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Posts Tagged ‘(Maurice Fombeure)’

Je dis: je t’aime (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019


AimerLaMer

 

Je dis: je t’aime
Comme le lierre l’arbre,
Je dis: je t’aime
Comme la rose l’eau,
Je dis: je t’aime
Comme le vents les marbres,
Je dis: je t’aime
Comme l’eau le sanglot.
Je dis: je t’aime
Comme le vent du galop,
Je dis: je t’aime
Comme le héron l’eau,
Je dis: je t’aime
La liré léronlo.
Je dis: je t’aime
Comme les astres l’or,
Je dis: je t’aime
Sur le velours des morts,
Je dis: je t’aime
Sur la pédale d’ombre,
Je dis: je t’aime
Sur les Champs-Elysées,
Je dis: je t’aime
Sur ton ventre frisé,
Je dis: je t’aime
Au coeur des verts farouches,
Je dis: je t’aime
Sur les monts alizés,
Je dis: je t’aime
Sur les miroirs brisés,
Je dis: je t’aime
La rose de ta bouche

Je dis: je t’aime
Un peu plus que toi-même.

(Maurice Fombeure)

 

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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AU PRIME TEMPS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018




AU PRIME TEMPS

Des trilles de pluie, de pleurs,
Ça giboule par les traboules,
Le ciel s’éclaire de pâleurs
Fièvre du nuage qui roule,

Battent les averses vernales
Syncopées de coups de soleil.
Noctuelles en saturnales,
Chats en ravaud, vaches, remeils.

La terre aux seins froids de rosées,
Les anges étendus de long
Et les filles bien reposées
Qui vont dansant sur leurs talons,

La redondance des glycines,
Les pampres frileux des lilas,
Puis la jonquille qui dessine
Ses lacs d’or sous les entrelacs

Et ces matins de coeur battant
Plus doux que le duvet des songes,
Caresses lentes des printemps
D’où l’on sort vif comme des plonges

Plus doux que le duvet des oies
— Les pêchers fleuris dans tes yeux
Qui se levaient, me disaient « Toi… » —
Et pourtant, que je t’aime mieux

Depuis que tu dors sous mon toit
Où se sont aimés tant de dieux.

(Maurice Fombeure)

 

 

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LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

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PROVINCES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



PROVINCES
A Fernand Derôme.

Les dieux de bois sur les cités
Ouvrent des ailes vermoulues.
Je porte en moi de longs soirs gris
Brouillés de province et d’ennui.
Loin de la ville des luthiers
Bragards et valétudinaires,
J’erre à travers mon vieux Poitiers
Bossué comme une taupinière.
Maisons étales de sommeil
Et cathédrales englouties
Sous les vagues longues du temps.
Toute cette mélancolie
S’enfle comme un beau soir de fête,
Eclaire une rose parfaite
A l’ombre lasse d’un clocher.
Je porte aussi le lion des Flandres
Martelé de coups de soleil
Et le haut beffroi non pareil
Où tournent sans fin les corneilles.
Je porte en moi des cris d’oiseaux,
Je porte en moi des vols de cloches,
Et les perles des carillons,
Et des frairies et des ducasses,.
Et des assemblées d’accueillage.
Je porte en moi de clairs villages,
D’autres aux murs poreux de lave,
Des cortèges de mariages
De longs enterrements sans fin.
Je porte en moi ma propre fin
Et mon silence, et mon courage…

(Maurice Fombeure)


Illustration: William Lamboley

 

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LE SACRE DE VÉNUS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



LE SACRE DE VÉNUS
A Carmen.

Bravant marées vents et fantômes
Ton souvenir vient jusqu’à moi
Quand tombent les feuilles d’automne
Quand s’éternise au long des mois
L’amour et la peine des hommes.

Kara Théiôn, ô ma Jocaste
« Tête chère » bardée de fer,
En bandoulière j’ai le masque
Au ceinturon balle le casque
— Je suis aux portes de l’enfer —

J’ai vu des soirs si longs, si tendres,
Une musique et des ave
Qu’on n’en finissait pas d’entendre
Et j’ai vu des chevaux crevés
Dans les fossés couleur de cendre

J’ai vu les femmes que j’aimais
Mêlées au vent de mes détresses
Mais une seule, pour jamais
En silence dénoue ses tresses
Sur mes nuits et mes désormais

Issue des flammes de la mer
Ô ma grande femme de nacre,
Ma Vénus, le voici ton sacre !
Il sonne dans mon coeur amer
Le dur temps de nos épousailles.

Mes astres, mes soleils, mes lampes
Tout ce que j’aimais au rebours
Sombre dans l’arroi des tambours.
Donne-moi la vertu patience :
Je voudrais revivre l’amour.

Vous mes amis, mes camarades
Ou compagnons des jours sans peur ,
Soutenez-moi. Portez mon coeur,
Protégez-moi de votre grâce,
De votre armure de douceur.

(Maurice Fombeure)


Illustration: Sandro Botticelli

 

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Les plus heureux (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



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… Les poètes, les amoureux
Des mortels sont les plus heureux…

(Maurice Fombeure)

 

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Chanson de la belle (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

Daniel F. Gerhartz - Ladies and flowers  -   (38) [1280x768]

Chanson de la belle

Sous un pêcher en fleur
La belle s’est assise,
La belle qui est triste
Qui n’a pas d’amoureux,

Qui n’a pas d’amoureux
Pour lacer sa chemise.

Sous un pêcher en fleur
La belle entend la neige
La belle entend la neige
Qui tombe dans son cœur.

Ne pleurez pas la belle
L’amour rend malheureux.

J’aimerais mieux souffrir
A cause des amours,
J’aimerais mieux souffrir
Que d’être là seulette

A voir tomber la neige
Dans un pêcher en fleur.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

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CHANSON DE LA ROSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



CHANSON DE LA ROSE

Ô fille au coeur farouche
C’est ce que vous vouliez :
La rose qu’à sa bouche
Portait un chevalier

Qui revenait de guerre
Derrière les tambours,
Les tambours sont de pierre
Mais la fleur est d’amour.

Comme une flamme éclate
En or en pourpre et feu
Une rose écarlate
Saigne sur le ciel bleu.

Roses fleurs de tendresse
Aux jardins du passé
Où mon amie vous tresse
Aux bouquets enlacés,

L’autre est entre ses lèvres
Et c’est son cher parfum
Qui doucement se lève
Sur notre amour défunt.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Salavador Dali

 

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Air de ronde (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



On dansa la ronde,
Mais le roi pleura.
Il pleurait sur une
Qui n’était pas là.

On chanta la messe,
Mais le roi pleura.
Il pleurait pour une
Qui n’était pas là

Au clair de la lune,
Le roi se tua,
Se tua pour une
Qui n’était pas là.

Oui, sous les fougères
J’ai vu tout cela,
Avec ma bergère
Qui n’était pas là.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Maurice Fombeure et son chat Papillon

(photo envoyée par sa nièce que je remercie pour sa grande gentillesse)

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