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Poésie

Posts Tagged ‘galop’

Derrière les barbelés de ma captivité (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Derrière les barbelés de ma captivité
s’alourdit de graines inemployées ma jeunesse…
Prisonnier de guerre.
Ma liberté dans une cage aux barreaux espacés
— Plus espacés que mon corps
moins larges que ma nostalgie errante —
Cheval au galop qui revisite ma vie…
mon front sourd écrase mes mots…
j’ai voyagé comme je n’ai pas voulu
j’ai demeuré plus que je n’ai voulu…

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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D’UNE PERFECTION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



D’UNE PERFECTION

ce qui est immortel ressemble
aux cigognes venues
d’un soleil égaré
nous n’avons pas le droit
d’en retenir
fût-ce une plume
fût-ce l’ombre d’un cou
va-t-en vivre chez toi
entre tes seins plus borgnes
que l’horizon mort-né
moi je retourne à mon désert
où les mots sont privés de pétales
car je reste quelconque
c’est mon église
car tu restes quelconque c’est ta chance
d’être avoine qui court
ou avoine couchée sous le galop du vent
séparons-nous
puisque tout est parfait

(Alain Bosquet)

Illustration

 

 

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La rencontre (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



La rencontre

Nous avons commencé à parler,
Nous nous sommes regardés, puis détournés.
Sans cesse les larmes me montaient aux yeux
Mais je ne pouvais pleurer.
Je voulais prendre ta main
Mais ma main tremblait.
Sans fin tu recomptais les jours
Qui nous séparaient de la prochaine rencontre,
Mais tous deux nous sentions dans nos coeurs
Que nous allions nous quitter pour toujours.
Le battement de la pendule emplissait la chambre paisible.
«Ecoute, t’ai-je dit, son bruit est si fort,
Comme un cheval au galop sur une route déserte.
Aussi fort que cela ? un cheval qui galope dans la nuit. »
Tu m’as enfermée dans tes bras
Et la pendule étouffait les battements de nos coeurs.
Tu as dit: «Je ne peux m’en aller:
Tout ce qu’il y a de vivant en moi
Est ici pour toujours.»
Puis tu es parti.
Le monde a changé. Le bruit de la pendule a faibli,
S’est amenuisé, est devenu chose infime.
Dans l’obscurité j’ai murmuré: «Si elle s’arrête, je mourrai. »

***

The meeting

We started speaking,
Looked at each other, then turned away.
The tears kept rising to my eyes
But I could not weep.
I wanted to take your hand
But my hand trembled.
You kept counting the days
Before we should meet again.
But both of us felt in our hearts
That we parted for ever and ever.
The ticking of the little clock filled the quiet room.
« Listen », I said, « It is so loud,
Like a horse galloping on a lonely road,
As loud as that — a horse galloping past in the night ».
You shut me up in your arms.
But the sound of the clock stifled our heart’s beating.
You said, « I cannot go : all that is living of me
Is here for ever and ever ».
Then you went.
The world changed. The sound of the clock grew fainter,
Dwindled away, became a minute thing.
I whispered in the darkness: « If it stops, I shall die ».

(Katherine Mansfield)


Illustration: Edvard Munch

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Et toi, tu resteras avec ton amour impossible (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



femme-a-cheval

Et toi, tu resteras avec ton amour impossible,
flamboyante, enflammée, chevauchant un cheval noir,
fille nue surgissant de la nuit sur la plage,
courant au son du galop, de la mer et du cœur,
et criant le nom de celui que tu aimes
avec une précision sauvage,
jusqu’à ce que tu crées des éclairs, des ténèbres,
et que l’abîme ouvre à tes pieds son magnifique gouffre
et que tout retourne au chaos primordial.

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Un long galop Immobile (Jean-Vincent Verdonnet)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Je ne suis plus qu’un long galop
Immobile qui se dévore

(Jean-Vincent Verdonnet)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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La route des vents (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Jean Georges Cornelius
    
La route des vents

Lui sur lequel on voudrait poser
une épaule, un regard, un ciel,
lui musant sur la route des vents
et s’inscrivant au hasard des vagues
tout en haut, à l’écume du destin,
lui, quand même là, entre parenthèses
entre sommeil au matin feuillu
de tendresse et non serment, loin,
tout de même de lui, au sourire
entre guillemets, ensoleillé
clair, en marche singulière « vers »
vers, simplement « vers », en marche « vers »
un « vers » qui ne lui appartient pas.

Lui, sa rencontre avec l’arbre
d’un printemps et l’ami patient.
Lui qui rompt
le quotidien
l’emmurement et le murmure
du temps, jouit de l’éphémère,
interroge les questions sans point,
sans attente, et sans durée.
Sans attache, sans voeux, amoureux
de la dérive et du navire,
à la fois du joug et du galop
arrimé quand même au port,
à toi pour un temps.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je n’appelle, ni ne pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jacques Muller
    
Je n’appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l’or de défloraison
je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
désormais, coeur transi,
plus ne t’incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres
comme tu te fais rare, rare aujourd’hui.
Flots d’émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d’âme perdue.

De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu’un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j’eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s’écoule le cuivre de l’érable…
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore et mourir.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Plage désertée (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plage désertée
on entendait des galops
et des cris d’enfants
il n’y a pas si longtemps
seul le fracas de la vague

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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LICORNE (Charles le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



 

Pascal Dugourd  femme-licorne

LICORNE

Licorne au corps si doux de femme
Fine tête de demoiselle
Le verbe amour blesse ton âme
Ton rire tremble jusqu’au ciel
Dans les seigles tu dis : je t’aime
J’aime le feu que tu réclames.

Tu pratiques jeux de jeunesse
Licorne folle de mes yeux
Dans les seigles que le jour blesse
Ta voix veinulée qui me veut
Femme qui naît de ma tendresse
Tes jambes nues, ta bouche bleue.

Folle, ma folle je veux croire
A la vérité de ta peau
Tes yeux, tes seins réclament gloire
Ta bouche déchire les mots
Tu marcheras dessus les eaux
Je chevaucherai ta victoire.

Bouche contre bouche au galop
Par les seigles et les forêts
Folle, tous les cris que je te tais
Mes lèvres mouillées de tes mots
Tes mots rouges comme des plaies
Ton rire en moi comme un sanglot.

(Charles le Quintrec)

Illustration: Pascal Dugourd

 

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