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Poésie

Posts Tagged ‘crinière’

Son souffle était la crinière d’une jument (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019


crinière

Son souffle était la crinière
d’une jument
qui forçait les grillages de l’incendie
Il s’endormait dans son pelage
Crosse folle de gentiane
Le vent filière de feu
la soulevait la déroulait
de sa main s’échappait la corde
d’où pendait son abîme.

(Charles Dobzynski)

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Je retrouve ta façon (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Je retrouve ta façon
ton geste
ton goût
ta tristesse acide
ton âpreté de moût
ta ferveur
nocturne
tes cafards subits
visage mon vieil ami
Je reconnais tes traits
ton silence
je palpe
les lèvres lasses
de ton angoisse
Je retrouve le goût
salé des noires crinières de ton
cheval trottant solitaire
je sèche
rien que feu
Ah ! je te retiens
tes pleurs sans larmes
rien qu’écume en feu
enfin
les yeux dans les yeux les lèvres dans les lèvres
mon visage ancien mon ami
mon vieux visage à moi
tu n’es pas fait
pour bâiller de bonheur
Comme ça
tu es plus toi
plus moi
plus à moi

***

Reencontro o teu jeito
teu gesto
teu gosto
tua acida tristeza
teu suave travo a mosto
teu fervor
nocturno
teus sûbitos desânimos
meu velho amigo rosto
Reconheço teus traços
palpo
teu silêncio
os labios lassos
da tua ânsia
Recupero o gosto
salgado das negras crinas do teu
cavalo em solitârio trote
enxugo
teu choro sem lagrimas
sô fogo
so espuma em fogo
Ah! retenho-te
enfim
olhos nos olhos labios nos lâbios
meu rosto antigo meu amigo
meu velho rosto meu
nâo fosse feito
para os bocejos da felicidade
Assim
és mais tu
mais eu
mais de mim

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Odilon Redon

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Méditation grisâtre (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Méditation grisâtre

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe, au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais… jamais de fin.

(Jules Laforgue)

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SI JAMAIS (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



    

SI JAMAIS

Dis si jamais je reverrai
— Jamais! — la fille balancée
Par la mer Méditerranée,

La longue forme confondue
Avec l’eau bleue qui la remue
Et le soleil multiplié;

Crinière humide sur le sable,
Jambes ouvertes au ciel pur,
Grande, enfantine, insaisissable,

Combien de jours aux blancs nuages,
Combien de nuits auront passé,
Et dans ses yeux quelles images?

Vais-je garder, inépuisé,
Le goût de sel de ces baisers
Sur tout son corps, après la nage?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA GROTTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
LA GROTTE

Plus près, bien plus près, mais encore
dans un autre temps que le nôtre
l’instant aux traces demeurées
depuis 35.000 ans de la grotte Chauvet,
période glaciaire, près du 45e parallèle,
homo spiritualis petits groupes humains
plongés dans l’immédiateté animale
portés par sa vigueur herbivore, carnivore
confondus aux puissances animales
à leur explosion leur présent
mammouths aurochs lions chevaux
saisis en pleine course en piétinements
leur énergie leurs crinières leurs yeux,
concision du trait, implosion de l’humain,
plaquée sur le silence rupestre
une main qui dessine y invente le souffle

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Retour (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



Si Jamais tu reviens en terre natale
A pas lents comme un cheval dont le soir accroît la fatigue
Oh va dans ce jardin
Retrouver la rose méconnaissable
Le chrysanthème à la crinière de lion
– D’immenses araignées volent avec des papillons
Comme dans les fièvres de l’enfance
Souris ou pleure mais ne crains rien
C’est l’ombre qui remue avant d’être nuit claire.

(Georges Schehadé)

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RÉALGAR (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


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NUAGE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Edvard Munch
    
NUAGE

Ce
nuage est
femme
couchée

beau ventre
nu d’offrande
de douleur

sein de
brume bouche
orageuse

déjà crinière
déchirée
par geste haut de vent

de feu d’âpre fumée déjà

(Munch.)

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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La mer m’a donné (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

 

La mer m’a donné

la mer m´a donné
sa carte de visite
pour me dire: » Je t´invite
à voyager.
J´ai de grands chevaux
à la crinière blanche
et puis j´ai dans ma manche
tant de bateaux.
J´ai du vent qui enivre
ceux qui veulent me suivre
dans l´illusion facile
de la douceur des îles.
Terres inconnues
où les filles les moins sages
vivent sur les rivages
à moitié nues
la mer m´a donné
une carte du monde
mystérieuse et ronde
comme un galet,
mais je t´ai trouvé
étendue sur le sable
fragile et désirable.
Je t´ai désirée.
Plus belle qu´un voyage
plus douce, plus sauvage
plus calme et plus cruelle
que la mer qui m´appelle.
Dans tes yeux ouverts
le ciel était bleu tendre
tu m´as laissé te prendre
comme on prend la mer,
comme on prend la mer.

(Georges Moustaki)

Illustration: William Bouguereau

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Ode (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Ode

Me voici sur ce rocher scintillant…
La brise légère
Du jeune été s’élève de la terre
Comme la chaleur d’un souper charmant.
J’habitue mon cœur au silence, et vraiment
Ce n’est pas très difficile…
Ce qui s’est évanoui se rassemble autour de moi,
Ma tête s’incline et mes doigts
S’abandonnent, dociles.

Je contemple la crinière des monts.
Chaque fleur qui frissonne
Fait vibrer l’éclat de ton front.
Sur la route, personne, personne…
Je vois ta robe
Flotter au vent;
Sous les frêles branches,
Je vois ta chevelure qui se penche

Et de tes seins le doux tressaillement;
Puis, de la rivière Szinva, qui va courant,
Je vois de nouveau surgir
Sur les petits galets de tes dents
Un féerique sourire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Fanny Verne

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