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Poésie

Posts Tagged ‘dissoudre’

L’habitant des montagnes (Hanshan Deqing)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2022




    
L’habitant des montagnes

La blancheur des cheveux ne vaut celle du coeur;
Ma forme déjà ressemble à un vieil arbre mort.
Les causes dans le calme se sont toutes dissoutes;
J’ai pour seule pensée de voir venir l’unique.
Le ciel a pardonné ma bêtise insouciante,
Le chan force à quitter l’être et son opposé.
De vie ce qui me reste est un soleil couchant,
Voici que je regagne pas à pas la demeure.

(Hanshan Deqing)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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LA CLARTÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
LA CLARTÉ

C’est la clarté qui palpe soudain le corps aveugle,
l’ouvre et le dissout. Et la langue prononce
l’écume et la danse lumineuse. Ce sont les flammes de la terre,
les gorges d’ombre, les veines vertes.
Toute la vie visible dans le silence qui respire,
et dans les allées les caresses traversées par les oiseaux.
Quel est celui qui dort parmi les fruits et les fleurs,
qui rit dans une demeure claire et scintillante
et se sent construit et dédoublé,
et rien d’autre que la volupté qui le soulève
dans la blancheur de l’espace où les éléments se joignent,
et où tout est le caprice d’un seul souffle clair ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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SOLITUDE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Nicholas Roerich   kiss-the-earth-1912-2

SOLITUDE

LORSQUE la peine au coeur mord trop cruellement,
S’en aller et mendier un peu de solitude
A l’ombre qui prend en pitié,
Même s’il est faible, est un soulagement.
Mais l’être le plus doux sera prompt à la haine
Pour peu qu’une présence intruse
Vienne fêler sa quête solitaire :
Celui qui est la bête en sang qui se tapit
Ne supporte pas son semblable.

Mais alors, ô mirage unique de salut,
Nirvana entrevu!
Autour des lents siècles des troncs,
Comme sur un fond de bonheur
Ignorant les bornes des dates,
Les heures oscillaient, légères, dans les lianes,
En dansant leurs jeux élastiques
De jouvencelles excitées par les épices.
Des calices étranges proposaient des philtres,
Promesses de béatitudes.

Et déjà l’humain se dissolvait, et l’angoisse
Cédait à cette nature clémente
Où nulle empreinte
Ne venait déflorer l’humus intact et vierge.
Le silence m’était la flûte qui subjugue
Les serpents de la peine, ils ne mordaient plus.

Là, enfin, vaste et absolue
Comme la nuit qui cache et qui console,
Enfin pure ainsi que le vide
Qui attire et donne l’oubli,
Je découvrais la face de la solitude.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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Il est cette pierre au fond du puits (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Il est cette pierre au fond du puits.
Parfois des étoiles irisent la surface de l’eau, au-dessus de sa tête.
Lui retient son souffle, afin de ne pas dissoudre leur image.

(Bernard Montini)


Illustration: Guy Braun

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Toutes ces années (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



toutes ces années
avant que mon regard
s’inverse
vienne m’explorer
dissoudre
ce qui limitait
ma vision

(Charles Juliet)

Illustration: Le Caravage

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L’Après (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

L’Après

Que m’importe cet « après »
Au coeur blafard
À la mémoire dissoute

Que m’importe d’errer
Loin des chemins vécus
D’enfoncer passions et souvenirs
Dans l’océan impassible

Que m’importe de flâner
Loin des visages reconnus
Et de m’ancrer dans l’infini
Irréversible ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’amour ne rend pas aveugle, il rend visionnaire (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020




    
L’amour ne rend pas aveugle, il rend visionnaire.

L’amour essuie la pruine de fruit, dissout la brume et fait voir, derrière les apparences,
la perfection du projet Divin que chacun de nous incarne sans le savoir.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Avec des gestes harmonieux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



Avec des gestes harmonieux
tes mains se promènent sur ton corps
quand tu te contemples nue
dans un miroir prude qui se trouble
et ton sourire épanoui
s’y étiole dans une image vaporeuse
qui dissout le léger mouvement de tes lèvres.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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Le Ciel est inhérent à l’Esprit (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020


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Le Ciel est inhérent à l’Esprit
Que si l’Esprit se dissolvait –
Son Site – nul Architecte
Ne le pourrait confirmer –

Il est aussi vaste – que notre Capacité –
Aussi clair – que notre idée –
Pour Qui en a un juste désir
Il n’est pas plus loin, qu’Ici –

(Emily Dickinson)

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