (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Le Coeur a d’étroites Rives
Qu’il mesure comme la Mer
D’une vaste – incessante Rumeur
Et Bleue monotonie

Mais que l’Ouragan le divise
Alors discernant
Son manque de Superficie
Le Coeur convulsif apprend

Que le Calme n’est qu’un Rempart
De Tulle inviolé
Qu’une brusque Poussée détruit
Qu’un Questionnement – dissout.

***

The Heart has narrow Banks
It measures like the Sea
In mighty – unremitting Bass
And Blue monotony

Till Hurricane bisect
And as itself discerns
It’s insufficient Area
The Heart convulsive learns

That Calm is but a Wall
Of Unattempted Gauze
An instant’s Push demolishes
A Questioning- dissolves.

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dame à son miroir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Dame à son miroir

Comme on fait fondre en la boisson du soir
des épices, elle dissout ses gentes las
dans la fluide transparence du miroir;
et elle y met tout son sourire.

puis elle attend que le liquide monte;
versant alors sa chevelure
dans le miroir, et faisant ressortir
de la robe du soir son épaule adorable,

elle boit, calme, son image. Elle boit
ce qu’un amant boirait dans le vertige,
goûtant, pleine de défiance; et ne fait signe

à la soubrette que lorsqu’au fond
de son miroir elle découvre des lumières,
des armoires et le trouble d’une heure tardive.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Furieusement (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
Furieusement
Vire
Sur un reflet
Tombe
En ligne droite
Blancheur
Affilée
Monte
Le bec sanglant déjà
Sel épars
A peine ligne
Quand tombe
Droit
Ton regard
Sur cette page
Dissoute

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :