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Poésie

Posts Tagged ‘inutile’

L’OUVRAGE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018




    
L’OUVRAGE

L’heure tant attendue est venue : terminé, l’ouvrage de tant d’années.
D’où vient alors cette étrange tristesse qui me tenaille en secret ?
Ou, l’exploit réalisé, serais-je comme l’ouvrier inutile
étranger à toute entreprise une fois le salaire reçu ?
Vais-je regretter ce travail, compagnon silencieux des nuits,
ami de l’Aurore aux doigts d’or et de pénates sacrées ?

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence
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26 MAI 1828 (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018



   Alexandre Pouchkine 
    
26 MAI 1828

Vie, don inutile, don fortuit,
à quoi bon m’es-tu donnée ?
Pourquoi un mystérieux destin
aux supplices m’a-t-il voué ?

Qui donc aux pouvoirs hostiles
du néant m’a rappelé,
chargé le coeur de passions
et rongé l’esprit de doute… ?

J’ai l’âme vide, l’esprit oiseux,
n’ai plus aucun but en vue ;
le bruit monotone de la vie
m’emplit de mélancolie.

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Inutile (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Inutile de parler de la peine,
De l’absence, l’abandon — les larmes coulent
De tous les yeux, offrandes
A la joie dont le coeur se souvient,
Dont tous connaissent la privation.

***

No need to tell of sorrow,
Of absence, loss—tears flow
From all eyes, offerings
To joy the heart remembers,
Whose lack all know.

(Kathleen Raine)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Les mots ne sont pas une réponse (Serge Nunez Tolin)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Liminaire

Les mots ne sont pas une réponse.

Les mots sont une présence de plus, inutile à la présence des choses.

L’homme n’est pas une unité.

Le monde n’est pas une unité dont on ne serait pas même un fragment
qui laisserait supposer le remembrement possible.

(Serge Nunez Tolin)

 

Recueil: Noeud noué par personne
Traduction:
Editions: Rougerie

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Bien des choses ont changé (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
bien des choses ont changé
des choses et des gens
surtout des gens des amis
et des inconnus des amis devenus
plus inconnus que des choses
inutiles et ceux qui changent
de trottoir ou de tête
ou d’idées et les choses
sont nouvelles et modernes
et moi loin et moins

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans l’abîme d’un rêve (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Sonia Dziabas

    
Dans l’abîme d’un rêve fait
D’inquiétude et de tristesse,
Mon coeur inutile et distrait
A survécu à tes caresses.

Car c’est là, dans ce rêve noir,
Si loin de ta clarté factice,
Que j’ai retrouvé cet espoir
Dont tu n’étais que la malice.

Car cet espoir n’était enfin
Que d’être d’accord unitaire
Avec mon ombre de destin
Pour qu’il, enfin, puisse se taire.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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L’amour est ce voyage (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
L’amour est ce voyage inutile, mais suave,
de l’autre côté du miroir.
Tant de créatures dans ma soif et dans mon verre vide.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Devant la forêt des hêtres (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




Illustration: Gustav Klimt
    
Devant la forêt des hêtres

La première fois que je le rencontrai

devant la forêt des hêtres
Ton visage me dit qu’amour n’était
Ni impatience ni force
Mais je ne te crus pas et je m’en allai

par toutes sortes de routes
Dans les nuées

Puis vint le jour où mon fantôme

Avec plaisir te reconnut à l’orée de la même forêt

Toi aussi tu le retrouvas et la voix parla dans l’air

«Amour, dis-tu, n’est ni impatience ni hâte!»

Alors seulement je te crus

Maintenant la neige put s’étendre

Sur toute parole inutile et silencieuse

(Jacques Chessex)

 

 

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Rien, tes mains n’implorent rien (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018




Rien, tes mains n’implorent rien, tes mains désormais choses ;
Tes lèvres désormais figées n’émeuvent rien,
Dans l’enlacement souterrain
De l’humide terre imposée.
Seul peut-être le sourire dont tu aimais
T’embaume, la lointaine, et au fond des mémoires
Telle que tu étais te dresse,
Aujourd’hui ruche putréfiée.
Et l’inutile nom dont feu ton corps
Usa, vivant, sur terre, à la façon d’une âme,
N’évoque plus rien. L’ode grave,
Anonyme, un sourire.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 ps
vivant

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Avant nous à travers les mêmes arbres (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018




Avant nous à travers les mêmes arbres
Le vent soufflait, quand il faisait du vent,
Et les feuilles ne bougeaient pas
D’une autre façon qu’aujourd’hui.

Nous passons, nous nous agitons, en pure perte.
Nous ne faisons pas plus de bruit dans tout ce qui existe
Que les feuilles des arbres
Et le souffle des vents.

Lors par délaissement assidu essayons
De confier tous nos efforts à la Nature
Et de ne pas vouloir vivre plus fort
Que ne vivent les arbres verts.

Inutiles, les grands airs que nous nous donnons.
À part nous-mêmes, rien de par le vaste monde
Ne salue notre grandeur, rien
N’est enclin à sur nous se régler.

Si sur ce rivage, ici, mes empreintes,
Sur le sable, la mer en trois vagues, trois, les efface,
Qu’en sera-t-il sur la haute plage
Où la mer est le Temps ?

(Fernando Pessoa)

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