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Poésie

Posts Tagged ‘inutile’

Que c’est triste Venise (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Que c’est triste Venise

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
On cherche encore des mots
Mais l’ennui les emporte
On voudrait bien pleurer
Mais on ne le peut plus

Que c’est triste Venise
Lorsque les barcaroles
Ne viennent souligner que les silences creux
Et que le coeur se serre
En voyant les gondoles
Abriter le bonheur des couples amoureux

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Inutile beauté
Devant nos yeux déçus

Que c’est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l’on ne vous tend pas

Et que l’on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter d’oublier
Ce que l’on ne se dit pas

Adieu tous les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Adieu Pont des Soupirs
Adieu rêves perdus

C’est trop triste Venise
Au temps des amours mortes
C’est trop triste Venise
Quand on ne s’aime plus

(Charles Aznavour)

 

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Je m’apaise enfin (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018


 


 

Nicole Helbig (16)

Je m’apaise enfin.
Tout ce qui était vestiges et déchets disparaît de mon âme, comme si cela n’avait jamais existé.
Me voici seul et paisible.
L’heure que je traverse est semblable à celle qui me verrait me convertir à une religion.
Rien cependant ne m’attire vers le haut, même si rien ne m’attire plus vers le bas.
Je me sens libre, comme si j’avais cessé d’exister et que j’en aie cependant conscience.
Je m’apaise, oui, je m’apaise.
Un calme profond, aussi doux qu’une chose inutile, descend jusqu’au tréfonds de mon être.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Pétanque (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Jacques Aubry__ Pétanque

Pétanque

Les joueurs de boules
chômaient sur les graviers rouges
du parc.
Cabane en bois
tu bois pour parler
parler pour rien dire
et dire que j’en étais.
Sur la poubelle
flamber les allocs
sur une paire
de valets.
La fin de journée
caressait les écharpes
et l’acier
des planètes.
Nous rentrions
en essuyant la terre rouge
sur nos mains
inutiles.

(Balbino)

Illustration: Jacques Aubry

 

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Le bon moment Il arrive toujours ce moment (Dany Laferrière)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



calendrier [800x600]

Le bon moment
Il arrive toujours ce moment.
Le moment de partir.
On peut bien traîner encore un peu
à faire des adieux inutiles et à ramasser
des choses qu’on jettera en chemin.
Le moment nous regarde
et on sait qu’il ne reculera plus.

L’instant du départ nous attend à la porte.
comme quelque chose dont on sent la présence
mais qu’on ne peut toucher.
Dans la réalité, il prend l’aspect d’une valise.

Le temps passé ailleurs que
dans son village natal
est un temps qui ne peut être mesuré.
Un temps hors du temps inscrit
dans nos gènes.

Seule une mère peut tenir pareil compte.
La mienne a fait pendant trente-deux ans
sur un calendrier Esso

(Dany Laferrière)

 

 

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Fatigue des noms (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Henri Matisse    
    
Fatigue des noms

Si nous pouvions revenir au bois d’amour
où tous les noms s’oubliaient
ou pour le moins au jardin de nudités
où les noms s’inventèrent,
sûrement nous trouverions
un autre lieu pour les signes.

Ou si peut-être nous retournions
là où il n’y avait
ni substance ni nom pour rien,
prendrait fin cette fatigue inutile de tenter de
peindre l’infini.

Ici seulement nous pouvons
ne pas appeler les choses par leur nom
et appendre à les appeler
avec les gestes qui sortent des choses.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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THÉORIE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



ondes

 

THÉORIE

1.
Chambre blanche dans la pénombre
dehors : le tumulte des rocs, le silence
incertain de la mer. C’est là

2.
Forme brute, fissurée, ce quartz
né du chaos, lavé, rejeté par le flux et
dans l’espace clément, contemplé

3.
Lancée — la première pierre ; mais seulement
le geste, et la gerbe qui n’est ni argent, ni
blancheur, ni cristal
— inutile de lire les cercles toujours plus larges

4.
Ayant saisi le sens ultime, l’orateur aux douze mots
marche sur la grève
le regard tranquille

*

THEORY

1.
The white cell almost in darkness
outside : rocks in abruption, sea-
silence wavering. It is there

2.
Rough shape, clifted, that quartz
chaos given, ashored, tide-washed and
in the good space gazed-at

3.
Cast — the first stone; only the
thrust and the not-silver, not-white, not-crystal
splash — no reading in the widening circles

4.
Great reason grasped, the twelve-worded
orator walks on the shingle
with quiet eyes

(Kenneth White)

Illustration

 

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Qui pourrait croire en l’impossible? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
– Inutile d’essayer, dit Alice. Qui pourrait croire en l’impossible?

– Vous péchez, selon moi, par manque d’entrainement, dit la Reine.
Quand j’avais votre âge, je m’y exerçais une demi-heure par jour.
Eh bien, il m’est arrivé parfois, avant même l’heure du petit déjeuner,
de croire jusqu’à six choses impossibles.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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La cave de ma maison (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



La cave de ma maison
Est pleine d’objets inutiles
Que j’aime

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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La vie peut paraître dénuée de sens (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Illustration: Max Ernst

    
la vie peut paraître dénuée de sens, inutile,…, le vide entre en nous,….
il se forme dans le monde une multitude occulte et silencieuse,
sous cet angle l’important, c’est plutôt la qualité du silence auquel la poésie vient répondre

(Roberto Juarroz)

 

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CHOSES ILLICITES (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



CHOSES ILLICITES

L’EAU continue de couler—
La grive de chanter

pourtant
au bord du ciel

au fin fond
du lointain

se mêlent…
… les échos du canon !

Dont le silence rappelle
de vallée

en vallée à la paix
de même que les poèmes conservent

le langage
d’anciennes extases.

les éclairs et les bruits de la guerre ;
demeures dont les chambres
sont les plus froides que l’on puisse imaginer,

ils sont partis tous ceux que nous aimions,
les lits restent vides, les divans
moites, les chaises inutiles —

Allez cacher tout cela quelque part
hors de l’esprit, que cela s’enracine
et pousse, à l’écart

des oreilles et des yeux jaloux — pour soi-même.
Dans cette mine, ils viennent tous creuser.
Est-ce la souche de la plus douce

musique ? La source de la poésie qui
voyant la pendule arrêtée, dit
La pendule s’est arrêtée

qui hier encore marchait si bien ?
et elle entend le clapotis de l’eau du lac
— qui maintenant est devenue de pierre.

***

ILLEGITIMATE THINGS

WATER still flows —
The thrush still stings

though in
the skirts of the sky

at the bottom of
the distance

huddle…
…echoing cannon !

Whose silence revives
valley after

valley to peace
as poems still conserve

the language
of old ecstasies.

the flashes and booms of war ;
houses of whose rooms
the cold is greater than can be thought,

the people gone that we loved,
the beds lying empty, the couches
damp, the chairs unused —

Hide it away somewhere
out of the mind, let it get roots
and grow, unrelated to jealous

ears and eyes — for itself.
In this mine they come to dig — all.
Is this the counterfoil to sweetest

music ? The source of poetry that
seeing the clock stopped, says,
The clock has stopped

that ticked yersterday so well ?
and hears the sound of lakewater
splashing — that is now stone.

(William Carlos Williams)
Illustration: ArbreaPhotos

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